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29.11.2006
Argh!!!
Et voilà, ça c'était il y a deux semaines....
Comment ça je suis en retard ?
Ok... j'avoue... Mais, j'ai bossé entre temps. Si, si, c'est vrai... ça m'arrive parfois...
Euh, pour info, c'est Ajaccio... enfin, c'était... enfin, c'est toujours, mais comme la photo date de deux semaines... enfin bref...
Entre temps, donc...
Mon pauvre petit cerveau a du réfléchir à des problèmatiques qui, Oh my god... (Friends le matin, à éviter... le Oh my God de Janice... ça reste dans la tête... ), donc des problèmatiques assez lointaines de mes préoccupations habituelles... La géographie... le roman populaire (entendre, trash, best sellers, people, ... vous situez ?), ... Et puis, le dossier sur les sciences à remettre à jour, le dossier sur les mangas, le dossier sur le roman adolescent, et ... et les déplacements à assurer, les demandes incongrues qui tombent toujours très mal, et ... et surtout le futur poste qui va être créé pour bosser avec moi.... (Le ou la pauvre, oui, je sais...)... Bref... que du bonheur... Heureusement que dans tout ça, il y a quelques petites perles... le dossier sur la bd anglo saxonne, Montreuil, le salon jeunesse, où j'ai eu une superbe dédicace de Tarek (Merci!!! je vais la scanner et la poster, un jour, quand j'aurai le temps, le courage et surtout le matériel sous la main...), l'entretien avec Serge Ewenczyk (le petit lien pour les éditions Ca et là...),... enfin...
Bon, comme la session arrive à expiration, je vais arrêter de raconter ma vie... et me plonger dans mon boulot... parce que je suis grave à la bourre...............................................
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28.11.2006
parfois, le boulot...
Juste...
un petit lien...
je crois que c'est une des personnes les plus passionnantes que j'ai eu la chance de rencontrer ces dernières semaines...
Parce que je travaille à un dossier sur la bande dessinée anglo saxonne.. alors cette personne a eu l'amabilité et l'extrême gentillesse de me consacrer deux heures...
Deux heures passionnantes avec un passionné de la bande dessinée...
Un grand merci à lui...
Et un petit lien vers les éditions Ca et là...
22:10 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.11.2006
Stewart O'Nan
J’avais lu pour le travail Le pays des Ténèbres de Stewart O’Nan. Et … c’est rare quand on tombe sur un livre qui fait cet effet, vous savez, l’envie d’en lire encore et encore, de retourner dans un univers, dans une écriture, dans un style… alors, j’ai beau travailler pour une librairie, comme je suis plus souvent en déplacement qu’au magasin, j’ai couru au Virgin le plus près de chez moi, pour aller m’en acheter un autre… et là, quel ne fut pas mon désarrois, il n’en avait pas. Ce n’est pas grave, muée par une détermination sans faille et inébranlable, j’ai tenté la Fnac… et enfin… Nos plus beaux souvenirs… un de ses précédents romans…
Dans Le Pays des Ténèbres, l’auteur nous présentait une banlieue américaine huppée, près de Hartofd, Avon.
Un an auparavant, lors de la nuit d’Halloween, un accident de voiture avait coûté la vie à 3 adolescents.
Et au début du roman, ce sont ces trois adolescents qui nous interpellent. Ils nous appellent à les suivrent pendant une journée et demie, jusqu’à la nuit d’Halloween, où quelque chose va se passer.
Ce roman est tout simplement envoûtant. Dès l’entrée, nous sommes happés par l’univers, par les personnages qui nous prennent en otage. Ce sont eux qui nous guident dans l’histoire, qui nous présentent les protagonistes, les lieux, … nous décrivant au « scalpel » le monde des vivants qui nous apparaît très vite comme une société de zombies. Nos trois petits fantômes, avec leur détachement, leur ironie, leurs regrets, leur humour, leur amour aussi nous semblent tellement plus vivant… et nous voilà embarqués dans une course contre le temps, sachant qu’il va se passer quelque chose, apprenant à connaître les personnages petit à petit, à découvrir leurs failles, leurs faiblesses, leurs mal être… et ça fait mal juste là où il faut…
Cette montée dans l’intrigue, tout en douceur, assurant un crescendo permanent dans la lecture ; la découverte progressive des personnages, qui nous sont livrés dans leur nudité et leur crudité la plus totale et la plus parfaite ; l’ambiance d’Halloween, avec nos petits fantômes, les vivants qui sont de vrais zombies, cette banlieue huppée à la Gilmore Girl ; l’accident, qui nous apparaît de moins en moins comme un banal accident de voiture ; le plan ourdi par nos petits fantômes ; et … bref… plus on avance dans le livre, plus on avance dans la vérité, dans la psychologie des personnages, dans la tension et le suspens. Le tout émaillé de références au cinéma d’horreur, à la musique rock américaine…
Ce livre, je l’ai lu en une journée. Je n’ai pas pu le lâcher du moment où je l’ai commencé.
