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27.06.2008

Ah juin, joli mois de juin

Attention...

Grand événement national. Dès Aujourd'hui, tout est permis.

Les maigres économies que vous avez faites peuvent partir en fumée. Eh oui ! C'est le grand retour du pouvoir d'achat pour tous.

 

C'est le début de l'été. Dehors, le soleil brille. Il fait chaud. Il fait beau. Le moral des français est au top. Nous vivons dans un monde fabuleux et harmonieux.

 

La France a perdu l'Euro 2008. Mais tout le monde s'en fout. Domenech, suivant le modèle institué par notre "chef spirituel", a fait sa demande de mariage à Estelle Denis en direct, juste après l'élimination de l'équipe française.

 

Tout est magnifique.

 

Depuis hier, les soldes d'été ont débutées. Tout le monde se rue dans les magasins. C'est la foire d'empoigne, c'est la cohue. On se précipite pour dépenser cet argent qu'on a si jalousement gardé durant les derniers mois.

 

La crise du pétrole ? Quoi ? Le baril a 140 $ ? Mais de quoi parle t'on ? C'est vrai quoi, peu importe qu'on mette 60 € dans un plein d'essence (soit 400 francs, juste pour info, soit un chariot de course pour une famille de 3 personnes, soit, ...). Alors à raison de 2 pleins pour effectuer un trajet aller plus 1 plein sur place environ plus 2 pleins pour le retour; on totalise 5 pleins pour deux semaines de vacances. Donc, 5 X 60 = 300 €.

 

La suppression de la publicité sur les chaînes du service publique ? Quelles chaînes ? Il existe d'autres chaînes que TF1 et M6 ? Ah bon. Et on va augmenter la redevance audiovisuelle pour ça ? Ah... Mince alors... et les fournisseurs d'accès Internet et téléphoniques vont être taxés aussi ... Aïe... Surtout si on est juste un petit peu réaliste et qu'on comprend que cette taxe substantielle à laquelle ils vont être soumis va immanquablement se répercuter sur le prix de nos abonnements.

Mais après tout, on s'en fout. Nous sommes fin juin. Dehors, on se croirait vraiment en été. Les vacances débutent dans quelques jours.

Un quotidien national a titré "France Sarkovision"... La fin de la publicité sur le service publique. La télévision est vendue au pouvoir présidentiel. De toute façon, quelle liberté d'expression reste t'il vraiment ?

L'actionnaire principal de France Télévision, l'Etat, sera décisionnaire dans le choix du président de France télévision (Sarkozy a d'ores et déjà limogé De Carolis, bon d'accord, ce n'est peut être pas un mal... mais), Mais on peut se poser la question de la liberté d'expression dans un univers où de toute façon le président contrôle les médias publiques. Un journaliste qui ne lui convient pas... Oup's dehors... Après tout, on l'a déjà vu avec une institution comme PPDA.

D'autant plus qu'il y a quelques jours, un amendement socialiste a été voté. Pour préserver la liberté d'expression journalistique. Encore un peu et les journalistes n'avaient pus le droit de critiquer le pouvoir en place. On appelle ça comment déjà ? Cet amendement socialiste, figurez vous qu'une des ministres du gouvernement était contre. Allez je vous aide. C’est une femme, donc. Elle s'occupe entre autre de la justice, ...

Enfin juste un petit détail, par rapport à la commission Copé, puisque après tout, ils ont bossé environ 6 mois là dessus. 6 mois pour quoi ? Puisqu'au final Sarkozy a juste fait amendé les propositions qu'il avait faites en Janvier dernier. Donc, où est la légitimité du gouvernement et des différents ministères quand on a un président, qui de toute façon, n'en fait qu'à a tête et ne suit pas les propositions et autres directives de ses différents ministères ?

 

J'arrête, on se croirait vraiment dans une dictature. Mais on en prend le chemin, non ?

 

Enfin, ce n'est pas très grave tout ça. C'est le début de l'été, le début des soldes, le début des vacances et après tout, on s'en fout, non ?

20.06.2008

Alors là...!!!

