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30.09.2006

sans légende... suffit de lire le texte en dessous

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29.09.2006

un de plus... ou un de moins....

De nouveau dans le train… Pour Quimper… j’aime cette ville… son centre ville avec les rues pavées piétonnes, l’air frais qui vous prend à la gorge dès la sortie du train, le vent parfois avec de la chance, quelques gouttes de pluie aussi de temps à autre… j’aime cet endroit… sa cathédrale, les crêperies, les personnes que j’y croise…

 

Prendre le train. Il est 18h et des poussières… et je pars… alors pour ne pas déroger à mon habitude, j’écris… tout ce qui me passe par la tête… je viens de passer à côté de chez moi… enfin de chez mes parents, Villebon sur Yvette et un peu plus loin, je sais qu’il y a le pont à cinq petits kilomètres du village… les champs maintenant, parfois des arbres, dans la lumière mitigée de ce ciel ni bleu ni gris, du soir qui commence à tomber… c’est con, mais je me sens si bien là, heureuse, tout simplement… encore une fois, même si je suis dans le sens de la marche, je pars, je fuis… cette vie… je le sens dans mon dos, elle se décolle comme si un fil la tenait attachée au quai à Paris et que… vous savez comme les pulls qui s’effilochent, elle s’effiloche, fil d’Ariane pour quand je reviendrais… je retrouverais le chemin comme ça, pas de souci, elle reste attachée, fil invisible, imperceptible à la fin… mais elle se décolle, et c’est comme une sensation de légèreté d’un coup… plus rien, plus personne…

 

Et voilà… en fait… je n’ai pas su, pas pu écrire davantage… mais maintenant, je peux… sur le chemin du retour. Je peux parce que je sais que dans quelques jours, je reviens. Et puis encore quelques jours après. Je me fous complètement de la fatigue et du reste. Honnêtement. Peu importe. J’aime ce train. J’aime cette ville… j’aime arriver là bas… et être ailleurs… j’aime cette ambiance. J’aime cet air qui me fout une claque dès que j’arrive. J’aime tout ça. Le reste peu importe. On va me dire, tu ne fais pas gaffe. Tu vas être crevée. Quoi encore un déplacement. Je m’en fous… j’aime partir… j’aime revenir.. mais j’aime encore plus partir pour arriver… pour arriver tout simplement…

 

En arrivant là bas hier soir, il faisait nuit… il faisait frais… un petit vent… un peu de pluie… mrd… j’étais heureuse… et aujourd’hui… pourquoi est ce que j’aime tant cet endroit ? peut être à cause des personnes que j’y rencontre… peut être… mais aussi à cause de la mer, pas loin… mais aussi peut être à cause des rues piétonnes… mais aussi peut être… trop de raisons en réalité…aujourd’hui, il pleuvait… un peu… pas trop…. Juste ce qu’il fallait…. Juste un peu… quelques gouttes…. Un crachin comme dirait une personne que je connais…. Quelques gouttes de rien du tout… juste ce qu’il fallait….aujourd’hui, il y avait du vent… pas trop…. Juste un petit peu… une petite brise comme dirait une autre personne que je connais… juste ce qu’il fallait…. Aujourd’hui, il y avait aussi du ciel bleu… juste un petit peu… pas trop…. Quelques trous dans le ciel…. Juste ce qu’il fallait… comme dirait… juste moi…

 

Et mrd… je me sentais bien… et mrd… ça m’a mise de bonne humeur… un de ces jour où on se dit, mrd, la vie est belle… un de ces jours où se dit, mrd, je suis heureuse… tout simplement… juste simplement…

 

Tôt ce matin… fenêtre ouverte. Une première cigarette. Il est 7 heures du matin… à la fenêtre… dehors la pluie. Le ciel encore endormi…

 

Tôt ce matin… il est 8h… le petit déjeuner… dans un café… un café et du pain… mrd… c’est trop bon… dehors le ciel est gris… dans le ciel que des nuages… c’est beau…

 

Tôt ce matin… il est 8 heures et demie… ma valise à la main, mon sac sur le dos, je pars travailler… d’un pas léger… peu importe le reste. Ce matin j’ai mangé. Ce matin c’est resté… peu importe le reste… et mrd… je suis de bonne humeur… j’assume ma bonne humeur….

 

Moins tôt ce matin…. Il est 9h… je commence à travailler… à travailler, ça me fait rire… quel mot… il est 9h…. je commence à m’amuser… peu importe le reste. J’ai tout oublié. Juste les livres. Juste les mots. Juste partir. Juste … rien en fait… j’ai tout oublié de toute façon…

 

Il est 12h… ma journée est terminée… il est 12h… j’ai fini de travailler… je pars… manger… il est 12h… il fait toujours gris, mais au loin un filet de ciel bleu…il fait toujours gris, mais je m’en fous… la bonne humeur est accrochée à mes pas… elle ne veut plus me lâcher… le ciel est toujours gris, mais au loin un filet de ciel bleu… je reviens dans quelques jours, c’est établi…

 

