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25.06.2007
Laura Kasischke
Un jour, il n’y a pas très longtemps, ne sachant pas quoi lire, je suis allée demander conseil à un collègue…
Qui m’a incitée à aller lire un des titres de Laura Kasischke, une des deux nouveautés parue chez Bourgois.
« Tu verras, ça devrait te plaire »
Forte de sa prescription, je l’ai écouté. Et j’ai lu Rêves de Garçons. Enfin, j’ai lu. J’ai dévoré Rêves de Garçons.
Mais, (parce qu’il faut toujours un mais dans les histoires), ce livre avait une fin. Et moi, je ne voulais pas qu’il finisse.
Alors je suis allée chercher l’autre titre paru chez Bourgois, A moi pour toujours. Et encore une fois, ce livre avait une fin. Et je ne voulais toujours pas que ça s’arrête.
Donc, je suis allée chercher ce qu’elle avait écrit avant. Et j’ai entamé la lecture de La vie devant ses yeux. Qui lui aussi avait une fin… Et…
Heureusement, il en restait deux à lire. Alors ce fut au tour de Un oiseau blanc dans le Blizzard. Et celui-ci aussi, je l’ai terminé…
Il m’en reste un. Suspicious River.
Je suis en vacances dans 3 semaines. Je vais essayer de ne pas le lire avant. J’ai bien dit essayer.
Parce que l’œuvre de Laura Kasischke est envoûtante. Quand on rentre dans son univers, c’est pour ne plus en sortir.
Son œuvre est très cohérente.
Dans ses romans, à travers des portraits de femmes, que ce soit les adolescentes de Rêves de garçons ou de Un oiseau blanc dans le Blizzard ou que ce soit des femmes entre trente et quarante ans comme dans A moi pour Toujours ou La vie devant ses yeux, l’auteur dresse un tableau particulièrement acerbe des États-unis aujourd’hui. De ces banlieues huppées, parfaites, glacées, aseptisées. De ces banlieues à la American Beauty, le film, à la Desperate Housewife la série. Un portrait de ces femmes et de ces hommes qui ne vivent que dans le paraître, dans la tromperie, sur des apparences.
C’est beau et froid comme une photo. Sans vie. Mort dans l’âme. Une nature morte.
Et puis…
Et puis un petit événement vient tout bouleverser. Perturber ce petit monde. Y mettre un peu de vie en y apportant la mort. Et surtout vient révéler la réalité. Ce qui se cache derrière cette belle photo aux couleurs trop criardes, aux contrastes trop parfaits. Montrer le négatif en noir et blanc.
Et ce négatif, celui que le photographe garde bien précieusement caché, comme le Portrait de Dorian Gray, montre tout ce que ces gens cachent. Leurs failles, les recoins les plus sombres et les plus intimes de leur âme. Et ce n’est pas beau à voir.
On glisse petit à petit dans l’horreur la plus sombre qui soit. Et pourtant le roman n’en reste pas moins lumineux. Dans les meurtres, dans la folie, dans la perfidie, l’arrivisme glacé, des femmes dures, cruelles, meurtrières ou victimes, faibles, qui tentent toutes de fuir ce destin, de fuir cette vie. Car derrière ces sourires blancs parfaits, derrière cette contenance digne d’une Madame de Merteuil, on découvre que ce sont des femmes anéanties par la vie qui veulent seulement se sentir vivante. Et la vie implique la mort. Il faut tuer cette vie pour en vivre une autre. Qui soit encore plus parfaite…
Les hommes, parce qu’il y a des hommes tout de même, ne sont pas épargnés. Êtres fourbes, cruels, manipulateurs, vampires, sangsues, ils sont là pour vider les femmes de leurs essences et de leur âme ; ou alors figures évanescentes, ils évoluent dans le roman, comme des fantômes, sans aucune profondeur. Pour petit à petit se révéler, faire apparaître leur véritable personnalité…
Et puis…
Et puis il y a cette ambivalence permanente. Entre la réalité et le fantastique. Entre la peinture réaliste et le thriller. Entre l’histoire réelle et le conte horrifique. On ne sait plus. L’auteur joue avec nous. Nous promène dans ces histoires inspirées de contes cruels, d’histoires anciennes.
On ne sait jamais trop où est la limite. Si le roman ne va pas partir dans le pur fantastique.
