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16.07.2007

Cochon d'Allemand de Knud Romer

Faut que j'arrête de bosser pour aujourd'hui. Parce que maintenant, j'ai aussi envie de lire celui ci tout de suite.

Déjà l'année dernière j'avais adoré Un siècle de Novembre publié par les Allusifs, mais celui ci a l'air tout simplement terrible.  

 

 

Cochon d’Allemand

Knud Romer

 Traduit du Danois par Elena Balzamo

Les Allusifs – 16 € - 183 pages

 

23 Août 2008

Isbn : 987 2 9228 6862 3

 

Biographie

Knud Romer est né en 1960. Concepteur rédacteur pour des agences publicitaires, auteur de traités culturo-historiques sur des sujets aussi variés que les pastilles de menthe et le suicide autoérotique. Il a été interprète dans les films Les idiots de Lars von Trier et Allegro de Christoffer Boe. Aujourd’hui, il se consacre à l’écriture cinématographique.

 

Résumé

Que signifie être allemande dans une petite ville danoise, quelques années après la fin de la Seconde guerre mondiale ? Que signifie être le fils d’une telle mère et d’un père danois ? Que ressent-on quand on se fait traiter de « cochon d’Allemand » à chaque récréation ? Cet enfer vécu – déguisé en une enfance ordinaire – est le sujet de Cochon d’Allemand. En parlant de sa famille, l’auteur élargit l’horizon à l’Allemagne et au Danemark des années 30 et de la guerre. On découvre la famille du grand père paternel, un visionnaire dont toutes les entreprises échouent, la lente ascension du père ; puis le grand père maternel, un Junker prussien, la grand-mère, défigurée par une explosion qui fait un goulasch incomparable, l’oncle devenu fou après avoir été sur le front… Mais surtout la mère, une résistante que ses voisins danois tiennent pour une nazie, qui est trop fière pour se défendre et qui dissout les excès de tension dans l’alcool. Et ce petit garçon, impuissant à l’aider, malgré tout son amour.

 

Extrait

« L’histoire se répétait chaque fois que nous faisions les courses. Avec un soupir, mère enfilait son manteau de fourrure, passait le bras dans les anses du cabas à provisions. Ce manteau, jaune avec des tâches noires – un ocelot -, lui allait bien, disait père. Si quelqu’un s’approchait trop, il se ferait dévorer, m’imaginais-je. Coiffée d’un bonnet de fourrure assorti, elle me prenait par la main et souriait tristement : « So, Knüdchen, jetzt gehen wir einkaufen », viens, mon petit, on va faire les courses. Nous rassemblions notre courage, inspirions profondément et nous rendions en ville.

Lorsque nous franchissions le seuil de l’épicerie qui se trouvait à Enighedsvej, un soudain silence s’instaurait, les gens nous regardaient, puis nous tournaient le dos. Nous prenions place dans la queue qui devenait de plus en plus longue, notre tour ne venait jamais. Mère disait « pardon », faisait parfois un signe de la main pour attirer l’attention, n’y parvenait jamais – jusqu’au moment où les vendeuses ne pouvaient plus se retenir de pouffer et, en échangeant un regard avec les clients, se tournaient vers mère : « vous désirez ? »

Mère demandait un pain blanc, un pain de seigle, un litre de lait entier et un paquet de beurre. Elle parlait nerveusement, avec un fort accent ; on lui refilait du lait qui avait tourné, du beurre rance, du pain rassis et on la trompait sur la monnaie ; mère baissait la tête, disait « merzzi beaucoup » et « exguisez moi », et nous sortions pour ne plus y remettre les pieds. Nous nous rendions chez Bengtsen dont la boucherie se trouvait au coin de Grønsundsvej, traversions le pont viaduc pour passer chez le marchand de fruits et légumes, Østergade, au café Jeppesen, Slotsgade, et le même scénario se reproduisait chez chaque commerçant.

Ainsi faisions-nous nos tours quotidiens dans une ville qui nous tournait le dos ; nous voyions tout de dos, avions toujours affaire à des gens qui s’écartaient, puis s’éloignaient, chaque fois que mère les abordait. Ils regardaient dans une direction opposée, leurs boutiques étaient fermées, leurs marchandises épuisées, leurs chaises déjà prises ; à la sortie de la messe de Noël, le pasteur refusait de nous serrer la main. Nous étions seuls dans le monde, mère tenait ma vie dans ses mains, et je tenais la sienne, en trottinant à ses côtés pendant que nous allions jusqu’à la Grand-Place, puis nous faisions tout le trajet de retour. »

 

J'ai vu un film

Est-ce qu’il est possible de changer des souvenirs ?

Je ne sais pas.

Mais de les remettre en perspective, oui.

C’est drôle comme parfois, une personne extérieure, loin de notre à priori et de notre subjectivité peut interférer sur la compréhension des choses et des événements.

 

J’ai du parler d’un souvenir. Le pire souvenir, ou du moins l’un des pires.

Je ne voulais pas le faire. Je n’y arrivais pas.

Alors la personne qui était avec moi m’a proposée d’imaginer que j’étais au cinéma. Que je voyais un film qu’elle ne pouvait pas voir. Et qu’il fallait que je lui raconte ce que je voyais sur l’écran.

Je lui ai raconté le film. Ce n’était pas drôle. C’était même triste et dur.

Alors la personne m’a dit que cette version ne lui plaisait pas. Qu’il fallait changer le film. Parce que là ce n’était pas la bonne version. Qu’il fallait rajouter des acteurs. Qu’il fallait que ce soit de vrais acteurs… actifs…

Alors j’ai recommencé, avec les nouveaux acteurs.

C’était moins triste.

On a continué cette version jusqu’à la fin.

Et là… là…

Je suis une grande sœur.

Je sais ça maintenant.

Je suis une grande sœur.

J’ai deux petits frères.

Même si aujourd’hui, ils sont plus grands que moi.