On monte en voiture…. Direction la mer… direction Bénodet… on monte en voiture pour aller manger… et on arrive à la mer… on ira voir la mer… comme disait un livre… comme disait un auteur que j’aime beaucoup… on ira voir la mer… m’en fous, la mer, je vais la voir ce midi… on s’arrête dans une crêperie… au bord de la mer… près d’un port… dans un petit village… on s’arrête dans une crêperie… et on parle de l’Irlande.. et on parle de la Pologne… et on parle de la mer… et on parle… tout simplement… mrd… je suis toujours de bonne humeur… encore plus que ce matin peut être… tout simplement bien… mrd, je suis heureuse… on ira voir la mer, hein dit ? on ira voir la mer…. ? hein ? tu sais que j’aime le vent… tu sais que j’aime les vagues…. Tu sais que j’aime ce déchaînement, cette force, cette colère, ce souffle, que là bas je revis… que là bas, je suis… tout le reste je l’oubli… dit ? on ira voir la mer ? m’en fous… aujourd’hui, la mer, je la vois… et mrd, je suis heureuse… on fini de manger… on remonte en voiture… dehors, le ciel est gris… mais m’en fous… dans ma tête, il fait bleu… j’ai vu la mer… et… je vais la revoir… parce qu’on va à la plage… encore plus de vent… les vagues qui viennent se fracasser sur la plage… j’ai envie de courir …. J’ai envie de hurler… fichue bonne humeur…

 

Et on remonte à nouveau en voiture… parcours express… bonjour… m’en fous, j’ai vu la mer… m’en fous, j’en ai pris plein les poumons… m’en fous, j’en ai pris plein la tête… le vent dans la figure, les cheveux qui s’envolent…

 

Et on retourne à la gare… retour pour Paris… m’en fous… j’ai vu la mer… m’en fous, j’ai tout oublié… pendant quelques heures… et puis au loin, même si le ciel est gris, il y a ce ciel bleu, lundi je reviens… et puis jeudi encore… m’en fous si dehors le ciel est gris…

 

En plus maintenant il pleut… en plus des gouttes toutes fines tombent doucement… un crachin dirait une personne que je connais… les larmes du bonheur je lui réponds….

 

 

Aujourd’hui, encore une fois, j’ai tout oublié… j’ai mis un pied dans la bibliothèque… et j’ai tout oublié… posé l’ordinateur… lancé le vidéo projecteur… lancé le diaporama… et je me suis lancée… tout simplement… alors… aujourd’hui, encore une fois, j’ai tout oublié… comme si j’avais vidé mon esprit de mon corps… comme si j’avais vidé mon corps de mon esprit…. Je suis partie ailleurs encore une fois… dans cette histoire avec ce personnage qui me rappelle Belmondo… dans ces grands jours, ce brigand au grand cœur, rocambolesque… dans la vie de cette jeune femme qui a fuit sa vie, quelque part dans un hôtel de la Suisse Romande, et là, j’ai rencontré quelques légendes, celle sur le Diable de Milan … comme j’étais en Europe, j’ai poussé dans ce pays, la Pologne, juste avant la guerre… avec ces deux adolescents qui s’aimaient, mais qui ne se sont jamais trouvé, une belle triste histoire au crédit de l’amour… après j’ai voulu voir la Hongrie et je suis allée à Budapest, dans la Rue Katalin… j’ai fait connaissance d’un fantôme nommé Henriette, petite jeune fille au regard tendre et triste…après l’Europe, c’est au Etats-Unis que je me suis retrouvée…  à New York où j’ai accompagné un petit garçon pendant sa quête… devant la télé, en train de regarder cette mini série télé, le Script, comment ça, vous ne connaissez pas ? Mais c’est la nouvelle série de Rick Moody… et après, je suis partie en vacances en Norvège, on était en automne, les première feuilles commençaient à tomber et tous se préparaient pour l’hiver … alors dans l’hiver de cette matinée, je me suis retrouvée dans les Rocheuses avec ce jeune homme et son chien…. En revenant, j’ai fait un détour par l’Irlande pour aller à la rencontre de Chicago May…. Après, je me suis dis que je commençais à avoir faim, alors je me suis arrêtée dans un petit restaurant, près de chez moi, où tout crie Mangez moi… comme je n’avais toujours pas envie de rentrer, j’ai poussé jusqu’en Tchétchénie… en passant, j’ai oublié de vous dire qu’en Novembre j’étais allée dans les Flandres et au Canada… on y parlait de guerre mais aussi d’espoir… alors comme j’avais besoin de rire un peu, pour Noël, je suis allée rencontrer les gens de l’ancien quartier de Bel Avenir… il m’ont fait sourire… et donner envie de continuer encore… alors… j’ai continué encore… vers d’autres destinations, vers d’autres vies… vers d’autres rencontres… et puis il a fallu que je rentre… il était midi… retour… mais je m’en fous…. Parce que la semaine prochaine, je repars… vers d’autres voyages… vers d’autres rencontres… parce qu’au final, ce ne sont jamais les mêmes… parce qu’au final, tout dépend du point de départ… alors je sais que dans les semaines qui viennent, je vais repartir en voyage… peut être que je retournerais dans des endroits que j’ai déjà vu… peut être que je croiserais des personnes et des vies que j’ai déjà croisé… mais je sais que ce ne sera pas pareil… parce que j’aurais oublié… parce que le ne partirais pas du même endroit… alors oui, aujourd’hui, encore une fois, j’ai tout oublié… j’ai mis un pied dans la bibliothèque… et j’ai tout oublié… posé l’ordinateur… lancé le vidéo projecteur… lancé le diaporama… et je me suis lancée tout simplement…

 

24.09.2006

Le Diable de Milan de Martin Suter

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais parfois, quand je lis, il m’arrive de visualiser, d’imaginer ce que je lis, de voir les images, de donner des visages très précis aux personnages… de me retrouver plongée dans un film.