Et puis…
Et puis il y a la nature. Cette nature qui doit être le seul personnage « vrai » dans les romans. Omniprésente. La nature qui connaît la vérité. Qui la dit, qui la montre, qui la hurle. Cette vérité que personne ne veut voir ni entendre. Que ce soit l’été, l’automne, l’hiver ou le printemps.
Que ce soit les arbres, les fleurs, le ciel, le soleil, la neige, la pluie, le vent, les animaux… tous participent du roman, sont là, témoins muets. Et pourtant, si on les regardait de plus près, si on les écoutait un peu plus.
Et puis…
Et puis il y a l’écriture. Le style de Laura Kasischke. Entre poésie, envolées lyriques, moments de beauté absolue, et froideur, distance, ironie, cynisme, parfois même de la cruauté. On la suit. On entre dans son monde. On est là. On sent les rayons du soleil, l’humidité, la neige, la poussière, la chaleur. On voit les arbres, le soleil se refléter dans l’eau. On est plongé dans son décor. Au milieu des personnages. On ressent les émotions. Elle parvient à rendre ses romans tellement vrais que l’espace d’un instant, on s’en va. On quitte tout. Pour la suivre.
08:59 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
The Goon T4

Voilà... Expecté le prix, je crois que j'ai donné toutes les informations nécessaires pour que vous puissiez aller acheter ce livre.
J'entends déjà les mauvaises voix, les idées préconçues... Non, ça ?! Un livre ?!
Enfin, c'est juste un recueil d'images... Et encore...
Non...
Ce à quoi, je devrais chercher à répondre, à argumenter...
Alors qu'en fait, ce tome 4 est réellement très sympathique.
Avec différentes histoires et différents styles graphiques, différents tons de narration.
Cet auteur est capable de jouer sur tous les registres.
1ère histoire. Imaginez la période de la prohibition. Aux Etats Unis. Un compte rendu d'enquête. Un détective. Des couleurs un peu passées, presque sépia. Cette voix grave et rocailleuse qui narre l'histoire. Voix issue de nos souvenirs cinématographiques et télévisuels. D'ailleurs, les plans, les séquences, on est dans un film noir. Et...
Charles Dickens, Noël, Scrooge.
Bon d'accord, c'est une version revue et corrigée...
Mais l'essentiel de l'histoire est là...
Le méchant avare, les esprits des noëls passés, présents et futur..., la famille du pauvre employé et son fils.
C'est juste comme il faut... avec dans les rôles principaux :
06:48 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : BD
23.06.2007
Cinéma

Ocean's 13 donc...Comment dire... Sans intérêt ? Pas bon ? Drôle par moments, ce qui évite qu'on s'endorme complètement ? Sans dialogue, sans scénario ? Sans... rien...
D'accord, le deux n'était déjà pas un chef d'oeuvre. Je le reconnais. Mais là, c'est long. C'est essouflé. C'est fatigué. C'est déjà vu. D'ailleurs, il y a un moment très intéressant (comme quoi) dans le film. Juste une scène. Brad Pitt et Georges Clooney sont devant le Bellagio, (remember, remember the first one... the only good one), et parle du bon vieux temps. de la façon dont tout change, tout passe, devient obsolète... et là, à l'esprit, on a qu'une pensée, c'est comme vous et votre tentative désespérée de relever la licence avec ce troisième opus. Bon d'accord, je suis particulièrement sarcastique. On voit bien qu'ils s'amusent les bougres... enfin ces deux là du moins... On voit bien que c'est un film d'amis... Mais ... le 1er, c'était nouveau, c'était original, c'était ... est maintenant, on est ...


Je n'a ime pas trop les films français intimistes, portés sur la réflexion... Et je n'aime pas trop Daniel Auteuil.
Et voilmà. Je crois que tout est dit...
La prem ière partie est superbement drôle, touchante, on rit à voix haute, on se laisse emporter par la philosophie de ce Jardinier... On aime cet homme et ses réflexions sur le monde, sur la société, sur la réalité sociale, sur la vie... Cet homme qui nous balance l'air de rien notre réalité, empruntée, fausse, loin des "vraies" valeurs... on le suit, on l'écoute, on rélfechit, on rêve...
Et puis... et puis il y a la seconde partie... Et là...
Je crois que j'avais rarement autant pleuré au cinéma. Je ne vous dirais pas pourquoi, mais c'est beau, c'est touchant, c'est émouvant... et ...
2 heures après, j'avais encore la gorge nouée et les larmes aux yeux...
08:48 Publié dans film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma
une nuit...