Je suis celle qui leur disait tout va bien. C’est bon. Ça va aller. Et je crois que je le fais toujours en fait.

C’est drôle, mais hier, mon frère a fait une remarque. Juste en même temps que moi. Juste la même remarque. Avec la même tonalité. Et on a éclaté de rire.

Et là, il a dit, c’est normal, on est frère et sœur et on ne peut pas le nier.

C’est normal…

 

C’est une chance, je pense. Aujourd’hui, je le pense. D’avoir eu un frère comme le mien. Avec si peu d’écart. Et si différent. Et si semblable. Parce que si je suis forte aujourd’hui, c’est grâce à lui aussi. Car si je suis une grande sœur, c’est un grand frère aussi.

 

Mais le film n’était pas fini.

Car mes frères et moi, on était rassuré dans la première et la seconde version.

Mais il reste une personne qui n’était pas rassurée. Et qui ne l’a jamais été. Et qui ne le sera jamais.

Parce que personne n’a jamais pu lui dire calmement, c’est bon. Tout va bien. On se calme. Personne. Pas sa mère. Non. Ce n’était pas possible. Pas son père. Ce n’était pas possible non plus. Pas ses frères et sœurs. Non. Et pas nous, parce que nous n’étions que des enfants.

A elle, on ne lui a jamais dit Ce n’est rien. C’est bon. Tout va bien.

Alors elle ne pouvait pas nous le dire.

 

Je sais que ça ne change pas tout. Mais ça explique juste des choses.

 

Est-ce qu’on reproduit un schéma ? Est-ce qu’on recommence forcément les erreurs auxquelles on a été confronté ? Je ne sais pas. Mais …

 

Ce n’est pas à moi de porter un jugement. Mais si on grandit avec l’image d’une femme forte sous les yeux, avec l’image de la femme qu’il faudrait qu’on soit et qu’on arrive pas à être… alors est ce qu’on le transpose sur le reste de sa vie ? Ces frustrations, ces regrets, ces souhaits ? Est-ce qu’on les transpose sur ses enfants ensuite ?

Peut être….

 

J’ai vu un film.

C’était étrange. Parce que dans ma version, au départ, nous étions les victimes. Et en fait, je me rends compte qu’on est ceux qui s’en sont sortis.

 

A l'abri de rien - Olivier Adam

Et voilà.

Encore une fois, c'est la même chose.

Je suis en train de préparer le dossier "Rentrée Littéraire" du travail.

A ma charge de concevoir la fiche relative au dernier roman d'Olivier Adam, A l'abri de rien, qui paraitra fin août.

La biographie, le résumé, la bibliographie, jusque là, tout va bien ne t'en fais pas... (c'était trop tentant...), et puis, vient le moment de l'extrait. Comme je n'ai pas encore eu le temps de lire le roman, je décide de prendre quelques lignes du premier chapitre. Quitte à changer par la suite. Je commence à les taper, les lisant et les découvrant en même temps. Je n'ai pas le droit de taper plus d'une page.... Et je tape, je tape, encore, suivant les lignes, les lisant avec avidité.... ne pouvant pas lâcher des yeux le livre... Par acquis de conscience, je lève les yeux pour regarder où j'en suis... sur mon document. Et là, je me rends compte que j'ai dépassé la page autorisée.

Mais je ne peux pas en mettre moins. Ce n'est pas possible. Parce que ... Eh bien, parce que c'est beau. Vrai. Froid. Cruel. Dur. Humain. Et encore une fois, je me laisse embarquer.

Je ne sais pas pourquoi. Je ne suis pas une grande adepte de la littérature française. Mais Olivier Adam est cet auteur. Celui qui sait me faire pleurer. Celui qui sait toucher cette corde bien cachée. Celui qui me dit, tu joues la forte et la dure, mais... attend un peu... Et immanquablement, je craque...

Pas tant à cause des sujets. Non. Il a juste cette façon, ce style, cette écriture et cette présence qui font qu'il est là. A chaque fois, c'est entier. C'est vrai. Même si c'est triste. Au moins on ressent. Et c'est ce pouvoir (qui n'est pas donné à tous) qu'il possède. Celui de nous faire ressentir. Alors on peut lire un livre triste, du moment qu'on vit avec les personnages, qu'on est là avec eux, qu'on souffre avec eux. Parce qu'il y a cette magie de la littérature qui entre en jeu...

Maintenant, je sais juste ce que je vais faire ce soir...

Lire le roman et puis je reviendrai après... 

A l'abri de rien

 

A l’abri de rien

Oliver Adam

 

Éditions de l’Olivier – 18 € - 219 pages

 

23 Août 2008

Isbn : 987 2 87929 584 8

 

 

 

Biographie

7c4ae19f6a9b7cabf871c592d38bc32a.jpgOlivier Adam est née en 1974. Il a grandi en banlieue parisienne. Après avoir vécu et travaillé à Paris, il s’est installé à Saint Malo. Depuis 1999, il est membre de l’équipe de programmation du festival littéraire « Les correspondances de Manosque ». Avant de se consacrer à l’écriture, il a travaillé pour les Editions du Rouergue, en tant qu’éditeur.

En 2000, il publie son premier roman, Je vais bien, ne t’en fais pas, aux éditions du Dilettante. Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma.

 

 Rd90360db6cc005cc6949738e2f4e02a3.jpgésumé

Marie a perdu le fil de sa vie. Plus rien n’arrête son regard, sauf ce jour-là, un groupe d’hommes en haillons massés près du Monoprix. Sans savoir pourquoi, elle pénètre dans la tente dressée près de la mairie, se joint aux bénévoles pour servir des repas à ceux que, dans la ville, on appelle les « kosovars ». Négligeant sa famille, indifférente aux attentions de son mari, à la tendresse de ses enfants, elle se consacre entièrement à la survie de ces hommes en perdition. Elle leur donne tout : de la nourriture, des vêtements, son temps, son argent. Entraînée malgré elle dans un drame intime, elle s’expose à tous les dangers, y compris celui d’y laisser sa peau.

