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27.09.2007

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Les 4 vérités…

Ils étaient assis l’un face à l’autre.

Se parler était il si difficile ? A croire que oui.

Ils n’avaient jamais su se parler. Peut être était ce pour cette raison qu’ils en étaient là ce soir.

 

Son livre à la main, elle l’attendait. Une cigarette qu’elle reposait de temps à autre. Juste pour prendre une gorgée dans son verre de bière.

Ce livre était bien.

Tombeau de Greta G. Tombeau. Cercueil. Mort. Fin. Souvenir. Mémoire. Il y avait une très belle phrase sur l’amour… « Non, je crois vraiment que chaque rencontre, chaque vraie rencontre, crée un être nouveau, qui n’aurait jamais existé si cette rencontre n’avait pas eu lieu. Celle que Gilbert a aimée, Gilbert seul pouvait la faire naître, et Stiller ne l’a pas connue, ne pouvait pas la connaître. L’unité, l’identité sont un leurre, et ici Pirandello a raison, nous sommes plusieurs. Ce qui nous trompe et, bien sûr, ce qui complique tout, c’est que cet être fragmenté a le même corps pour support »…

 

Elle venait de lire ça quand il est arrivé.

Il s’est assis face à elle.

Le serveur est arrivé.

« La même chose, s’il vous plait »

Le serveur est revenu avec son verre.

Et ils ont commencé à parler.

Enfin.

Il ne savait pas ce qu’elle avait lu avant.

Ces quelques phrases sur « l’amour »…

Qu’est ce que c’était qu’aimer ?

Une grande et belle question.

A laquelle ils n’avaient pas la même réponse.

Les quatre vérités. On s’y serait cru. Tout le bar s’y est certainement cru. Du moins à leurs quatre vérités. Celles qu’ils ne s’étaient jamais dites. Celles qu’ils auraient peut être du se dire. Celles qu’ils n’auraient peut être pas du se dire. A chaque version une histoire. Ils avaient choisi un des trois chemins. Pour les deux autres, il était trop tard, ils ne sauraient jamais.

Elle n’aimait pas ce qu’elle avait fait. Elle se sentait méprisable. Et quelque part, c’est ce qu’elle attendait son mépris. Sa haine. Son rejet. Mais pas ça. Pas ce qui se passait. Ce n’était pas comme ça que les choses devaient se passer. Du moins, ce n’était pas comme ça qu’elle l’avait imaginé.

Il était là. Face à elle. Parlant. Cherchant à comprendre pourquoi est ce qu’elle avait fait ça. Questions, suppositions, explications, questions, doutes, peur, croyances, vérités, erreurs, il ne s’arrêtait que pour reprendre son souffle. Boire une gorgée. Elle aurait aimé savoir et pouvoir répondre à tout ça. Putain, ce qu’elle aurait voulu. Mais elle ne savait pas.

Il lui disait qu’elle savait parler pourtant. Quand elle écrivait.

Et dans sa tête elle lui répondait. Et dans sa gorge les mots restaient bloqués.

Et merde, c’est vrai qu’elle n’avait pas écrit. C’est vrai qu’elle lui avait menti. Qu’elle l’avait trompé. Qu’elle…

Mais qu’il le dise, … qu’il le dise…

Pourquoi est ce qu’il fait ça ? Il ne peut pas dire ces choses là. Pas maintenant. Plus maintenant. Pas après tout ça.

Elle n’avait pas su lui écrire. Elle n’avait pas su lui dire. Sa maîtrise de la langue française ? Belle connerie que tout ça. Tu parles… Sa maîtrise de rien du tout.

Les mots ? Du vent.

Les belles phrases ? Du vide.

Derrière cette apparence de fioriture, de baccarat, rien, néant, nothing, nada, …

C’était tellement facile de jouer avec les mots et c’était tellement facile pour les mots de jouer avec nous.

Alors non. Elle n’avait pas écrit. Elle n’avait pas dit. Elle avait montré. Mais encore faut il voir, vouloir voir, la vérité. Crue. Froide. Nue. Juste elle. Sans rien d’autre.

De la froideur. Des pleurs. Des fuites. De la méchanceté parfois.

Il avait vu. Mais n’avait pas voulu voir. Alors il avait fermé les yeux. Tout simplement.

Avec lui, elle était cette personne. Muette. Silencieuse. Réfléchie. Calme. Trop calme. Et apeurée. Par qui ? Par quoi ?

Des blancs. Des vides. À remplir. C’était sa conception de l’amour. Des personnes qui remplissaient ces blancs, ces vides. Qui les comblaient.