Elle est trop bête. Elle est partie tellement vite. Sans s’en rendre compte.
Dans les bois. Il fait sombre. Elle est perdue.
Soudain, un ballon rouge.
Sur une route. Elle suit le ballon rouge. Cette route, elle la connaît. C’est une route qui passe dans les bois derrière chez elle.
Le ballon rouge a disparu. Elle ne le voit plus. Comme si le ballon s’était évaporé dans les airs. Ou peut être qu’il est parti vivre une autre histoire. Hanter d’autres pensées.
Le décor change encore.
Le machiniste s’est trompé. Elle ne peut pas être là alors qu’elle était là bas.
C’est pas cohérant…
Le souffleur lui murmure dans le creux de l’oreille que les rêves n’ont jamais été cohérents, ma petite…
Ce n’est pas un rêve… pense t’elle très fort, si fort qu’elle croit le dire à voix haute.
Elle n’arrive plus à reprendre son souffle. Les larmes l’empêchent de respirer. La panique en profite pour prendre possession de son corps.
Ses jambes se mettent à courir toutes seule. Elle voudrait appeler à l’aide, hurler, mais aucun son ne parvient à sortir. Il faut qu’elle rentre. Il faut qu’elle rentre avant qu’il ne soit trop tard.
Dans son jardin. Le ballon rouge est revenu. Ils sont tous partis. Il n’y a personne. Elle appelle, mais elle sait qu’elle est encore arrivée trop tard. Elle sait qu’ils sont tous morts…
Armelle se réveille en sueur. La gorge nouée. Les larmes aux yeux.
Un cauchemar. Ce n’était qu’un cauchemar. Non. Ce n’était pas un cauchemar. C’était le cauchemar. Celui de son enfance. Toutes les nuits. Inlassablement. Et toutes les nuits elle essayait d’arriver à temps…Mais toutes les nuits, elle arrivait toujours trop tard.
Ses draps sont trempés. À côté d’elle Léo dort.
Elle n’arrivera pas à se rendormir. Pas après ça.
Elle va dans la cuisine. Ouvre la fenêtre. L’air frais la frappe de plein fouet. La nuit est calme. Seules quelques voitures continuent à parler avec l’asphalte. Des histoires de voyages. Des histoires d’amour. Des histoires de fêtes… peut être aussi des histoires de pleurs, de larmes, de déchirures… Toutes ces vies, toutes ces histoires… imaginées un instant, perdues l’instant d’après.
Elle allume une cigarette. Le bout incandescent projette une faible lueur rouge qui part rejoindre les lumières de la ville.
Elle aime ces moments. La nuit. Allumer une cigarette dans la pénombre. Souffler les volutes de fumée, fantômes blancs, évanescents, esprits de ces nuits sans sommeil.
D’un geste las, après avoir écrasé sa cigarette, elle va prendre ses gouttes pour dormir. Du pur placebo. Des gouttes homéopathiques. Qu’elle prend pures. Il faut les diluer dit le mode d’emploi. 20 gouttes dans un grand verre d’eau. Elle prend le flacon et laisse tomber 20 gouttes directement sur sa langue. Après, c’est comme chez le dentiste. On a l’impression d’avoir la bouche complètement anesthésiée.
Il est 3h. Elle sait qu’il ne lui reste que 3h à dormir. Dans le meilleur des cas.
Tout ça, c’est à cause des deux whiskies qu’elle a bus hier soir. Elle n’aurait pas du. Elle était déjà énervée. Ça n’a fait qu’empirer la situation.
Léo dort toujours. Elle se recouche.
Maintenant les draps sont froids. Humides. Elle n’aime pas cette sensation contre sa peau. Elle se blottit. En chien de fusil. Dans son coin. Les nerfs à vifs. Encore sous le contrôle de son cauchemar.
Elle veut juste se rendormir. Pouvoir fermer les yeux pendant quelques instants et dormir de ce sommeil sans rêve. Plonger dans cette petite mort. Elle ferme les yeux…
08:23 Publié dans réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.06.2007
Cinéma


16:29 Publié dans film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Buffy Sainte Marie
Soldier Blues
Un jour, je me promenais sur un blog, et je suis tombée sur ce nom, Buffy Sainte Marie.
Visiblement, la personne qui tenait ce blog vouait une véritable passion à cette chanteuse... J'aimais bien le nom... Je ne savais pas trop ce que c'était, mais ça m'avait marquée...