Alors dès que j’ai eu Nos plus beaux souvenirs en main, je me suis lancée dans la lecture.
Et encore une fois…
Des personnages découpés au scalpel, une atmosphère prenante, un univers complet, des références au rock toujours choisies avec pertinence, bref, je n’ai pas pu le lâcher…
L’histoire ?
Une famille se retrouve pour une dernière semaine dans ce qui a été la maison de vacances familiale. A la fin de la semaine, elle sera vendue.
Cette famille est composée d’Emily, la mère, d’Arlène, la tante, soeur du père qui vient de décéder, des enfants, le fils, Ken, sa femme Lise et leurs deux enfants, et Meg, la fille et ses deux enfants.
Henry, le père est décédé l’été précédent. C’est pour cette raison qu’Emily a décidé de vendre la maison.
Le roman est découpé en 7 chapitres, qui sont chacun un des jour de cette semaine. Et chaque chapitre est lui-même découpé en paragraphes qui sont les voix et les pensées de chacun des protagonistes tout au long des journées…
Tout au long de cette semaine, nous apprenons à découvrir les personnages, qui sont disséqués par l’auteur, leur psychologie, leurs pensées intimes, …c’est tout simplement beau, sombre, triste, drôle, et surtout tellement vrai… je n’irai pas jusqu’à dire qu’on s’identifie à tous les personnages, mais en chacun d’entre eux, dans leurs faiblesses, leurs failles, leurs doutes, leurs certitudes, il y a tellement d’universalité et de réalité que forcément on plonge, on s’attache, on les suit, on veut aller plus en avant dans leur complexité tellement humaine.
Et puis, nous sommes avec eux. Dans cette maisons aux odeurs familières et poussiéreuses de vacances, dans l’eau du lac, aux Chutes du Niagara, dans cette ville quasi fantôme, où le sable nous colle à la peau et pluvieuse, dans la chaleur oppressante, dans le jardin à l’herbe humide, au coin de la cheminée, dans cette semi pénombre propre aux soirs d’été…bref, un roman envoûtant, prenant et… maintenant, il m’en reste encore 3 à lire…
20:13 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.11.2006
suite
Son premier réflexe en arrivant est de se changer. Vite retirer ses affaires et mettre sa nuisette. Elle l’adore cette nuisette petit bateau. Toute simple. Noir. Parfaite.
Puis elle passe dans la salle de bain. Son petit rituel du soir, preuve que la journée est vraiment finie. Se démaquiller. Passer le coton sur ses yeux fatigués. Puis la lotion pour retirer toutes les traces de la journée. Pour s’en laver avant d’aller dormir. Comme si avec, elle chassait tous les mauvais moments. Puis se brosser les dents. Toujours en dernier. Alors qu’elle finit toujours avec du dentifrice partout et qu’elle n’a plus qu’à se relaver le visage. Mais ce n’est pas grave. Ensuite, elle peut enfin aller se coucher.
Une fois couchée, elle appelle David. Ce besoin d’entendre sa voix. Pour se rassurer. Pour s’ancrer dans sa réalité.
- ça y est. Je suis arrivée.
- Bon. Bah moi, je suis en train de regarder le dernier épisode de Prison Break.
- Mer…credi. Je te dérange alors, répond Lucie, même si elle sait qu’elle va lui raconter tout et n’importe quoi, juste parce qu’elle a besoin d’entendre sa voix.
- Non, c’est pas grave.
- C’est trop bien ici. La chambre est immense.
- Mieux qu’hier alors ?
- Ça n’a rien à voir. ça a été toi ce soir ?
- Vi. Suis allé manger avec mon frangin et puis je suis rentré. Tranquille.
- Cool.
- Bon ça y est, tu déstresses un peu maintenant ?
- Mouais. De toute façon, j’ai pris mes gouttes pour dormir. J’en ai besoin quand je suis en déplacement.
- Mouais. T’habitues pas trop quand même.
- Mais c’est pas grave, c’est homéopathique.
- Quand même.
- Vi m’sieur, c’est tout ce qu’elle peut répondre, d’une voix de petite fille fautive. Parce qu’elle sait qu’il a raison, même si elle ne l’admettra pas.
- Tu rentres à quelle heure demain ?
- Vers 20h, je crois.
- Peut être que je viendrais te chercher.
- Cool, c’est ça ma réponse, pense t’elle en s’entendant le prononcer. Alors qu’au fond d’elle, elle meure d’envie qu’il vienne la chercher à la gare.
- Tu me donneras tes horaires demain.
- Oui. Bon, je vais te laisser à ta série. Je commence à sombrer là.
- Ça s’entend.
- Bonne nuit m’sieur.
- Bonne nuit m’dame… fais de beaux rêves.
