31 mars 2008

Putain d'Usine

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Putain d'Usine, Efix et Levaray, Edition Petit à Petit

Adaptation du roman de Levaray, qui raconte tout simplement une certaine réalité, celle de ceux qui travaillent en usine, qui risquent leur vie au quotidien, qui risquent le licenciement au quotidien, qui souffrent des conditions de travail, d'un salaire de misère, mais qui vivent tout simplement. C'est aussi une histoire d'amitiés, de copains, d'échappées belles, d'oublis, de rires et de joie...
C'est dur, sombre, triste, violent, et puis aussi doux, beaux, joyeux et plein de rêves...
Entre le scénario de Levaray qui travaille toujours à l'usine malgré ses romans, malgré le succès, malgré... tout simplement parce que sa vie c'est là bas, avec ses copains, ses collègues et cette putain qu'est l'usine...
Et les dessins d'Efix, noir & blanc dur et poétique, tout en rondeur, doux, et qui savent pourtant si bien rendre la dureté de la vie et de la réalité.
 
Bref...
 
"Tous les jours pareils. J'arrive au boulot (même pas le travail, le boulot) et ça me tombe dessus, comme une vague de désespoir, comme un suicide, comme une petite mort, comme la brûlure de la balle sur la tempe. Un travail trop connu, une salle de contrôle écrasée sous les néons - et des collègues que, certains jours, on n'a pas envie de retrouver.
Même pas le courage de chercher un autre emploi. Trop tard. J'ai tenté jadis... et puis non, manque de courage pour changer de vie. Ce travail ne m'a jamais satisfait, pourtant je ne me vois plus apprendre à faire autre chose, d'autres gestes. On fait avec, mais on ne s'habitue pas. Je dis 'on' et pas 'je' parce que je ne suis pas seul à avoir cet état d'esprit : On en est tous là"

 

K une Jolie Comète

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Merci à Efix pour cette magnifique dédicace. 
K Une jolie Comète, Efix et Flip, Editions Petit à Petit...
Cette bande dessinée, c'est l'histoire de Kate, c'est triste et heureux, sombre comme le dessin en noir & blanc d'Efix, mais toujours avec cette pointe d'espoir qui laisse croire qu'on peut s'en sortir et que la vie continue même si pour certains elle s'arrête...
La Bande dessinée commence comme ça
"Dis, K... Tu me racontes ton histoire ?"
Demande le petit lapin blanc, allusion, référence, appel à Alice au Pays des Merveilles...
Et K lui raconte son histoire...
 Efix qui dit merci à ses lecteurs alors que c'est eux qui devraient lui dire merci pour écrire et dessiner des choses aussi belles, parce qu'il sait le faire avec une simplicité désarmante qui touche et ...
 

J-7

" - Bien. Plus qu’une semaine, paraît il.

- Ensuite ?

- Eh bien… c’est terminé.

- Mais tu vas faire quoi ?

- Si seulement je savais. Peut être prendre deux petites semaines de congés. Puis ensuite, et bien, il sera temps de commencer à envisager les choses plus sérieusement.

- Mais, tu vas chercher quelque chose ?

- Oui.

- Tu pars quand ?

- À la fin du mois de juin.

- Ah…

- Mais t’inquiète pas, je reviendrai t’embêter, avant de partir.

- Hum.

- On ira manger ensemble à la Rhumerie.

- Oui.

- D’ailleurs, on y a va ce midi ?

- Ok."

Et ils sont partis accompagnés d’autres collègues, au féminin, collègues, à la Rhumerie. Un homme et cinq femmes.

Il aime être entouré. Surtout quand il ne va pas bien.

Elle savait qu’il ne prendrait pas très bien la nouvelle. Ce n’était pas le moment idéal pour le lui annoncer aussi. Mais avait elle vraiment le choix ?