Au début, il y a longtemps, elle ne les remplissait pas ces blancs, ces vides. Elle le savait alors. Et elle avait eu peur. Oh, lui, il les avait rempli les siens de vides et de blancs. Alors elle avait eu peur. Et même après, quand elle revenu la première fois, et qu’elle avait senti que ce coup ci elle les comblait les blancs et les vides, elle avait encore eu peur. Sans discontinuer. Toujours. Tout le temps. Cette angoisse. Cette peur de ne pas être à la hauteur. De ne pas être celle qu’il fallait.

 

Ils avaient parlé…

Pendant deux heures.

Puis elle était partie. Parce que c’était trop dur.

Lâche ? Oui. Sûrement. Si l’un des deux auraient du fuir, ce n’était probablement pas elle.

Ça aurait dû être lui.

Après tout, peut être qu’il avait raison. Qu’il était bien plus fort qu’elle. Ça, en fait, elle n’en avait jamais douté. D’un certain côté, il était plus fort qu’elle. Mais d’un certain côté. Chacun ses forces et ses faiblesses…

 

 

Cinéma

adf66402b2a52d1c9fcfecce766fee8e.jpgPour me prouver que je n’étais pas complètement hermétique au cinéma français, hier soir, j’ai cédé à la demande d’amis, et direction le cinéma pour aller voir 99F…

Bon d’accord, j’ai accepté parce qu’il y avait Jean Dujardin. Eh oui… J’assume… Mais j’aime beaucoup cet acteur…

Honnêtement, je n’avais pas lu le roman de Frédéric Beigbeder… Eh oui… J’assume… Mais je n’aime pas le personnage…

Et donc, à 19h50, jour de sortie, dans une salle blindée…

Début de la séance avec les bandes annonces, normal, suivies bien évidement de publicités… Et là réside tout le paradoxe.

Car ce film est une critique acerbe du monde de la publicité. Et de la publicité. Et du conditionnement. Et la séance débute avec une dizaine de publicités…

No comment.

Finalement, le film commence.

Encore une fois, j’avoue mon ignorance de toute chose, mais je n’avais jamais vu de film de Jan Kounen.

Et le choc.

Je suis sortie avec une migraine atroce.

Était ce dû à la pleine lune ?

Était ce dû au film ? A la fatigue ?

Difficile de parler du film sans enfoncer des portes ouvertes, mais tant pis, je me lance…

Eh bien… tout ce que je peux dire, c’est que les images collent au thème du film.

Sous hallucinogènes probables.

Le montage du film était tout simplement épuisant à suivre.

Mais d’un autre côté, sa forme de slogan publicitaire perpétuel fonctionne très bien.

L’histoire ?

Vous ne la connaissez pas ?

Je n’étais pas la seule ?

Alors, Octave est le maître du monde : il exerce la profession de rédacteur publicitaire. Il décide aujourd'hui ce que vous allez vouloir demain. Pour lui, "l'homme est un produit comme les autres". Octave travaille pour la plus grosse agence de pub du monde : Ross & Witchcraft, surnommée "La Ross". Il est couvert d'argent, de filles et de cocaïne. Pourtant, il doute.

Deux événements vont bouleverser le cours de la vie d'Octave. Son histoire d'amour avec Sophie, la plus belle employée de l'agence, et une réunion chez Madone pour vendre un film de pub à ce géant du produit laitier.

Source Allociné

Bizarrement, j’ai apprécié le film dans l’ensemble, malgré les apparitions incessantes et nombrilistes de Beigbeder (quand je dis que je ne l’aime pas …) et malgré la prestation de Jean Dujardin.

Hein ?

Eh oui. J’ai tout simplement trouvé qu’il ne collait pas avec le rôle, avec le personnage qu’il incarnait. Je n’y croyais pas une seconde. Et pourtant j’aime beaucoup ce comédien habituellement. Mais là, non. Malgré les cheveux longs. Malgré les costumes. Malgré tous ses efforts.

Vous me direz que ça fait beaucoup de malgré pour un film que j’ai « apprécié ».

Je sais. Peut être à cause, ou plutôt grâce, au traitement des images. À la réalisation. À la critique sans concession de la publicité et du monde de la publicité. Critique étant peut être un peu léger. Dénonciation serait plus correct. Ou peut être grâce à la fin du film... Dont bien évidement je ne parlerai pas...
 

Le pire, c’est que j’aurai presque envie de lire le roman pour me faire une idée.

