« Toujours rien | Page d'accueil | Score est mort, Vive Park... »

17.10.2007

petit moment d'absurdité

-          Put…C’est quand tu veux…

-          Comment ça ?

-          Bah oui… c’est quand tu veux…

-          Quand je voudrais quoi ?

-          Que tu me réponds…

-          Mais qu’est ce que je suis en train de faire là, si je ne te réponds pas ?

-         Mais non. Tu n’es pas vraiment là en ce moment. Ceci est une conversation toute droite sortie de mon esprit. Je t’invente. Tu n’es pas ici avec moi. Tu es là bas, ailleurs. Et comme j’ai envie de te parler, je fais comme si tu étais là.

-     Ok. Donc, je suis là sans être là. La chose qui parle n’est pas vraiment moi tout en étant moi. Et par conséquent, si on réfléchit un peu, je peux dire ce que je veux.

-          Comment ça ?

-          Bah oui, voyons… si ce n’est pas vraiment moi qui suis là, je ne suis pas entièrement responsable des propos tenus par la chose qui parle. Donc, je peux dire ce que je veux ? Non ? Car d’une manière logique, je ne suis pas vraiment certain que si j’avais été là pour de vrai j’aurai dit ces choses de cette manière. Donc, puisque c’est toi qui convoque une apparition de moi pour parler, quelque part, tu es responsable de ce que cette incarnation,

-          Pas incarnation…

-          Hein ?

-          Eh, in carna tion, tu sais ce que ça veut dire ?

-          Oh, ce que tu peux être ch… quand tu te mets à jouer sur les mots ? Et donc,

-          In – dans ; Carna ; Viande, corps par dérivation ; Tion, suffixe, donc ton corps n’étant pas vraiment là, on ne peut pas parler d’incarnation.

-          Bon, d’accord. C’est fini le moment « culture » ? Donc la projection mentale que tu as invoquée, ça te va comme ça ?,

-          Hum…

-          Eh bien, on peut dire que c’est toi qui en es responsable, car c’est toi qui dirige la conversation, et par conséquent, même cet échange prise de tête, tu en es pleinement responsable, et quelque part, il serait bon de prendre conscience que tu peux être très inquiétante par moment, pour partir dans des hallucinations comme celle-ci, non ?

-          Eh oh, ça va, tout ça, c’est quand même de ta faute aussi, parce que si tu répondais, peut être que je n’aurais pas besoin de discourir toute seule dans ma tête en te faisant porter le rôle du méchant, non ? Donc, si on suit ton raisonnement, je ne suis pas pleinement responsable de tout ça quand même ? Non ?

-          Put… tu fais toujours autant preuve de mauvaise foi quand tu tiens absolument à avoir raison… Tu sais que tu es pas croyable quand même des fois.

-          Je sais. Merci du compliment.

-          Et en plus elle s’auto congratule…Mais où est ce que je me suis embarqué moi…

-          Bon j’attends encore 5 minutes et si t’as pas répondu ou rappelé dans le temps imparti, eh bien quand tu daigneras enfin te manifester je ne répondrai pas.

-          Et en plus, elle est caractérielle. Mais c’est pas possible une teigne comme ça.

-          Encore un compliment. Arrête. Je suis trop gênée là. Il ne faut pas trop en faire, tout de même. Vous ne m’aurez pas par la flatterie monsieur….

 

Dans le train en direction de Châteauroux. Pour s’occuper, la tête collée contre la vitre, elle regardait le paysage défiler et s’amusait à laisser courir son imagination. Pas le courage de lire. Levée trop tôt, trop vite, pas assez de café, trop couru depuis ce matin pour avoir une once d’énergie.

La vue était belle, agréable. Il faisait beau, un ciel laiteux, à peine bleu, avec une lumière douce. Tout le long de la voix ferrée, ce n’était que des arbres et des champs, parfois quelques maisons perdues.

Elle profitait de ce paysage avant d’arriver à Châteauroux. Dans une petite demie heure.

Pourquoi est ce qu’elle avait pensé à ce dialogue entre deux personnes ? Aucune idée. Parfois, elle se demandait elle-même où elle allait piocher ces « stupidités ».