Le même jour, je suis allée voir Boulevard de la Mort, un film Grindhouse... Et dans la première séquence, on peut voir Jungle Julia se promener dans son appartement et aller s'allonger sur son canapé. Cette scène est tout simplement belle. Les lignes, la lumière, l'ambiance, on sent la chaleur, on sent le temps lourd et orageux, on imagine même que le personnage transpire un peu, de cette moiteur due à l'orage imminent... Et toujours dans cette scène, juste en face de Jungle Julia, on peut voir une grande affiche. Un poster de concert. De Buffy Sainte Marie.
Deux fois dans la même journée, il a fallu que je trouve ce que c'était.
Alors après le cinéma, direction le Virgin... Disque inaccessible... Bon, ce n'est pas grave, je vais aller à la Fnac. Là, ils ne connaissaient pas. Un petit tour sur leur moteur de recherche, un sympathique vendeur...Et la réponse évidente... Ce sera sur commande. D'ici 3 à 4 semaines...
Mais quand j'ai une idée derrière la tête (d'où vient cette expression bidon ?! une idée derrrière la tête... ?!), bref... je n'allais pas me laisser faire.
Et j'y suis arrivée.
Et j'aime bien. J'aime cette voix, assez profonde. Les textes. La musique. L'ambiance qui en émane...
A vous de me dire... En tout cas, merci à la personne qui tient ce blog, (dont forcément j'ai oublié le nom... de toute façon, j'ai 3 secondes de mémoire vive, comme les poissons rouges), pour cette découverte...
16:26 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique
17.06.2007
The Quitter - Harvey Pekar & Dean Haspiel
The Quitter
Harvey Pekar & Dean Haspiel
Panini Comics / Vertigo
14€
Résumé
« Pour la première fois, Harvey Pekar raconte son enfance de fils d’émigrants juifs. A travers le récit de l’adolescence mouvementée du caïd de Cleveland, jusqu’à son passage éclair dans la marine et ses premier pas d’écrivain, cette bande dessinée relate l’histoire ordinaire d’un jeune homme qui se construit au fil de ses échecs, de ses rédemptions et de la complexité de la vie quotidienne.
« La vie quotidienne est une chose très compliquée », remarque Harvey Pekar qui écrit sur le sujet depuis 1976, dans sa série autobiographique American Splendor, couronnée par un American Book Award.
Mais pour Harvey, il y a encore plus compliqué que la vie : c’est de grandir.
Dans cette bande dessinée, il raconte l’histoire d’un gamin qui laisse tomber tout ce qu’il tente. Révélant une facette que même cet auteur qui se dévoile sans concession n’avait jamais avouée, Harvey Pekar affronte son passé de petite frappe qui cognait sur tous ceux qui le regardaient de travers, juste pour épater la galerie.
Et quand il ne réussissait pas à se faire remarquer, que ce soit sur un terrain de football, en cours de maths, dans la marine ou au travail, il renonçait tout simplement.
The Quitter raconte comment il a appris à s’en sortir, même si cela n’a pas été facile. »
Illustrée par le dessinateur Dean Haspiel.
Biographie
Harvey Pekar est né en 1939 à Cleveland, dans l’Ohio, où il a toujours vécu. Après le lycée, il a eu plusieurs petits boulots avant d’essayer la marine puis l’université, sans résultat. Finalement, en 1965, il trouve un emploi dans le service public qu’il gardera jusqu’à sa retraite en 2001.
Harvey Pekar a débuté dans l’écriture en 1959 comme critique de jazz pour le magazine The Jazz Preview. Il est devenu auteur de comics à partir de 1972, encouragé par son ami Robert Crumb qui a illustré plusieurs de ses productions. Le premier album d’Harvey Pekar rassemblant des épisodes de sa série American Splendor a remporté l’American Book Awaer en 1987. En 1994, la bande dessinée Our Cancer Year (à laquelle a collaboré son épouse Joyce Brabner) a reçu un Harvey Awaerd. Une adaptation au cinéma d’American Splendor est sortie en 2003 et a été couronnée aux festivals de Sundance et de Cannes.
Dean Haspiel est né à New York. Il est le créateur de Comics romanesque semi autobiographique comme Billy Dogma ou Opposable Thumbs. Il a travaillé pour DC Comics, Marvel et Dark Horse. Dean Haspiel était déjà associé à Harvey Pekar sur American Splendor.

11:21 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, BD
La vie devant ses yeux
Et un nouvel ouvrage de Laura Kasischke...