 

 

26.09.2007

Lecture

La Physique des Catastrophes

Marisha Pessl

Traduit de l’Anglais (Etats-Unis) par

 

Gallimard – 24,5 € - 624 pages

30 août 2007

Isbn : 978 2 07077 6207

 

Biographie

Marisha Pessl est âgée de 27 ans. Elle est née à Ashville, en Caroline du Nord. Elle est diplômée de l’Université de Columbia. Elle travaille comme consultante financière dans un bureau international privé d’audit et de conseil.

 

Résumé

Bleue Van Meer serait une adolescente américaine tout à fait ordinaire. Sauf que, à cinq ans, elle perd sa mère dans un accident de voiture et que son père, un intellectuel exubérant et excentrique, la ballotte désormais d'une ville universitaire à l'autre, vers de nouvelles aventures, toujours sur la route.

Ils vivent une relation fusionnelle, multiplient les joutes oratoires, se lancent dans des citations savantes, refont l'histoire de la littérature et de la physique quantique. Mais un jour, elle découvre le cadavre pendu d'Hannah Schneider, son professeur préféré. Que peut-elle bien faire ? Suivre les conseils paternels et reconstituer l'histoire, avec rigueur, un zeste de comique, si possible, et moult anecdotes. Cela suffira-t-il à élucider le drame et à percer les secrets d'un entourage plus mystérieux qu'il n'y paraît ?

 

Extrait

Introduction

 

Papa disait toujours qu’il faut une sublime excuse pour écrire l’histoire de sa vie avec l’espoir d’être lu.

« A moins que ton nom ne soit comparable à ceux de Mozart, Matisse, Churchill, Che Guevara ou Bond – James Bond -, il vaut mieux que tu consacres ton temps libre à peindre avec tes doigts ou à pratiquer le palet, car personne, mis à part ta pauvre mère aux bras flasques et aux cheveux rêches qui te couve d’un regard tendre comme du veau, ne voudra écouter le récit de ta pitoyable existence, laquelle s’achèvera sans doute comme elle commencé – dans un râle. »

Avec des critères aussi stricts, j’était persuadée que je ne trouverais de toute façon pas ma sublime excuse avant d’avoir au moins soixante-dix ans, lorsque je serai pleine de tavelures et de rhumatismes, mais dotée d’un esprit aussi tranchant qu’un couteau de boucher, d’un mas provençal à Avignon (où je pourrais me délecter de 365 fromages différents), d’un amant de vingt ans plus jeune qui travaillerait aux champs (des champs de quoi, je l’ignore, sans doute une plante dorée et vaporeuse) et, peut être, d’un petit succès à mon actif en sciences ou en philosophie. Et pourtant, la décision – ou plutôt, la nécessité impérieuse – de prendre la plume pour raconter mon histoire, et tout particulièrement l’année où elle se défit comme un pull dont on a tiré une maille, eut lieu beaucoup plus tôt que je ne l’aurais imaginé.

Tout commença par une banale insomnie. Cela faisait près d’un an que j’avais découvert le corps de Hannah, et je pensais avoir effacé en moi toute trace de cette nuit là, un peu comme, à force d’exercices de prononciation, le professeur Henry Higgins finit par gommer l’accent cockney d’Eliza (voir My Fair Lady).

Je me trompais.

Fin janvier, je me réveillais à nouveau en pleine nuit, tandis que le couloir obscur se taisait et que des ombres hérissées se blottissaient à l’arête du plafond. Mes seuls biens en ce monde se limitaient à quelques gros manuels suffisants tek qu’Introduction à l’astrophysique ainsi qu’à un triste et silencieux James Dean prisonnier de son affiche en noir et blanc et des bouts de scotch qui le plaquaient au dos de notre porte. En l’observant à travers les ténèbres en tâches d’encre, je vis tout à coup Hannah Schneider comme si elle était là.

Elle était pendue à un mètre du sol au bout d’une rallonge électrique orange. Sa langue – gonflée et rose comme une éponge de cuisine – dépassait de sa bouche. Ses yeux ressemblaient à des glands, des cents ternis, ou encore à ces boutons noirs que les enfant plantent sur la tête d’un bonhomme de neige, à ce détail près qu’ils ne voyaient rien. Ou peut être était ce là le problème : ils avaient tout vu.  ».

 

La Physique des Catasptrophes. Ecrit par une jeune prodige. Ce n'est pas possible autrement.

Je ne vois pas...

Ce roman de plus de 600 pages, émaillés de références, de citations à la littérature, l'histoire, la politique, l'économie, la science... est tout simplement surprenant.

