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26.09.2007
Lecture
La Physique des Catastrophes
Marisha Pessl
Traduit de l’Anglais (Etats-Unis) par
Gallimard – 24,5 € - 624 pages
30 août 2007
Isbn : 978 2 07077 6207
Biographie
Marisha Pessl est âgée de 27 ans. Elle est née à Ashville, en Caroline du Nord. Elle est diplômée de l’Université de Columbia. Elle travaille comme consultante financière dans un bureau international privé d’audit et de conseil.
Résumé
Bleue Van Meer serait une adolescente américaine tout à fait ordinaire. Sauf que, à cinq ans, elle perd sa mère dans un accident de voiture et que son père, un intellectuel exubérant et excentrique, la ballotte désormais d'une ville universitaire à l'autre, vers de nouvelles aventures, toujours sur la route.
Ils vivent une relation fusionnelle, multiplient les joutes oratoires, se lancent dans des citations savantes, refont l'histoire de la littérature et de la physique quantique. Mais un jour, elle découvre le cadavre pendu d'Hannah Schneider, son professeur préféré. Que peut-elle bien faire ? Suivre les conseils paternels et reconstituer l'histoire, avec rigueur, un zeste de comique, si possible, et moult anecdotes. Cela suffira-t-il à élucider le drame et à percer les secrets d'un entourage plus mystérieux qu'il n'y paraît ?
Extrait
Introduction
Papa disait toujours qu’il faut une sublime excuse pour écrire l’histoire de sa vie avec l’espoir d’être lu.
« A moins que ton nom ne soit comparable à ceux de Mozart, Matisse, Churchill, Che Guevara ou Bond – James Bond -, il vaut mieux que tu consacres ton temps libre à peindre avec tes doigts ou à pratiquer le palet, car personne, mis à part ta pauvre mère aux bras flasques et aux cheveux rêches qui te couve d’un regard tendre comme du veau, ne voudra écouter le récit de ta pitoyable existence, laquelle s’achèvera sans doute comme elle commencé – dans un râle. »
Avec des critères aussi stricts, j’était persuadée que je ne trouverais de toute façon pas ma sublime excuse avant d’avoir au moins soixante-dix ans, lorsque je serai pleine de tavelures et de rhumatismes, mais dotée d’un esprit aussi tranchant qu’un couteau de boucher, d’un mas provençal à Avignon (où je pourrais me délecter de 365 fromages différents), d’un amant de vingt ans plus jeune qui travaillerait aux champs (des champs de quoi, je l’ignore, sans doute une plante dorée et vaporeuse) et, peut être, d’un petit succès à mon actif en sciences ou en philosophie. Et pourtant, la décision – ou plutôt, la nécessité impérieuse – de prendre la plume pour raconter mon histoire, et tout particulièrement l’année où elle se défit comme un pull dont on a tiré une maille, eut lieu beaucoup plus tôt que je ne l’aurais imaginé.
Tout commença par une banale insomnie. Cela faisait près d’un an que j’avais découvert le corps de Hannah, et je pensais avoir effacé en moi toute trace de cette nuit là, un peu comme, à force d’exercices de prononciation, le professeur Henry Higgins finit par gommer l’accent cockney d’Eliza (voir My Fair Lady).
Je me trompais.
Fin janvier, je me réveillais à nouveau en pleine nuit, tandis que le couloir obscur se taisait et que des ombres hérissées se blottissaient à l’arête du plafond. Mes seuls biens en ce monde se limitaient à quelques gros manuels suffisants tek qu’Introduction à l’astrophysique ainsi qu’à un triste et silencieux James Dean prisonnier de son affiche en noir et blanc et des bouts de scotch qui le plaquaient au dos de notre porte. En l’observant à travers les ténèbres en tâches d’encre, je vis tout à coup Hannah Schneider comme si elle était là.
Elle était pendue à un mètre du sol au bout d’une rallonge électrique orange. Sa langue – gonflée et rose comme une éponge de cuisine – dépassait de sa bouche. Ses yeux ressemblaient à des glands, des cents ternis, ou encore à ces boutons noirs que les enfant plantent sur la tête d’un bonhomme de neige, à ce détail près qu’ils ne voyaient rien. Ou peut être était ce là le problème : ils avaient tout vu. ».
La Physique des Catasptrophes. Ecrit par une jeune prodige. Ce n'est pas possible autrement.
Je ne vois pas...
Ce roman de plus de 600 pages, émaillés de références, de citations à la littérature, l'histoire, la politique, l'économie, la science... est tout simplement surprenant.
L'auteur n'a que 27 ans, et pourtant elle semble posséder une érudition dans tous les domaines.
Mais cela n'est que la part visible de l'iceberg (eh oui, je sais aussi des choses en sciences...), car le roman est une formidable enquête, avec un suspens mené de main de maître (on tombe de très haut à la fin), une écriture impertinente, fine, ironique, satirique, sarcastique, mordante... C'est aussi un tableau des Etats-Unis actuels, de cette société idéalisée, des adolescents, des conjonctures sociologiques, économique, politiques, raciales...
Bref...
On se laisse emmener par l'héroïne, Bleue Van Meer... Et surtout, on veut savoir la fin...
12:47 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Littérature



Commentaires
Et je suppose qu'il n'est pas encore sorti en librairie ??? si ? bah, je n'ai plus qu'à courir l'acheter :) ... L'estrait cité donne envie !
Ecrit par : Marie | 26.09.2007
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