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27.09.2007

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Les 4 vérités…

Ils étaient assis l’un face à l’autre.

Se parler était il si difficile ? A croire que oui.

Ils n’avaient jamais su se parler. Peut être était ce pour cette raison qu’ils en étaient là ce soir.

 

Son livre à la main, elle l’attendait. Une cigarette qu’elle reposait de temps à autre. Juste pour prendre une gorgée dans son verre de bière.

Ce livre était bien.

Tombeau de Greta G. Tombeau. Cercueil. Mort. Fin. Souvenir. Mémoire. Il y avait une très belle phrase sur l’amour… « Non, je crois vraiment que chaque rencontre, chaque vraie rencontre, crée un être nouveau, qui n’aurait jamais existé si cette rencontre n’avait pas eu lieu. Celle que Gilbert a aimée, Gilbert seul pouvait la faire naître, et Stiller ne l’a pas connue, ne pouvait pas la connaître. L’unité, l’identité sont un leurre, et ici Pirandello a raison, nous sommes plusieurs. Ce qui nous trompe et, bien sûr, ce qui complique tout, c’est que cet être fragmenté a le même corps pour support »…

 

Elle venait de lire ça quand il est arrivé.

Il s’est assis face à elle.

Le serveur est arrivé.

« La même chose, s’il vous plait »

Le serveur est revenu avec son verre.

Et ils ont commencé à parler.

Enfin.

Il ne savait pas ce qu’elle avait lu avant.

Ces quelques phrases sur « l’amour »…

Qu’est ce que c’était qu’aimer ?

Une grande et belle question.

A laquelle ils n’avaient pas la même réponse.

Les quatre vérités. On s’y serait cru. Tout le bar s’y est certainement cru. Du moins à leurs quatre vérités. Celles qu’ils ne s’étaient jamais dites. Celles qu’ils auraient peut être du se dire. Celles qu’ils n’auraient peut être pas du se dire. A chaque version une histoire. Ils avaient choisi un des trois chemins. Pour les deux autres, il était trop tard, ils ne sauraient jamais.

Elle n’aimait pas ce qu’elle avait fait. Elle se sentait méprisable. Et quelque part, c’est ce qu’elle attendait son mépris. Sa haine. Son rejet. Mais pas ça. Pas ce qui se passait. Ce n’était pas comme ça que les choses devaient se passer. Du moins, ce n’était pas comme ça qu’elle l’avait imaginé.

Il était là. Face à elle. Parlant. Cherchant à comprendre pourquoi est ce qu’elle avait fait ça. Questions, suppositions, explications, questions, doutes, peur, croyances, vérités, erreurs, il ne s’arrêtait que pour reprendre son souffle. Boire une gorgée. Elle aurait aimé savoir et pouvoir répondre à tout ça. Putain, ce qu’elle aurait voulu. Mais elle ne savait pas.

Il lui disait qu’elle savait parler pourtant. Quand elle écrivait.

Et dans sa tête elle lui répondait. Et dans sa gorge les mots restaient bloqués.

Et merde, c’est vrai qu’elle n’avait pas écrit. C’est vrai qu’elle lui avait menti. Qu’elle l’avait trompé. Qu’elle…

Mais qu’il le dise, … qu’il le dise…

Pourquoi est ce qu’il fait ça ? Il ne peut pas dire ces choses là. Pas maintenant. Plus maintenant. Pas après tout ça.

Elle n’avait pas su lui écrire. Elle n’avait pas su lui dire. Sa maîtrise de la langue française ? Belle connerie que tout ça. Tu parles… Sa maîtrise de rien du tout.

Les mots ? Du vent.

Les belles phrases ? Du vide.

Derrière cette apparence de fioriture, de baccarat, rien, néant, nothing, nada, …

C’était tellement facile de jouer avec les mots et c’était tellement facile pour les mots de jouer avec nous.

Alors non. Elle n’avait pas écrit. Elle n’avait pas dit. Elle avait montré. Mais encore faut il voir, vouloir voir, la vérité. Crue. Froide. Nue. Juste elle. Sans rien d’autre.

De la froideur. Des pleurs. Des fuites. De la méchanceté parfois.

Il avait vu. Mais n’avait pas voulu voir. Alors il avait fermé les yeux. Tout simplement.

Avec lui, elle était cette personne. Muette. Silencieuse. Réfléchie. Calme. Trop calme. Et apeurée. Par qui ? Par quoi ?