L'auteur n'a que 27 ans, et pourtant elle semble posséder une érudition dans tous les domaines.

Mais cela n'est que la part visible de l'iceberg (eh oui, je sais aussi des choses en sciences...), car le roman est une formidable enquête, avec un suspens mené de main de maître (on tombe de très haut à la fin), une écriture impertinente, fine, ironique, satirique, sarcastique, mordante... C'est aussi un tableau des Etats-Unis actuels, de cette société idéalisée, des adolescents, des conjonctures sociologiques, économique, politiques, raciales...

Bref...

On se laisse emmener par l'héroïne, Bleue Van Meer... Et surtout, on veut savoir la fin...

 

 

Lecture

Le Tombeau de Greta G

Maurice Audebert

 

Actes Sud – 15 € - 120 pages

 Août 2007

Isbn : 978 2 7427 6943 8

Biographie

Agrégé de philosophie, Maurice Audebert a enseigné toute sa vie. Membre du Studio théâtre de Vitry aux côtés de Jacques Lassalle à ses débuts, il est aussi auteur d'une cinquantaine de pièces, acteur et metteur en scène.


Résumé

Hollywood, années 1930. Le cinéma balbutie ses premiers mots et ce début est aussi une fin. L'Europe de l'exil ne sait plus si elle doit regarder en arrière ou en avant. De cet étourdissant présent figé entre deux menaces - instant de grâce ou tournant fatal - émerge un visage sublime dont la lumière assombrit le monde autant qu'elle l'éclairé. Mais la vraie vie de Greta G. échappe à tous, comme à elle-même.

A ses côtés pendant dix années, le narrateur, linguiste viennois aux ambitions amputées par la Première Guerre mondiale, devenu photographe professionnel par inadvertance esthétique et spécialiste en clichés de fesses (très littéralement) par hasard philosophique, raconte à coups de flashes d'une mémoire élusive, la vérité de celle qui fut "la Divine".

 

Bibliographie

Heureux qui comme Ulysse - Buchet Chastel - 2004

 

Extrait

"Je dis : « Tu aurais tort ! »

Elle répondit : « Je rirai si je veux ! »

-          Je répète que si j’étais toi…

-          Quelle vanité ! Et qui es-tu pour décider de ce que je dois faire ?

Elle savait pourtant bien que je ne ‘décidais’ pas, mais il est parfois plus facile de ne pas savoir.

Un moment plus tard, la porte d’entrée claquait. C’est ainsi qu’elle sortit apparemment de ma vie.

Un peu plus tard encore, je la regardai (ma joue contre le rideau de velours poussiéreux et fané) qui descendait le boulevard de sa démarche gauche de jeune garçon.

Elle ne revint jamais à la villa. Je ne cherchai jamais à la revoir. Je l’évitai volontairement en deux occasions. Certains la poursuivirent, quelques une l’aperçurent, d’autres la montrèrent du doigt. On parla beaucoup d’elle, souvent, longtemps encore et n’importe qui.

Les enfants, les vieillards parfois, depuis le haut d’un pont, éveillent l’eau d’une pierre qu’ils jettent : c’est d’abord comme un bref tourbillon – et il échappe au regard du passant, toujours pressé ou, s’il l’aperçoit, il l’a vite oublié – mais la surface bientôt commence à se troubler d’une ride circulaire, et puis naît un autre cercle, un peu plus loin, un autre encore et un autre, d’une circonférence à chaque fois plus ample, de sorte que, n’étaient les rives où la discrète vague vient se briser, ce serait peut être, de cercle en cercle, l’univers tout entier que gagnerait, à la fin, ce petit ébranlement concentrique.

Ainsi en va-t-il de la mémoire qui…

Mais la pierre est déjà lancée."

 

Un livre assez troublant.

Construit comme une pièce de théâtre. Sauf que là, on part du petit grain de sable "L'Ouverture", pour aller vers la grande Histoire, et finir par... je ne le dirai pas...

Les chapitres, La Villa, La Ville, Le Monde et ... (il ne faut jamais dévoiler la fin d'un livre, non ?), sont là pour nous guider dans cette histoire. Mais de qui est ce l'histoire ? Du Narrateur ? De Greta G. ? De la Villa ? Du Monde ?

L'auteur termine le roman par une note annexe :

"Tombeau de Greta G., c'est le point après le G. que l'on doit remarquer. Il dévoile l'intention, montrant la distance entre le réel et l'imaginaire. J'ai écrit un roman, pas une biographie.

