10.05.2008

R.I.P

Est ce que c'était elle ou alors c'était les autres ?

Parfois elle se posait la question...

 

Depuis quelques semaines, plus de nouvelles de personne.  Pourquoi ? Comment se faisait il que tout à coup c'était comme si ils ne s'étaient jamais connus ?

 

Elle savait qu'en grande partie c’était de sa faute. Elle ne donnait pas de nouvelles. Elle ne venait plus les voir. Elle ne téléphonait pas. N’envoyait pas de mail. Rien. À personne. Rien. De personne.

Parfois, elle se disait qu’elle n’avait aucune légitimité à tenter de conserver le maigre lien qui avait été tissé. Un maigre lien. Elle ne l’imaginait pas si faible. Si fragile. Aucune légitimité. Visiblement, c’était elle qui avait fait le mal. Qui avait « fauté ». Et qui avait tout brisé. Mais elle pensait juste avoir des amis et des personnes capables de la comprendre sans la juger.

 

Peut être que c’était elle. Peut être que c’était les autres…

 

Souvent, elle se disait qu’elle avait perdu beaucoup de monde. Avec sa pseudo culpabilité, ses peurs, ses doutes, son manque de confiance.

 

Elle était heureuse. Rien à dire. Rien à demander de plus. Il y avait juste cette petite blessure qui la meurtrissait de temps en temps…

 

Parfois elle se disait aussi que ce n’était pas elle. Mais que c’était les autres qui l’avaient jugée et qui avaient choisi. On ne lutte pas contre ce genre de décision. Chacun est libre de son jugement et de ses choix. Mais malgré tout, ça faisait mal.

Alors elle restait dans l’attente. Ne faisant rien. Ne cherchant même pas à provoquer. Aucune explication. Aucun geste…

 

C’est une rencontre fortuite dans le métro qui avait tout déclenché. Un matin. Ligne 4. Station Etienne Marcel. Une ligne qu’elle ne prenait presque jamais. Du moins pas à cette heure. Elle devait y aller pour rendre un service à une amie. En prenant le métro, elle entend une voix qui l’appelle par son prénom. C’était son ancien coloc. Ils font un bout de chemin ensemble. Le temps d’aller jusqu’à Châtelet. Elle n’aurait pas du le croiser. Le temps de deux stations, elle a compris qu’elle n’était plus qu’un souvenir pour eux. C’est juste drôle comme le temps et l’éloignement modifient les relations. Une histoire de choix. Une histoire de…

C’était une histoire ancienne. C’était une histoire d’avant, du temps passé.

 

Bientôt, elle allait partir. Elle savait bien qu’à ce moment elle deviendrait vraiment un fantôme du passé pour toutes ces personnes avec lesquelles elle avait partagé quelques années… Mais elle pensait juste que ça attendrait ce moment…

 

 

Concerts... preview...

Les 18 et 19 juillets prochains, la Garden Nef Party à Angoulême...

A défaut de ne pas pouvoir aller aux Solidays cette année pour cause de déménagement, j'irai à Angoulême... Et puis peut être que je pourrai enfin en profiter pour visister le musée de la Bande Dessinée... Qui sait...

Toujours est il qu 'au niveau de la programmation ça paraît assez intéressant... Et puis, j'adore tout simplement l'affiche... Même si, je sais, ce n'est pas un critère de choix ou de qualité ou de... Mais je fais aussi comme ça pour les CD... Si la pochette me plait... (Ah, vive le marketing consumériste...) 

Sont annoncés :

Iggy & the Stooges, The Raconteurs, Justice, The Hives, The Kills, Nada Surf, The Do, Moriarty, Brian Jonestown Massacre ... et bien d'autres...

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Eh bien ce coup ci...

Pascal Sevran est "vraiment" décédé. Je sais que ça peut paraître stupide de poster sur ce sujet, mais Pascal Sevran, c'est comme Jacques Martin, c'est une partie de mon enfance, c'est les émissions que regardaient mes grands mères quand elles nous gardaient, c'est la chanson française des années passées et la danse... c'est une partie de leur jeunesse à eux aussi... Qu'on aime ou non, il a vraiment marqué notre paysage audivisuel et culturel, quoi qu'il en soit...Bref... Une note peut être inutile, mais un souvenir aux après midi pluvieux passés chez ma grand mère à râler parce que nous on voulait pas regarder ni écouter ...

07.05.2008

Réminiscences scolaires ?

Mai 

Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
    Des dames regardaient du haut de la montagne
    Vous êtes si jolies mais la barque s'éloigne
    Qui donc a fait pleurer les saules riverains

    Or des vergers fleuris se figeaient en arrière
    Les pétales tombés des cerisiers de mai
    Sont les ongles de celle que j'ai tant aimée
    Les pétales flétris sont comme ses paupières

    Sur le chemin du bord du fleuve lentement
    Un ours un singe un chien menés par des tziganes
    Suivaient une roulotte traînée par un âne
    Tandis que s'éloignait dans les vignes rhénanes
    Sur un fifre lointain un air de régiment

    Le mai le joli mai a paré les ruines
    De lierre de vigne vierge et de rosiers
    Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
    Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes

Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

 

Pourquoi ? Tout simplement parce que depuis une semaine, "le mai le joli mai" me trottait dans la tête, harcelant mon cerveau sans répit aucun, je cherchais la suite, vieilles réminiscences scolaires... et c'est chose faite...  

 

Le Pont Mirabeau 

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
            Et nos amours
       Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine
 
     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure
 
Les mains dans les mains restons face à face
            Tandis que sous
       Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse
 
     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure
 
L'amour s'en va comme cette eau courante
            L'amour s'en va
       Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente
 
     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure
 
Passent les jours et passent les semaines
            Ni temps passé
       Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
 
     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure

Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

 

Et comme une lubie ne vient jamais seule, je continue avec Le Pont Mirabeau...

Le temps qui passe... Comme il est doux de pouvoir oublier parfois. Comme il est agréable d'avoir la naïveté de croire qu'on peut tirer un trait sur certaines choses et faire comme si... On dirait que... comme les enfants qui jouent... On dirait que... Rêver quelques minutes, y croire l'espace d'un instant, un jour, une semaine, un mois, une année...  Juste y croire... Et parfois croire en ses rêves suffit à les rendre réels, non ?