 

Bibliographie

Je vais bien, ne t’en fais pas - Le Dilettante 2000 – Pocket 2001

A l’Ouest - Éditions de l’Olivier 2001 - Pocket 2001

Poids léger - Éditions de l’Olivier 2002 - Points Seuil

Passer l’hiver - Éditions de l’Olivier 2005 (Bourse Goncourt de la Nouvelle) - Points Seuil

Falaises - Éditions de l’Olivier 2004 - Points Seuil

 

Extrait

« Comment ça a commencé ? Comme ça je suppose : moi, seule dans la cuisine, le nez collé à la fenêtre où il n’y a rien. Rien. Pas besoin de le préciser. Nous sommes si nombreux à vivre là. Des millions. De toute façon ça n’a pas d’importance, tous ces endroits se ressemblent, ils en finissent par se confondre. D’un bout à l’autre du pays, éparpillés ils se rejoignent, tissent une toile, un réseau, une strate, un monde parallèle et ignoré. Millions de maisons identiques aux murs de crépis de pâle, de beige, de rose, millions de volets peints s’écaillant, de portes de garage mal ajustées, de jardinets cachés derrière, balançoires barbecue pensées géranium, millions de téléviseurs allumés dans des salons Conforama. Millions d’hommes et de femmes, invisibles et noyés, d’existences imperceptibles et fondues. La vie banale des lotissements modernes. À en faire oublier ce qui les entoure, ce qu’ils encerclent. Indifférents, confinés, retranchés, autonomes. Rien : des voitures rangées, des façades collées les une aux autres et les gosses qui jouent dans la lumière malade. Le labyrinthe des rues aux noms d’arbres absents. Les lampadaires et leurs boules blanches dans la nuit, le bitume et les plates-bandes. La ville inutile, lointaine, et le silence en plein jour.

Donc, ça commence comme ça : moi, le ventre collé au plan de travail, les yeux dans le vague, une tasse de thé entre les mains, il est trop fait, presque noir, imbuvable. De toute façon, je déteste le thé. Devant la maison d’en face, deux femmes discutent. Elles ont les cheveux courts ou rassemblés en queue de cheval, les jambes moulées dans ces caleçons qu’on trouve au marché le dimanche. Elles attendent que leur homme rentre du boulot, leurs enfants de l’école. Je les regarde et je ne peux m’empêcher de penser : c’est ça leur vie, attendre toute la journée le retour de leurs gamins ou de leur mari en accomplissant des tâches pratiques et concrètes pour tuer le temps. Et pour l’essentiel, c’est aussi la mienne. Depuis que j’ai perdu mon boulot c’est la mienne. Et ce n’est pas tellement pire. Le boulot au supermarché c’est pas beaucoup mieux j’avoue. »

13.07.2007

Quelques idées sur ...

La Rentrée Littéraire 2007…

 

Ça y est, c’est parti. Nous sommes début juillet et déjà les premières spéculations, les premiers chiffres, les premières tendances concernant la Rentrée Littéraire cru 2007 tombent dans la presse spécialisée (Livres Hebdo), dans la presse publique (Lire), sur des sites Internet, sur les Blogs…

Alors, que nous réserve cette Rentrée Littéraire 2007 ?

 

Le cru 2007, c’est 727 romans français et étrangers qui paraîtront entre fin août et fin octobre, dont 102 premiers romans. C’est 493 romans français et 234 romans étrangers. C’est comme tous les ans le rendez vous des incontournables, la course aux prix, le lancement des poulains…

On peut citer d’ores et déjà Charles Dantzig, Christophe Donner chez Grasset, Amélie Nothomb, inévitable Amélie Nothomb, Dantec, Patrick et Olivier Poivre d’Arvor chez Albin Michel, Pierre Assouline, Pierre Péju, Daniel Pennac, Patrick Modiano chez Gallimard, Philippe Claudel chez Stock, Patrick Besson chez Robert Laffont, Paul Fournel, Lydie Salvayre, Antoine Volodine, Alain Fleisher et Jean Hatzfeld au Seuil…

Et puis, cette année c’est aussi 44 romans de plus qu’en 2006. Sur la même période, nous avions vu paraître 683 nouveautés, dont 97 premiers romans (475 romans français et 208 romans étrangers).

Et contrairement à ce qu’on pourrait penser de prime abord, cette augmentation de la production n’est pas due aux grandes maisons. Peut être par « peur du trop plein », pour reprendre l’expression du magazine professionnel Livres Hebdo.

Le Seuil proposera 9 nouveautés contre 12 l’année dernière. Pour Stock, ce sera 9 au lieu de 10, Robert Laffont publiera 6 ouvrages contre 8 en 2006, chez Plon, ce sera 5 au lieu de 6.

D’autres éditeurs misent sur la stabilité, comme Flammarion et Albin Michel avec 9 titres, Fayard avec 13 nouveaux romans, Actes Sud avec 7 nouveautés.

Seule exception à la règle, parce qu’il en faut toujours une pour confirmer, Gallimard, qui publiera cette année 18 romans au lieu des 14 de l’année 2006.

 

Mais les chiffres ne font pas tout, n’est ce pas ?

Que va t’on pouvoir lire ?

2007 poursuit le mouvement inspiré l’année dernière, avec un net recul de l’autofiction dans les publications.

Toujours selon le magazine Livres Hebdo, les thématiques de cette année sont davantage ancrées dans le réel. Avec la force de l’engagement, la peinture des maux de la société, des romans inspirés de faits divers et réels, des romans documentés, Historiques, presque des reportages sur notre monde actuel. Et puis cette année, c’est aussi le retour de la littérature de genre.

On s’éloigne de son histoire personnelle pour raconter celle de la société, du monde, des autres.