Voilà ce que j’ai ressenti en lisant ce livre de Martin Suter, Le Diable de Milan. Le seul problème, c’est que je suis incapable de me souvenir du nom de l’actrice… mais bon…

Sonia, pendant ces quelques pages, c’était cette actrice. Les paysages de la Suisse Romande… bon d’accord, là, j’ai peut être été loin, mais c’était ceux du Dracula de Coppola… Pourquoi ? Quel rapport ? Tout simplement le titre, l’ambiance oppressante et de huis clos…

Ce livre démarre doucement… d’ailleurs, il va tout doucement… on ne sait pas trop ce qui se passe. Si le personnage principal est fou, si tous les autres, ne le sont pas un peu aussi d’ailleurs… On se retrouve ailleurs… en plein été… et pourtant il se met à neiger. Le soleil ne semble pas connaître cet endroit…

Ce livre fait peur. Et pourtant, pas de monstre, pas de meurtre, pas de crimes odieux… pas de sang, … mais une terreur psychologique qui s’installe tout doucement… entre rêve et réalité. Entre illusion et vérité. Entre légende et quotidien…

Alors, on a envie de savoir ce qui va se passer… on a envie de comprendre ce qui se passe… on oscille en permanence entre le fantastique et le réel… on veut savoir vers quel côté aller, où se situe la vérité, ce qu’on est en train de lire…

Certains de mes collègues n’ont pas aimé ce livre parce qu’il ne va pas assez vite… tout est trop long…alors que pour moi, c’est justement ce qui fait le charme du livre car l’auteur prend son temps pour dresser les décors, l’ambiance, les personnages… leur donner le maximum de profondeur et les ancrer dans ce monde à part, entre deux réalités, dans leur réalité…

Bref… la fin est assez surprenante, et… je ne sais pas mais j’ai eu la sensation de me retrouver plongée dans une nouvelle fantastique du début de siècle… dans ce monde où Dracula et le Diable existe, sauf que c’était à notre époque…

 

Le diable de Milan

Martin Suter

Bourgois – 25€ - 311 pages

ISBN : 2267018489

Traduit de l’allemand par Olivier Mannoni

Biographie

Né à Zurich en 1948. Publicitaire à Bâle, Martin Suter multiplie les reportages pour Géo, devient scénariste pour le cinéaste Daniel Schmidt, écrit des comédies pour la télévision. Il vit entre la Suisse, l’Espagne et le Guatémala.

Résumé

Lorsque Sonia, une jeune femme tout juste sortie d’un mariage étouffant et tumultueux, quitte la ville pour aller travailler dans un hôtel de luxe à la montage, elle ne se doute pas un instant de ce qui l’attend. Dans la lourde atmosphère paysanne de l’Engadine, un vieil hôtel chargé d’histoire mais doté d’un « espace forme » ultramoderne accueille des patients en cure. Parmi les rares clients de l’établissement, dont une vieille veuve de professeur et un étrange docteur aux allures d’Hindou, et sous le regard lubrique ou jaloux des agriculteurs locaux, la jeune psychothérapeute voit se multiplier les bizarreries. Un portier de nuit convoqué en plein jour, un chien déguisé, des croix retournées, des plantes qui meurent sans raison apparente. Reliée à la civilisation urbaine par les seuls sms de son amie Malou, Sonia est entourée dans son centre de soins de deux collègues, la mystérieuse Madame Félix et le gentil Manuel. Sonia, affectée d’étranges troubles de la perception, tente d’établir le lien entre ces événements, la légende du Diable de Milan et son propre passé conjugal. Mais le diable est rarement là où on le cherche…

Bibliographie

La face cachée de la lune                    Bourgois                                                         

Small world                                        Bourgois                                                         

Un ami parfait                                     Bourgois                                                         

Lila, Lila                                             Bourgois                                                         

Extrait

« L’odeur bleu ardoise s’était dissipée et elle avait cessé de voir les voix.

La chambre était dans la pénombre. Les jalousies laissaient tout juste passer le jour dont eut besoin Sonia pour trouver son chemin vers la porte, parmi les meubles et les vêtements.

Elle l’ouvrit et se retrouva dans un vestibule. L’éclairage de la cage d’escalier filtra par les vitres en verre dépoli et gravé de la porte du salon, puis s’éteignit.

Elle avança en tâtonnant le long du mur vers la première des trois portes que la lampe de l’escalier lui avait permis de distinguer. L’une d’entre elles était certainement celle des toilettes.

La poignée était froide. Rien de plus. ni aigre-douce, ni douce-amère, juste froide.