 

28.04.2008

Vive le ... euh...soleil ? Sport ?


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Parc de la Courneuve.
Vendredi soir dernier. Juste une petite heure histoire de redécouvrir que j'avais des muscles (il fut un temps...), du souffle, (il fut aussi un temps), et que ce serait une bonne chose que je recommence à faire du sport...
Comment ça essoufflée après 3 kilomètres ?
Comment ça des courbatures pendant 2 jours ?
Mais ce n'est pas possible. 
Pourtant je marche tous les jours, je vais à la piscine, je fais des abdos !!! Et ça ne suffit pas ?
 Non, je ne suis pas d'accord... 
Bref, pour la peine, j'y suis retournée dimanche soir, et ce coup ci, j'ai couru 4 kilomètres en 25 minutes !!! Ah !!! j'aurai ta peau inactivité ...
 
 

Some News

Ah, vive le chômage...

Ce matin, grande première. Le rendez vous à l'ANPE.

Et bien sûr, j'étais à cran, stressée, pour ne surtout pas changer.

Avec 15 minutes d'avance. Déjà j'avais rendez vous à 9h. 9h !!! Bref...

Après un bref échange de civilité, il a fallu expliquer ce que je faisais dans la vie. Et dire aussi que je venais, mais comment dire... Que j'allais partir dans... 2 mois... Donc, les CDI non. Donc...

Mais bon... Ensuite, j'ai bien senti le désarroi de ce pauvre monsieur qui a récupéré mon dossier...

Mais qu'est ce que je vais bien pouvoir faire d'elle ?!

Bref... avec un peu de chance, je devrais même réussir à travailler pendant ces deux mois...

Et avec tout ce temps, je ne trouve même pas 5 minutes pour poster un truc intéressant, enfin plus intéressant que ça ?

Et non. Car il me manque un élément crucial, un constituant de ma vie, INTERNET !!! et un ordinateur qui ne plante pas toutes les deux secondes, et puis en fait, depuis ... comment dire, moi si accro au Net, à l'ordinateur, à peine rentrée je l'allumais, eh bien je n'en ressens même pas le besoin. C'est étrange comme les conditions, les moments, les sensations, les gens influent sur notre comportement...

Bref... Tout ça pour dire que la prochaine fois, j'essaierai tout de même de poster un truc moins RTL (pour ceux qui suivent ....?! ) et plus joli...

D'autant plus que je devrais avoir des choses à raconter étant donné que dans trois jours c'est WEEK END !!! Comment ça, week end ? Mais nous ne serons que jeudi. Eh oui. Jeudi 1er mai... Départ pour St Martial sous Ysope... Enfin un village non loin de Bellac, (et c'est où Bellac, me diront certains...) pour 4 jours d'anniversaire... Ah non !!! Encore un non sens. Un anniversaire, c'est une journée. Pas 4 jours.... Oui, bon bah pour faire la fête pendant 4 jours...

Encore une fois, je sens un sourire mesquin s'afficher sur le visage de ceux qui me connaissent...Genre, toi tu vas faire la fête pendant 4 jours... Mon oeil oui... Bon bah ça va... Je sais... Je serai sûrement la première couchée. La première à lâcher l'affaire, à ne plus pouvoir suivre, mais on s'en fout. Après tout, nope ?

 

22.04.2008

Dans les bois

 
Sans commentaire.
 
C'est le printemps.
 
Les arbres commencent à sortir leurs feuilles.
 
Les Clochettes fleurissent, envahissent les bois et ...  

C'est une blague ?

Entendu ce matin ...

Lors de la dernière déclaration d'impôts, le gouvernement avait versé une prime de 1500 € aux personnes déclarées comme ayant été au chômage et qui avait acceptées durant l'année une mobilité de plus de 200 kilomètres afin de trouver un emploi. Beau geste.

Sauf que ces mêmes personnes viennent de se voir réclamés ces 1500 € avec une majoration de 10% ... Au résultat, ils devraient de l'argent à l'état et aux impôts pour avoir ... été ... euh ?!

Parfois, on se demande vraiment jusqu'où on va aller... Sincérement... Encore une abbération du système informatique ? Encore une "bourde" du gouvernement ? 

Bref...  

 

Une balade

 

La honte du village.

Le village dans lequel vivent mes parents (et accessoirement l'endroit où j'ai grandi) possède un château avec une valeur historique non négligeable.

Ce château a appartenu à la Duchesse D'Uzès. Bon d'accord, ce n'est peut être pas la duchesse la plus connue au monde (mais il existe des livres sur elle, La Duchesse d'Uzès, éditions Perrin, paru en 2002). Cette femme fut une des premières à conduire et à piloter un avion. Un premier pas vers les revendications féministes...

Bref...

Ce château est entouré d'un grand parc.

Pour les cinéphiles, il a servi de décors à un film de la 7ème compagnie (ne me demandez pas lequel, s'il vous plait, mais on voit une fanfare défiler dans un petit village et ils font du sport du une salle de sport... alors là, ceux qui trouvent...!!!)

Depuis environ 10 ans ce château avait été racheté par des Japonais. Qui voulaient, ne rigolez pas, le démonter pour le reconstruire au Japon. Donc, depuis 10 ans, ce château était à l'abandon.

Et ce matin, alors que je tentais de promener le chien (et aussi de me faire prendre l'air), en passant près du parc du château, j'entends du bruit de gravas qu'on jette par la fenêtre. Et là !!! Quelle surprise !!! Des gens travaillant dans le château. Retirant les gravas et autres débris de l'intérieur (ah oui, parce que dans sa grande carrière ce château a aussi servi de squat). Enfin en travaux. Enfin on va en faire quelque chose. Après 10 ans.

 

 

Le chant du coucou

- Bon bah c'est fichu.

 - De quoi ?

 - Bah c'est pas cette année qu'on sera riche.

- Pourquoi tu dis ça ?

- C'est à cause de ce fichu coucou

- Ce fichu quoi ?

- Bah le coucou... coucou coucou coucou...

- C'est bon. Je suis pas stupide. J'ai compris que tu parlais du coucou. Mais c'est quoi le "coucou"...

- Un oiseau. Certain disent que c'est la chouette blanche qui est l'oiseau de malheur. Moi, je dis que c'est le coucou.