Que ce soit au travers de romans engagés qui photographient la France, la Société, ses dérives, ses maux et qui prennent ouvertement position.

Que ce soit au travers de romans Historiques qui relatent des pages de notre Histoire et de l’Histoire qui sont restées dans l’ombre, comme Natacha Appanah avec son nouveau roman, Le Dernier Frère, publié aux éditions de l’Olivier. L’histoire de deux petits garçons, sur l’Île Maurice, durant la seconde guerre mondiale. L’un est mauricien, l’autre un jeune garçon juif, immigré.

Que ce soit au travers de peinture de personnages et de personnalités qui ont marqués cette année, telle Florence Aubenas dans Fin de l’Histoire de François Bégaudeau, publié chez Verticales.

On prend position. On dit haut et fort ce qu’on pense. Et on arrête de se cacher derrière sa vie et ses problèmes.

Olivier Adam, qui publie À l’abri de rien aux éditions de L’Olivier, déclare son engagement et son changement d’orientation littéraire par de très belles paroles :

« Si un écrivain doit s’engager, c’est d’abord dans et par ses libres. Il s’agit de se frotter au monde et à la vie, de mettre les mains dans le cambouis, dans la boue de l’humain, du réel, du social, de l’intime, du politique ».

Cette année, c’est donc le retour de la littérature de genre. Avec des emprunts au polar et à la Science Fiction. Et on voit arriver cette année des romans qui disent l’horreur mais aussi la vérité de notre société à travers des polars, comme La Mémoire Fantôme de Franck Thilliez, ou Qu’ils me haïssent pourvu qu’ils me craignent de Natacha Calastrémé aux éditions de l’Equateur, à travers des emprunts à la science fiction comme dans le premier roman de Julien Capron, publié chez Flammarion, Amende Honorable, ou encore l’Ami Butler de Jérôme Lafargue, qui décrit une cité imaginaire, voir fantasmagorique, dans laquelle on croise des êtres fantasques et étranges…

Tendance qui se confirme également chez les auteurs de premier roman, qui, loin d’utiliser la traditionnelle veine de l’autofiction, se lancent dans d’ambitieux récits qui parlent de notre pays, de notre société et de notre monde.

Si le nombre de premier romans reste relativement stable comparé à l’année dernière (102 contre 97), le nombre de page augmente conséquemment. Des romans de plus de 500 pages, comme Amende Honorable de Julien Capron (cité précédemment).

Et en ce qui concerne les thématiques abordées, c’est tout aussi bien la Mort que les histoires d’amour que le quotidien, en passant par l’Histoire, la photographie sociale et urbaine des villes et des quartiers, l’intégration sociale, le fantastique, le road-movie, le cinéma … qui viendront peupler notre imaginaire et nos lectures durant cette Rentrée Littéraire.

 


 

 

 

 

 

Suite

 

Et les Romans étrangers dans tout ça ?

 

La production de romans étrangers augmente, elle aussi, de façon notable. 234 nouveautés contre 208 l’année dernière.

Avec des variations plus ou moins importantes.

Les romans anglo-saxons (anglais, canadiens, américains et auteurs écrivant en anglais) restent stables, avec 113 titres contre 112 l’année dernière, avec cependant, une nette prédominance des auteurs américains.

Cette année, parmi les 234 nouveautés, nous aurons le choix entre 113 titres anglo-saxons, 19 romans espagnols, 18 nouveautés italiennes, 11 scandinaves, 10 romans allemands, 22 des pays de l’Est (Russie, Pologne, Serbie / Croatie, Bulgarie, Lettonie, Roumanie, Hongrie), 3 romans islandais et 6 titres en langue arabe. Restent 32 titres à se partager pour le reste du Monde.

Des auteurs attendus, maintenant connus, des « poids lourds » annoncés, des grands retours…

Une rentrée étrangère tout aussi riche que la rentrée française, même si légèrement plus tardive en ce qui concerne les dates de parution. Certains éditeurs décident de se lancer dès la fin août, mais traditionnellement, c’est plutôt à partir de mi-septembre que l’on voit fleurir les romans étrangers sur les tables des librairies.

Alors que va-t-on trouver ?

Voici un petit tableau reprenant juste quelques titres, principalement des auteurs attendus et des titres au fort potentiel, mais qui auront leur importance dans cette Rentrée Etrangère. Cliquez sur le lien

Il faut bien se douter que ce n’est pas une liste exhaustive.

Un château en forêt de Norman Mailer sur l’enfance d’Hitler, Pelures d’oignon de Günter Grass sur la jeunesse nazie de l’auteur, Le Messie Juif de Arnon Grunberg, énorme roman sur la vie d’un jeune allemand, petit fils de nazi qui s’est fixé pour mission de devenir le consolateur du peuple juif, Cochon d’Allemand de Knud Romer, roman sur la difficulté d’être allemand dans une ville danoise peu après la seconde guerre mondiale… La seconde guerre mondiale et le nazisme seront assez présent cette année dans les romans étrangers. Des émules des Bienveillantes ?

