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20.08.2007
Au programme ...
New Thing
Wu Ming
Traduit de l’Italien par Serge Quadruppani
Métailié – 17 € - 192 pages
23 août 2007
Isbn : 978 2 86424 618 3
Biographie
WU MING 1 est l’un des membres du collectif Wu Ming réunissant cinq jeunes auteurs italiens dont les romans collectifs ambitieux, best-sellers en Italie, ont été traduits en de nombreuses langues.
Qui est Wu Ming ?
Depuis huit ans, sous ce pseudonyme qui signifie “ anonyme” en chinois, un groupe de cinq jeunes auteurs creuse un sillon profondément original dans la littérature italienne. Tout en menant une activité multimédia intense, Wu Ming a écrit plusieurs best-sellers aux sujets ambitieux, brassant des dizaines de personnages réels ou imaginaires, embrassant des époques charnières de l’histoire mondiale : de 54 à Manituana, qui vient de sortir avec un succès foudroyant. Quatre des cinq ont publié, avec succès également, des ouvrages individuels gardant la signature Wu Ming assortie d’un numéro. Pour commencer, les éditions Métailié publient deux d’entre eux.
Résumé
1967, les États-Unis sont secoués par les troubles raciaux et les manifestations contre la guerre au Viêtnam. À New York, après la mort violente de quelques musiciens de l’avant-garde du jazz, les assassinats sont revendiqués par le Fils de Whiteman. Agit-il pour son propre compte ou bien est-il un instrument de l’establishment ? Quarante ans plus tard, des rescapés racontent l’histoire de la jeune journaliste Sonia Langmut, disparue quelques semaines après avoir enquêté sur les faits.
En toile de fond, la montée du Black Power et de la new thing : le free-jazz de Albert Ayler, Archie Shepp, Bill Dixon, et de leur divinité tutélaire, John Coltrane, qui, sur le point de mourir pendant la période des meurtres, évoque sa vie, ses grandeurs et ses faiblesses.
Écrit sur un mode syncopé en plein accord avec son sujet, avec des échappées fantastiques, des vols d’oiseaux sur la ville et le parler du ghetto, le récit réussit en peu de pages à restituer, derrière les discours de la révolte et les manipulations du pouvoir, la voix d’une époque tout entière.
Bibliographie
Guerre aux Humains Métailié 2007
Extrait
"Prologue, 12 avril 1967
Le chœur répète dans la salle de classe d’une école primaire. Pas d’auditions, n’importe qui peut venir. Tu sais chanter ? Tu chanteras. Tu chantes faux ? Tu peux écouter, boire un café, regarder les dessins des gamins sur les murs.
Ce soir, il y a des nouveaux. Présentations, mains qui se serrent. C’est la classe de mon fils. Le gardien est mon cousin. Dans les toilettes, il y a l’inscription que j’ai gravée à sept ans avec un clou.
Anita a un sourire pour tous, elle écoute les voix, divise les gens en trois groupes puis les fait asseoir en cercle. Sur le tableau noir, le texte d’un spiritual.
Anita clame les premiers vers, cherchant le ton juste sur un piano vertical. Elle enseigne les rôles à chacun, fait chanter une section à la fois. On démarre trop bas ou trop haut, des voix qui se brisent, des accès de toux, des rires. Anita explique les rudiments : « deuxième voix », « Appel et réponse »… Des tasses de café passent de main en main.
Et maintenant, tous ensemble. Un garçon s’assied au piano, Anita chante.
I feel like, I feel like, Lord
I feel like my time ain’t long
Le choeur répond et continue. Tu t’aventures avec embarras dans la tradition, tu suis à rebours de vieilles empreintes dans la boue. Tu ne t’attends pas au veau gras, tu te contentes de café, de biscuits, d’une soirée en compagnie. L’attention est partagée entre le respiration, le tableau noir et les mains d’Anita qui dirige.
Mind out, my brother, how you walk de cross,
I feel like my time ain’t long
Yo’ foot might slip an’ yo’ soul git los’
I feel like my time ain’t long.
L’ultime révérbération dispersée, certains s’exlament : “Wow!”, d’autres sautent sur leur siège, ou battent des mains. Anita est surprise : pas mal. Recommençons.
Une demie heure est passée et déjà tu chantes sans trop de bavures. Pause, cigarettes, autre café. Pas d’alcool. Bedford-Stuyvesant, Brooklyn. Troisième soirée de répétition, le chœur n’a pas encore de nom.
Anita a vingt ans et va se marier."
Chap 1 pages 14 et 15.
09:49 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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