- Et pourquoi tu dis ça ?

- Tu connais pas le proverbe ?

- Comment dire... Jusqu'il y a cinq secondes, je ne connaissais même pas l'existence du coucou. Alors le proverbe...

- C'est simple.... Si au premier chant du coucou que tu entends tu as de l'argent sur toi alors tu n'auras pas de problème d'argent pendant toute l'année.

- Ah. C'est tout. C'est pour ça que tu fais tout ce cirque ?

- Eh !!! C'est pas un hasard si je l'ai entendu les poches vides...

- Mais oui. Bien sûr. Bientôt tu vas me dire que c'est un complot contre toi. Que même la nature s'en mêle. Que....

- C'est ça... Pfff... Moque toi. Profite. Mais je sais ce que je dis...

- Raconte. On va voir. Que je rigole un peu...

- C'est pourtant évident. Tout d'abord ce matin, je suis descendue alors que je n'étais pas encore douchée. Donc en pyjama. Alors qu'habituellement je me lave toujours avant de prendre mon petit déjeuner. 

- Eh ?

- Laisse moi raconter et tu verras... En arrivant dans la salle, j'ouvre les volets. Parce que je ne supporte pas de rester dans l'obscurité. Je me suis levée trop tôt. C'est tout. Parce que c'est toujours mon père le premier levé et là, j'étais en bas avant lui.

- A quelle heure, que je rigole un peu ?

- 6h30, pourquoi ?

- Non, juste comme ça... Purée... Rien à faire de tes journées. Tu peux dormir. Te reposer. Prendre ton temps. Et non ! A 6h30, t'es déjà levée... Irrecupérable. Voilà ce que t'es...

- Ca y est ? Terminé ? Je peux continuer mon histoire ?

- Ah ? Parce qu'elle est pas finie...  

- Donc, ensuite je prends mon petit déjeuner. Et puis je vais me doucher. Et devine quoi ? Une fois que j'étais habillée, comme pour me narguer, qu'est ce que j'entends à nouveau ?

- Euh... Je sais pas... le chant du coucou peut être ?

- Eh oui !!! Depuis ce matin, ça n'arrête pas... Maintenant que j'ai de la monnaie dans ma poche. Comme si c'était exprès. Juste pour bien me faire comprendre que de toute façon, je ne l'aurai pas entendu autrement qu'en pyjama sans un cent sur moi.

- Et on ne peut pas dire que ça ne compte pas, parce que tu n'étais pas vraiment habillée, en fait...

- Non. Ca marche pas. C'est la première fois qui compte. Donc voilà quand je te disais que mêmela nature s'y mettait.

- Ouais. Et pour ceux qui connaissent pas ce proverbe, ça compte pas ? Donc si tu l'ignorais ce serait comme si ça ne comptait pas. Aussi on pourrait dire que tu ne savais pas et comme ça...

- Cherche pas... C'est fichu, c'est tout. Mais je m'en fous. Un jour je l'aurai...

- Parce que tu ne l'as jamais entendu avec de l'argent sur toi ?

- Bah non.

- Rassure moi... Y a des gens qui l'ont déjà entendu avec de l'argent sur eux ? Et y a d'autres gens que toi qui croient en ce genre de trucs ?

- Pfff... Laisse tomber... Mais au moins tu ne diras pas que je ne t'aurais pas prévenu...

 

 

18.04.2008

Coup de gueule...

Est-ce que c’est moi qui suis conne ou bien … ?

Jeudi matin. Il est 7h50. Alors que je prends mon petit déjeuner, j’allume la télévision. Juste histoire de… faire du bruit, meubler, me réveiller en douceur… ou alors par mauvaise habitude. Mais depuis que je ne travaille plus, j’ai le temps de prendre un vrai petit déjeuner le matin, alors… Enfin bref, le sujet n’est pas là…

Dehors, le soleil brille. Je suis même de bonne humeur…

Et puis, tout à coup, il est 8h. L’heure des informations sur Canal +. Ah, c’est vrai, j’ai oublié de préciser que c’est La Matinale que je regarde le matin…

Les Infos. Un grand moment… Des sketches en veux tu en voilà… Ah, c’est n’est pas un programme drôle normalement ? Mince alors, on m’aurait pas tout expliqué…

Le pouvoir d’achat et l’inflation, la famine, la pénurie de pétrole, le passage à l’e-papier, les guerres, les meurtres, les attentats, la pauvreté pourla moitié de la population française, le pantin qui nous sert de président avec la potiche qui l’accompagne, les manifestations lycéennes, la sécurité sociale qui ne remboursera plus les frais dentaires et ophtalmologiques, la mobilité des chômeurs (c’est vrai, 200 Kms, c’est rien du tout, surtout quand on a une famille et … que des peccadilles), ce ne sont pas des blagues mais la vérité ? Aïe. Un monde s’écroule…

Je suis sûrement une vieille conne réactionnaire mais parfois j’en arrive à me dire que c’est du grand n’importe quoi. Et aussi à me dire que je comprends tous ces gens qui décident de tout plaquer du jour au lendemain pour partir vivre ailleurs de rien. L’autarcie dans un monde de communication et d’échanges…commerciaux et financiers qui ne concernent bien évidement qu’une faible minorité.

Mais dehors le soleil brille. Ce matin, je vais m’inscrire aux Assédics pour la première fois de ma vie (certes je suis encore jeune et ce ne sera qu’une expérience supplémentaire…) et à l’Anpe. Ah, quelle belle journée…

Dans deux mois et deux semaines, je pars loin de Paris. Je crois que j’en arrive à compter les jours. J-74. Eh oui…

Il y a quelques années on se contentait de ce qu’on avait. C'est-à-dire pas grand-chose. Et pourtant qu’est ce qu’on était heureux. Avec nos jeux qui n’avaient rien d’extraordinaires sauf peut être qu’ils venaient de notre imagination. Avec nos lectures. On était des mômes. On jouait au football, aux Cow-boy et aux indiens, on construisait des cabanes, on jouait dans un bac à sable, …

Il y a une semaine, j’étais dans le métro le matin. Une semaine tout juste. Nous allions au Louvre avec le pauvre courageux qui me supporte (et je suis d’autant plus chiante que je ne bosse plus) et son frère et sa sœur (qui eux sont en vacances…).