Bien sûr, nous aurons aussi les prix littéraires étrangers, comme le National Book Award 2005, Central Europe de William T Vollmann ; le prix Strega de 1961, Blessé à mort de Raffaele La Capria ; le prix Akutagawa 2002, Parklife de Yoshida Schuichi ; le prix Best-seller 2005 et Bolchaïa Kniga 2006, Le Cheveu de Vénus de Michaïl Chichkine ; le prix national de littérature en Colombie, Ursua de William Ospina…

Et le grand retour d’auteurs tels que Michael Chabon, l’auteur Des Garçons épatants, des Extraordinaires Aventures de Kavalier et Clay, prix Pulitzer 2001, dont les éditions Robert Laffont publient le nouveau roman en octobre, La Solution Finale ; Zadie Smith, qui reviendra avec un troisième roman, chez Gallimard, De la Beauté ; Jonathan Franzen, l’auteur des Corrections et de la Vingtième Ville, que les éditions de l’Olivier publient à nouveau avec Zone D’inconfort, un roman écrit suite à la médiatisation excessive et aux scandales médiatiques dont il a été l’objet à la sortie Des Corrections ; le second roman de Mark Z Danielewski, O’Revolution, roman tout aussi étrange et fascinant que la Maison des Feuilles, que les éditions Denoël rééditent à l’occasion…

Des premiers romans, enfin, soit de véridiques premiers romans, soit des 1ère publication en France, comme le roman déjà assez attendu de Marisha Pessl, La physique des catastrophes qui sera publié par les éditions Gallimard, ou Arlington Park de Rachel Cusk, publié par les éditions de l’Olivier, ou Knud Romer, déjà évoqué précédemment, qui sera publié pour la première fois en France par Les Allusifs…

Mais tout cela ne reste qu’une infime parcelle de la richesse des publications qui nous seront offertes à partir de septembre.

Parce que j’aurai pu citer bien des auteurs qui vous sembleront des incontournables et dont l’omission dans cette liste sera perçue comme une aberration, voir un sacrilège.

Je ne sais pas, j’aurai pu parler de Chuck Klosterman, qui revient pour la seconde fois aux éditions Naïve avec la suite de Je, La Mort et le Rock’n’roll. Dans Sexe, Drogue et Pop Corn, c’est au tour de la télévision, du cinéma, des jeux vidéo d’être égratignés. Après son périple américain à la recherche des lieux mythiques (et tragiques) du Rock, il décide de dresser un panorama satirique et assez mordant de la télévision, du sport, des icônes et autres stars de papier mâché, du cinéma, de la littérature. C’est direct, sans concession, drôle, parodique et il n’hésite pas à employer l’auto dérision, s’incluant dans ce grand carnaval…

Tout comme j’aurai pu parler du nouveau Mitch Cullin, Les abeilles de Monsieur Holmes, également publié par les éditions Naïve…

Ou du nouveau Ian Levison, publié pour la troisième année de suite par les éditions Liani Levy.

Après Une canaille et demie, petite incursion dans le monde du polar, Ian Levison retourne à ses premières amours en faisant une photographie assez ironique et sarcastique du monde du travail au États-unis. Inspiré de sa propre expérience et de ses mésaventures, il dresse un constat de la précarité salariale américaine sans se départir de son humour et de sa drôlerie, n’hésitant pas à se moquer de lui-même dans Les tribulations d’un précaire, suite non officielle d’Un Petit boulot.

Ou le nouveau roman de TC Boyle, Talk Talk, sorte de road movie à l’américaine, dans lequel Dana, une jeune femme sourde et muette est arrêtée abusivement pour un crime qu’elle n’a pas commis. Elle part à la recherche de celui qui lui a volé son identité et qui l’a faite incarcérée afin de se venger, un certain William Peck Wilson. Un roman sur la vulnérabilité de notre identité et de notre condition.

 

Pour terminer, un petit point sur les thématiques.

Le plus flagrant à la lecture des programmes des éditeurs, c’est le nombre de titres écrits par des auteurs anglo-saxons issus de pays comme l’Inde, la Jamaïque, l’Afrique, les Îles, racontant la difficulté d’être américain, alors que l’on vient d’ailleurs.

C’est le cas de Dinaw Mengestu avec Les Belles Choses que porte le Ciel, publié chez Albin Michel. Ce premier roman est l’histoire de Stepha Stephanos, immigré Ethiopien de 36 ans, qui vit à Washington. Il tient une épicerie minable, à peine rentable et partage ses souvenirs et ses désilluions avec ses deux seuls amis, eux aussi immigrés africains. Mais l’arrivée d’une nouvelle voisine et de sa petite fille métisse, va venir bouleverser tout son petit univers. Ou encore de La Perte en Héritage de Kiran Desaï publié par les éditions Des Deux Terres ; ou du nouveau roman d’Alaa El Aswany, publié chez Actes Sud. Chicago raconte l’histoire de deux égyptiens qui se rendent à Chicago pour étudier à l’Université de Médecine et qui se trouvent pris dans les contradictions de leur sentiment d’appartenance à un pays quoi les exalte autant qu’il les déçoit. Les questions d’appartenance, d’exclusion, d’insertion sociale, du choc des cultures, des désillusions, des différences de classe sociale…

J’aurais, encore une fois, pu citer bien d’autres romans, tels que Le dernier paradis de Manolo d’Alan Warner, qui sera publié chez Bourgois, ou Le Petit Soldat de Dieu de Kiran Nagarkar, roman sulfureux publié par les éditions Buchet Chastel, et racontant l’histoire de Zia Khan. Zia Khan fait partie de l’élite de Bombay. Un jeune homme issu d’une famille bourgeoise et particulièrement surdoué pour les mathématiques qui est aussi déchiré entre les conceptions religieuses de sa tante et l’ouverture d’esprit de ses parents. Envoyé poursuivre ses études à Cambridge, il sombre dans l’extrémisme religieux et rejoint le mouvement des Djihadistes ; ou encore Le Syndrome d’Ulysse de Santiago Gamboa qui sera publié par les éditions Métailié ; La Bâtarde d’Istanbul d’Elif Shafak chez Phébus…

Bien évidement, ce n’est là qu’un léger aperçu de ce que sera la production de romans étrangers, tous n’étant pas inspirés de thématiques Historiques et / ou sociales, raciales, …

L’année dernière, nous avions eu un coup de cœur pour Indian Creek, un hiver au cœur des Rocheuses, de Pete Fromm. Ce roman, publié par une toute nouvelle maison d’édition, Gallmeister, nous projetait dans les grands espaces sauvages des États-unis. Nous suivions l’auteur, un hiver, dans ses galères, dans ses peurs, ses doutes, mais aussi dans sa découverte de la nature et des grands espaces. Cette année, cette maison d’édition publie un roman de Rick Bass, Le Livre de Yaak. Rick Bass est l’auteur d’une vingtaine de livres qui ont pour cadre le Sud et l’Ouest des États-unis. Il vit dans la vallée du Yaak, au nord–ouest du Montana. La Vallée du Yaak est l’un des derniers espaces sauvages des États-unis. Rick Bass dresse le tableau d’une vallée qui semble aujourd’hui menacée.