Des blancs. Des vides. À remplir. C’était sa conception de l’amour. Des personnes qui remplissaient ces blancs, ces vides. Qui les comblaient.

Au début, il y a longtemps, elle ne les remplissait pas ces blancs, ces vides. Elle le savait alors. Et elle avait eu peur. Oh, lui, il les avait rempli les siens de vides et de blancs. Alors elle avait eu peur. Et même après, quand elle revenu la première fois, et qu’elle avait senti que ce coup ci elle les comblait les blancs et les vides, elle avait encore eu peur. Sans discontinuer. Toujours. Tout le temps. Cette angoisse. Cette peur de ne pas être à la hauteur. De ne pas être celle qu’il fallait.

 

Ils avaient parlé…

Pendant deux heures.

Puis elle était partie. Parce que c’était trop dur.

Lâche ? Oui. Sûrement. Si l’un des deux auraient du fuir, ce n’était probablement pas elle.

Ça aurait dû être lui.

Après tout, peut être qu’il avait raison. Qu’il était bien plus fort qu’elle. Ça, en fait, elle n’en avait jamais douté. D’un certain côté, il était plus fort qu’elle. Mais d’un certain côté. Chacun ses forces et ses faiblesses…

 

 

Commentaires

Tu ne sais pas parler mais tu es là et tu écoutes. En te lisant j'ose espérer pouvoir comprendre un peu ce que j'ai vécu de l'autre coté. Se retrouver du jour au lendemain face à un mur, froid et distant, un mur de pierres, des pierres pas usées ni douces mais tranchantes. Tu essayes de t'approcher du mur pour comprendre pourquoi il est là entre toi et lui, et en tentant de l'escalader, tu t'égratigne les mains et le coeur. Et tu tombes et te fais plus mal que si tu avais tourné le dos au mur et que tu étais partie, juste en colère. La colère je ne pouvais pas, j'ai essayé de comprendre et comprendre, repenser à tout ca encore et encore, ressasser les souvenirs de ses mots, si peu de mots mais si tranchants si durs. Lui trouver des excuses essayer de comprendre, de pardonner, pardonner meme sans pouvoir lui en vouloir même un instant et s'effondrer de douleur. Peut être aurait-il préféré que je le haïsse, pour se sentir mieux, pour se dire "j'ai mal agis et je n'ai que ce que je mérite", peut être voulait-il que je lui tourne le dos, que par fierté je parte sans me retourner. Mais je ne pouvais pas croire à ce que je voyais, je ne pouvais pas ne pas essayer de comprendre, parler pour mettre des mots sur la souffrance, l'incompréhension, pour pouvoir avancer, pour moi. Alors je tiens bon. Et puis le mur grandit de plus en plus, et je reste face à lui en essayant encore et encore de la franchir parce que je ne peux pas l'abandonner lui de l'autre coté, il va surement mal et je ne peux le voir ni lui dire que je ne lui en veux pas. Le mur grandit et la chute fait de plus en plus mal, les mots deviennent rares, lointain, je ne saurais jamais ce que j'ai fait de mal. Je ne saurais jamais la vérité, je ne saurais jamais pourquoi, je ne saurais pas ce qu'il a ressentit, ce qu'il s'est passé dans sa tête et qui pourrait m'aider à lui pardonner le reste, qui pourrait juste m'aider à me sentir humaine, "aimable", femme. La douleur se transforme en haine en rage, je frappe de toute mes forces contre ce mur, le visage en larme, j'ai les mains en sang mais rien ne m'arrete. je n'ai plus de vie, plus de rêve et de sourire, je suis juste là comme une machine qui bloque sur un probleme et bugue inlasblement. La personne que j'ai aimé vis encore dans mon coeur de mon coté et je hais le monstre qui a pris sa place derrière ce mur. Je ne peux plus le sauver, je ne peux rien faire ou c'est moi qui en mourrait. J'ai perdu. Tout perdu. J'ai perdu les bons souvenirs de lui, et je me suis perdue. Une flaque de sang au pied d'un mur qui ne sait meme pas que j'existe et le frappe, c'est tout ce qu'il reste de moi. Peut etre quelqu'un me verra et me ramassera, ou alors les gens me marcheront dessus comme toujours, et sans me voir.
Toi tu n'es pas un mur, toi tu es là, tu es perdue et bloquée, mais tu n'es pas un mur. Ne t'en veux pas de ne pas savoir parler, car tu es là et c'est tout ce qui compte: essayer et vouloir.
Amitiés.

Ecrit par : stef | 01.10.2007

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