Greta G. a tourné dans un premier film, La Légende de Gösta Berling. C'est sur une scène de ce film que s'ouvre le récit. Mais cette scène n'est pas extraite du film. Je l'invente, pour donner le ton et inciter le lecteur, dès les premières lignes, à lâcher la proie pour les ombres."

Ces premières lignes sont celles que vous avez pu lire en extrait.

Ce livre parle donc de Greta G. ou Greta Garbo si vous voulez. Mais dans une fiction. Dans un roman. Et pourquoi ne pas laisser tout simplement les mots et l'écriture nous emmener ? Sans chercher à comprendre, à trouver, à dénicher ... Juste partir là bas, dans cette Amérique des années 1920, puis des années 1930, puis en 1940...

Avec quelques détours par l'Autriche, l'Allemagne, la Norvège, la Suède...

Avec ces personnages haut en couleur et entier, des acteurs, des comédiens, certains adulés, d'autres détruits par l'avènement du cinéma parlant...

Avec cette ville et cette industrie, Hollywood... Et les studios. Les frères Warner, Mayer...

Et ... Se laisser emporter...

L'auteur a écrit de nombreuses pièces de théâtre. Et quelque part, c'est aussi ce que nous lisons. Une pièce. Avec plusieurs décors. Quelques personnages. Et...

Que le spectacle commence...

... 

Cinéma

Dernièrment, comme j'étais à côté de Bercy très souvent, j'en ai profité.

UGC Ciné Cité mon amie... Mon second chez moi... Havre de paix... Merci...

Entre Waitress, Hairspray, King of California, L'âge d'homme, Le goût de la vie, Control...

Bon d'accord, un énorme besoin de voir des comédies sentimentales américaines.

Mais de temps en temps, ça fait du bien...

Et en tête du Palmarès, Waitress... (pour le résumé... demain, parce que là, je suis crevée... et je n'ai pas le courage...)

Suivi du.... Goût de la vie. Eh oui !!! Comme quoi, parfois la guimauve sirupeuse peut être appréciée. Mais quand on y prend ce qu'on vient y chercher et rien de plus... C'est parfait...

Ensuite, à la troisième place, nous trouvons Control, je pense... même si je reste dubitative... 

Là, c'est plus compliqué... Le lazzy award... argh... j'hésite... ils le mériteraient tous les deux.

Certe, je ne suis pas objective. J'ai beaucoup de mal avec les films français (ceci dit, je compte bien aller voir 99F par curiosité...), et surtout les films sentimentaux et les comédies françaises... Certe Romain Duris torse nu durant 1h30, c'est appréciable. Mais...  

Nope. Egalité. Pas de jaloux. Facilité dites vous...?! Eh bien... peut être... Mais... après tout, à plus de minuit (merde, on est demain...), c'est acceptable, non ?

 

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Control

Je viens de voir Control.

Ce film sur Joy Division. Adaptation d'un "roman" écrit par la femme de Ian Curtis. Paru d'ailleurs aux Editions du Camion Blanc...

b8a76a1d4c985b95f299637101620127.jpg"La vie de Ian Curtis, leader du groupe mythique de rock anglais Joy Division. Tiraillé entre sa vie de famille, sa gloire naissante et son amour pour une autre femme, Ian Curtis s'est suicidé en 1980, à la veille d'une première tournée américaine."

Source Allociné

Non pas que le scénario soit transcendant, que le film soit excellent... Je n'arrive même pas à savoir si j'ai aimé ou pas.

D'accord, je me suis levée à 5h du matin. D'accord, j'avais le cerveau en vrac. D'accord, j'étais crevée...

Mais... C'est drôle comme parfois un film vous renvoie à votre vie...

L'ironie.

La vie de cet homme. Epileptique (non, je ne suis pas épileptique, assez de problèmes comme ça, touchons du bois)... D'ailleurs, il faudra me pardonner les fautes et l'écriture, mais il est minuit et j'ai un sérieux besoin de dormir. Mais aussi un furieux besoin de parler... Alors entre les deux...

Et comme je ne sais pas parler, mais écrire... (j'ai compris le message, je ne suis pas complétement hermétique à ce qu'on me dit...)

Réglement de comptes par blog interposés... Comme la virutalité de la vie est intéressante...

Bref...

Revenons à ce film...

A la vie de cet homme. Qui s'est laissé emporter par la musique. Par l'amour. Pour deux femmes. Par la perte de repère. Par l'égarement. Par l'épilepsie et la fatigue aussi.

Je n'en suis pas là...

Oh non...

Mais certaines simillitudes, certaines chansons de ce groupe, certaines séquences, et surtout, l'écriture.