- Toi aussi. Bisous.
- Bisous.
En raccrochant, Lucie se sent rassurée. Le monde reprend consistance. Juste au moment où elle va quitter la réalité pour aller rejoindre le monde des rêves.
Elle repense à la conversation en s’endormant, à cette façon qu’ils ont de se dire au revoir, comme deux mômes. C’est ce qu’ils sont deux mômes. En fait. Deux adolescents attardés. Deux adultes conscients de leur vie d’adulte mais qui rattrapent une enfance et une adolescence qu’ils n’ont pas forcément eues. Leur mode de vie, leurs passions, leur goût immodéré pour les animés japonais, pour la BD, les mangas, les figurines… deux mômes en retard qui courent après la vie à toute vitesse, sachant qu’il est déjà tard et qu’ils ont beaucoup à rattraper.
C’est avec ces pensées qu’elle sombre dans le sommeil.
Il est 6h30 quand son réveil sonne. Ils ont rendez vous à 7h30 pour le petit déjeuner avec Thierry. Juste une heure pour se préparer. C’est ce qu’il lui faut. Et pendant une heure, elle va pouvoir profiter de l’endroit. Qui est vraiment magnifique, constate t’elle au réveil. Hier soir, elle était trop fatiguée pour vraiment regarder. Mais cette chambre est superbe. Il y a deux grands miroirs, deux petits lits une personne, un bureau en bois blanc, une chaise, un fauteuil, et de l’espace. Loin du confinement de la nuit dernière.
Elle allume la télé, même si elle sait très bien qu’à cette heure, il n’y aura rien. Pas grave. Les clips feront l’affaire. Tout ce qu’elle veut, c’est du bruit pour combler le silence. Parce que ça l’oppresse le silence le matin. Ce besoin de parler. D’entendre des voix. Elle devra attendre d’être en bas avec Thierry pour vraiment parler. Le pauvre. Obligé de la supporter dès le matin. C’est un des moments le plus dur de la journée avec elle. Toujours en train de s’agiter, incapable de rester en place.
En premier, la salle de bain. Une douche. Pendant longtemps. Rester sous l’eau. Le plus longtemps possible. La pomme de douche dirigée vers le visage. Puis le haut du dos, la nuque, pour revenir vers le visage pour finir. A regret, elle sort de la douche. Il ne lui reste plus beaucoup de temps pour se préparer maintenant. Elle n’aurait pas du lambiner comme ça. Le temps de s’habiller en vitesse, de se coiffer, démêler ce qui lui sert de tignasse, ce sac de nœuds, tout à fait à son image, de se maquiller, de préparer ses affaires, et la voilà en bas pour le petit déjeuner. Son premier réflexe, comme toujours est d’aller allumer une cigarette.
Thierry est en retard. Lucie commence à bouillir sur sa chaise. Le jeune homme qui était à la réception hier soir est aussi là pour le petit déjeuner. Et il vient lui demander ce qu’elle souhaite.
- bonjour,
- bonjour, répond Lucie, tout en pensant qu’il ne dort jamais lui ou quoi ?
- qu’est ce que je vous sers ?
- euh, ce sera un café au lait, mais je vais attendre mon collègue si ça ne vous dérange pas.
- Pas de problème.
- Merci.
C’est pas possible. Ça fait maintenant 5 minutes de retard. C’est qu’ils n’ont pas toute la matinée pour prendre le petit déjeuner et elle voudrait pouvoir refumer une cigarette après. Bien qu’elle sente que ce sera impossible.
Une petite chaîne Hi Fi posée près d’eux diffuse de la musique classique. Parfait. Au moins ça devrait me calmer, pense Lucie, même si c’est un peu trop calme pour le matin. Habituellement, elle démarre la journée en lançant son lecteur Mp3 à fond, avec Les Red Hot ou Neil Young, mais cette musique devrait faire l’affaire. En attendant Thierry, elle observe un peu la salle, qui est grande, somptueuse, elle aussi, à l’image du reste. Le serveur est presque trop serviable. C’est la troisième fois qu’il passe devant elle, espérant qu’elle lui demande son petit déjeuner. D’ailleurs, ce coup ci, il revient avec un plateau.
- comme mon collègue n’arrive pas, je vais déjà prendre mon café.
- Bien, je vous le ramène.
Et bien sûr, à peine quitte t’il la table que Thierry apparaît dans l’embrasure de la porte. Enfin. Après plus de 5 minutes de retard.
- bonjour,
- bonjour,
- bien dormi ?
- oui, et toi ?
- oui. Alors l’hôtel vous convient ‘il monsieur ?
- parfait. Vraiment très bien.
- Et ton resto hier soir, alors ?
- C’était très bon. Très raffiné. Tu aurais du me rejoindre.
- J’étais trop crevée. Me suis effondrée dès que je suis arrivée.
- Mouais. T’as mangé au moins ?