Dehors, le vent soufflait. Il faisait gris et quelques gouttes de pluie voltigeaient, emportées dans une danse folle par le vent. Le chemin jusqu’à la Rhumerie, elle aurait pu le faire les yeux fermés. Le boulevard Saint Germain. Les trottoirs noirs de monde. Le slalom habituel pour se frayer un chemin. Oubliée la ligne droite. Des zigzags, les prémices du retour de la Rhumerie, sauf que ce coup ci, ce ne serait plus à cause du monde, mais peut être bien à cause du Rhum qu’ils allaient boire. Juste pour oublier la matinée et ne pas sentir l’après midi passer. Le travail c’est la santé… tu parles… le travail dans certaines conditions c’est… une tuerie. Incitant les gens à oublier, par tous les moyens possibles et imaginables. Bon, d’accord, ils y en avaient de pires que la Rhumerie. Mais quand même.  

Durant le repas, c’est de tout et de rien qu’ils parlèrent, mais surtout pas de la fin. Surtout pas. Ils n’étaient pas là pour ça. Juste oublier un certain monde, certains moments, certaines personnes et … la Rhumerie jouait très bien son rôle. Les rires fusaient, les discussions s’attardaient, le repas traînait en longueur comme pour repousser le moment fatidique où il leur faudrait retourner là bas. Dehors, le temps s’était engagé dans la partie. La pluie tombait, inlassable, régulière, perfide. Le vent soufflait de plus en plus fort.

Il fallait bien y retourner pourtant.

L’après midi était déjà bien engagée quand ils arrivèrent au travail, travaux forcés, camp de forcenés acharnés à se tuer à la tâche pour des bureaucrates incapables de constater et de remercier. Ce serait un après midi improductif donc. Quitte à être inconséquent, autant l’être entièrement.

Après le temps de présence réglementaire pour faire croire qu’elle était revenue pour faire quelque chose, juste le temps nécessaire pour donner l’illusion de, et elle était très douée pour donner l’illusion de, elle rangea ses affaires pour aller à la gare. 45 minutes pour faire un trajet de 10 minutes, on ne sait jamais, au cas où, ce serait dommage que je manque mon train, non ?... Ce soir elle serait là bas. Loin de Paris, loin de tout ça. Ce soir. Rien que l’idée de prendre le train pour autre chose que le travail lui donnait le sourire. Et malgré la pluie, le froid et la fatigue, c’est presque en courant qu’elle se dirigea vers la gare d’Austerlitz.

 

28 mars 2008

La première et la dernière.

En une journée, c’était la première et la dernière.

La tête enfermée dans ses souvenirs, Armelle, car elle était revenue l’espace de 24h, regardait le paysage défiler sans le voir. Une migraine comme elle avait de nouveau l’habitude d’avoir comme compagne la défiait de pouvoir se concentrer. Vas y… essaie un peu de faire quelques chose de constructif durant les quelques heures de train qui te conduisent à Vannes. Allez… Bah alors ? Tu n’y arrives pas ?

Alors plutôt que de lutter, elle regardait le paysage de ses souvenirs qui défilait à la vitesse du train. Et elle repensait à cette foutue journée de merde. Avait elle jamais autant détesté quelqu’un que son chef et le RH dans sa vie ? Elle n’en était pas certaine. Ah, si seulement elle avait les couil…d’être une vraie battante carriériste. Mais elle était une fille. Une pauvre et faible gamine de bientôt trente ans, perdue dans un entre deux qui n’était plus l’adolescence mais pas encore tout à fait l’âge adulte… ah si seulement… on pouvait refaire le monde dans sa tête avec ce genre de phrase. Des et si, si seulement, si jamais, si encore, si si si… si si do ré ré do si la sol sol la si si la la si si do ré ré do si la sol sol la si la sol sol… et voilà qu’elle avait l’Hymne à la Joie de la Neuvième Symphonie de Beethoven en tête maintenant, ou peut être la musique d’Orange Mécanique, plutôt… vu ses envies de meurtre…

Des souvenirs, elle réfléchissait, mais elle en avait peu de bons associés à cet endroit, enfin son travail, ou plutôt son futur ancien travail… bien sûr, elle bossait avec son meilleur ami, avec des gens adorables, ses collègues, elle aimait se déplacer, rencontrer de nouveaux gens, toujours et encore, elle aimait son boulot, mais… dans la vie, les mais, c’est cette petite différence de rien qui fait tout…