Métro ligne 1. Il était 11h. Un groupe scolaire dans le même « wagon » (si on peut parler de wagon pour la ligne 1). Tous habillé à la dernière mode et coiffé bien comme il fallait. Jean slim. Converse. Pull rayé pour les mecs. Cheveux plaqués par le gel et mèche hyper structurée. Sac Eastpack (là je crois que je retarde d’un wagon, mais les marques de sac… j’ai déjà du mal avec les fringues). Bien évidement, ces chères têtes brunes et blondes d’environ 12 ans étaient équipées de lecteurs Mp3 et de téléphones portables dernier cri. Et tout à coup, par le plus grand des hasards, une bribe de conversation vient chatouiller mes petites oreilles trop curieuses. Par le plus grands des hasards, parce que pour tenir une conversation avec la personne en face de vous dans un métro bondé d’un groupe d’ado en goguette, c’est déjà quasi impossible, alors pour entendre celle d’autres personnes…

Et donc, tout à coup, j’entends la conversation de trois adolescents :

« - Quoi t’as pas le droit de regarder la télé chez toi ?

-          bah non.

-          Mais t’as un ordinateur et le net au moins ?

-          Mes parents, mais j’ai pas le droit de m’en servir.

-          Alors t’as quoi comme console pour t’occuper ?

-          Aucune.

-          Même pas la PSP ?

-          Non.

-          Mais c’est pas possible. Comment tu fais pour vivre sans télé, ordinateur et Psp ? c’est la mort. T’es trop naze toi. Ça craint. »

Et je n’exagère pas. Et donc, aujourd’hui sans ordinateur, télé écran plat 16/9ème, console, lecteur Mp3, téléphone hypra hype et fringue à la mode, t’es personne et tu ne peux plus vivre. Ouf. Je suis sauvée. J’ai un ordinateur (pas le net, d’accord, mais au moins une bonne excuse pour aller au starbuck assouvir ma passion pour le café… allez y, chercher le lien, celui qui trouve, je lui offre… euh, toute ma considération… je sens que je ne vais pas avoir beaucoup de réponses), un lecteur Mp3 (pas de la dernière génération, mais qui fonctionne toujours très bien), une Nintendo DS (qui pour le moment a été « empruntée » temporairement depuis 5 mois par mon frère qui s’amuse à apprendre l’anglais avec… je ne désespère pas de remettre la main dessus un jour, j’ai même préparé l’avis de recherche), un téléphone tout beau tout neuf, et dans l’appartement il y a une télé. Je ne suis donc pas complètement perdue pour la cause commerciale et marketing… Ouf…

Tout ça pour dire qu’on vit dans une société qui se complait dans la consommation. Dans laquelle on a créé la notion de besoin et service. On ne cherche plus à faire soi même. On ne cherche plus à prendre plaisir à découvrir et faire les choses. Tout va tellement vite que ce que je suis en train d’écrire sera obsolète dans 3 mois.

Alors l’inflation, le pouvoir d’achat, les guerres, les attentats, les allocations familiales, le chômage, le président de la république et son icône de mode qui lui sert de femme, le grand cirque politique, les lycéens qui crient au secours, les français qui ne savent plus comment boucler leur fins de mois tellement ils sont surendettés, on s’en fout. Après tout, ce n’est qu’une majorité minoritaire dans le pays. Parce que ce ne sont pas eux qui ont l’argent et qui sont intéressant.

Bref. Ce matin, il faisait beau. Il était 8h. Et ensuite, je suis allée m’inscrire aux Assédics et à l’Anpe avec le sourire. Dans ma petite caboche égratignée, j’avais une chanson assez ancienne, chantée par un groupe s’appelant Les Escros (je ne sais pas s’ils existent encore…), une chanson au doux nom d’Assédic… sur un petit air de Bossa…

Ça faisait beaucoup en une fois, et sur le coup, j’ai juste éclaté de rire… Parce que trop c’est trop et qu’au final on aurait davantage cru à une belle blague qu’à la réalité…

 

 

14.04.2008

Pénélope

Premier jour de "repos".

 

Alors histoire de ne pas tourner en rond dans l'appartement ce matin, direction l'UGC des Halles... Ah comme les mauvaises habitudes reviennent à grands pas...

 

Après les déboires de la semaine dernière, Crimes à Oxford et Horton, j'avais juste envie de voir un film qui fasse un peu rêver.

 

Mon choix s'est arrêté sur Pénélope.

358906467.jpgPénélope (source Allociné) :

Film de Mark Palansky

Avec Christina Ricci, James McAvoy, Catherine O'Hara

Film allemand, américain, britannique.

Genre : Comédie dramatique, Fantastique

Durée : 1h 41min.

Année de production : 2006

Titre original : Penelope

Distribué par ARP Sélection

 

 

Résumé :

"Une sorcière a jeté un sort sur la première fille qui nait dans la famille Wilhern : Pénélope. Pour y échapper, elle devra épouser un garçon issu de la noblesse. Pénélope est une romantique. Elle décide de fuir loin de sa famille et d'affronter le Monde. Elle découvrira que le mauvais sort, il faut l'ignorer et s'accepter telle qu'elle est."

 

Tout d'abord, soyons honnête. Je ne serai pas tout à fait objective en parlant de ce film. Peut être parce que j’aime beaucoup Christina Ricci. Depuis ses débuts dans la Famille Addams. Peut être à case de Reese Witherspoon…Peut être à cause de l’aspect fantastique du film. Peut être… il y a plein de peut être en réalité.

Toujours est il que ce film est tout simplement bien.

Bien grâce à son atmosphère, aux ambiances qui s’en dégagent, aux couleurs, à la fantasmagorie, au rêve, au fantastique… On pourrait par moment se croire dans un « bon » film de Tim Burton. Eh oui, alors qu’il se perd dans des considérations moralisantes et moralisatrices, cette petite fable sur les apparences, les différences, les jugements rempli parfaitement son rôle tout en faisant rire. Un joli message de tolérance porté par l’humour et le fantasque. Parce que bien sûr, ce film porte un message moral : Il faut accepter ses différences et celles des autres et aller chercher au-delà des apparences. Bien sûr, nous sommes dans une comédie pseudo romantique avec de la musique bien comme il faut, avec des sentiments, de l’amour, de l’amitié, tous les poncifs nécessaires à ce genre de film. Mais ça passe bien. Il n’y en a pas trop. Juste ce qu’il faut (enfin pour moi, c’était juste ce qu’il fallait et puis de toute façon, j’ai prévenu que je ne serai pas objective.)