Un homme qui ne disait rien. Qui disait tout dans ses chansons... Mer de chine, me suis plantée de boulot... j'aurais du être parolière et en plus j'aurais eu de la matière... visiblement...

Un mur. Le silence. Le mutisme. Tout garder pour soi. Et tout sortir dans les paroles. Dans la musique. Sur la scène... C'est drôle parfois comme un film fait écho à certains de nos travers, à certaines scènes de notre vie...

Il est minuit passé. Peut être qu'il faudrait que je songe à dormir.

Certe le film n'est absolument pas objectif.

C'est l'adaptation d'un roman écrit par une femme trahie. Qui a souffert de la double vie de son mari. Qui le présente comme un homme perdu, sans repère, un monstre de mutisme et de silence. Ce n'est pas une voix d'outre tombe qui se réveille pour se raconter. Non. C'est une souffrance et une subjectivité qui parle.

Mais ...

Ca fait du bien de perdre le "Control" quelques instants et de craquer...

 

17.09.2007

Et un autre questionnaire

Les 5 raisons que j'ai de Blogger... 

 

1. Parce qu’un jour j’ai eu envie de faire lire ce que j’écrivais.

2. Parce qu’à travers ce blog là, je peux dire. Tout simplement. Écrire, c’est une envie, un besoin, une nécessité. Je ne poste pas tous les jours, parce qu’il y a des moments, où je n’en ai pas besoin. Et dans ces cas là, …

Que ce soit des textes tristes, joyeux, rêveurs, mélancoliques, des comptes-rendus de lecture, de cinéma, peu importe… Juste un besoin. Une envie de dire. Avec des mots.  


3. Parce que je me confronte aux autres comme ça. Un joli moyen virtuel de se montrer et de se dire. Alors qu’en règle générale, je suis plutôt timide et renfermée…

4. Pour, je ne sais pas, garder un lien avec certaines personnes et dire tout ce que je ne peux pas dire et ne sais pas dire, en le détournant, par le biais de la fiction et du changement de pronom… Je / Il/ Elle…

5. Je ne sais pas…

A mon tour de tagger : 

Béa

Ma mère

Je ne sais pas…

Un petit questionnaire

Vu sur le blog de Lau, un petit questionnaire... Si quelqu'un pouvait me dire pourquoi j'y ai répondu ????

En tout cas, ça permet d'ouvrir les yeux et de connecter le cerveau en douceur...

 

 

 

1) Attrapez le livre le plus proche, allez à la page 18 et écrivez la 4ème ligne :

«… Delamare, il prit le chemin de la Très Grande Bibliothèque… » Un roi sans lendemain, Christophe Donner 

2) Sans vérifier, quelle heure est-il ?

9h

3) Vérifiez :

9h15


4) Que portez-vous ?

Une robe blanche par-dessus un jean avec un grand gilet gris et des Doc Martens

5) Avant de répondre à ce questionnaire, que regardiez-vous ?

Mes mails.


6) Quel bruit entendez-vous à part celui de l'ordinateur ?

Les portes du bureau et la voix de mes collègues. 

7) Quand êtes-vous sortie la dernière fois, qu'avez-vous fait ?

Manger un couscous en discutant, puis un crumble aux pommes en regardant le rugby. 


8) Avez-vous rêvé cette nuit ?

Non. J’étais tellement crevée que je me suis endormie en 2secondes. Le bruit strident du réveil m’a sorti de la torpeur… purée… je voudrais bien y retourner d’ailleurs.


9) Quand avez-vous ri la dernière fois ?

Ce matin, il y a quelques minutes quand j’ai croisé Jp.

10) Qu'y a t'il sur les murs de la pièce où vous êtes ?

Des affiches de livres

11) Si vous deveniez multimillionnaire dans la nuit, quelle est la première chose que vous achèteriez ? 

Un appartement.


12) Quel est le dernier film que vous ayez vu ?

King of California

13) Avez-vous vu quelque chose d'étrange aujourd'hui ? 

Moi. Dans la glace ce matin.

14) Que pensez-vous de ce questionnaire ?

Aucune idée, mais ça me réveille en douceur… donc je continue.  

15) Dites-nous quelque chose de vous que ne savons pas encore :

Je suis heureuse.


16) Quel serait le prénom de votre enfant si c'était une fille ?

No comment 

17) Quel serait le prénom de votre enfant si c'était un garçon ?

Idem

18) Avez-vous déjà pensé à vivre à l'étranger ?

Oui.  