 

Et maintenant, eh bien il ne reste plus qu’à lire. C’est encore la meilleure solution pour se faire une idée, non ?

 

 

10.07.2007

Transmetropolitan

Transmetropolitan

 

Scénariste : Warren Ellis

Dessinateur : Darick Robertson

Éditeur : Panini / Vertigo

 

Prix : 27 €

Public : Adultes

 

1dab513d09577a602e54dbbdc86845db.jpgSpider Jerusalem, un journaliste sans aucun scrupule, mégalomane et maniaco-dépressif est de retour à Angel 8.

Contraint de revenir à la ville par ses éditeurs, il se retrouve plongé dans une métropole futuriste mais tellement réelle et présente. Obligé de subvenir à ses besoins, il reprend son ancien boulot de journaliste à scandale, avec pour seul credo « La Vérité, quel qu’en soit le prix ». Son retour n’est pas vu d’un bon œil par tout le monde. Ses articles créent forcément le chaos. Et lui s’amuse à dénoncer tous les vices d’une société post moderne, sans repère et sans fondement, mettant au jour les dérives politiques, les corruptions, l’oppression de la religion et des médias, détruisant au passage quelques vies. Même si quelque part, tout ça n’est qu’une belle transposition de notre société et de nos propres vices. Où comment faire passer la critique en la projetant dans un autre univers. Très vite, il est rejoint par une assistante de choc, étudiante en journaliste, ancienne prostituée ; par une chatte à deux têtes fumeuse et pouilleuse ; épaulé par son rédacteur en chef toujours à la recherche d’un gros coup médiatique…

Mais il faut bien se douter que La Vérité ne s’obtient pas si facilement et très vite, Spider Jerusalem devient l’Homme à Abattre dans cette ville aux allures de cour des miracles, dans laquelle la plus grande misère humaine et morale côtoie l’opulence et la magnificence… Où les races, les peuples tentent de se cacher, de se trouver juste un endroit pour survivre tandis que les puissants les oppressent…

Spider Jerusalem, dans tout ça, tente de survivre. Maniaco dépressif, drogué, obsédé sexuel (il n’a pas eu de relation sexuelle depuis plus de 5 ans, on le comprend…), journaliste aux méthodes plus que douteuses, halluciné notoire, homme sans morale quand il s’agit d’affronter le vice et la corruption, il est surtout l’auteur d’un best seller, ouvrage à scandale qui a fait sa popularité et son succès il y a maintenant 5 ans. Mais encore une fois, on ne crache pas la vérité au visage de tout le monde sans mettre sa peau en jeu. Il s’est exilé pendant plus de 5 ans, dans une sorte de no man’s land, à la Montagne, vivant en autarcie, nu, truffant sa maison de pièges en tout genre. Son retour en ville le projette de nouveau dans une civilisation qu’il avait fuit, dans un univers quasi post apocalyptique dans lequel il nage, tel un poisson dans l’eau et dans lequel il retrouve la totale possession de ses moyens et des pires côtés de sa personnalité.

e4f50d171ee6a77820958c9129416cbb.jpgAlliant humour noir, satire sociale et politique, situations rocambolesques et souvent mortelles, une morale plus qu’ambiguë, cette bande dessinée s’amuse à travers les investigations de ce journaliste « gonzo » à démonter une société pas si futuriste que ça quand on y regarde de plus près…

 

Tout cela servi par les dessins de Darick Robertson. Un graphisme dynamique et coloré. Qui parvient à rendre réel et crédible cette métropole d’un autre temps. Et par les scénarii de Warren Ellis, avec des dialogues truculents, des récits dystopiques, c'est-à-dire se situant dans une société imaginaire et proposant le pire qui soit.

 

Cette série fut publiée pendant 5 ans aux Etats-Unis, entre 1997 et 2002.

60 numéros parus en fascicule, puis 10 volumes reliés. Panini entreprend aujourd’hui la publication des volumes reliés et nous propose dans ce premier tome les volumes 1 et 2 de l’édition reliée américaine, Back on the Street et Lust for Life.

15:55 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : BD

05.07.2007

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Juste pour le souvenir de 24h... de rollers et pour les 3 semaines de douleurs aux adducteurs qui s'annoncent...
Juste pour excorciser...
Le circuit Moto du Mans sur lequel plus de 550 équipes de patineurs se sont lancées pendant 24h...
Rien que pour ça...
 

Comité BD de Saint Quentin

Compte rendu du Comité BD du réseau des médiathèques de l’agglomération de Saint Quentin en Yvelines

 

Date : jeudi 21 juin

Horaires : 9h / 13h

Lieu : Médiathèques des Sept Mares à Elancourt

 

Tous les deux mois, le Réseau des Médiathèques de l’Agglomération de Saint Quentin en Yvelines tient un comité Bandes Dessinées.

Cette fois ci, il se tenait à la Médiathèque des Sept Mares à Elancourt.

Arrivée un peu en avance, j’ai pu visiter cette médiathèque.

Sur 2 étages. Avec une section adulte en rez-de-chaussée et la section jeunesse à l’étage.

Le fonds BD est particulièrement bien présenté. Les bandes dessinées traditionnelles sont rangées en bacs. Des bacs qui peuvent être déplacés en fonction des besoins, dans le cadre d’animations, par exemple.

Les mangas et les bandes dessinées anglo-saxonne sont rangés dans des étagères. A part.