Entendu aux infos et permettez moi d’être horrifiée…

Un nutritionniste, en accord avec le gouvernement et l’éducation nationale, souhaite mettre en place une mesure visant à lutter contre l’obésité chez les jeunes.

S’ils arrivent à se maintenir entre 18 et 25 d’IMC, ils pourraient obtenir des points supplémentaires. Alors pour les plus gros, ce serait perdre du poids et plus les trop maigre, prendre quelques kilos.

Alors non, je ne suis pas d’accord…

Même si cette mesure s’accompagnait de cours de nutrition et de cuisine, je ne comprends pas.

Pourquoi ?

Tout simplement à cause du contexte.

En effet, à l’heure où on interdit les campagnes publicitaires avec des mannequins trop maigres (campagnes incitatives à l’anorexie ou la boulimie…), où justement on lutte contre les diktats de l’image et de l’apparence, pourquoi mettre en place une mesure qui justement joue sur l’apparence et sur le poids, le surpoids, la maigreur ? Pourquoi ne pas mettre en place des cursus psychologiques dans lesquels on apprendrait tout simplement à s’accepter tel qu’on est ?

Parce que la maigreur ou le surpoids ne surviennent pas sans raison chez un adolescent…

Non. On ne devient pas anorexique ou boulimique, ou hyperphage comme ça…  De la même façon, quid des enfants qui ont un code génétique qui fait que … ?

Nous ne sommes pas tous égaux face à la nourriture.

Alors mettre des enfants en compétition, je trouve ça bien plus grave que le reste.

Par ailleurs, aujourd’hui où le pouvoir d’achat des français est en chute libre, allez expliquer à des gamins (et à leurs parents par la suite… Mais bien sûr, et la marmotte, elle fait quoi déjà ?!), qu’il ne faut pas manger de poissons panés, de frites, de cordons bleus, de chips…  Allez y… Franchement, je voudrais bien voir comment ils vont faire, ces pauvres parents qui ont juste de quoi payer un loyer et nourrir tant bien que mal (et j’insiste sur le tant bien que mal) leurs gamins…

Vous avez déjà fait le test ?

Un McDO, le midi, ça coûte moins cher qu’un repas dans une sandwicherie ou un repas équilibré. Bah oui, à 2€ le hamburger, à 1€ les frites (je suppose, je n’y fous jamais les pieds, enfant de la déconstruction alimentaire que je suis…)…

Une pomme verte, au supermarché (là je me sens en terrain de confiance), c’est 70 cts à 80 cts d’euro. Un paquet de chips ou de gâteaux premier prix, c’est 50cts d’euro… Aïe, il y a comme un truc qui cloche…

Eh oui, ça coûte moins cher de mal manger que de bien manger… à moins d’habiter à la campagne et de faire son potager…

Toujours dans le même ordre d’idée, regardez la composition alimentaire des produits 1er prix et des marques… Une simple comparaison, lipide, glucide, protide, sodium, fer, calorie… Allons y …

Eh oui, aïe n°2… les produits les moins chers sont aussi les plus gras, les plus sucrés, les plus caloriques, les plus riches en sodium… Mince alors… Je ne suis pas certaines que tout le monde ait les moyens d’aller faire ses courses uniquement en achetant des marques… Même dans un soucis de santé.

En ce moment, on nous parle sans arrêt de la commission Copé sur la publicité dans le service publique.. Parlons de la publicité… Que ce soit à la télévision, au cinéma, dans les magazines, dans les couloirs de métro, dans la rue, nous voyons des publicités pour des produits alimentaires en permanence. Des produits pour la plupart saturés en sucres gras et en sel. Avec un petit message laconique de l’INPES qui nous dit bien que ce n’est pas bien… « Pour votre santé, évitez de manger trop gras et trop sucré » ; « Pour votre santé, mangez au moins cinq fruits et légumes par jour » ; « Pour votre santé, pratiquez une activité physique… »…

Mais merde !!! On nous prends pour des abrutis ou quoi ? Pourquoi mettre de telles affiches si c’est pour nous culpabiliser en les regardant. Parce que les publicitaires, eux, ils s’en foutent… Ils sont là pour vendre le produit… Alors envie d’une glace ? de chocolat ? de nutella ? de chips ? de coca ? Allez y… c’est voluptueux, c’est plein d’énergie, c’est convivial, c’est sportif… Mais attention, hein, en dessous de la publicité, c’est bien écrit que « c’est pas bien… »

Comment créer des comportements ambigus et culpabiliser les consommateurs ?