Elle entra dans une pièce obscure et entendit un souffle profond et régulier. Entendit. Non pas entendit et vit. Tout de même.

Elle ferma la porte discrètement, avança du bout des doigts jusqu’à la suivante et se retrouva dans une cuisine vivement éclairée.

Deux hommes y étaient assis à table. Ils buvaient du café en silence et fumaient. Partout traînaient des verres à demi vides et des assiettes qui contenaient encore des reliefs de repas. La vaisselle s’empilait dans l’évier.

Les hommes se tournèrent vers la porte et au regard fixe qu’ils lui lancèrent, elle comprit qu’elle était nue.

-          les toilettes ? demanda-t-elle.

Après tout puisqu’elle était là…

-          Porte suivante, dit le premier.

L’autre se contenta de la regarder.

Sonia leur offrit également la vue de sa partie arrière et quitta la pièce.

Les toilettes puaient le vomi que quelqu’un avait tenté d’essuyer sur la lunette. Il n’y avait plus de papier.

Elle regarda dans le miroir pour vérifier si elle avait vraiment la mine aussi épouvantable qu’elle en avait la sensation.

Non, ça n’était pas si terrible que ça. Mais quelque chose l’inquiéta : le regard qui lui faisait face n’éveillait aucune espèce de sentiment en elle. Ni sympathie, ni familiarité, ni indulgence, ni compassion. Elle n’avait rien à voir avec la femme dans ce miroir. »

 

23.09.2006

un soir, un voyage

Le cauchemar de cette nuit ne voulait pas partir. Toujours collé à sa peau, à son esprit… cette maison, ces pièces, ces portes fermées à clé… toujours les mêmes qui revenaient. Cet endroit, elle avait beau réfléchir, elle ne savait pas. Ne le connaissait pas… et pourtant, il suffisait qu’elle ferme les yeux et elle pouvait décrire les meubles, les murs, les couleurs, l’ambiance… ce cauchemar… cet endroit… le résultat de l’alcool, des médicaments et de la fatigue ? Cette maison réapparaît toujours à un moment bien précis. Quand elle ne va pas bien. Que tout est torturé dans son esprit… elle avait peur encore ce matin en se levant.

 

Elle savait qu’elle n’allait pas bien en ce moment. Mais pas à ce point là. Pas au point de voir cet endroit apparaître dans sa nuit.

 

Le malaise avait collé ses pas jusqu’à maintenant. Assise dans le train. Assise en sens inverse. La brume qui couvrait les champs, les protégeant de la nuit, le ciel ni bleu ni gris, encore endormi et qui faisait partager la couleur de ses rêves.

 

Plus le train s’éloignait de Paris, plus elle allait mieux… comme si elle se libérait… comme si elle larguait mes amarres, comme si… peut être ce jour en demi teinte aux allures de songe… peut la musique dans sa tête… peut être… le son du piano, des violons, le rythme… même son cauchemar lui semble lointain maintenant. Quitter Paris. 7h32. arriver au Havre 9h30. elle ne savait même pas ce qu’elle allait faire là bas. Mais elle avait envie… prendre le train. En ce samedi matin. Elle devrait être en train de dormir… en train… c’était la solution qu’elle avait trouvé … en train… laisser le spectre de sa vie sur le quai. Pour quelques instants. Oublié. Oubliée. Comme une ombre, cette vie l’attendait. Elle le savait. Sitôt qu’elle avait reposé le pied sur le quai au retour. Comme une sangsue. Lui recoller à la peau… alors dès qu’elle pouvait monter dans un train. Partir. Loin. S’enfuir. Fuir. Libre. Libérée.

 

A chaque voyage une nouvelle vie. Un nouveau moment, un nouvel air… un pied hors de la gare. Une cigarette. Une grande bouffée d’oxygène mêlée à la nicotine. Avec un peu de chance, il y avait du vent, l’air frais du matin, même la pluie, comme une purification, tout la faisait sourire… peu importe… partir de Paris. Départ 7h32. Arriver au Havre à 9h30. Retour s’il vous plait ? je ne sais pas encore… bien je vous mets un billet open alors… ? un quoi ? Billet open. Vous prenez le train quand vous voulez. Ah ok. Merci.

 

Elle allait travailler. Travailler ? Vraiment ? Elle ne savait même pas en fait. Cette inauguration, c’était pas vraiment du travail en fait. Enfin si mais…

 

Des parcelles du cauchemar défilaient sous ses yeux ouverts, au gré des paysages. Elle le laissait, imprimé sur les nuages, les images, sur les rails… elle avait hurlé dans son sommeil. Trois fois le même mot. Elle rêvait qu’elle ne pouvait pas parler. Etouffée par la peur. Et elle avait hurlé. S’était réveillée en sueur… un verre d’eau. Elle ne saisissait plus la réalité. Qu’est ce qu’elle faisait là ? Elle était où d’ailleurs ? Il était quelle heure ? Un grand verre d’eau. Ça faisait à peine 1h30 qu’elle était couchée. En refermant les yeux, elle avait essayé de contrôler son esprit… dirigeant les personnes, tel un metteur en scène, pour que ce cauchemar se transforme, s’efface, se transforme… elle avait du réussir parce que parce qu’elle s’était rendormie… et ne s’était pas réveillée qu’avec le son de grenouille de son téléphone… elle avait hurlé… Trois fois le même mot… et maintenant, elle fuyait cette sensation dans ce train pour le Havre… et plus elle s’éloignait de Paris, plus elle revivait. Reprenant pied dans sa réalité.