Mais…

La Bretagne baignait dans une lumière de jour couchant. Le ciel oscillait entre le bleu nuit, le jaune pâle et le rose… c’était beau, poétique, le genre de ciel qui vous donne envie de devenir poète, écrivain, musicien, dessinateur, enfin une de ces personnes de génie capable de retranscrire les émotions, les lieux, les moments avec magie et beauté. Dans une petite heure, elle serait à Vannes. Une belle ville aussi, dans le vague souvenir qu’elle en avait, surtout la vieille ville, les murailles, les remparts…

Sa migraine commençait à s’atténuer. Le migralgine en venait à bout. Ah, fidèle compagnon des luttes inégales qui les opposaient toutes les deux, que ferait elle sans lui…

Elle prit une bande dessinée. Ce soir, ce serait Jacques le petit lézard géant de Libon. Édition Dupuis. Elle n’avait pas aimé l’auteur lors de la conférence au salon du Livre. Mais le graphisme et l’histoire semblaient plutôt agréable et léger, juste ce dont elle avait besoin pour le moment. Ne pas réfléchir. Ne pas penser. Laisser les choses aller et couler…doucement, tranquillement, calmement. Effectivement, c’était drôle. Un peu trash, un peu bête, un peu stupide. Pour adulte, enfant, adolescent, peu importe. C’est bon, sa critique était faite. Un jour, il faudrait qu’elle apprenne à faire les choses de manière plus carrées et professionnelles, quand elle aurait un nouveau travail, loin de là, ailleurs, bientôt.

Plus que trois mois à passer à Paris. Ensuite, c’était fini. 1998 – 2008. Bel anniversaire. 10 ans. Pour les 10 ans, elle partait. Au final, c’était une belle réussite. 10 ans à Paris, non ? Pour une campagnarde comme elle. RIP. Ci gisent mes 10 années passées à Paris. Ayons une pensée sympathique et nostalgique pour elles. Une minute de silence et de recueillement, s’il vous plait.

Put ! 10 ans, quand même. Elle avait vécu des choses en 10 ans. Des belles comme des moches. Mais la plus belle chose qu’elle ait vécue là bas, c’était celle qui la faisait partir. Joli paradoxe que la vie. Elle partait avec. Là bas. Ailleurs. Plus que trois mois, ensuite c’était terminé.

C’était les rires retrouvés, la joie de vivre, le sourire, la douceur, l’oubli, la gentillesse, le rêve parfois, la réalité aussi… C’était la douceur d’une main sur sa nuque, caressant doucement la naissance des cheveux, c’était la chaleur d’un regard posé sur elle quand elle était capricieuse et qu’elle ne voulait pas s’endormir toute seule, c’était la force de caractère qui savait la calmer et l’apprivoiser, c’était la lutte acharnée des mauvaises foi qui les habitaient… c’était tout ça et plein d’autres choses encore.

Vannes.

Le train entrait en gare. Il faisait nuit maintenant. 20h. Juste à l’heure. Armelle avait été rejointe par sa collègue quelques minutes avant l’arrivée du train en gare. Elles se dirigèrent vers la sortie à la recherche d’un taxi. Remake. Recherche désespérément taxi. Une enfilade de lumière jaune annonçant la station de taxi à la sortie de la gare. Tout compte fait, tout n’était pas si mauvais dans cette journée. Pas de pluie à l’arrivée. Des taxis plus qu’il n’en fallait pour les quelques égarés qui sortaient de ce train et que personne n’attendait à la gare. Pour les autres, c’était beau, les retrouvailles dans les gares. Les embrassades émues, les regards qui se cherchent, les approches fébriles, les sourires sur les visages, les yeux perdus qui s’illuminent soudain. Ce qu’elle aimait la gare dans ces moments volés, petits instants d’humanité. La vie tout simplement.

Vannes la nuit. Les remparts de la vieille ville illuminés, même si ce n’était pas encore la saison touristique, le calme, les rues pavées, les murailles, la vieille église, tout était beau. Il faisait frais. Juste bon. De cet air vivifiant et rassurant, celui qui nous fait sentir qu’on est en vie. Qu’on ressent, qu’on respire. Celui qu’on ne sentait plus depuis longtemps en ville, à Paris. En revanche, la notion de crêperie ouverte un mercredi soir hors saison touristique était plus vague et floue. Après quelques minutes, environ une trentaine à parcourir la ville, elles comprirent vite que la première crêperie illuminée et ouverte devrait faire l’affaire.