- Euh, oup’s j’ai oublié…
- Evidement.
- J’avais pas faim et puis j’étais trop fatiguée de toute façon.
- Parce que tu n’avais pas mangé.
- J’aime pas avoir tort dès le matin.
- Bon, t’as pris quoi ?
- Du café au lait.
- Je vais prendre un café noir.
Thierry fait signe au jeune homme qui revient avec le café au lait de Lucie.
- bonjour, est ce que je pourrais avoir un café s’il vous plaît ?
- je vous l’amène tout de suite monsieur.
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09.11.2006
...
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08.11.2006
Suite
Les collégiens semblent ravis de la prestation de Sébastien. Lucie le laisse parler. Après tout, c’est lui le spécialiste. Et ces mômes sont sacrément calés aussi. Il fait chaud dans la pièce. Une véranda. Dehors, le ciel est toujours aussi bleu. Le soleil chauffe depuis ce matin. Ils ne sont plus habitués à cette chaleur. Ce midi, ils sont allés manger au bord de la mer. On a beau être fin octobre, Lucie n’avait qu’une envie, se mettre en maillot de bain et se baigner. Il faisait tellement beau. Ce ciel bleu, cette chaleur… et dire qu’elle était là pour travailler. Et maintenant, elle laisse Sébastien travailler. Une petite journée de repos. Une petite journée ailleurs. Elle est complètement ailleurs. Des bribes de la présentation lui parviennent jusqu’à l’esprit. Ce soir, elle dormirait à Mâcon. Dans quelques heures. Le miracle des transports aujourd’hui. En trois jours, parcourir la France. La beauté de son boulot. Toujours voyager, atterrir dans des endroits différents avec des personnes différentes chaque jour. Ses pensées se tournent vers la chambre d’hôtel. Après le désastre d’hier soir, elle espère qu’elle a bien choisi. Ce coup ci, elle a compris. Ne jamais se fier aux photos sur Internet. Là, ce n’est tout à fait elle qui a choisi, mais son collègue. Alors, il y a peut être une chance, connaissant Thierry, que ce soit du haut standing. Et surtout, elle pourra dormir tranquillement. Dormir. Elle s’endormirait bien au soleil là. Sébastien parvient toujours à captiver son auditoire. Les gamins le regardent avec admiration. Quelque part, il représente toute cette part de rêve. Il travaille dans le manga. Tout ce dont ces mômes rêvent. Lui, il a réussi à faire de sa passion son métier. Il côtoie les plus grands. Lucie se prend à imaginer ce que les mômes peuvent bien penser. C’est presque une star pour eux. Imaginez. Pour ces mômes qui passent des heures et des heures plongés dans cet univers, à lire tout ce qui peut leur tomber sous la main, à rêver du Japon, de cette culture que le manga leur dévoile de façon idéale, lui, il ne fait que ça pour eux.
Visiblement, c’est à son tour de parler. Mer…credi… je ne sais même pas où on en est. Sébastien vient de lui faire un signe de tête pour lui faire comprendre que la c’est sa partie. De quoi il parlait ? Ah ! les représentant qui passent en librairie. Oui, là c’est pour moi, la partie achat, mise en place et vente. Ok, beaucoup moins reluisant et intéressant, mais bon.
Lucie s’exécute. Elle parle cinq minutes puis laisse de nouveau la parole à Sébastien. C’est parti. La présentation des séries. C’est le moment qu’elle attendait. Juste voir ce que lise vraiment les gamins. Elle a beau parcourir les allées de la Fnac et du Virgin très, trop, souvent, elle voudrait les entendre en parler. Juste pour voir le décalage entre les connaissances des bibliothécaires et celle des lecteurs. C’est assez édifiant. Il faut dire que généralement, les bibliothécaires qu’elle rencontre sont des bénévoles qui ne connaissent rien au manga et qui sont même réfractaires au genre. Alors face à des mômes qui leur réclament des séries comme Naruto, Bleach, One piece, Fma, Nana, Fruit Basket, Dragon Ball, Detective Conan, Love Hina… et « des trucs dans le même genre que… ». C’est cette petite phrase qu’elle attendait. « Des trucs dans le même genre que… ». Juste pour savoir comment réorienter son dossier. Le bon côté de cette présentation, c’est qu’elle n’a pas du tout les mêmes goûts que Sébastien. Elle adore Love Hina, Nana, Negima, Azumanga, des titres distrayants qui ne demandent pas trop de réflexion. Mais vu le public, que des garçons, il est clair que Sébastien a beaucoup plus de succès qu’elle. Tant pis. De toute façon, aujourd’hui, c’est journée morte pour elle. Se reposer.
Un coup frappé à la vitre à côté d’elle. La responsable de la bibliothèque lui fait signe qu’il est l’heure. Il faut qu’ils terminent maintenant s’ils veulent être à l’heure à la gare. Lucie regarde Sébastien. Il est encore en train de parler et bien lancé. Elle commence à ranger le matériel, se disant que c’est encore la façon la plus directe et la plus élégante de faire comprendre à tout le monde que c’est terminé.