 

21.09.2006

Allez savoir pourquoi

Mais aujourd'hui, en rentrant de déplacement, j'avais ce poème en tête... comme ça... il m'est revenu d'un coup...

Ma Bohème
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées;
Mon paletot soudain devenait idéal;
J'allais sous le ciel, Muse, et j'étais ton féal;
Oh! là là! que d'amours splendides j'ai rêvées!

Mon unique culotte avait un large trou.
Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur!

Arthur Rimbaud

20.09.2006

Rue Katalin de Magda Szabo

Rue Katalin

Madga Szabo

Viviane Hamy – 21.5€ - 250 pages

ISBN : 2878582365

Traduit du Hongrois par Chantal Philippe

 

Biographie

Magda Szabo est née à Debrecen en 1917, dans une famille cultivée d<>e la grande bourgeoisie protestante. Considérée comme un classique vivant de la littérature hongroise, certains la nomment « le Mauriac Protestant ».

Ses premiers livres paraissent au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, et elle est saluée comme un des grands espoirs de la littérature. Après 1948, pour des raisons politiques, elle disparaît de la scène littéraire et on n’entend plus parler d’elle. Pendant une longue période, elle vit de travaux de traduction et d’enseignement. C’est à la fin des années 1950 qu’on revoit son nom dans les catalogues des maisons d’éditions, et immédiatement, elle rencontre un immense succès. En 1959, elle reçoit le prix Attila Jozsef. Elle est traduite dans de nombreux pays. En France, les éditions du Seuil, font paraître conq de ses romans. En 1978, elle reçoit le prix Lajos Kossuth et sa notoriété ne fait que grandir.

En 1987, paraît La Porte, qui connaît un immense succès international, mais n’est pas traduit en français, alors qu’il l’est en Allemagne, en Angleterre, aux Etats-Unis. Sorti aux éditions Viviane Hamy en 2003, le roman obtient le prix Femina étranger à l’unanimité moins une voix.

La Ballade d’Iza a paru en Hongrie en 1963, Rue Katalin en 1969. Il est sorti aux éditions du Seuil en 1974. Après avoir lu le texte hongrois et le texte français, Chantal Philippe a conseillé aux éditions Viviane Hamy d’en faire une nouvelle traduction…

Résumé

La rue Katalin, c’était le lieu du bonheur, l’espace de l’amour. C’était avant guerre, avant que le mal absolu n’intervienne et éradique toute possibilité de vivre ce que la vie offre avec générosité.

Dans la rue katalin, il y avait trois maisons voisines, trois jardins mitoyens, ceux des Biro, des Held et des Elekes, qui formaient un paradis. Les filles Elekes, Iren et Blanka, comme Henriette Held étaient follement amoureuses de Balint Biro. Mais tout le monde savait qu’Iren et Balint s’aimaient, qu’ils étaient faits l’un pour l’autre de toute éternité. D’ailleurs, la guerre n’avait pas réussi à détruire cela. Bien sûr, les Held avaient été emmenés, déportés peut être. Mais Henriette avait trouvé refuge chez ses amis qui la cachaient, la protégeaient … Et l’amitié entre les quatre jeunes gens était si forte, indéfectible. D’ailleurs, les fiançailles d’Iren et de Balint approchaient, Iren essayait sa robe, tandis que Balint parlait à Henriette, apaisait Henriette.

Un soldat surprend Henriette tandis qu’elle se glisse dans le jardin des Elekes pour assister aux fiançailles ; il la somme de s’arrêter, il tire….

Cette mort signifie la fin du paradis. Tous doivent quitter la rue Katalin, réquisitionnées par l’état major des croix fléchés, pour rejoindre une autre maison de l’autre côté du Danube…


Bibliographie

La Porte                                              Viviane Hamy                                       2003

La ballade d’Iza                                   Viviane Hamy                                       2005

 

Extrait

" Vieillir, cela ne se passe pas comme dans les livres, ce n’est pas plus ce que décrit la science médicale.

Aucune œuvre littéraire, aucun médecin n’avait préparé les habitants de la rue Katalin à l’éclairage impitoyable que l’âge apporterait dans l’obscure galerie qu’ils avaient parcourue presque inconsciemment pendant les premières décennies de leur vie ; ni à e qu’il mette de l’ordre dans leurs souvenirs et leurs craintes, modifie leur jugement et leur échelle de valeurs. Ils savaient qu’ils devaient s’attendre à certains changements biologiques, que leur corps avait entrepris un travail de démolition qu’il poursuivrait aussi minutieusement qu’il s’était construit, depuis l’instant de leur conception, en vue du chemin à accomplir. Ils avaient accepté de voir leur physique se modifier, leurs sens s’affaiblir, leurs goûts, leurs habitudes et même leurs besoins s’adapter à ces changements, de devenir gourmands ou de perdre l’appétit, d’être craintifs, voire susceptibles. Ils s’étaient résignés à avoir du mal à dormir et à digérer, fonctions dont la régularité leur semblait jadis aussi naturelle que la vie même. Mais nul ne leur avait dit que perdre la jeunesse est effrayant, non par ce qu’on y perd, mais par ce que cela nous apporte. Et il ne s’agit pas de sagesse, de sérénité, de lucidité ou de paix, mais de la conscience de ce que tout se décompose.

