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31.03.2008
J-7
" - Bien. Plus qu’une semaine, paraît il.
- Ensuite ?
- Eh bien… c’est terminé.
- Mais tu vas faire quoi ?
- Si seulement je savais. Peut être prendre deux petites semaines de congés. Puis ensuite, et bien, il sera temps de commencer à envisager les choses plus sérieusement.
- Mais, tu vas chercher quelque chose ?
- Oui.
- Tu pars quand ?
- À la fin du mois de juin.
- Ah…
- Mais t’inquiète pas, je reviendrai t’embêter, avant de partir.
- Hum.
- On ira manger ensemble à la Rhumerie.
- Oui.
- D’ailleurs, on y a va ce midi ?
- Ok."
Et ils sont partis accompagnés d’autres collègues, au féminin, collègues, à la Rhumerie. Un homme et cinq femmes.
Il aime être entouré. Surtout quand il ne va pas bien.
Elle savait qu’il ne prendrait pas très bien la nouvelle. Ce n’était pas le moment idéal pour le lui annoncer aussi. Mais avait elle vraiment le choix ?
Dehors, le vent soufflait. Il faisait gris et quelques gouttes de pluie voltigeaient, emportées dans une danse folle par le vent. Le chemin jusqu’à la Rhumerie, elle aurait pu le faire les yeux fermés. Le boulevard Saint Germain. Les trottoirs noirs de monde. Le slalom habituel pour se frayer un chemin. Oubliée la ligne droite. Des zigzags, les prémices du retour de la Rhumerie, sauf que ce coup ci, ce ne serait plus à cause du monde, mais peut être bien à cause du Rhum qu’ils allaient boire. Juste pour oublier la matinée et ne pas sentir l’après midi passer. Le travail c’est la santé… tu parles… le travail dans certaines conditions c’est… une tuerie. Incitant les gens à oublier, par tous les moyens possibles et imaginables. Bon, d’accord, ils y en avaient de pires que la Rhumerie. Mais quand même.
Durant le repas, c’est de tout et de rien qu’ils parlèrent, mais surtout pas de la fin. Surtout pas. Ils n’étaient pas là pour ça. Juste oublier un certain monde, certains moments, certaines personnes et … la Rhumerie jouait très bien son rôle. Les rires fusaient, les discussions s’attardaient, le repas traînait en longueur comme pour repousser le moment fatidique où il leur faudrait retourner là bas. Dehors, le temps s’était engagé dans la partie. La pluie tombait, inlassable, régulière, perfide. Le vent soufflait de plus en plus fort.
Il fallait bien y retourner pourtant.
L’après midi était déjà bien engagée quand ils arrivèrent au travail, travaux forcés, camp de forcenés acharnés à se tuer à la tâche pour des bureaucrates incapables de constater et de remercier. Ce serait un après midi improductif donc. Quitte à être inconséquent, autant l’être entièrement.
Après le temps de présence réglementaire pour faire croire qu’elle était revenue pour faire quelque chose, juste le temps nécessaire pour donner l’illusion de, et elle était très douée pour donner l’illusion de, elle rangea ses affaires pour aller à la gare. 45 minutes pour faire un trajet de 10 minutes, on ne sait jamais, au cas où, ce serait dommage que je manque mon train, non ?... Ce soir elle serait là bas. Loin de Paris, loin de tout ça. Ce soir. Rien que l’idée de prendre le train pour autre chose que le travail lui donnait le sourire. Et malgré la pluie, le froid et la fatigue, c’est presque en courant qu’elle se dirigea vers la gare d’Austerlitz.
08:40 Publié dans Chroniques de la vie de tous les jours | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
La rhumerie... Yabon !!!!
...Surtout leur planteur, il est pas mal du tout :)
Ecrit par : Moummoune | 31.03.2008
.... this is almost a new start... ma belle... gros bisous. :)
Ecrit par : lau | 02.04.2008
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