Le lendemain matin.

8 heures. Armelle était déjà dehors, fumant tranquillement sa première cigarette de la journée. Le téléphone à la main. Elle avait besoin d’entendre sa voix. De lui parler. Impossible de dormir. Pas moyen de fermer l’œil. Et toi ? Aussi. Ouf…. Je suis rassurée…Eh ! Je viens de te dire que j’ai mal dormi et tu dis ouf… Bah oui… Au moins on est deux à ne pas avoir pu dormir tranquillement… donc ouf… je me sens moins seule. Égoïste. Oui, je sais… C’était revigorant cette petite lutte matinale. Juste ce qu’il lui fallait pour commencer la journée et se sentir réveillée. Entendre sa voix. Rire. Le faire rire aussi. Elle pouvait partir assurer sa journée de formation. Tout devrait bien se passer.

Et tout s’était bien passé. Pour la première et la dernière. L’accueil chaleureux du public, les remerciements réconfortants sur sa dernière formation, les regrets lors de l’annonce de son départ, les discussions sur la vie en province, les félicitations à la fin de la journée. Un peu de baume au cœur.

À la gare de Vannes pour le retour, elle était comme libérée. Soulagée. Plus que deux et tout ça c’était terminé. Fini les périples en province. Fini le stress d’avant présentation. Mais surtout fini de défendre des idées qui n’étaient plus les siennes depuis longtemps. Elle aimait ses sujets et ses dossiers. Mais si seulement elle avait pu les présenter pour elle, pour le plaisir de parler de livres, d’échanger, de rencontrer, sans cette représentation collée à la peau, cette image, cette étiquette à défendre… sans être la commerciale qu’elle n’était pas et qu’elle n’avait jamais su être.

Dans le train du retour, elle guettait les instants qui la séparaient de chez elle. La sensation de sentir ses mains l’enlacer, la serrer très fort, comme il savait le faire. Le regard amusé par la fatigue qu’elle éprouverait vraisemblablement en arrivant. Son caractère capricieux et joueur, surtout quand elle était crevée et pas en état de lutter. C’était tellement plus drôle. Et en fait, il ne fallait surtout pas qu’il le sache, mais elle aimait ça. Ensuite, il s’occupait de tout. Directif. Sans concession. Elle avait juste le droit de poser ses affaires, se changer, éventuellement le temps de prendre une douche ou de se laver le visage et ensuite, il ne fallait plus rien faire. Juste se reposer… Dans le train, elle guettait l’heure qui se rapprochait. Surtout que demain elle repartait et qu’elle ne le verrait pas durant trois jours…

26 mars 2008

Tiraillée

Entre le désir de partir tranquillement, sans esclandre, sans embûche, sans me prendre la tête, mais en passant pour une brave et gentille conne... sans être vulgaire... et le désir de partir avec les honneurs... ce qui implique bien évidement, la prise de tête, les embûches, et la non tranquillité... D'un autre côté, pour 9 jours (plus que 8, si on relativise... Il est 15h et dans 20 minutes, départ pour Vannes... Donc, journée quasi terminée)...

Mais cette journée passée m'aura apprise que je peux être un peu moins gentille que ce que je parais... Et qu'avec beaucoup d'inconscience je peux aussi être une teigne... bon, en sortant du bureau après l'entretien, j'avais juste plus de nerf et besoin d'une clope comme jamais dans la vie...

Et voilà, le J-9 est terminé...

Une journée bien remplie en réalité, comme quoi, au final, je suis quand même une brave et gentille conne... Parce que ce fichu dossier pour cette fichue présentation de demain, il est bouclé, comme si de rien n'était...

C'est intéressant cela dit de constater à quel point les gens changent dès qu'on parle d'argent et de politique humaine.