 

Mais voilà, ce matin j’avais envie de sourire et de rêver un peu. Alors c’était juste le bon film.

 

Les acteurs semblent prendre plaisir à jouer. Et cette bonne entente, ce plaisir se diffusent dans le film. C’est tout simplement joyeux. Que ce soit Christina Ricci avec son groin et ses oreilles de cochon, que ce soit Reese Witherspoon très loin de la Blonde qui l’a lancé, que ce soit James McAvoy et ses « origines », son addiction au Poker, que ce soit le vilain nain qui est déjà un vilain nain dans Joyeuses Funérailles, on suit les acteurs qui deviennent des personnages ancrés dans la vie quotidienne et dans le monde des rêves. On oscille en permanence entre les deux univers, mais sans dichotomie marquée. Les deux mondes sont complémentaires et cohabitent. C’est juste un petit moment magique.

 

Alors certes, ce n’est pas un grand film, mais au moins, il a le mérite de faire rêver et d’offrir un petit rayon de soleil dans la grisaille ambiante…

 

14:43 Publié dans film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma

04.04.2008

souvenirs

Quand il était jeune, mon père aimait rire, sortir, jouer de la musique, faire du sport… il aimait vivre.

Pourquoi est ce qu’il a tout oublié ? Pourquoi est ce que je ne l’ai jamais connu comme ça ?

La vie bouffe t’elle les gens à ce point qu’ils se perdent et s’oublie quelque part à un carrefour, abandonne leur âme et repartent, ombres vides vers la vie, le quotidien ?

 

Le dimanche matin, quand nous étions enfants, avec mes frères, il nous emmenait faire du vélo dans les bois. C’était bien. Surtout quand il avait plu juste avant. On rentrait boueux, trempés et épuisés. Et heureux.

L’été, nous partions dans un tout petit village du centre de la France. Je crois que j’y ai mes plus beaux souvenirs. C’était les vacances. Nous étions ailleurs. Il était loin du quotidien, de ses soucis, de sa fatigue, de ses colères. Il était lui.

Dans ce petit village, nous étions comme des rois.

À chaque fois nous logions dans l’Auberge. Elle appartenait à des amis de la famille. Nous pouvions en visiter chaque recoin. La cuisine, les salles de réception, la pièce avec le flipper, la salle du restaurant.

À chaque fois, on nous réservait le Chalet, au fond de la cour de l’hôtel. Une maison dans la maison. C’était chez nous. Élise et Adrien, les propriétaires avaient un magnifique berger allemand. J’aimais beaucoup jouer avec lui. Je grimpais dessus comme sur un poney, quand j’étais toute petite. Devant l’Auberge, il y avait un lavoir dans lequel les vieilles du village aimaient à venir laver leur linge comme à l’ancienne. Elles savonnaient, frottaient, souriantes et heureuses.

Le matin, nous descendions prendre le petit déjeuner dans la grande salle du restaurant. De bonne heure. Chocolat chaud, brioche, confiture, beurre, baguette, un petit déjeuner de roi, de vacances. Il fallait que nous mangions de tout. Qui sait ? Si jamais le lendemain ce n’était plus pareil, juste au cas où, nous préférions prendre de l’avance et faire des provisions.

Ensuite, venait l’heure de se préparer pour aller à la plage. Où bien au marché quand c’était le jour. Là bas, on avait même le droit de se promener tout seul. La grande place avec l’église, qui se transformait deux fois dans la semaine. Noire de monde, grouillante, comme peu l’être un petit village de campagne durant les vacances. Pour nous, c’était énorme.

La plage, le matin, était souvent déserte. De bonne heure, quelques fois, nous allions faire le tour du lac. Le passage dans les bois était un véritable terrain de jeu. Des racines, des troncs d’arbres, quelques pêcheurs qui râlaient parce que nous troublions leur tranquillité et le silence, des écureuils, qui s’amusaient à nous aguicher avant de grimper dans les arbres avec prestance et rapidité. On finissait le tour du lac épuisé d’avoir trop couru. Après seulement, nous avions le droit d’aller nager. Tous les matins, même sous la pluie, à 10h, c’était cours de natation dans le lac. Je n’ai jamais su apprendre autre chose que la brasse (et encore, sans mettre la tête sous l’eau) et le dos crawlé. Les plongeons, le pauvre maître nageur a essayé, mais au bout de quelques années, il a capitulé. J’étais perdue pour la cause de la natation.

Pendant que je souffrais sous les directives du tyran maître nageur, mes frères et mes parents barbotaient. Après la leçon qui m’avait semblé durer une éternité, j’avais le droit de les rejoindre. Et là, je retournais nager avec mon père. On faisait la course. Bizarrement, je gagnais toujours. J’ai bien compris maintenant qu’il me laissait gagner par pure gentillesse, mais à l’époque, j’étais très fière de battre mon père. Lui qui était si sportif, si fort, si grand. Et moi, je le battais !

Vers 11h30, nous ramassions les affaires pour retourner à l’hôtel. Mais avant venait le moment de se doucher à la plage. Pour ne pas rentrer plein de sable. Des fois, nous avions le droit de manger sur place. Pas besoin de tout replier et ranger pour aller manger. C’était souvent les jours de marché. Le matin, très tôt, nous passions acheter du pain, du jambon, du saucisson, des chips et des fruits. C’était encore meilleur qu’au restaurant. La saveur des jours de fête et d’oubli. Comment a-t-on pu oublier tout ça ? Dis papa ? Ils sont partis où tous ces moments ?

