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18.04.2008

Coup de gueule...

Est-ce que c’est moi qui suis conne ou bien … ?

Jeudi matin. Il est 7h50. Alors que je prends mon petit déjeuner, j’allume la télévision. Juste histoire de… faire du bruit, meubler, me réveiller en douceur… ou alors par mauvaise habitude. Mais depuis que je ne travaille plus, j’ai le temps de prendre un vrai petit déjeuner le matin, alors… Enfin bref, le sujet n’est pas là…

Dehors, le soleil brille. Je suis même de bonne humeur…

Et puis, tout à coup, il est 8h. L’heure des informations sur Canal +. Ah, c’est vrai, j’ai oublié de préciser que c’est La Matinale que je regarde le matin…

Les Infos. Un grand moment… Des sketches en veux tu en voilà… Ah, c’est n’est pas un programme drôle normalement ? Mince alors, on m’aurait pas tout expliqué…

Le pouvoir d’achat et l’inflation, la famine, la pénurie de pétrole, le passage à l’e-papier, les guerres, les meurtres, les attentats, la pauvreté pourla moitié de la population française, le pantin qui nous sert de président avec la potiche qui l’accompagne, les manifestations lycéennes, la sécurité sociale qui ne remboursera plus les frais dentaires et ophtalmologiques, la mobilité des chômeurs (c’est vrai, 200 Kms, c’est rien du tout, surtout quand on a une famille et … que des peccadilles), ce ne sont pas des blagues mais la vérité ? Aïe. Un monde s’écroule…

Je suis sûrement une vieille conne réactionnaire mais parfois j’en arrive à me dire que c’est du grand n’importe quoi. Et aussi à me dire que je comprends tous ces gens qui décident de tout plaquer du jour au lendemain pour partir vivre ailleurs de rien. L’autarcie dans un monde de communication et d’échanges…commerciaux et financiers qui ne concernent bien évidement qu’une faible minorité.

Mais dehors le soleil brille. Ce matin, je vais m’inscrire aux Assédics pour la première fois de ma vie (certes je suis encore jeune et ce ne sera qu’une expérience supplémentaire…) et à l’Anpe. Ah, quelle belle journée…

Dans deux mois et deux semaines, je pars loin de Paris. Je crois que j’en arrive à compter les jours. J-74. Eh oui…

Il y a quelques années on se contentait de ce qu’on avait. C'est-à-dire pas grand-chose. Et pourtant qu’est ce qu’on était heureux. Avec nos jeux qui n’avaient rien d’extraordinaires sauf peut être qu’ils venaient de notre imagination. Avec nos lectures. On était des mômes. On jouait au football, aux Cow-boy et aux indiens, on construisait des cabanes, on jouait dans un bac à sable, …

Il y a une semaine, j’étais dans le métro le matin. Une semaine tout juste. Nous allions au Louvre avec le pauvre courageux qui me supporte (et je suis d’autant plus chiante que je ne bosse plus) et son frère et sa sœur (qui eux sont en vacances…).

Métro ligne 1. Il était 11h. Un groupe scolaire dans le même « wagon » (si on peut parler de wagon pour la ligne 1). Tous habillé à la dernière mode et coiffé bien comme il fallait. Jean slim. Converse. Pull rayé pour les mecs. Cheveux plaqués par le gel et mèche hyper structurée. Sac Eastpack (là je crois que je retarde d’un wagon, mais les marques de sac… j’ai déjà du mal avec les fringues). Bien évidement, ces chères têtes brunes et blondes d’environ 12 ans étaient équipées de lecteurs Mp3 et de téléphones portables dernier cri. Et tout à coup, par le plus grand des hasards, une bribe de conversation vient chatouiller mes petites oreilles trop curieuses. Par le plus grands des hasards, parce que pour tenir une conversation avec la personne en face de vous dans un métro bondé d’un groupe d’ado en goguette, c’est déjà quasi impossible, alors pour entendre celle d’autres personnes…

Et donc, tout à coup, j’entends la conversation de trois adolescents :

« - Quoi t’as pas le droit de regarder la télé chez toi ?

-          bah non.

-          Mais t’as un ordinateur et le net au moins ?

-          Mes parents, mais j’ai pas le droit de m’en servir.

-          Alors t’as quoi comme console pour t’occuper ?

-          Aucune.

-          Même pas la PSP ?

-          Non.

-          Mais c’est pas possible. Comment tu fais pour vivre sans télé, ordinateur et Psp ? c’est la mort. T’es trop naze toi. Ça craint. »

Et je n’exagère pas. Et donc, aujourd’hui sans ordinateur, télé écran plat 16/9ème, console, lecteur Mp3, téléphone hypra hype et fringue à la mode, t’es personne et tu ne peux plus vivre. Ouf. Je suis sauvée. J’ai un ordinateur (pas le net, d’accord, mais au moins une bonne excuse pour aller au starbuck assouvir ma passion pour le café… allez y, chercher le lien, celui qui trouve, je lui offre… euh, toute ma considération… je sens que je ne vais pas avoir beaucoup de réponses), un lecteur Mp3 (pas de la dernière génération, mais qui fonctionne toujours très bien), une Nintendo DS (qui pour le moment a été « empruntée » temporairement depuis 5 mois par mon frère qui s’amuse à apprendre l’anglais avec… je ne désespère pas de remettre la main dessus un jour, j’ai même préparé l’avis de recherche), un téléphone tout beau tout neuf, et dans l’appartement il y a une télé. Je ne suis donc pas complètement perdue pour la cause commerciale et marketing… Ouf…

Tout ça pour dire qu’on vit dans une société qui se complait dans la consommation. Dans laquelle on a créé la notion de besoin et service. On ne cherche plus à faire soi même. On ne cherche plus à prendre plaisir à découvrir et faire les choses. Tout va tellement vite que ce que je suis en train d’écrire sera obsolète dans 3 mois.

Alors l’inflation, le pouvoir d’achat, les guerres, les attentats, les allocations familiales, le chômage, le président de la république et son icône de mode qui lui sert de femme, le grand cirque politique, les lycéens qui crient au secours, les français qui ne savent plus comment boucler leur fins de mois tellement ils sont surendettés, on s’en fout. Après tout, ce n’est qu’une majorité minoritaire dans le pays. Parce que ce ne sont pas eux qui ont l’argent et qui sont intéressant.

Bref. Ce matin, il faisait beau. Il était 8h. Et ensuite, je suis allée m’inscrire aux Assédics et à l’Anpe avec le sourire. Dans ma petite caboche égratignée, j’avais une chanson assez ancienne, chantée par un groupe s’appelant Les Escros (je ne sais pas s’ils existent encore…), une chanson au doux nom d’Assédic… sur un petit air de Bossa…

Ça faisait beaucoup en une fois, et sur le coup, j’ai juste éclaté de rire… Parce que trop c’est trop et qu’au final on aurait davantage cru à une belle blague qu’à la réalité…

 

 

Commentaires

c'est trop bien ta nouvelle présentation :) t'as raison pousse des coups de gueule ! te tu me raconteras ton expérience ANPE, parce que moi perso c'était un grand grand moment !!!!

Ecrit par : Lau | 18.04.2008

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