Et depuis que ces ouvrages sont clairement identifiés, les emprunts sont beaucoup plus fréquents.

Après cette rapide visite, nous sommes allées nous installer pour le comité BD. Il y avait 16 personnes présentes. De toutes les médiathèques du Réseau.

 

Ce mois ci, petit changement par rapport à l’organisation traditionnelle. Il y avait un invité.

 

Un représentant de l’association La Nébuleuse BD.

 

« La Nébuleuse BD est une association de loi 1901, créée en 2003, par un collectif de dessinateurs issus d’un atelier de bande dessinée de Voisins le Bretonneux.

Son but est de promouvoir la Bande Dessinée et les arts graphiques en général, auprès de tous les publics, ainsi que de jeunes créateurs, par la publication de leurs travaux, la réalisation d’expositions et tout autre moyen. »

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Cette association publie une revue par an.

Au début, sous un format A4, tout en couleur, elle s’appelait L’Homme des Banlieues.

L’Homme des Banlieues, avec tout ce que ce titre peut connoter… La vie dans ces banlieues, près de Paris, vous savez, là où les HLM côtoient les champs de blés et de maïs. Là où les cités dortoirs explosent littéralement… Un bel aspect social. Avec un ton satirique et relativement cynique.

 

Et puis petit à petit, les auteurs ont eu envie de proposer d’autres histoires, d’aborder d’autres thématiques. Alors la revue a suivi l’inspiration des auteurs. Le format est devenu plus petit. Les pages plus nombreuses. La couleur a cédé la place au noir et blanc. Et la revue s’appelle aujourd’hui HDB. Gardant ainsi un lien avec le projet initial. Et même si aujourd’hui certaines histoires traitent encore des banlieues, les auteurs, dessinateurs, scénaristes peuvent s’amuser à explorer d’autres univers, d’autres mondes… Comme le cinéma, thématique du mois de Juin sur le Blog.

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Mais La Nébuleuse BD, c’est aussi une association de dessinateurs. De scénaristes. Qui partent à la rencontre des lecteurs. Qui participent à des ateliers et des animations. Aussi bien pour les enfants que les adultes… De 7 à 77 ans pourrait on dire… Même s’il préfère travailler avec des enfants d’au moins 10 ans.

Des projets de créations de bandes dessinées, des initiations aux différents styles graphiques, des notions sur le découpage, la mise en scène des images et des dialogues, sur la colorisation et les différentes techniques utilisées. Nous avons même eu le droit à un mini cours sur la colorisation. Et en l’espace de ces quelques minutes, j’ai appris comment reconnaître une colorisation par aquarelles, par traitement numérique, un travail sur Photoshop, à l’acrylique, au feutre… Juste en quelques minutes.

Cette association de Loi 1901 assure sa pérennité grâce au mécénat, à la vente de son fanzine annuel, tiré à 1 000 exemplaires, et les diverses prestations qu’elle effectue.

Un noyau dur de 10 personnes, tous bénévoles. Professionnels ou amateurs, qui vivent leur passion et peuvent ainsi la communiquer.

 

Ensuite, nous avons repris le cours normal du comité BD…

Il était 11h. Il nous restait 1h30 pour faire le tour de ce qui avait été lu, aimé, détesté…

33 titres chroniqués en 1h30. Je ne compte pas vous imposer chaque titre en détail. La liste sera proposée à la fin de ce texte.

Mais citons cependant quelques titres qui ont fait débat.

Comme La Maison Usher paru chez Emmanuel Proust. Cette adaptation en bande dessinée de la nouvelle éponyme d’Alan Edgar Poe est assez particulière. Son graphisme hors norme la mettant hors de la portée de tout le monde. Un trait très travaillé, avec des dessins à la plume et à l’encre de chine. Le tout en noir et blanc.

Le texte de la nouvelle presque intégralement repris dans les pages de la bande dessinée.

C’est un travail fascinant, qui participe de l’ambiance de la nouvelle, de la folie qui en émane. C’est oppressant, sombre, glauque. Mais comme l’histoire originale.

Ceci dit, je peux parfaitement comprendre que ce soit rebutant pour certaines personnes. Tout n’étant question que de goûts et de subjectivité. Alors cette bande dessinée, soit on l’aime parce qu’on rentre dans l’univers de l’auteur, dans son monde et dans la nouvelle. Soit on n’adhère absolument pas et on referme très vite…

Tout comme Agathe Saugrenue, parue chez Dupuis dans la collection Punaise.

Cette bande dessinée raconte l’histoire d’une petite fille diabétique qui se considère comme un monstre parce que différentes des autres et qui recherche la compagnie des monstres. Servie par un graphisme simple, avec des couleurs assez marquées, vives. Une fois encore, autant l’histoire que le graphisme ont été sujets à débats. Pour certains un graphisme simple qui correspond au public jeunesse et à la cible, qui sert parfaitement l’histoire de cette petite fille diabétique. Pour d’autres, un graphisme simpliste, sans grande recherche ni grande originalité… La présentation du diabète comme une monstruosité, comme une différence a également posé problème à certains.

Pandala a également suscité une légère controverse. Ce titre, publié par Ankama, est intégralement sans texte. Il fait référence à l’univers de Dofus, un jeu en ligne. Pour ceux qui connaissent l’univers de Dofus, qui sont adepte du jeu, cette bande dessinée a fait l’unanimité. Pour les autres, il est vrai que ça peut sembler sans grand intérêt. Juste de belles images, traitées numériquement. Ce à quoi il faut ajouter une histoire triste à pleurer. Pandala rêvassait sur un rocher, au bord de l’eau lorsqu’il aperçoit de la fumée au loin. Pris de panique, il rentre en courant à son village et le trouve complètement détruit. Tous ses habitants sont morts. Il se retrouve orphelin. Il décide alors de partir à l’aventure. Et doit affronter mille et un périples. Lorsque enfin il trouve une « pseudo » famille, c’est pour la perdre à nouveau…

Enfin, Le journal de Kyla, paru chez Clair de Lune… Encore une fois, une bande dessinée faisant référence à un univers de jeu de rôle. Dérivé du Donjon de Naheulbeuk, ce titre est effectivement sans grand intérêt pour qui n’est pas initié à l’univers du jeu de rôle. Cependant, il faut admettre que Le donjon de Naheulbeuk a rencontré un grand succès et que cette série s’est créée un réel lectorat. Alors de l’utilité de prendre cet ouvrage en bibliothèque pour satisfaire juste un public qui, malgré tout, reste assez limité… ? D’où la controverse autour de ce titre.