L’après midi, nous n’avions pas le droit de nous baigner avant deux heures de digestion. Pour éviter l’hydrocution. Maintenant, j’ai compris le principe, mais à 8 ans, l’hydro… quelque chose me semblait surtout être un mot pour embêter les enfants. Mes parents l’entouraient d’histoires sordides de personnes mortes pour nous faire peur. Ce qui, bien évidement, attisait notre curiosité. Un peu comme cette boite de Pandore qui se rouvre au fur à mesure que je raconte ces souvenirs. Alors nous risquions un doigt de pied, puis le pied tout entier, et sans faire exprès, nous laissions tomber un objet ou un ballon dans l’eau, juste pour s’éclabousser sans faire exprès. Jusqu’à ce qu’on soit complètement trempés et que mes parents capitulent de guerre lasse.

Nous restions à la plage tout l’après midi. Jusqu’à bien après l’heure du goûter.

Les derniers moments étaient les plus savoureux. L’air se rafraîchissait. La plage se vidait. Les jeux nous appartenaient. La balançoire, le toboggan en métal qui brûlait les fessiers et les cuisses le reste de la journée, le tourniquet, pour bien se donner mal au cœur et faire tourner la tête.

Enfin, c’était notre tour de quitter la plage. De retour à l’hôtel, c’était à celui qui serait le plus rapide pour aller prendre la salle avec la baignoire. Une fois que nous étions propres et secs, nous avions le droit de descendre jouer dans la cour de l’hôtel. Il y avait des tables de jardin en métal blanc. Un peu rouillées. Un peu usées. Un peu bancales. Et aussi des petits bacs pleins d’eau dans lesquels grouillaient des multitudes de poissons. Adrien préparait les repas du soir. C’était le moment où il sortait pour égoutter la salade qui me fascinait le plus. Il la faisait tourner à grande vitesse, son épaule devenait un retors, son bras un axe qui se terminait par la main tenant le panier à salade. Et les feuilles ne tombaient pas par terre. Il en faut peu pour fasciner une gamine. Mais ça marchait à chaque fois.

Parfois, nous allions prendre l’apéritif avec les grands dans le bar du restaurant. Avec mes frères, on prenait un jus de fruit, Tropicana, il n’y a que là bas que j’en ai bu et je me souviens encore du nom. Puis nous allions jouer au flipper dans la salle de jeu. Ou alors on embêtait les grands et les adultes en jouant dans leurs jambes.

Quand venait l’heure de manger, nous nous dirigions vers notre table. C’était la nôtre. Toujours la même. Je me rappelle, une année, un couple s’est retrouvé installé juste derrière nous. C’était terrible. Comme si quelqu’un avait empiété sur notre territoire. Cette table était située près d’une fenêtre donnant sur la rue. Il y avait quatre places, même si nous étions cinq. Mon petit frère était encore tellement petit qu’il n’avait pas vraiment besoin d’une vraie place pour s’asseoir. Les années suivantes, on rajoutait une chaise en bout de table.

Le repas, c’était toujours la même histoire. On ne voulait pas manger. C’était la comédie perpétuelle, avec en prime un public de premier ordre : les autres clients du restaurant.

Il y avait toujours du potage. Même en plein été.

Le repas durait longtemps. Trop longtemps pour nous. Nous étions fatigués par nos journées et nous n’avions qu’une attente, le dessert et surtout… la salle avec la télévision. Il arrivait que certains soirs nous ayons le droit d’aller regarder la télévision dans la grande salle. Surtout quand c’était des émissions populaires du genre d’Intervilles qui passaient. Mais c’était quand même soir de fête dans ces cas là.

Quand on était enfants…

Alors le jour où j’ai annoncé à mon père que je partais vivre là bas, enfin par là bas, j’ai vu ses yeux briller.

Même si… c’est loin. Même si j’ai tout lâché pour ça…

Mais, c’était un peu de souvenirs et de sourires qui lui revenaient en tête. L’espace de quelques secondes.

31.03.2008

Putain d'Usine

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Putain d'Usine, Efix et Levaray, Edition Petit à Petit

Adaptation du roman de Levaray, qui raconte tout simplement une certaine réalité, celle de ceux qui travaillent en usine, qui risquent leur vie au quotidien, qui risquent le licenciement au quotidien, qui souffrent des conditions de travail, d'un salaire de misère, mais qui vivent tout simplement. C'est aussi une histoire d'amitiés, de copains, d'échappées belles, d'oublis, de rires et de joie...
C'est dur, sombre, triste, violent, et puis aussi doux, beaux, joyeux et plein de rêves...
Entre le scénario de Levaray qui travaille toujours à l'usine malgré ses romans, malgré le succès, malgré... tout simplement parce que sa vie c'est là bas, avec ses copains, ses collègues et cette putain qu'est l'usine...
Et les dessins d'Efix, noir & blanc dur et poétique, tout en rondeur, doux, et qui savent pourtant si bien rendre la dureté de la vie et de la réalité.
 
Bref...
 
"Tous les jours pareils. J'arrive au boulot (même pas le travail, le boulot) et ça me tombe dessus, comme une vague de désespoir, comme un suicide, comme une petite mort, comme la brûlure de la balle sur la tempe. Un travail trop connu, une salle de contrôle écrasée sous les néons - et des collègues que, certains jours, on n'a pas envie de retrouver.
Même pas le courage de chercher un autre emploi. Trop tard. J'ai tenté jadis... et puis non, manque de courage pour changer de vie. Ce travail ne m'a jamais satisfait, pourtant je ne me vois plus apprendre à faire autre chose, d'autres gestes. On fait avec, mais on ne s'habitue pas. Je dis 'on' et pas 'je' parce que je ne suis pas seul à avoir cet état d'esprit : On en est tous là"

 

K une Jolie Comète

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Merci à Efix pour cette magnifique dédicace. 
K Une jolie Comète, Efix et Flip, Editions Petit à Petit...
Cette bande dessinée, c'est l'histoire de Kate, c'est triste et heureux, sombre comme le dessin en noir & blanc d'Efix, mais toujours avec cette pointe d'espoir qui laisse croire qu'on peut s'en sortir et que la vie continue même si pour certains elle s'arrête...
La Bande dessinée commence comme ça
"Dis, K... Tu me racontes ton histoire ?"
Demande le petit lapin blanc, allusion, référence, appel à Alice au Pays des Merveilles...
Et K lui raconte son histoire...
 Efix qui dit merci à ses lecteurs alors que c'est eux qui devraient lui dire merci pour écrire et dessiner des choses aussi belles, parce qu'il sait le faire avec une simplicité désarmante qui touche et ...
 

