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07.05.2008

Réminiscences scolaires ?

Mai 

Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
    Des dames regardaient du haut de la montagne
    Vous êtes si jolies mais la barque s'éloigne
    Qui donc a fait pleurer les saules riverains

    Or des vergers fleuris se figeaient en arrière
    Les pétales tombés des cerisiers de mai
    Sont les ongles de celle que j'ai tant aimée
    Les pétales flétris sont comme ses paupières

    Sur le chemin du bord du fleuve lentement
    Un ours un singe un chien menés par des tziganes
    Suivaient une roulotte traînée par un âne
    Tandis que s'éloignait dans les vignes rhénanes
    Sur un fifre lointain un air de régiment

    Le mai le joli mai a paré les ruines
    De lierre de vigne vierge et de rosiers
    Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
    Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes

Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

 

Pourquoi ? Tout simplement parce que depuis une semaine, "le mai le joli mai" me trottait dans la tête, harcelant mon cerveau sans répit aucun, je cherchais la suite, vieilles réminiscences scolaires... et c'est chose faite...  

 

Le Pont Mirabeau 

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
            Et nos amours
       Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine
 
     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure
 
Les mains dans les mains restons face à face
            Tandis que sous
       Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse
 
     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure
 
L'amour s'en va comme cette eau courante
            L'amour s'en va
       Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente
 
     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure
 
Passent les jours et passent les semaines
            Ni temps passé
       Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
 
     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure

Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

 

Et comme une lubie ne vient jamais seule, je continue avec Le Pont Mirabeau...

Le temps qui passe... Comme il est doux de pouvoir oublier parfois. Comme il est agréable d'avoir la naïveté de croire qu'on peut tirer un trait sur certaines choses et faire comme si... On dirait que... comme les enfants qui jouent... On dirait que... Rêver quelques minutes, y croire l'espace d'un instant, un jour, une semaine, un mois, une année...  Juste y croire... Et parfois croire en ses rêves suffit à les rendre réels, non ?