Il m'en reste deux à lire après et j'aurai fait le tour...
Encore une fois, il a fallu que je le lise d'une traite. Impossible de le lâcher.
On est emmené dans un monde tellement réel et tellement étrange, qu'on ne sait plus trop où se situe la frontière entre réalité, fiction et fantastique.
On oscille entre thriller haletant et roman ironique.
L'histoire de cette femme, Diana, la quarantaine, avec une vie parfaite. D'ailleurs, cette femme est parfaite. Physiquement, moralement, psychologiquement... Elle est l'incarnation de la perfection de ces banlieues américaines, ces petits microcosme où toutes les maisons sont alignées, où il n'y a pas un brin d'herbe plus haut que l'autre, où tout le monde est beau, souriant, heureux... Sauf que... très vite, on voit son monde s'étioler. Partir en lambeau. Et le tableau qu'il laisse apparaître est effrayant. On sombre avec l'héroïne dans un monde où plus rien ne semble réel, où la folie semble prendre le pas sur cette "perfection" apparente...
Et encore une fois, l'auteur s'amuse à peindre le jeu des apparences, à montrer la putréfaction d'une société... C'est beau.
Résultat, hier, je suis allée en acheter en nouveau...
10:33 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
La vie devant ses yeux
La vie devant ses yeux
Laura Kasischke
Point Seuil
Traduit de l’américain par Anne Wicke
Biographie
Laura Kasischke est romancière, poétesse, et enseigne l'écriture à l'Université du Michigan (Ann Arbour, Michigan).
Elle a obtenu de nombreux prix, notamment et surtout en poésie (elle est plus reconnue en tant que poétesse que comme romancière).
Elle est parfois comparée à Joyce Carol Oates pour sa propension à imaginer des histoires pleines de violence et de menace ("mais où va-t-elle chercher tout ça ?"), mais son style est très différent de celui (ou plus exactement de ceux) de Joyce Carol Oates : il est d'apparence froide et rigoureuse dans la menace cachée.
Il y a une grande cohérence dans l'oeuvre romanesque de Laura Kasischke : comment prendre conscience, concrètement, d'être en vie, alors que la vie elle-même est une succession de banalités se déroulant dans la blancheur aseptisée de la banlieue américaine ? Mais malgré au quotidien atone, à l'atrophie des sensations, des forces menaçantes grondent pour qui sait les entendre. Et les écouter, justement, est peut-être un moyen de se convaincre que l'on est vivant...
Résumé
Diana vient d’atteindre la quarantaine. Elle a apparemment tout pour être heureuse : un mari professeur de philosophie, une jolie petite fille et une belle maison. Elle est cette mère de famille américaine typique qui accompagne les sorties scolaires de sa fille, qui cuisine admirablement et enseigne le dessin à mi temps.
Pourtant le passé – et l’événement traumatisant qui en est au cœur – ne cesse de la hanter, par bouffées, et ces flashes sont autant de ruptures dans la narration du présent de Diana.
source éditeur - 4ème de couverture
Bibliographie
Rêves de Garçons
Bourgois Avril 2007
À moi pour toujours
Bourgois Avril 2007
A Suspicious River
Bourgois – 1999
Point seuil - 2000
La vie devant ses yeux
Bourgois - 2002
Point Seuil - 2003
Un oiseau blanc dans le blizzard
Bourgois - 2000
Point Seuil - 2001
Extrait
"« Alors, laquelle je dois tuer, les filles ? »
Cette fois ci, elles ne bronchent pas. Derrière lui, il y a toujours le miroir… cette parcelle d’infini qui, dans sont indifférence, retient encore leurs reflets, à l’abri du danger.
Une des filles avale sa salive et respire un bon coup.
« Je t’en pris, murmure t’elle, ne nous tue pas, ni l’une, ni l’autre. »
Michael Patrick ricane.
« Oh, mais, de toute façon, je vais en tuer une, alors laquelle ? »
Il rapproche l’arme de leurs visages, elles peuvent la sentir. Le soufre, l’huile…
La brune se racle la gorge, elle parle d’une vois claire, comme si cela faisait des années qu’elle était prête à prononcer sa phrase.
« Si tu dois vraiment tuer une de nous deux, alors tue-moi. »
Michael Patrick lui faut un signe de tête et lui sourit. Il n’est plus pressé, maintenant, si toutefois il l’a jamais été.
« Et alors ? » demanda t’il à l’autre fille.