19) Que voudriez-vous que Dieu vous dise lorsque vous franchirez les portes du paradis ?

Rien.

20) Si vous pouviez changer quelque chose dans le monde en dehors de la culpabilité et la politique, que changeriez-vous ?
 
Le rêve. C’est ce qu’il y a de plus beau. Ne pas être obligé de vivre terre à terre en permanence. 

21) Aimez-vous danser ?

Oui.

22) Georges Bush ?

M'intéresse pas.

23) Quelle est la dernière chose que vous ayez regardée à la télévision ?

Les infos


24) Quelles sont les 4 personnes qui doivent prendre le relais sur leur blog ?

Marie, Béa, Annie et ma mère…

 

 

 

14.09.2007

...

Quelque part dans le nord de la France.

Entre deux trains. Entre deux correspondances.

Un de ces cafés de gare qui, durant quelques mois, vont devenir le lieu privilégié de ses temps de repos.

Un de ces cafés de gare comme on n’en trouve qu’en province.

Elle en était à son deuxième café. Allumer une seconde cigarette la démangeait depuis quelques minutes. Une lutte avec elle-même, sachant pertinemment qu’elle craquerait sous peu.

Son livre posé sur la table.

Ses affaires à ses pieds.

Il ne lui restait que 100 pages à lire. Pour certains, ce serait encore 100 pages à lire.

C’était un de ces romans qu’on ne veut pas finir.

Un de ces livres qu’on ne peut pas lâcher. Et pourtant, il faudrait bien que ça se produise à un moment ou un autre. Le plus tard possible. Pas aujourd’hui. Pas maintenant. Ce soir, peut être. Oui, ce soir. Quant elle serait à l’hôtel. Faire durer le plaisir au maximum.

 

Peut être qu’elle irait s’acheter un de ces magazines féminin avant de reprendre le train. Pour s’occuper l’esprit. Un de ces trucs qu’elle aimait lire quand elle prenait le train. Juste quelques pages. Pas vraiment de la lecture. Faire défiler les pages les unes après les autres, posant ses yeux sur des mots au hasard des articles et des lignes. Un de ces trucs qui vous expliquent comment vous habiller, comment vivre, comment comprendre les autres, comment se comprendre. Comme si on avait besoin de ça. Mais ça lui changeait les idées la vacuité de ces magazines. Ne pas réfléchir. Juste laisser aller.

 

« L’amour triomphe de tout », avait dit Virgile. Une phrase qu’elle avait découvert ce matin, dans le roman.

L’amour triomphe de tout. Une phrase qui était découpée, analysée, traduite, ensuite…Amor vincit omnia, en latin. Triomphe de … battre, réduire, détruire, c’était la traduction qui était donnée. Vainc tout. Même ce qui ne doit pas l’être ?

Quand on y pense, Virgile, l’Enéïde, Hélène de Troie, Paris, Enée, la guerre de Troie, Carthage, Didon, … ces figures et ces noms qui lui revenaient en mémoire. Lointain. C’était loin tout ça. Vieilles réminiscence de son adolescence.

Parfois, il faudrait qu’elle arrête de penser.

 

Il était drôle ce roman. Émaillé de références à des lectures « obligatoires » :

Othello, Portrait de l’Artiste en Jeune Homme, Les hauts de Hurlevent, Les liaisons dangereuses, Madame Bovary, Moby Dick, Scènes de la vie privées, Au cœur des Ténèbres, Vol au dessus d’un nid de coucou, Cent ans de solitude, Le Procès, Les Métamorphoses…et bien d’autres références à la littérature classique et contemporaine européenne et anglo-saxonne. C’étaient les titres des chapitres.

Émaillé de citations d’hommes plus ou moins célèbres, d’historiens, d’hommes politiques, d’économistes, certaines vérifiables, d’autres inventées…

 

Dans le café, la télé était branchée sur Tf1 et diffusait ce soap opéra interminable qui captivait des millions de ménagères depuis ce qui semblait des millions d’années. Avec des rebondissements tous plus improbables les uns que les autres. Avec des histoires toutes plus rocambolesques les unes que les autres. Une part de rêve pour certaines, un cauchemar pour d’autres… le conditionnement par la télévision. L’occupation de l’esprit. L’anéantissement de la pensée. La vacuité du cerveau. Elle n’avait jamais compris l’engouement que ce genre de chose pouvait susciter. Cela semblait tellement vide, faux et creux.