J-7

" - Bien. Plus qu’une semaine, paraît il.

- Ensuite ?

- Eh bien… c’est terminé.

- Mais tu vas faire quoi ?

- Si seulement je savais. Peut être prendre deux petites semaines de congés. Puis ensuite, et bien, il sera temps de commencer à envisager les choses plus sérieusement.

- Mais, tu vas chercher quelque chose ?

- Oui.

- Tu pars quand ?

- À la fin du mois de juin.

- Ah…

- Mais t’inquiète pas, je reviendrai t’embêter, avant de partir.

- Hum.

- On ira manger ensemble à la Rhumerie.

- Oui.

- D’ailleurs, on y a va ce midi ?

- Ok."

Et ils sont partis accompagnés d’autres collègues, au féminin, collègues, à la Rhumerie. Un homme et cinq femmes.

Il aime être entouré. Surtout quand il ne va pas bien.

Elle savait qu’il ne prendrait pas très bien la nouvelle. Ce n’était pas le moment idéal pour le lui annoncer aussi. Mais avait elle vraiment le choix ?

Dehors, le vent soufflait. Il faisait gris et quelques gouttes de pluie voltigeaient, emportées dans une danse folle par le vent. Le chemin jusqu’à la Rhumerie, elle aurait pu le faire les yeux fermés. Le boulevard Saint Germain. Les trottoirs noirs de monde. Le slalom habituel pour se frayer un chemin. Oubliée la ligne droite. Des zigzags, les prémices du retour de la Rhumerie, sauf que ce coup ci, ce ne serait plus à cause du monde, mais peut être bien à cause du Rhum qu’ils allaient boire. Juste pour oublier la matinée et ne pas sentir l’après midi passer. Le travail c’est la santé… tu parles… le travail dans certaines conditions c’est… une tuerie. Incitant les gens à oublier, par tous les moyens possibles et imaginables. Bon, d’accord, ils y en avaient de pires que la Rhumerie. Mais quand même.  

Durant le repas, c’est de tout et de rien qu’ils parlèrent, mais surtout pas de la fin. Surtout pas. Ils n’étaient pas là pour ça. Juste oublier un certain monde, certains moments, certaines personnes et … la Rhumerie jouait très bien son rôle. Les rires fusaient, les discussions s’attardaient, le repas traînait en longueur comme pour repousser le moment fatidique où il leur faudrait retourner là bas. Dehors, le temps s’était engagé dans la partie. La pluie tombait, inlassable, régulière, perfide. Le vent soufflait de plus en plus fort.

Il fallait bien y retourner pourtant.

L’après midi était déjà bien engagée quand ils arrivèrent au travail, travaux forcés, camp de forcenés acharnés à se tuer à la tâche pour des bureaucrates incapables de constater et de remercier. Ce serait un après midi improductif donc. Quitte à être inconséquent, autant l’être entièrement.

Après le temps de présence réglementaire pour faire croire qu’elle était revenue pour faire quelque chose, juste le temps nécessaire pour donner l’illusion de, et elle était très douée pour donner l’illusion de, elle rangea ses affaires pour aller à la gare. 45 minutes pour faire un trajet de 10 minutes, on ne sait jamais, au cas où, ce serait dommage que je manque mon train, non ?... Ce soir elle serait là bas. Loin de Paris, loin de tout ça. Ce soir. Rien que l’idée de prendre le train pour autre chose que le travail lui donnait le sourire. Et malgré la pluie, le froid et la fatigue, c’est presque en courant qu’elle se dirigea vers la gare d’Austerlitz.

 

28.03.2008

La première et la dernière.

En une journée, c’était la première et la dernière.

La tête enfermée dans ses souvenirs, Armelle, car elle était revenue l’espace de 24h, regardait le paysage défiler sans le voir. Une migraine comme elle avait de nouveau l’habitude d’avoir comme compagne la défiait de pouvoir se concentrer. Vas y… essaie un peu de faire quelques chose de constructif durant les quelques heures de train qui te conduisent à Vannes. Allez… Bah alors ? Tu n’y arrives pas ?

Alors plutôt que de lutter, elle regardait le paysage de ses souvenirs qui défilait à la vitesse du train. Et elle repensait à cette foutue journée de merde. Avait elle jamais autant détesté quelqu’un que son chef et le RH dans sa vie ? Elle n’en était pas certaine. Ah, si seulement elle avait les couil…d’être une vraie battante carriériste. Mais elle était une fille. Une pauvre et faible gamine de bientôt trente ans, perdue dans un entre deux qui n’était plus l’adolescence mais pas encore tout à fait l’âge adulte… ah si seulement… on pouvait refaire le monde dans sa tête avec ce genre de phrase. Des et si, si seulement, si jamais, si encore, si si si… si si do ré ré do si la sol sol la si si la la si si do ré ré do si la sol sol la si la sol sol… et voilà qu’elle avait l’Hymne à la Joie de la Neuvième Symphonie de Beethoven en tête maintenant, ou peut être la musique d’Orange Mécanique, plutôt… vu ses envies de meurtre…

Des souvenirs, elle réfléchissait, mais elle en avait peu de bons associés à cet endroit, enfin son travail, ou plutôt son futur ancien travail… bien sûr, elle bossait avec son meilleur ami, avec des gens adorables, ses collègues, elle aimait se déplacer, rencontrer de nouveaux gens, toujours et encore, elle aimait son boulot, mais… dans la vie, les mais, c’est cette petite différence de rien qui fait tout…

Mais…

La Bretagne baignait dans une lumière de jour couchant. Le ciel oscillait entre le bleu nuit, le jaune pâle et le rose… c’était beau, poétique, le genre de ciel qui vous donne envie de devenir poète, écrivain, musicien, dessinateur, enfin une de ces personnes de génie capable de retranscrire les émotions, les lieux, les moments avec magie et beauté. Dans une petite heure, elle serait à Vannes. Une belle ville aussi, dans le vague souvenir qu’elle en avait, surtout la vieille ville, les murailles, les remparts…

Sa migraine commençait à s’atténuer. Le migralgine en venait à bout. Ah, fidèle compagnon des luttes inégales qui les opposaient toutes les deux, que ferait elle sans lui…

Elle prit une bande dessinée. Ce soir, ce serait Jacques le petit lézard géant de Libon. Édition Dupuis. Elle n’avait pas aimé l’auteur lors de la conférence au salon du Livre. Mais le graphisme et l’histoire semblaient plutôt agréable et léger, juste ce dont elle avait besoin pour le moment. Ne pas réfléchir. Ne pas penser. Laisser les choses aller et couler…doucement, tranquillement, calmement. Effectivement, c’était drôle. Un peu trash, un peu bête, un peu stupide. Pour adulte, enfant, adolescent, peu importe. C’est bon, sa critique était faite. Un jour, il faudrait qu’elle apprenne à faire les choses de manière plus carrées et professionnelles, quand elle aurait un nouveau travail, loin de là, ailleurs, bientôt.