Une vieille femme, encore plus vieille que sa grand-mère, pense t’elle, qui s’est incrustée dans le public commence à lui poser des questions bizarres. Mais qu’est ce qu’elle fait là, celle là ? c’est réservé aux collégiens aujourd’hui… et qu’est ce qu’elle me veut ? c’est quoi ces questions bizarres ?
- mais votre machine qui projette des images sur le mur, c’est quoi ?
- un vidéo projecteur.
- C’est dans l’ordinateur ?
- Non.
- Il est où ?
- Rangé dans mon sac.
- Mais les images, elles viennent d’où ?
- De l’ordinateur.
- Donc c’est dans l’ordinateur. C’est bien ce que je disais.
- Non. Je branche la machine à l’ordinateur et je lance le vidéo projecteur qui diffuse les images au mur.
- Oui, mais sans l’ordinateur, ça ne sert à rien.
- Si, on peut le brancher sur une télévision aussi.
Mais pourquoi je lui réponds ? Ca ne sert à rien, de toute façon. C’est assez étrange comme conversation. Complètement surréaliste en fait. Cette vieille femme sortie de nul part. Qui lui pose toutes ces questions absurdes. Sans aucun rapport avec le reste, avec le manga.
Lucie coupe court à la conversation. Elle distribue très vite les dossiers aux mômes et continue à ranger ses affaires. En tentant d’ignorer cette femme qui s’est rapprochée de la table maintenant.
- je peux voir la machine ?
- elle est rangée. Avec le reste de mes affaires.
- Elle est où ?
- Dans mon sac. Mais il faut qu’on parte là.
- Oui, mais…
- Au revoir, merci à tout le monde d’être venu.
Lucie presse Sébastien. Il est 16h15. Dans 30 minutes son train part. Il leur faut environ 20 minutes pour rejoindre la gare, si tout va bien. Enfin, ils arrivent à sortir de la bibliothèque. Le chauffeur les attend. Lucie se dirige vers la voiture sans se retourner. Elle veut partir. Le plus vite possible. Pourquoi cet empressement soudain ? Comme si cette vieille femme l’avait effrayée. C’est à peine si elle remarque que Sébastien ne suit pas. Quand elle se retourne pour voir où il est, elle pense avoir une hallucination. Mais non. Les mômes sont bien en train de lui faire signer des autographes. Sur les dossiers qu’elle a distribués. Quand il arrive enfin à la rejoindre, il est en train de rire.
- ils m’ont fait signer des autographes.
- J’ai vu ça.
- Je leur ai dit que je n’étais pas célèbre pourtant.
- Et ?
- Ils m’ont dit, on sait jamais. Au cas où que plus tard tu le deviennes.
- Ok. C’est bien vu. Bravo monsieur. C’est le début de la gloire.
- Ouais. Quand je vais raconter ça au boulot, demain, ils vont être mort de rire. Ils ne vont jamais me croire.
- D’un autre côté, tu leur rappelleras juste qu’on était à Cannes.
- Pas faux. C’est vrai qu’ici, c’est un peu la politique…
- Ouaip’. Mais quand même. Signer des autographes à Cannes. Bravo. Encore une fois. Toutes mes félicitations pour ces débuts sur la route de la gloire.
- Eh, te moque pas.
- Oh, c’est pas mon genre. Voyons, fait semblant de s’indigner Lucie, alors qu’elle se retient pour ne pas éclater de rire.
- Mouais. A peine crédible. Mais bon…
Le trajet entre la bibliothèque et la gare, se déroule sans encombre, Miracle, s’étonne Lucie en son fort intérieur. Mais ils ne sont pas encore dans leur train respectif et pas encore arrivés à destination. Ne te réjouis pas trop vite, ma petite.
Une fois à la gare, Sébastien a juste le temps de valider son billet et de se rendre sur le quai. Son train est à l’heure. Visiblement, sa malchance des transports est passée.
Le train de Lucie ne part qu’une vingtaine de minutes plus tard. Le temps de passer acheter quelques magazines. Un café. Et de se rendre sur le quai. Et … Forcément, c’était trop beau. Son train est annoncé avec une demie heure de retard. Ça ne pouvait pas durer.
Ce n’est pas grave. Au moins, j’aurais le temps de fumer une cigarette tranquille. Voir même 2, en prévision du trajet qui s’annonce long.
La gare est particulièrement triste ici. Comme si elle n’avait pas été touchée depuis sa construction. Tout est gris et sombre. Située sous un tunnel, avec la route qui passe au dessus. Les murs devaient être marron au début. Maintenant, ils sont couleur… De quelle couleur est ce qu’ils peuvent bien être, se demande Lucie ? C’est relativement indéfinissable. Encore 10 minutes à patienter. Une dernière cigarette alors. Tu fumes trop, se sermonne t’elle, comme si David était là, à côté, à lui jeter son petit regard réprobateur de quand elle allume clope sur clope le soir et qu’elle lui répond, je sais, je fume trop.