 

La gare était quasiment déserte. Quelques âmes égarées dans l’attente de leur train. Quelques vies de passage qui se croiseraient l’espace d’une heure. Et qui s’oublieraient. Un visage. Une odeur. Une voix. Et puis, évanoui. Oublié. Parti. Dans les tréfonds de la mémoire.

 

Parfois quelques habitués passaient. Rentraient dire bonjour à ceux qui travaillaient ici. Un microcosme. Une société recréée. Une femme venait de rentrer dans le café. Elle avait un accent du nord très prononcé. Un peu comme celui d’une de ses amies qui venait de Caudry. Cette intonation. L’accentuation de certaines voyelles. Ça faisait longtemps qu’elle n’avait pas vu cette amie. Depuis qu’elle était partie de chez elle en fait. Est-ce que ça changerait quelque chose ?

 

Le générique de fin du feuilleton. À peine prolongé plus de 15 secondes. Suivi de l’annonce du programme suivant ‘Un amour étouffant’, téléfilm américain. Dédié à cette même catégorie de téléspectateurs ou plutôt de téléspectatrices. Soyons réalistes. Elle n’imaginait pas des hommes, même âgés et désoeuvrés au plus haut point regarder ce genre de chose. Plutôt lire le journal pour la énième fois, étudiant des pronostics des courses à venir, les annonces de ventes auxquelles ils ne répondraient jamais, les faits divers, la rubrique nécrologie à la rigueur, mais surtout les courses et les faits divers. C’était maintenant l’heure des publicités. Conditionnement des esprits, histoire de pousser un peu à la consommation. La lessive, les gâteaux, les produits de beauté, les supermarchés, les assurances, les prêts, les crédits, les banques, l’argent, les yaourts, les fromages, les plats tout prêt, le café, … tout s’enchaînait, sans ordre ni logique, venant s’imprimer dans l’esprit des gens. Marquant leur inconscient, et sans s’en rendre compte, la prochaine fois qu’ils iraient faire les courses, ils mettraient dans leur chariot ces produits venus hanter leur mémoire. Dans le supermarché de banlieue où tout le monde se donnait rendez vous le samedi matin, pendant que les enfants étaient à l’école, même les personnes âgées, en quête de présence, de foule, de monde qui viendrait briser leur solitude quotidienne et pesante.

Le téléfilm avait commencé sans qu’elle s’en rende compte.

 

Dans le café, de plus en plus de monde. L’heure d’arrivée du train était de plus en plus proche. On le devinait à l’émulation qui commençait à régner dans la gare.

Elle aussi allait commencer à se préparer. Ramasser ses affaires. Passer aux toilettes, ce serait toujours mieux que ceux du Tgv et avec tout le café qu’elle avait bu. Dire au revoir et merci pour l’hospitalité temporaire. Regarder les magazines quelques instants. Fumer une cigarette. Et ce serait l’heure.

 

Devant les magazines, elle mit longtemps à se décider. Entre les 4 mensuels féminins existants. De toute façon, comme tous les mois, ils proposaient tous la même chose. L’amour, les régimes, le sexe, les relations hommes / femmes, le travail, la mode, surtout la mode, sacro sainte vanité française, le culte de l’habit et de l’apparence, de la représentation, du paraître, …

Le Tgv entra en gare. Dans une heure, elle serait à la gare du Nord. Juste le temps de courir à la gare de Lyon pour reprendre un autre Tgv...  

 

09.09.2007

Rien

Une larme qui roule tout doucement.

Des frissons dans le dos. Puis le long des bras.

Elle pleure. Sans être triste. Mais elle pleure. Juste émue.

Dans la librairie, une vingtaine de personnes rassemblées pour écouter cet auteur. Malgré le soleil dehors.

Le lecteur, l'auteur, continue.

Ce n'est que le début. Ces mots qu'il a écrit. Qu'il a sorti de lui. Ces mots qui le raconte, même si c'est une femme, le personnage principal. Ces mots qui disent.

L'extrait. Pourquoi juste celui ci ?

Elle pleure toujours.

Pourquoi juste ce moment du roman, dites ?

Juste ces quelques lignes...?

Sa voix est émue. Sa respiration de plus en plus rapide. Les mots, les phrases, s'accélèrent...

Il ne voulait pas tant en lire. Du moins c'est ce qu'elle croit. Sur le livre qu'il tient à la main, il y a les marques. Et pourtant, il continue. Comme mué par une autre volonté. Par un besoin.

Puis il s'arrête. C'est fini.

C'était beau comme moment.

Des applaudissements timides. Comme si les personnes réunies là avaient peur de briser quelque chose. Une chrysalide. Un silence. Une émotion.

 

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