Plus que trois mois à passer à Paris. Ensuite, c’était fini. 1998 – 2008. Bel anniversaire. 10 ans. Pour les 10 ans, elle partait. Au final, c’était une belle réussite. 10 ans à Paris, non ? Pour une campagnarde comme elle. RIP. Ci gisent mes 10 années passées à Paris. Ayons une pensée sympathique et nostalgique pour elles. Une minute de silence et de recueillement, s’il vous plait.

Put ! 10 ans, quand même. Elle avait vécu des choses en 10 ans. Des belles comme des moches. Mais la plus belle chose qu’elle ait vécue là bas, c’était celle qui la faisait partir. Joli paradoxe que la vie. Elle partait avec. Là bas. Ailleurs. Plus que trois mois, ensuite c’était terminé.

C’était les rires retrouvés, la joie de vivre, le sourire, la douceur, l’oubli, la gentillesse, le rêve parfois, la réalité aussi… C’était la douceur d’une main sur sa nuque, caressant doucement la naissance des cheveux, c’était la chaleur d’un regard posé sur elle quand elle était capricieuse et qu’elle ne voulait pas s’endormir toute seule, c’était la force de caractère qui savait la calmer et l’apprivoiser, c’était la lutte acharnée des mauvaises foi qui les habitaient… c’était tout ça et plein d’autres choses encore.

Vannes.

Le train entrait en gare. Il faisait nuit maintenant. 20h. Juste à l’heure. Armelle avait été rejointe par sa collègue quelques minutes avant l’arrivée du train en gare. Elles se dirigèrent vers la sortie à la recherche d’un taxi. Remake. Recherche désespérément taxi. Une enfilade de lumière jaune annonçant la station de taxi à la sortie de la gare. Tout compte fait, tout n’était pas si mauvais dans cette journée. Pas de pluie à l’arrivée. Des taxis plus qu’il n’en fallait pour les quelques égarés qui sortaient de ce train et que personne n’attendait à la gare. Pour les autres, c’était beau, les retrouvailles dans les gares. Les embrassades émues, les regards qui se cherchent, les approches fébriles, les sourires sur les visages, les yeux perdus qui s’illuminent soudain. Ce qu’elle aimait la gare dans ces moments volés, petits instants d’humanité. La vie tout simplement.

Vannes la nuit. Les remparts de la vieille ville illuminés, même si ce n’était pas encore la saison touristique, le calme, les rues pavées, les murailles, la vieille église, tout était beau. Il faisait frais. Juste bon. De cet air vivifiant et rassurant, celui qui nous fait sentir qu’on est en vie. Qu’on ressent, qu’on respire. Celui qu’on ne sentait plus depuis longtemps en ville, à Paris. En revanche, la notion de crêperie ouverte un mercredi soir hors saison touristique était plus vague et floue. Après quelques minutes, environ une trentaine à parcourir la ville, elles comprirent vite que la première crêperie illuminée et ouverte devrait faire l’affaire.

Le lendemain matin.

8 heures. Armelle était déjà dehors, fumant tranquillement sa première cigarette de la journée. Le téléphone à la main. Elle avait besoin d’entendre sa voix. De lui parler. Impossible de dormir. Pas moyen de fermer l’œil. Et toi ? Aussi. Ouf…. Je suis rassurée…Eh ! Je viens de te dire que j’ai mal dormi et tu dis ouf… Bah oui… Au moins on est deux à ne pas avoir pu dormir tranquillement… donc ouf… je me sens moins seule. Égoïste. Oui, je sais… C’était revigorant cette petite lutte matinale. Juste ce qu’il lui fallait pour commencer la journée et se sentir réveillée. Entendre sa voix. Rire. Le faire rire aussi. Elle pouvait partir assurer sa journée de formation. Tout devrait bien se passer.

Et tout s’était bien passé. Pour la première et la dernière. L’accueil chaleureux du public, les remerciements réconfortants sur sa dernière formation, les regrets lors de l’annonce de son départ, les discussions sur la vie en province, les félicitations à la fin de la journée. Un peu de baume au cœur.

À la gare de Vannes pour le retour, elle était comme libérée. Soulagée. Plus que deux et tout ça c’était terminé. Fini les périples en province. Fini le stress d’avant présentation. Mais surtout fini de défendre des idées qui n’étaient plus les siennes depuis longtemps. Elle aimait ses sujets et ses dossiers. Mais si seulement elle avait pu les présenter pour elle, pour le plaisir de parler de livres, d’échanger, de rencontrer, sans cette représentation collée à la peau, cette image, cette étiquette à défendre… sans être la commerciale qu’elle n’était pas et qu’elle n’avait jamais su être.

Dans le train du retour, elle guettait les instants qui la séparaient de chez elle. La sensation de sentir ses mains l’enlacer, la serrer très fort, comme il savait le faire. Le regard amusé par la fatigue qu’elle éprouverait vraisemblablement en arrivant. Son caractère capricieux et joueur, surtout quand elle était crevée et pas en état de lutter. C’était tellement plus drôle. Et en fait, il ne fallait surtout pas qu’il le sache, mais elle aimait ça. Ensuite, il s’occupait de tout. Directif. Sans concession. Elle avait juste le droit de poser ses affaires, se changer, éventuellement le temps de prendre une douche ou de se laver le visage et ensuite, il ne fallait plus rien faire. Juste se reposer… Dans le train, elle guettait l’heure qui se rapprochait. Surtout que demain elle repartait et qu’elle ne le verrait pas durant trois jours…

08:51 Publié dans Chron