Il lui manque. Elle aurait aimé le voir ou lui parler aujourd’hui. Mais elle devra attendre demain soir. Ils ne se sont pas beaucoup vus ces derniers temps avec tous ses déplacements. Juste le week-end, et encore, en coup de vent, chacun vacant à ses obligations et occupations habituelles.
Ce soir encore, elle va se retrouver dans une de ces chambres d’hôtel, loin. Elle l’appellera peut être en arrivant. Sûrement même. Juste pour lui parler. Pour combler ce besoin de raconter tout et rien. Elle n’était pas comme ça avant. C’est nouveau pour elle ce besoin de l’appeler dès qu’elle peut quand elle est loin. Comme si ça la rassurait d’entendre sa voix et l’écouter raconter ses journées, ce qu’il avait mangé. Des banalités de la vie de tous les jours, mais tellement importantes à ses yeux. Ce petit lien ténu entretenu par le téléphone.
Le Tgv est enfin annoncé. Lucie écrase son mégot de cigarette. Et dire que dans quelques mois, elle ne pourra plus s’accorder ce petit plaisir. Une dernière cigarette avant de monter dans le train. Avec cette extension à la loi Evin. Ni dans les bars, ni dans les restaurants d’ailleurs. De toute façon, elle n’aime pas fumer en mangeant. Par contre, dans les bars, ce n’est pas la même chose. Une partie de la convivialité qui va s’envoler en fumée. Les fumeurs obligés de sortir. Elle qui ne sait pas boire sans fumer. Ça va ensemble. Pas de bon whisky sans une bonne cigarette.
Elle monte enfin dans le train. Sa place est déjà occupée. Bien évidement.
- excusez moi, mais vous êtes à cette place ?
- non.
- Ok. Et ?
- En fait, j’accompagne la jeune fille qui n’est pas française. Sa mère s’est trompée dans les réservations et …
- Et donc ? vous avez une place quelque part ?
- Oui. Mais si ça ne vous dérange pas…
- Eh mrd. Je viens de poser mes valises. On va dire que je suis un peu crevée et chargée là. Vous êtes où ? Lucie adore faire sa mauvaise tête dans ces cas là. Petite mesquinerie gratuite, mais à force de prendre le train tous les jours. Même si elle sait pertinemment qu’elle va lui laisser sa place. Et qu’elle va reprendre ses affaires. De toute façon, se retrouver collée à une gamine chargée de magazines en tout genre, de gâteaux, de bouteilles de coca, de bonbons, ça ne la tente pas trop.
- Dans la voiture 2. Place 13.
- Ok. On est voiture 1 là. Faut que je reprenne ma valise. Pfff. C’est pas vrai.
- Je vous aide si vous voulez.
- non, c’est bon. J’y vais. Voiture 2 place 13 donc ?
- oui.
- Ok.
- Merci.
- De rien.
Et la voilà repartie à traverser la voiture. Vive la première classe. Au moins, il y a de la place dans les allées pour circuler avec des bagages.
Elle a bien fait d’accepter en fait. Il y a beaucoup moins de monde dans la voiture 2. Et surtout beaucoup moins d’enfants. Parfait.
Elle pose ses sacs et s’installe tranquillement pour le reste du voyage. 4h40 à occuper. Ce n’est pas comme si elle n’avait rien à faire de toute façon. Entre ses bouquins en retard, les comptes rendus à taper, ses prochains dossiers à travailler. Mais elle n’a aucune envie de travailler ou de faire quoi que ce soit d’ailleurs.
Les doigts posés sur les tempes et les yeux. Avec une petite pression. Comme pour chasser un éventuel mal de tête qui voudrait s’insinuer ou la fatigue. Des visions psychédéliques apparaissent, derrière le rideau des paupières. Comme un secret. D’abord des damiers noirs et blancs, puis des sortes de spirales, une sorte de lumière jaune pâle dans un fonds noir. Elle sait qu’elle aura encore cette tâche lumineuse 5 bonnes minutes après avoir rouvert les yeux. Ce dont elle aurait besoin là, c’est d’un bon massage. Le haut du dos complètement bloqué. Et lourd de fatigue. De sa main droite, elle masse le côté gauche, juste en dessous de la nuque. Appuyant de toute ses forces avec sa paume. Et puis c’est le tour de la main gauche d’aller masser le côté droit. Pendant quelques minutes. Ces petits massages, c’est un ami qui lui a apprit à les faire elle-même. Il savait la masser comme personne. Mais… d’un geste de la tête, Lucie chasse ces pensées nostalgiques. Elle ne veut pas penser au passé ce soir. On ne peut pas dire qu’elle est beaucoup d’expérience, mais il y a certaines choses auxquelles elle ne veut pas penser ce soir. Mais ce paysage lui rappelle une certaine époque de sa vie. Quelques étés où elle est venue en vacances ici. Sûrement les pires vacances de sa vie d’ailleurs. Elle referme les yeux pour ne pas voir les villes et les souvenirs défiler. Les chassant le plus loin possible. En tentant de penser à autre chose. Travailler sur ses comptes rendus. Mécanique. Basique. Facile. Et pendant ce temps, elle ne pensera à rien d’autre.