Ils s’étaient soudain rendu compte que le temps avait désagrégé leur passé, alors que durant leur enfance et leurs années de jeunesse, ils l’avaient considéré comme un ensemble compact et bien cimenté. Tout s’était dissocié, rien ne manquait de ce qui leur était arrivé jusqu’à ce jour et pourtant, ce n’était plus la même chose. L’espace avait été divisé en lieux, le temps en moments, les événements en épisodes et habitants de la rue Katalin comprirent enfin que de tout ce qui avait constitué leur vie, seuls quelques lieux, quelques moments, quelques épisodes comptaient vraiment, le reste ne servait qu’à combler les vides de leur fragile existence, comme les copeaux dans une caisse préparée pour un long voyage empêchent le contenu de se briser.

Alors ils surent aussi que la différence entre les vivants et les morts n’était que qualitative, qu’elle ne comptait pas beaucoup, ils surent que quand dans la vie de chacun il n’y a qu’un seul être dont il puisse crier le nom à l’heure de la mort. »

 

 

C'est tout simplement beau... Honnêtement, j'avais un peu peur... je n'avais jamais lu cet auteur et les avis unanimes, j'ai tendance à m'en méfier...

Alors l'autre dimanche, comme ce livre était dans la sélection et qu'il fallait bien que je me lance un jour, je l'ai pris avec moi pour la randonnée rollers... Paris Torcy... 40 kilomètres... avec une arrivée à la base nautique... je me suis dis, au moins j'aurais un peu de temps pour lire...
et...
Je ne l'ai plus lâché...
du départ à la fin de la journée, à chaque petite pause, à chaque arrêt, il fallait que je retourne là bas... Rue Katalin pour les retrouver tous...
Raconter le texte... et l'histoire, ce serait dommage... parce que ce livre, c'est des émotions, des impressions, des touches de couleurs tout en nuance, des pastels endommagés par la souffrance, par la perte et la douleur...
Parce que ce texte, c'est de la poésie, de la douceur et de la violence, de la beauté et de la cruauté...
Parce que... une vie... c'est notre enfance, nos actes manqués et ceux qui auraient du être manqués mais qui ne l'ont pas été...
Parce que l'amour... ce n'est pas éternel... son double maléfique rode parfois... la haine... il n'est jamais très loin...
Ce livre, il ne faut pas le raconter... parce qu'il se ressent... tout simplement....

 

un début... une idée...

Elle avait quinze ans… une toute jeune fille qui s’ouvrait à la vie…

 

L’été, les bals, les fêtes de village… avec sa sœur, elles partaient à bicyclette, parcouraient la région, en quête d’amusement et de fête… jeune et insouciante comme on peut l’être à quinze ans… on était en été… on était en 1938…

 

Les robes, s’apprêter, se coiffer, se maquiller un peu aussi, pour faire comme sa grande sœur, la danse, la musique, les lampions…

 

Est-ce qu’on fait vraiment attention à cet âge là ? Est ce qu’on pense vraiment à tout ce qui se passe plus loin ? Encore quelques semaines et elle retournerait à l’internat pour une nouvelle année scolaire…

 

La danse, la musique, les musiciens, les ciels des soirs d’été, la fraîcheur de ces soirées, ces familles qui profitent de ces instants de fête pour oublier, juste un peu, un tout petit peu, le travail qui les attend demain, pour oublier un peu, juste un peu, leur vie, le manque d’argent, la fatigue, les champs, le mal de dos… tous endimanchés, tous ailleurs…

 

Elle avait quinze ans… on était peut être en 1938, mais pour elle c’était le premier été… ce premier été de liberté… où elle pouvait sortir… et se sentir vivre…

 

Elle n’était pas très grande pour son âge… brune… de longs cheveux qu’elle aimait porter lâchés… le corps à peine sorti de l’enfance, le visage encore innocent… elle était belle et elle le savait. Même si… c’était pas comme sa grande sœur… sa grande sœur, cette aînée idolâtrée. Son modèle. Avec ses dix huit ans. Elle était déjà une femme… et elle était très belle. Fascinante et troublante.

 

A chaque fête, le ballet des soupirants qui attendaient leur tour pour la faire danser. Pour lui faire tourner la tête et qui sait, peut être le cœur… qui guettaient un geste en leur faveur…

 

Cet été là, elle avait quinze ans et pour la première fois de sa vie, elle était libre et se sentait vivre… alors est ce qu’on fait vraiment attention au reste et à ce qui se passe ailleurs ?