Les sourires disparaissent ou se crispent, les traits se tendent, les propos deviennent plus secs, précis, agressifs et francs... Et surtout, les visages se dévoilent, les vrais, ceux qu'on cache si bien sous notre masque d'hypocrisie et de superficialité... les tics réapparaissent, entre le RH qui joue avec son crayon sans rien dire, le chef qui joue avec ses mains et son cahier, la méchante qui veut le beurre et l'argent du beurre (je l'adore celle ci, bravo...), en jouant avec ses cheveux d'un geste nerveux... Ces petits rien qui nous trahissent et nous révelent. Nous sommes tous les mêmes, dans ces cas là... Purement matérialistes et humains, cherchant à sauver son bien être et sa peau... Qui a dit que nous ne vivions pas dans un monde complètement égocentrique et égoïste ? Pas moi.

Ah, que la vie est belle, si, je vous assure...  

Enfin, toujours est il que je pars prendre le train pour Vannes dans quelques minutes et qu'il serait intelligent que je pense à me préparer...

Dernière présentation BD de .... Dernière, et première du dernier dossier réalisé, c'est assez intéressant... Bande dessinée Franco Belge, orientation jeunesse... 

25 mars 2008

J-10

Plus que 10 jours....

Qu'est ce qu'on peut bien faire pour se motiver quand on sait qu'il ne reste que 10 jours à venir travailler ?

10 petites journées...

Avec une remplaçante stressée au bord de la crise de nerf ?

Avec des collègues qui, tout comme moi, tombent des nues de savoir qu'il ne reste que 10 jours ?

Sincèrement ? Comment fait on ?

Ce matin, en me levant, en me préparant, déjà cette petite question qui me trottait dans la tête... Mais qu'est ce que je vais bien pouvoir faire ?

Et après 3 heures passées ici, je n'en sais pas plus en réalité.

3 heures :

Arrivée à 8 heures, comme à mon habitude, fraiche et dispose... (dynamique, jeune et motivée... un peu et on y croirait presque...), j'installe le matériel. Et je lis mes mails. Jusque là, rien de vraiment différent. Mais ensuite... ah... comment dire... mes dossiers sont bouclés (et quand bien même j'aurai encore des modifications à y apporter, je suis tellement énervée que je ne pourrais pas le faire ici...), je n'ai plus de rendez vous à prendre, pas de coup de téléphone à passer... Mais qu'est ce que je fous ici ?! Je serai tellement mieux chez moi... à lire... ou à ne rien faire... 

Ma mission aujourd'hui ? Rassurer ma remplaçante en lui disant que non, ce n'est pas la fin du monde imminente, que oui, elle va très bien s'en sortir, que je vais tout bien lui laisser en ordre, qu'elle n'a pas à stresser comme une malade, que personne n'est irremplaçable, que... C'est tout simplement épuisant... Tout simplement...

Et ensuite, peut être lire deux ou trois bandes dessinées pour le déplacement de demain (il parait qu'il m'en reste 3 à effectuer... Ensuite, c'est ce qu'on appelle la quille, non ?), histoire de me donner bonne conscience...

Alors, au bout du compte, j'ai décider de remplir mon blog, histoire de m'occuper l'esprit et d'arrêter de tourner en rond...

Et dire que j'ai du retard serait un doux euphémisme... Entre les chroniques de livres, de films, de tous les jours et les photos, j'en ai au minimum pour... 10 jours....

 

13 mars 2008

Improductive day...

 

Je déclare cette journée perdue pour le monde du travail.  Une minute de silence s'impose. S'il vous plait ...Un peu de respect pour cette perte et les personnes qui en pâtissent (pas moi, je vous rassure, même ma conscience professionnelle s'est assoupie)...

La journée est morte, vive le soir.

Quoique le soir s'annonce tout aussi improductif que la journée en fait.

Aïe. Serais je atteinte d'un syndrome de flemingite aigue ?

C'est grave docteur ?

Qu'est ce que je dois faire ?

Je suis trop jeune pour ça.

Il doit bien exister un remède à cette chose ?

Oh mon dieu c'est atroce.... Mais qu'est ce que je vais devenir...!!!

J'en fais trop ? Ok, j'admets... J'abuse peut être un peu. 