Les 4h40 passent à toute vitesse. Elle ne se rend même pas compte de la nuit qui est tombée.
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04.11.2006
une image de la campagne
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suite
6h. C’est pas possible pensa Lucie, alors que j’aurais pu dormir jusqu’à 7h.
Maintenant qu’elle était réveillée, impossible de se rendormir. Elle se dirige d’un pas mal assuré vers la douche. Sur le palier. Parce qu’il n’y a pas de salle de bain dans la chambre qu’elle a réservée. Juste un lavabo. La salle de douche commune est glauque. Un lavabo, une douche, un espèce de tapis de sol, des dalles de carrelage bleues au mur, une lumière crue qui tombe d’un néon posé au plafond, un rideau de douche aléatoire, qui avait du briller d’un blanc propre il y a maintenant quelques années. Tout respire le passé, les passages, d’une nuit, sans lendemain. Quelle a été l’histoire de cet hôtel ? Il ressemble tellement à un ancien hôtel de passe, malgré la petite note sur le règlement intérieur accroché à la porte de la chambre.
L’eau tiède réveille Lucie. Elle reste sous la douche pendant dix bonnes minutes, la pomme de douche dirigée sur le haut du dos, laissant couler l’eau sans penser à rien. Juste la sensation de l’eau qui coule, qui la masse, qui la réveille… cette sensation de propreté, de purification. Un de ses moments préférés de la journée.
Après une bonne demie heure, elle retourne dans la pièce qui lui a servie de chambre l’espace de quelques heures. Une chambre. C’est beaucoup dire. Une pièce de 7 mètres carrés, au grand maximum. Sans rien d’autre qu’un lit simple, un lavabo, un bureau et une chaise. Le strict minimum. Une odeur nauséabonde monte du rez de chaussée. Il est à peine 7 heures, et déjà des effluves de la cuisine du midi, de l’ail, de l’oignon. La nausée commence à gagner Lucie. Déjà qu’elle n’a pas assez dormi. Maintenant cette odeur. Elle allume une cigarette. Peut être que l’odeur de la cigarette chassera ces effluves se dit elle. Mais cela ne dure qu’un temps. Malheureusement. Bien qu’il soit beaucoup trop tôt, elle prend ses affaires et descend pour le petit déjeuner. Avec l’espoir qu’il sauvera sa nuit. Un bon café crème. Un litre de café, voilà ce qu’il lui faudrait ce matin. En intraveineuse de préférence, de sorte que la caféine aille directement se mêler au sang et qu’elle agisse tout de suite sur son cerveau et ses pensées encore endormis.
L’hôtel est encore plongé dans le sommeil. Il est pourtant 7h30, mais tout semble encore si silencieux, si calme. A tel point que Lucie n’ose pas poser les pieds complètement en descendant les marches, de peur qu’elles ne craquent sous le poids. Sa valise lui arrache le bras. Son sac pèse beaucoup trop lourd et son sac à main à décidé de lui compliquer l’existence de façon momentanée en tombant de son épaule. Lorsqu’elle arrive à la réception, il n’y a personne. Qu’est ce que je dois faire… si je fais semblant de tousser… ou alors, tant pis pour le bruit et je pose mes affaires bruyamment, ou… ah, enfin, quelqu’un… bien.
"- bonjour,
- bonjour.
- Euh, est ce que je peux vous confier mes affaires le temps d’aller fumer une clope, la première de la journée, " menteuse, pense Lucie, pourquoi est ce que tu en es encore à te justifier ?
"- Allez y. Vous pouvez les laisser là.
- Merci.
- Et pour le petit déjeuner, vous… ?
- Euh, je vais attendre mon collègue, si ça ne vous dérange pas ?
- Non.
- Merci… ah, bah, non, je ne vais pas l’attendre. "
Les pas de Sébastien résonnaient sur les marches. C’est drôle cette capacité à reconnaître le pas des gens. Ce n’est pas une chose que l’on remarque habituellement, plutôt une voix, une sonorité, une tonalité, un trait de caractère, un trait physique. Mais elle, c’est le pas. Cette façon de poser le pied au sol. Qui en dit beaucoup plus qu’on ne le pense. Le pas de Sébastien est vif. Déterminé. Sûr. Comme lui en fait. Il sait ce qu’il fait, ce qu’il veut, où il va. Sa façon de marcher est à son image.