Il se tourne vers l’autre fille.
« Qu’est ce que tu as à dire de ça ? »
La blonde voit son visage qui se reflète dans le miroir, derrière lui, elle sent la chaleur de son amie tout contre elle, une chaleur moite et vivante ; et elle se déplace légèrement. Elle baisse les yeux. Son amie, maintenant respire très calmement. Des larmes sont tombées sur le linoléum gris, elles se mêlent à d’étranges particules d’or, comme si quelqu’un avait enfoncé des bijoux dans le sal avec le talon de sa chaussure.
Elle ferme les yeux.
Les toilettes des filles deviennent soudain un lieu sacré, plongé dans l’attente.
Il n’y a qu’eux trois à l’intérieur. Il n’y a personne de l’autre côté non plus, apparemment. Dehors, aucun drapeau ne claque dans la brise en haut de la hampe. Aucun râtelier à vélo ne luit sous le soleil. Aucune double porte orange, ouverte ou fermée. Aucune vitrine de verre dans le couloir, chargée de trophées dorés. Aucun gymnase au sol bien ciré, sentant le caoutchouc. Ni bureau, ni table de travail du proviseur, avec tous ces cadres enfermant des enfant à l’air gêné et des épouses, toutes différentes, mais toutes semblables – jeunes, belles, souriantes, la quarantaine un peu trop plantureuse -, qui regardent dans le vide, toujours le même visage à chaque fois différent…
Pas de proviseur. Pas de store vénitien qui viendrait projeter des raies d’ombre sur son visage. Pas d’étudiants adossés aux murs de briques, qui regardent autour d’eux.
Pas de distributeurs qui bourdonnent dans la cafétéria, pas de vieille dame qui découpe le dessert gélatineux en carrés vert émeraude derrière les vitrines réfrigérées, pour les disposer ensuite en petits tas tremblotants sur de petites assiettes blanches.
Il n’y a personne, au dehors. Ni gardien, ni secrétaire, ni âme, ni Dieu.
Personne ne va entendre ce qu’elle va dire, qu’elle parle ou non. Elle pourrait, tout simplement, fermer les yeux et se taire à jamais. Elle pourrait inspirer tout l’air contenu dans la pièce, chaque particule de poussière, chaque atome, elle pourrait le faire entrer dans son corps et le cacher en elle…"
10:24 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
13.06.2007
Fiction ou Réalité ?
- On est encore loin tu crois ?
- Aucune idée...
- Parce que ça ne ressemble plus du tout à une route là…
- Mouaip. Pourtant on a fait comme le gars en bas nous a dit.
- Mouais…
Léo et Armelle roulaient maintenant depuis plus de 20 minutes sur cette petite route. Enfin, au début, c’était une route. Maintenant, ça ressemblait davantage à une sorte de chemin de terre complètement chaotique qui s’enfonçait dans la montagne.
Pourtant ils avaient bien suivi les instructions du grand père qu’ils avaient croisé en bas… Un peu bizarre ce vieux monsieur…
- Bah, vous suivez la grand route et pis vous allez croiser un panneau qui indiquera Nulle Part… Pouvez pas vous tromper. Là vous tournez à droite… et vous continuez tout droit. Z’aller forcément tomber dessus… Parce que c’est au bout de la route.
- Et il y en a pour longtemps ? avait demandé Armelle
- Mais non… Vous y êtes presque là… Même pas une lieue…
- Merci…
- Ah…
- Oui ?
- J’oubliais… Si vous voulez trouver cet endroit, y faut …
- Oui ?
- Y faut fermer les yeux, penser très fort à l’endroit et compter jusqu’à cinq…
- Mais on l’a jamais vu cet endroit. Comment voulez vous qu’on y pense ?
- Je sais pas moi… Z’avez qu’à l’imaginer…
Et ils étaient repartis…
- Une demie lieue… Mouais… c’est ça… Mais bien sûr… Et puis d’abord, c’est quoi une demie lieue ? Hein ?
- Peut être qu’il parlait « à vol d’oiseau »…
- Ouais… ça doit être ça… à vol d’oiseau.
Ça faisait maintenant plus de 8 heures qu’ils étaient partis de Paris et qu’ils roulaient. Les nerfs et la fatigue commençaient sérieusement à faire leur effet. Armelle, sachant qu’elle commençait à devenir détestable, tenta de se concentrer sur le paysage....
Lire la suite.... On est encore loin tu crois.doc
09:45 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note