En ce qui concerne les autres titres, ils sont notés en fonction des commentaires. De 1 à 5 étoiles.Pour avoir accès à la liste, il suffit de cliquer ici

 

 

16:38 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : BD, livres

04.07.2007

Arlington Park de Rachel Cusk

Arlington Park

Rachel Cusk

L’Olivier

 

c360e4fce12be0a78e57d5ddda2d69ac.jpgPrenez une banlieue huppée de Londres, vitrine impeccable de la réussite sociale et professionnelle.

Quatre femmes entre trente et quarante ans, qu’elles soient femmes au foyer, salariées, avec ou sans enfants.

Une journée pluvieuse de novembre, grise, lourde et sombre.

Mélangez le tout en secouant vigoureusement.

Passer le tout au mixeur en rajoutant une dose d’ironie, de satire et de vitriol…

Et vous obtiendrez…

Non, vous n’aurez pas un « remake » littéraire de Desperate Housewife, ni d’un roman sentimental ou à l’eau de rose…

Mais Arlington Park, un roman de Rachel Cusk, que les éditions de l’Olivier publieront au mois de septembre.

 

A travers quatre portraits de femmes, Rachel Cusk nous décrit une société qui se cachent derrière des apparences, derrières une illusoire bienséance et qui joue une magnifique pièce de théâtre.

Vies artificielles beaucoup plus évidentes à vivre que la vraie vie ?

En l’espace d’une journée dans la vie de ces quatre femmes, Rachel Cusk va briser cette façade lisse et fade.

Ces femmes vont nous apparaître dans toute leur vérité, avec leurs frustrations, leurs jalousies, leurs désillusions.

Un regard amer et très lucide.

 

Que ce soit Juliet Randall, étudiante brillante qu’un brillant avenir dans le monde des lettres attendait.

Que ce soit Maisie Carrington, londonienne récemment arrivée avec son mari et ses enfants.

Que ce soit Amanda Clapp, Christine Lanham et son besoin de reconnaissance et de représentation, Solly Keir-Leigh et son énième grossesse…

 

Une fois passée l’introduction qui plante le décor de cette vaste comédie dérisoire, nous entrons dans la contemplation du spectacle.

Et nous rencontrons la première de ces quatre femmes, Juliet Randall, professeur d’anglais dans un lycée. Qui doit faire face à ses désillusions, elle qui était destinée à un si brillant avenir. Qui se retrouve mariée avec un homme qu’elle a du aimer un jour. Mais qu’elle n’aime plus. Qui se retrouve avec deux enfants. Qu’il lui faut élever…

 

Puis Amanda, femme dépressive, qui voudrait tellement… tellement tout en fait… avoir une maison parfaite, un mari parfait, des enfants parfaits, être parfaites, la plus adulée, la plus populaire… et qui se débat avec elle-même et sa conscience d’elle-même..

 

Puis c’est au tour de Maisie Carrington d’entrer en scène. Nouvelle arrivante dans le quartier. Auréolée du prestige de son ex statut de londonienne. Maisie, qui ne sait pas trop ce qu’elle fait là. Qui erre, seule au milieu des autres, sans être jamais vraiment là.

 

Une transition. Nous sommes au milieu de la journée. Une femme apparaît. Solly Kerr Leigh. De cette femme, nous apprenons tout. En rupture avec le rythme du roman, c’est toute sa vie que nous découvrons. Sa vie de mère au foyer. Enceinte à nouveau. Au 8ème mois. Son corps, envahit, qui n’est plus vraiment le sien, mais celui de son mari et de l’enfant qu’elle porte. Elle n’est plus une femme. Elle a oublié qu’elle en avait été une…

 

La journée reprend son cours…

 

Et avec l’après midi naissant, nous retrouvons nos personnages de ce matin. La journée est déjà bien avancée et le soir s’annonce….

 

Tout au long de cette journée, nous allons les découvrir, apprendre à les connaître dans les détails les plus intimes de leur vie. On les découvre le matin, au sortir de la nuit, on les suit dans la salle de bain, dans les cabines d’essayage des magasins de banlieue, dans leur cuisine, à la sortie de l’école, en compagnie, seules…. On est dans leur tête. Et on vit cette journée avec elles.

Un roman sur les compromis. Sur l’abandon de soi que font les femmes lorsqu’elles deviennent mères. Lorsqu’elles ne sont plus des femmes, mais des mères et des épouses. Et sur la trahison du mariage et de la maternité. Car ce qu’on ne dit pas, c’est qu’une fois épouse et mère, ces femmes disparaissent dans leur mari, comme happées par les hommes et n’existent plus…

 

Rachel Cusk est une jeune auteur anglaise, née en 1967 à Brighton. Arlington Park est son sixième roman et le premier traduit en France.

En 2003, elle a été sélectionnée par la revue Granta qui consacre régulièrement les jeunes auteurs plus prometteurs de la scène littéraire britannique.

Tout le charme et la beauté de ce roman résident dans l’écriture. Car cette auteur a un style. Elle sait écrire. Et chaque phrase, chaque mot, chaque tournure participe de l’ambiance du roman.

Pour vous donner une idée, Voici de courts extraits du premier chapitre...

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