"- j’allais me fumer une clope en t’attendant, la première de la journée, mais…
- non, c’est bon, je t’accompagne. Bonjour au fait.
- Ah oui ! désolée. J’oublie toujours le matin, de dire bonjour. Donc bonjour.
- C’est pas grave.
- Bah, un peu quand même, non ?
- Un peu, c’est vrai."
Ils sortent prendre l’air le temps que Lucie fume sa satanée « première » cigarette de la journée. Dehors, le ciel est déjà bleu. Sans un nuage. L’air sec et doux. On est fin octobre et pourtant, ils sentent tous les deux qu’ils vont avoir trop chaud aujourd’hui.
L’hôtel se trouve dans une petite rue commerçante du centre de Cannes. Les livraisons ont déjà commencées. Les vendeurs et les livreurs s’affairent dans la rue, pour décharger au plus vite les colis. Les premiers automobilistes énervés de la journée donnent des signes d’impatience derrière le volant. Des coups de klaxon hésitants, il est encore tôt. Et ce sont les vacances scolaires qui commencent ce matin. La différence entre la nuit et le jour est saisissante. Autant cet endroit semblait sombre et triste à minuit, autant ce matin, il est agréable et lumineux.
"- cigarette finie. On peut aller prendre le petit déjeuner.
- Bonne idée, parce que j’ai bien besoin d’une bonne tasse de café là.
- Moi aussi. Une grande tasse. "
Ils remontent s’installer dans la salle au petit déjeuner. Le traditionnel petit déjeuner de l’hôtel, avec son pain, son croissant beurre, la confiture, le beurre. Le jeune homme de l’accueil vient les voir pour leur demander ce qu’ils veulent boire. D’une seule et même voix, un café crème, c’est possible ?
"- je vous amène ça tout de suite. "Et il revient effectivement avec un petit pichet de café et un petit pichet de lait. Lucie et Sébastien se retiennent pour ne pas exploser de rire en voyant la taille du pichet. A peine la moitié de ce qu’ils boivent chacun habituellement.
"- tu crois qu’on pourra en avoir d’autre ?
- je ne sais pas mais j’espère sincèrement, parce que sinon, je ne promets rien.
- Pas mieux. Bon, on va leur parler de quoi à tout ces gens aujourd’hui ?
- De manga !
- Ah, oui. C’est vrai, pourquoi est ce que je pose la question. Qu’est ce que je suis bête parfois. Mais à part ça, on va pas leur faire la présentation bête et méchante ? surtout pour les petits collégiens ?
- C’est vrai. Alors, on pourrait…
- Tu veux mon croissant ?
- Non, merci. "
Lucie n’a aucune envie de travailler. Elle n’est pas encore réveillée. D’ailleurs, elle sent toujours les bercements du train et de l’avion. Comme si son corps était encore en voyage et que juste son esprit était arrivé à destination. Enfin arrivé. C’était beaucoup dire. Tout semblait cotonneux et flou autour d’elle. Comme teinté d’irréalité. Cette odeur atroce du matin, la douche, la chambre, l’hôtel, tout. Le café lui ferait du bien. Allait l’aider à tout remettre en place et à rentrer dans la journée qui s’annonçait devant elle. Elle ne supportait pas de se réveiller avec cette sensation. Ça voulait dire que la journée allait être très longue et difficile. Elle savait qu’elle ne devrait pas boire trop de café aujourd’hui, juste un, ni trop fumer. Tout comme elle savait qu’elle n’en ferait rien. Et qu’elle allait enchaîner les cafés et les cigarettes. Heureusement que Sébastien était là avec elle. Au moins, elle aurait un ancrage dans le réel. Et dans la journée.
Pendant le petit déjeuner, ils se sont mis d’accord sur leur présentation du jour. L’historique du manga au Japon et en France. Et coup de génie de Sébastien pour intéresser les collégiens, l’histoire d’un manga de A à Z, de l’idée d’un mangaka aux rayonnages d’une Fnac ou d’une bibliothèque. En se basant bien évidement sur un de leur titre préféré.
Vers 8h25, ils rassemblent leurs affaires et descendent attendre la bibliothécaire qui doit les emmener sur place. Juste 5 minutes pour fumer encore « la première » de la journée pour Lucie. Et la bibliothécaire arrive. Ils montent en voiture pour se rendre au Cannet. Mais avant toute chose, visite de la Croisette et des coins touristiques de Cannes.
Lucie s’amuse de tout ça. Et dire qu’ils vont travailler. Parfois, elle a du mal à considérer ce qu’elle fait comme du travail. Elle utilise son téléphone pour photographier la Croisette sous le soleil. Puis avec un petit sourire moqueur, décide de les envoyer à David, qui doit être sur le point de partir pour la Défense. Sous la grisaille.
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