 

18.09.2006

Seconde partie

Le dimanche…

 

Le dimanche, ma grand-mère est venue manger… j’ai voulu qu’elle vienne… parce que ça faisait longtemps que je ne l’avais pas vue… ma grand-mère… la mère de mon père… une des personnes les plus importantes à mes yeux… pourquoi, je ne sais pas… mais c’est comme ça… un des derniers liens que j’ai avec mes origines… un des derniers liens que j’ai avec ce que je suis… parce que… quelque part, ce que je suis, c’est ça… une copie conforme… enfin conforme… je me comprends… j’ai le sale caractère de mon père… j’ai la même attitude perfectionniste que le lui et que mon grand père… je suis aussi extrême qu’eux… alors voilà…. Je voulais voir ma grand-mère… parce que j’avais besoin qu’elle soit là… de sentir sa présence… j’aurais voulu qu’elle me raconte encore sa vie, comme elle l’a fait une fois… j’aurais voulu qu’elle me raconte encore comment elle avait rencontré mon grand père… j’aurais voulu qu’elle me raconte à nouveau leur histoire… elle jeune fille éperdument amoureuse d’un jeune garçon polonais… qui a du se cacher pendant la guerre… qui a du changer son prénom… qui a du cacher ses origines… l’entendre prononcer encore une fois le vrai prénom de mon grand père… Aliosus… et pas Alain… et partir en voyage… en l’écoutant parler… je ne sais pas pourquoi j’ai eu besoin de tout ça dimanche… mais je voulais qu’elle soit là…

 

Tout comme j’avais besoin d’être chez mes parents, avec mon piano, avec ma famille et…

 

C’est étrange… pourtant, à chaque fois que je vais là bas, je suis malade… et pourtant… ce foutu besoin de retourner dans la forêt, d’aller marcher avec le chien, d’aller me balader dans les bois avec mon père, de jouer du piano… d’être avec mes frères et ne pas se prendre la tête… juste ce besoin…

 

Alors dimanche matin, j’étais levée à 8h… la première… je suis sortie… pris une clope… on ne se refait pas, et je suis partie dans les bois… Pluto, mon adorable labrador stupide m’a suivi un temps et puis son estomac lui a rappelé que mon père n’étais pas encore levé et que s’il restait avec moi dans les bois, il allait louper le petit déj premier service…alors j’ai marché… toute seule… pendant une demie heure… dans le bois qui se reveillait… dans la nature qui disait bonjour…encore un peu endormie…

 

Et puis je suis rentrée… il parait qu’il fallait…juste l’heure de préparer le dessert pour le midi… un des dessert préféré de mon père… un truc tout simple… une mousse au chocolat… comme quand j’étais môme… je me levais quand tout le monde dormait encore et je préparais un dessert, souvent une mousse au chocolat… très souvent… le dimanche matin… les vieux réflèxes.. on ne se refait pas, il parait… et puis ça me faisait plaisir et je savais que ça ferait plaisir à mon père… alors…

 

Et tout le monde s’est levé… le charme était rompu… l’enfance était repartie… je suis redevenue adulte… alors… je me suis mise au piano… ce morceau, les Yeux Noirs… parce que lui aussi il parle de la Pologne… lui aussi, il parle de là où je viens… à travers lui, je peux parler… tout simplement…

 

Tout le monde est arrivé petit à petit… ma grand-mère, mon frère qui émergeait du sommeil et de sa soirée de la veille surtout, mon autre frère et sa copine… tout le monde… petit à petit… c’est étrange… habituellement, le dimanche, je suis à Bastille pour la randonnée en rollers… tous les dimanche… à 13h… et là… d’être assise dans ce salon, entourée de toutes ces personnes… j’étais bien… même si je savais que … j’allais être malade… c’était pas grave… pour une fois, c’était pas grave tout ça…

 

Alors voilà mon week end…

 

Un petit retour dans le passé… un petit saut dans un ailleurs…

 

17.09.2006

Le week end... première partie

Un week end à la campagne…

 

Un petit week end ailleurs… loin de Paris… loin de tout en fait…

 

Vendredi, départ… Rer B… la joie du rer en heure de pointe un vendredi avec tous les gens qui rentrent du boulot, avec les bagages, avec… bref… un pur moment de bonheur… direction Orsay Ville… coup de chance, le rer n’était pas trop blindé… parce que direct Orsay. Et puis au départ de la Plaine, c’est plus facile de réussir à se trouver une place assise…

 

La Plaine à 16h45… une heure plus tard, Orsay Ville… ce n’est pas la campagne vous me direz… c’est clair… pas encore tout à fait…

 

Comme nous n’avons pas le permis, mes parents nous attendaient à la gare… enfin, sont venus nous chercher… juste le temps de fumer une clope pour se remettre du trajet… bah oui… pour ceux qui connaissent un peu le coin, on ne met pas une heure pour aller de La Plaine à Orsay… mais… comme nous avons beaucoup de chance, petit problème technique à Massy Palaiseau… donc… 10 minutes à quai… le temps que le rer se remplisse encore et encore… ce petit habitacle… qui au départ était encore supportable… qui se rempli, encore et encore… jusqu’à qu’il n’y ait plus de place pour la moindre particule d’air frais… comment ça, je suis mauvaise ?! Non… juste que le soir, après une journée de boulot et surtout un vendredi soir après une semaine épuisante…