 

Mais pour couronner le tout (et pour ma défense), à force de raconter des conneries au lieu de bosser, maintenant c'est It's a small world, vous savez la chanson qu'on entend dans le petit bateau à EuroDisney, celle qui nous martèle le crâne inlassablement ensuite...Que j'ai en tête, tout ça à cause d'un collègue qui lui arrive à travailler et à déconcentrer les autres en même temps (Y a vraiment des gens qui y parviennnent... C'est assez démoralisant en réalité), donc avec It's a small World lalala la la lalala lala, pas possible de faire davantage que ce que je fais maintenant, à savoir écrire cette note... Le but avec ce petit laïus étant de me venger en tentant de vous la mettre en tête, martel en tête, cette chanson, pauvre lecteur que je ne connais pas et il ne faut pas m'en vouloir mais je désespère en regardant la pendule dans le bas de mon écran, guettant le moment de la délivrance, c'est à dire dans... oh non, encore tout ce temps ?! Bref...

Alors pour masquer mon improductivité latente, je parcours des blogs liés à la bande dessinée, et sincérement, je vous invite juste à vous rendre sur celui ci. De mon côté, j'y retourne...

 

 

 

 

10 mars 2008

Petites chroniques de la vie de tous les jours

Former sa remplaçante…

Et voilà, toute naïve et bercée par des illusions de débutante, pour moi, former ma remplaçante, ça allait être du gâteau.

En réalité, ce n’est pas évident du tout. Même pour une formatrice. C’est là que réside toute la beauté de la chose d’ailleurs.

Il paraît que former les gens, c’est mon travail. Enfin, former les gens. En tant normal, ce sont les bibliothécaires que je forme. Leur apprendre ce qu’est la bande dessinée, que non, le manga n’est pas une invention diabolique inventée pour corrompre les jeunes esprits tourmentés des adolescents et adolescentes, qu’on ne devient pas illettrés en lisant de la bd (terme familier habituellement utilisé pour désigner la bande dessinée, nom commun, entré dans le dictionnaire en 1981 – Petit Larousse –)… Enfin, tout ça pour dire que je forme tout le temps, un peu comme la chanson de Gainsbourg, Des p’tits trous, des p’tits trous, toujours des p’tits trous… sauf que, ah, vous avez compris ? Bon d’accord, revenons donc au sujet principal de cette chronique… Former sa remplaçante, eh bien, surprise, c’est que c’est épuisant… ! Bien plus épuisant que de captiver une assemblée de bibliothécaire (même sur le manga, pire, sur les livres de sciences…), durant trois heures.

Il faut tout simplement penser à tout. Même à ces automatismes qui sont tellement évidents qu’ils se réalisent tout seul, sans qu’on ait à y penser ne serait ce qu’une micro seconde. Pouvoir expliquer tout : Word et ses fonctionnalités (comment dire, j’appelle ça du bricolage et je découvre au fur et à mesure ?), Excel (alors là, mon grand ami… Je sais faire un tableau et y attribuer quelques codes et je trouve que c’est déjà très bien et amplement suffisant…), Power Point… (hum, la partie de plaisir de Power Point, un jour mon chez m’a demandé de faire un diaporama sous Power Point… Sous quoi ? C'est-à-dire, ce nom barbare c’est quoi au juste ? … Et la réponse évidente à ce genre d’échange c’est, … Débrouille toi, tu devrais bien pouvoir y arriver toute seule… version édulcorée de sa pensée profonde…, donc maintenant je dois expliquer comment fonctionne ce petit logiciel, oh la partie de plaisir en perspective…), Internet, le réseau, notre base de donnée, Outlook, les prises de rendez vous, … Bref, ces petits bonheurs quotidiens des journées passées au bureau. J’aime mon travail (je vous assure… même si là, je sais, je n’ai pas l’air très crédible).

Enfin, allez vous me dire, tout ça ne semble pas si terrible ! Détrompez vous ! Parce qu’en même temps, il faut continuer le travail comme si de rien n’était. Comme si je n’allais pas partir du jour au lendemain, comme si nous étions une seule et même personne, comme si… pour faire simple, aucune incidence pour le client qui ne doit sous aucun prétexte pâtir de la situation (c’est pas gagné, même plutôt mal parti étant donné le retard, annulation, changement de date, déplacements à deux…). Eh oui. Mais autrement, soyons honnêtes, ce ne serait pas aussi drôle.

