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16.08.2007

Le livre de Yaak

Le Livre de Yaak

Rick Bass

Traduit de l’Anglais (Etats-Unis) par Camille Fort Cantoni

 

Gallmeister – 20,90 € - 178 pages

 

Isbn : 978 2 35178 012 1

 

Biographie

Né en 1958, Rick Bass a grandi à Houston, Texas, avant de faire des études de biologie et de géologie à l'université de l'Utah. Il travaille pendant plusieurs années dans le Mississipi comme géologue spécialisé dans les gisements de pétrole et de gaz, ainsi qu'en témoigne son livre Oil Notes. Rick Bass dit avoir appris à écrire en lisant les romans de Jim Harrison, Eudora Welty et Thomas McGuane. Il est l'auteur d'une douzaine de livres de fiction et de recueils de nouvelles. Le sud profond et le Montana constituent les décors privilégiés de ses fictions.

 

 

Résumé

La vallée du Yaak, dans le Montana, est l’un des derniers espaces sauvages des États-Unis, un lieu où cohabitent des ours noirs et des grizzlys, des loups et des coyotes, des aigles, des lynx, des cerfs et même une poignée d’humains.

De cet endroit magique où il vit depuis une vingtaine d’années, Rick Bass dresse le tableau d’une vallée aujourd’hui menacée. Dans ces récits inspirés, il nous décrit la grandeur de la nature sauvage du Yaak et de ses habitants. Il parvient ainsi à capturer l’âme d’un lieu qui, s’il venait à disparaître, constituerait une perte irrémédiable pour chacun d’entre nous.

 

 

Bibliographie

Platte River – Bourgois 1996

Oil Note – Bourgois 1996

Le guet – Bourgois 1996

Dans les monts Loyautés – Bourgois 1996

Sur la piste des derniers grizzlis – Bourgois 1997

Winter – Hoëbeke 1998

Le ciel, les étoiles, le monde sauvage – Bourgois 1999

Là où se trouvait la mer – Bourgois 1999

Colter – Bourgois 2001

L’Ermite – Bourgois 2004

La décimation – Bourgois 2007

 

 

Extrait

À l’âge de vingt neuf ans, nous avons quitté le Mississipi dans mon vieux camion, avec nos deux chiens, encore jeunes chiots, en direction de l’Ouest qui nous attirait comme un aimant, comme il est inscrit dans le sang et les gênes de notre pays – ce mystérieux décret qui nous intime l’ordre de traverser le contient de droite à gauche jusqu’à perdre de vue l’Angleterre et ses lointains échos, jusqu’à tout perdre de vue. Comme est inscrit dans notre sang ou dans le sol sous nos pieds cet ordre chuchoté de nous rebeller toujours, ne serait ce qu’un peu, c’est ce que nous fîmes ; nous partîmes afin d’éprouver le frisson de la fuite et parce que nous cherchions un lieu.

Nous voici errant à travers l’Ouest – conscients d’adorer les montagnes, les rochers et la glace, et les forêts et les ruisseaux, d’adorer le ciel et la fumée – traversant les orages de juillet et les blizzards d’août, jusqu’au jour où nous franchîmes une passe et où une vallée fit son apparition : une vallée bleu-vert tapie derrière une couche de nuages, avec un peu de fumée qui montait d’une ou deux cheminées tout au fond, une rivière paresseuse qui serpentait en contrebas, et une puissance, une immensité qui nous força à faire halte. C’était un peu comme de voguer en pleine mer tout en traînant derrière soi une ancre que retient un obstacle dans les bas-fonds. Ce qui retint mon cœur – nos deux cœurs – ce fut la gravité du lieu.

(…)

Est il excessif de croire que le pouls de notre sang et de nos émotions s’accorde au rythme brut des jours ensoleillés, en cette vallée où de brefs étés aux longs jours sont suivis de longs hivers aux jours brefs ? Qu’il s’accorde aux variations de la lumière en ces étranges forêts, voire au son des ruisseaux, lumière et son qui existent de toujours et sont le reflet des sons et des rythmes de notre âme ? Non pas en se superposant à eux, mais comme une manière de prédisposition, si bien que notre installation fut moins une peine et un effort qu’un soulagement accompagné de plaisir et de paix.

 

 

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