 

Donc, nous voici à Orsay… direction… argh… oh damned… ! Au secours… le super marché… eh oui ! Paramètre que j’avais omis… consciemment, sciemment, bref… voulu occulter… mes parents vont faire les courses le vendredi soir.. Donc, on y a pas coupé…

 

Et vers 19h00 enfin, la campagne… En fait de campagne, Bonnelles est un petit village situé à 20 kilomètres des Ulis… entouré de champs et de forêts… avec comme attractions principales… un Shopi, un collège et… attendez que je réfléchisse… euh… eh bien… c’est tout… donc la campagne…

 

Vendredi soir. Nous avions prévu le coup. Deux jours à la campagne, dans un petit village où l’animation est le mot d’ordre, donc, une psp flambant neuve pour David et une tonne de bouquins, une partition (pour qui suit, Les Yeux Noirs) pour moi… de quoi s’occuper… donc, à peine arrivés, les courses vidées et rangées, les affaires posées dans la chambre, direction le piano. Partition ouverte. Et juste de la musique dans ma tête. Pas pour très longtemps, parce que les horaires sont un paramètre très important chez mes parents… arrivés à 19h. Vers 19h15 tout était rangé. A 19h30, la table était mise. A 19h35, le repas en cours de préparation. A 19h40, on pouvait commencer à prendre l’apéritif… un peu trop tôt pour moi…. Alors, avec un talent indéniable, j’ai utilisé tous les stratagèmes que je connais pour repousser un petit peu l’échéance… grappiller quelques minutes de piano… puis descente dans les profondeurs de la maison pour aller fumer une clope. On ne fume pas devant mon père. Interdiction formelle. Et puis, de toute façon, je n’oserais pas. J’ai … un certain âge… et ça fait seulement 5 mois qu’il sait que je fume… bref… et puis vers 20h (quand je dis que je suis douée pour gagner un peu de temps…) direction l’apéritif…

 

Mes frères étaient absents. L’un avec sa copine ailleurs… l’autre chez des amis… juste tous les deux avec mes parents et le chien.

 

A 22h30, je dormais.

 

Le lendemain… samedi matin, joli temps gris. Je voulais et devais lire. Mais impossible. Le boulot qui me rattrape chez mes parents en week end, un appel… et.. Toute la motivation qui tombe à l’eau. Alors piano… encore et encore….

 

Je n’ai rien fait de la journée… sauf lire et jouer du piano…toujours ce morceau. Je m’étais fixé un but. Savoir le rejouer mieux qu’avant à la fin du week end… alors de l’intensif. Maintenant mon chien est neurasthénique, les chatons qui sont nés il y a trois semaines sont définitivement perdus pour la cause de la race féline… à trois semaines, alors qu’ils ne sont pas sevrés, tenter de s’enfuir… alors par pitié pour tout ce petit monde, à un moment, j’ai fait une petite pause… le temps de faire de la pate à crêpes… et puis… mon père est rentré du boulot. 18h… Papa… on va à Monjoie ? euh… tu sais, un samedi soir, les girolles, c’est un peu mort… m’en fiche… on peut essayer… et puis comme ça, on peut aller se balader dans les bois… alors nous sommes partis marcher dans les bois, dans une quête désespérée… trouver des girolles… Monjoie… c’est un endroit du bois, près de centre technique de la 3F… pour les amateurs de foot, la 3F, c’est un lieu sacré… à Clairefontaine… pendant une heure… le calme… l’odeur des bois… le bruit des branches mortes qui craquent sous les pieds… pendant une heure… les girolles, c’était oublié. Juste le plaisir de marcher dans les bois. Juste le plaisir d’être ailleurs…on en a trouvé 5 quand même… 5 girolles… belle récolte non ?

 

Les nuages avaient disparu. Le soleil s’était levé. A 18h… enfin… nous sommes restés 1h30 à marcher… chacun de son côté. En silence. C’est incroyable comme ça fait du bien. Oublier tout. Juste profiter de l’instant. Du moment de calme absolu…

 

Et puis, il a fallu rentrer.

 

Le chemin du retour, c’est moi qui l’ai choisi. Je ne sais pas pourquoi, mais j’avais besoin de passer par certains endroits. De me les rappeler. De les revoir… de repasser par tous ces lieux de quand j’étais môme. De quand… bref… ces endroits où j’allais courir, faire du vtt, marcher… ces endroits où je m’enfuyais quand j’avais besoin de fuir ma vie… ces lieux… la maison de ma grand-mère… enfin sa maison… elle a déménagée très tôt… de cet endroit mais j’en ai gardé des souvenirs très forts. Cet endroit. Cette petite maison qui respirait encore la présence de mon grand père que je n’ai jamais connu… je me souviens de la grande table en bois dans la cuisine, du buffet, du jardinet dehors… de…

 

Après, il a fallu rentrer. Retour à la maison…

 

Repas du soir… mais avant, de nouveau l’apéritif…

 

13.09.2006

A vous de voir...

Voilà... deux petites fiches que j'ai faites pour le travail... sur deux livres que j'ai vraiment beaucoup aimé... totalement différents... mais...

A vous de voir...

 

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