 

En bonus track spécial :

Le poinçonneur des Lilas - 1959

Je suis le poinçonneur des Lilas
Le gars qu'on croise et qu'on ne regarde pas
Y a pas de soleil sous la terre
Drôle de croisière
Pour tuer l'ennui j'ai dans ma veste
Les extraits du Reader Digest
Et dans ce bouquin y a écrit
Que des gars se la coulent douce à Miami
Pendant ce temps que je fais le zouave
Au fond de la cave
Paraît qu'y a pas de sot métier
Moi je fais des trous dans des billets

Je fais des trous, des petits trous, encore des petits trous
Des petits trous, des petits trous, toujours des petits trous
Des trous de seconde classe
Des trous de première classe
Je fais des trous, des petits trous, encore des petits trous
Des petits trous, des petits trous, toujours des petits trous
Des petits trous, des petits trous, des petits trous, des petits trous

Je suis le poinçonneur des Lilas
Pour Invalides changer à Opéra
Je vis au cœur de la planète
J'ai dans la tête
Un carnaval de confettis

J'en amène jusque dans mon lit

Et sous mon ciel de faïence
Je ne vois briller que les correspondances
Parfois je rêve je divague
Je vois des vagues
Et dans la brume au bout du quai
Je vois un bateau qui vient me chercher

Pour me sortir de ce trou où je fais des trous
Des petits trous, des petits trous, toujours des petits trous
Mais le bateau se taille
Et je vois que je déraille
Et je reste dans mon trou à faire des petits trous
Des petits trous, des petits trous, toujours des petits trous
Des petits trous, des petits trous, des petits trous, des petits trous

Je suis le poinçonneur des Lilas
Arts-et-Métiers direct par Levallois
J'en ai marre j'en ai ma claque
De ce cloaque
Je voudrais jouer la fille de l'air
Laisser ma casquette au vestiaire

Un jour viendra j'en suis sûr
Où je pourrais m'évader dans la nature
Je partirai sur la grand'route
Et coûte que coûte
Et si pour moi il n'est plus temps
Je partirai les pieds devant

Je fais des trous, des petits trous, encore des petits trous
Des petits trous, des petits trous, toujours des petits trous

Y a de quoi devenir dingue
De quoi prendre un flingue
Se faire un trou, un petit trou, un dernier petit trou
Un petit trou, un petit trou, un dernier petit trou
Et on me mettra dans un grand trou

Où je n'entendrai plus parler de trou, plus jamais de trou
De petits trous de petits trous de petits trous

 

05 mars 2008

Jeu

Pamdam pamdam pamdam padapa… pamdam padapamda

Dada dada da dada…

Elle marchait d’un pas...

Euh...

Argh !!! Mauvais début… on recommence !

Était ce là musique, le soleil, sa bonne humeur revenue…

Non ! Non et non ! Ça ne va pas non plus… c’est n’importe quoi !

On se croirait dans un roman à deux sous.

Ah, maudite angoisse des maudits débuts. Tout ça pour raconter quoi ?

Qu’ « elle marchait en écoutant cette musique, d’un pas chaloupé et dansant, cette musique qui semblait illuminer son visage de bonheur, tellement heureuse que tout paraissait léger, glisser contre elle, comme ses pas aériens et dansant, même ses pires emmerdes… »

Et là, maintenant, je deviens grossière… C’était pour ça que je voulais un beau début flamboyant, pour éviter tout emprunt intempestif au champ lexical familier.

On peut dire que ce n’est pas gagné. Même que c’est perdu en fait.

Surtout que depuis le moment où j’ai vainement essayé de commencer une ébauche de ce qui pourrait être (aurait pu être), un texte, eh bien a) la musique n’est plus la même, b) l’image s’est évaporée de ma tête, c) je ne sais plus ce que je voulais raconter.

Donc poursuivre cette trame serait totalement vain. À moins que tout cela ne soit qu’un jeu et un prétexte pour écrire un truc encore plus vain sur la vacuité évidente et égocentrique des débuts (et des milieux et des fins… parfois aussi, souvent chez moi d’ailleurs, mais le principal, c’est d’en être conscient, non ?)…

Ou comment se faire des nœuds au cerveau pour rien.

Le principal dans tout ça étant de s’amuser, non ?