Orléans ce matin. Géographie au programme. Réjouissant, non ? Allez, ne faites pas cette tête, je vous rassure, je suis aussi enthousiaste que vous. On y croit, non ? Comment ça, non ? Mais… bon…

Ce n’était qu’une heure. Rapide. Marathon. Et maintenant le train à nouveau. Encore une semaine et demie et ce fichu mois d’octobre serait terminé… Le 31, elle n’irait pas travailler. Halloween’s Day. Ça peut paraître con, mais elle aimait ce jour. Les fantômes, les revenants, les fées, les farfadets, les trolls, les monstres, les zombies… Put… elle avait définitivement un sérieux problème.

Une année, elle était allée chez Mickey pour Halloween. Purement commercial, artificiel. Vendu. Mais elle s’en foutait. Après tout, peu importe. De temps en temps, souscrire à la loi commerciale de ces pays capitaliste qui vous vendent ce que vous ne pouvez pas achetez, qui vous endorment avec du rêve trop cher pour vous tromper et pouvoir faire tout ce qu’ils veulent ensuite. Merde. De temps en temps, ça faisait un bien fou de ne pas chercher à voir ailleurs que dans l’immédiat et l’instant présent. Dans l’oubli et le rêve. Même si ce n’était que temporaire.

Gare de Vierzon. Elle ne devrait plus tarder à arriver à Châteauroux maintenant.

Ce soir, soirée Manga.

Bonjour, j’ai 28 ans passés, je suis un peu allumée et je viens vous convaincre que, non, ce n’est pas dramatique si vos enfants lisent des mangas. Ils ne seront pas complètement abrutis plus tard, regardez, vous voyez, je suis presque normale, ok, je ne sais rien faire d’autre que de parler de bouquins, lire, aller au cinéma et écouter de la musique. Mais on peut vivre. Si si je vous assure… Vous n’avez pas l’air convaincu, là… bon…

Encore une semaine et demie à parcourir la France sans se reposer. Encore une semaine et demie…

Plus qu’une semaine et demie plutôt. Théorie du verre à moitié vide à moitié plein. Pour le coup, elle prend le côté à moitié vide. Au début, il était plein. Maintenant, elle en a bu la moitié…

Dans son sac, pas de manga. Aujourd’hui, deux romans et une BD.

Stardust de Neil Gaiman et La Solution Finale de Michael Chabon. Puis une adaptation d’un roman de Terry Pratchett en BD. De quoi bien se changer les idées.

Le roman de Michael Chabon, elle l’attendait depuis… pfff… trop longtemps. Alors pour le moment, elle le regarde, n’osant pas l’ouvrir, comme un objet sacré. Parce qu’il est tout fin… écrit gros et…

« Linus Steiman, petit garçon juif ayant fui l’Allemagne nazie, est accueilli dans une famille anglaise. Il n’a qu’un seul ami : Bruno, un perroquet merveilleusement doué, qui chante en allemand d’une bouleversante voix de femme et récite de longues séries de chiffres mystérieux.

Ces chiffres sont ils les clefs d’un code ultrasecret de l’armée allemande ? Ceux des comptes bancaires suisses de la famille de Linus, disparue dans les camps d’extermination ?

Les secrets dont Bruno est le dépositaire déchaînent les curiosités. Bientôt un crime a lieu, et l’oiseau disparaît.

Pour l’amour du petit garçon solitaire, un vieux détective, célèbre en son temps pour son flair infaillible et ses méthodes peu orthodoxes, accepte de se charger de l’enquête. »

Hommage à Conan Doyle (le second qu’elle lit en deux mois de temps, après Les Abeilles de Mr Holmes de Mitch Cullin), dimension historique, humanité, tout ce qu’il lui faut…

Alors elle regarde le livre sans oser l’ouvrir, même si… il faudra bien à un moment ou un autre…

 

Mais pour l’heure, elle arrivait en gare de Châteauroux. Donc ce ne serait pas pour tout de suite…

 

Commentaires

:)

Ecrit par : La | 17.10.2007

:)

Ecrit par : La | 17.10.2007

ça me dit quelque chose, quelqu'un qui fait les questions et les réponses...
Et dans "les Normales saisonnières" de Pierre Pelot, le héros y excellait également...

Ecrit par : maman | 18.10.2007

Ecrire un commentaire