Enfin, toujours est il que ce n’est pas le cas et que, durant cette digression encore plus vaine que tout le reste, le pourquoi du comment m’est revenu (les digressions, il faut bien que ça servent à quelque chose, tout de même. Alors entre aider le narrateur à retrouver le fil de son discours, lui permettre d’inventer, perdre le lecteur, jouer avec lui, nous avons le choix… je choisi…les quatre…).

Bah oui ! Il me suffisait juste de raconter n’importe quoi pour que ça m’revienne… et donc, ce dont je voulais parler, c’était juste de la musique… Jelly Dancers de Eels, mais maintenant, c’est trop tard, je n’ai plus envie… Ce sera pour une prochaine fois… et puis de toute façon, ce n’est plus ça que j’écoute alors que je tape cette chose, non, maintenant, c’est Novocaïne (toujours de Eels, mais tant que je ne connaîtrais pas le double cd par cœur…)

 

Lettre à un juge trop hâtif...

Derrière chaque personne se cache une histoire, un mystère, des secrets.

Derrière chaque individu, un monde entier, un univers totalement inconnu. Des blessures, des joies, des tristesses, des bonheurs, qui font que nous sommes tous uniques.

Derrières chaque rencontre, deux nouveaux êtres se créent. Nous ne sommes jamais totalement les mêmes. Ce sont les rencontres et ce qu’elles suscitent qui font que nous paraissons joyeux, fatigués, tristes, expansifs, fermés, peureux, heureux, méchants, avenants…

Peut on prétendre connaître parfaitement quelqu’un avant de l’avoir vu autrement que par nos propres yeux ? Avant de l’avoir vu sous un autre éclairage que celui de notre subjectivité ? Ah, la bienveillance de l’objectivité que nous ne possédons pas lorsqu’il s’agit d’affect… Qu’est ce qu’elle serait la bienvenue aujourd’hui…

Attention aux jugements hâtifs, dirais-je à certaines personnes.

Que savez vous de moi ? Que sais je de vous ?

Ce que nous voulons laisser paraître et ce que nous acceptons de livrer.

Regardez l’homme assis là bas à son bureau…

Oui, celui habillé de noir, l’air renfrogné, peu souriant, concentré…

Croyez vous qu’il soit toujours ainsi ? Que le soir, quand il rentre chez lui, il garde le même air, qu’il se réduit à ce que vous voyez là, maintenant ? Qui vous dit que dans cinq minutes, quand vous serez sorti de la pièce et que vous lui tournerez le dos, il ne se mettra pas à rire, ou juste à sourire ou peut être même que son visage se transformera pour offrir à votre dos une magnifique grimace…

Et la jeune femme assise là bas, l’air timide, fragile, le regard un peu perdu, une posture d’adolescente attardée malgré ses… quel âge peut être bien avoir d’après vous ? Vous diriez à peine 25 ans et encore, en étant généreux… Qui vous dit qu’elle n’en a pas quatre de plus, des années ? Que savez vous vraiment d’elle en dehors du fait qu’elle soit gentille (enfin, elle ne vous a jamais vraiment paru méchante…), calme, posée et sérieuse ? Rien ? Dommage.

Peut être auriez vous réagi autrement si vous aviez laissé la place à … comme c’est drôle … la communication…

Et vous, quand on vous regarde, que pensez vous qu’on imagine ?

Un sourire froid et calculateur, un rire trop bruyant pour être naturel, un regard perdu souvent, les traits tirés encore plus souvent, qui ont pris l’habitude de revêtir le masque de la bonne humeur dès qu’une personne passe la porte. Êtes vous le même dehors, aussi faux et fuyant ?

Qu’est ce qui se cache ou qui se cache derrière ce masque ?

Derrière chaque personne un monde entier, un univers totalement inconnu. Car c’est en ça que la vie est belle non ? Il n’existe pas un monde, un univers, une terre, mais autant de monde, d’univers et de terre qu’il y a d’individu sur cette fichue planète… Car la richesse et les personnalités de chacun interprètent ces concepts pour leur donner une réalité propre et personnelle…

Et c’est la rencontre de ces êtres qui permet de rendre la vie encore plus belle et intéressante…

Alors…

 

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