Alors comment dire ?

Je suis contre ce genre de mesure, parce que ce serait créer de trop grandes disparités entre ceux qui ont les moyens (financiers, physiques et psychologiques) et ceux qui ne les ont pas. Et on ne me fera pas croire que ce n’est pas une mesure discriminante.

Enfin, juste une petite info, l’anorexie et la boulimie, ou l’hyperphagie, enfin peu importe, ce sont des maladies de riches, créées par notre société consumériste. Avant, tout ça n’existait pas. Les français n’avaient pas les moyens d’être « malades ». On avait juste les moyens de manger. Ces troubles du comportement alimentaire sont apparus avec l’augmentation du niveau de vie des français, en remplacement d’autres troubles (la dépression, l’alcoolisme, le tabagisme…).

Ce qu’il faut étudier, ce n’est pas la nutrition, mais tout simplement la faculté qu’on chacun de vivre leur vie et d’apprendre à être heureux, quelques soient les conditions…

Je suis peut être extrême, mais c’est un point de vue totalement subjectif d’une personne qui est passée par là… et qui en paie encore les pots cassés…

 

19.06.2008

Un état second

"Il y a peu de chose à dire au sujet du bonheur ; il se contente d'être lui même, placide, presque somnolent. C'est un état que l'on adopte d'un coeur léger mais avec un esprit parfois torturé."

Jim Harrison

Légendes d'Automne - Chapitre 3

Armelle en faisait l'expérience.

Elle qui avait toujours eu peur de tout et de tout le monde. Peur de la vie. Peur de croire qu'on pouvait être heureux tout simplement, sans se poser de question, sans se demander pourquoi, comment, ...

Elle avait souligné ce passage dans le roman qu'elle venait de terminer.

Dans la pièce d'à côté, Lucas regardait le match qui opposait la France à l'Italie, en compagnie de son meilleur ami.

Elle avait préféré les laisser tous les deux tranquilles, entre mecs, comme elle aimait dire.

Dans deux semaines, ils se lançaient dans l'inconnu. Ils partaient de Paris pour aller vivre en province.

Alors qu'elle fumait une cigarette à la fenêtre, elle pensait à l'année qui venait de s'écouler. Une année assez étrange. A laquelle elle n'osait pas trop croire, se disant qu'une partie de ces moments avaient du être rêvés. Parce que ce n'était pas possible autrement.

Il y avait eu cette fête au mois d'octobre. Puis Noël. Le jour de l'an. Le voyage à Londres. Le séjour à la montagne. Les fêtes, les soirées, les repas... Des images, des moments, des émotions qui se bousculaient dans sa petite tête torturée.

Il y avait eu tellement de choses et tellement peu à en dire. Elle qui avait toujours eu une imagination débordante pour transposer sa réalité en fiction ne savait plus. Elle n'y arrivait plus. Elle ne savait pas parler du bonheur.

Alors quand elle était tombée sur cette phrase dans le roman de Jim Harrison, elle avait enfin trouvé une réponse à ses questions.

On ne parlait pas du bonheur. On ne parlait pas de ses bonheurs. On pouvait parler de ses tristesses, de ses joies, de ses peines, de ses peurs mais pas de ses bonheurs. Parce qu'il n'y avait rien à en dire. Parce que c'était une sorte d'état second, sans rien d'autre que le moment présent...

Une année assez étrange. Et maintenant, ils allaient partir. Juste se lancer dans un grand vide inconnu. La vie ailleurs… Loin de Paris…

Plus l’échéance approchait plus elle avait peur. Mais pas de cette peur qui tétanise les gens. Non, c’était cette petite peur qui grise et enivre. La peur de l’inconnu. Tout simplement.. Alors elle n'en parlait pas. Elle ne disait rien dessus. Parce qu'en parler c'était en perdre une petite partie et peut être qu'en fait elle préférait le garder pour elle, tout ça. Peut être qu'elle ne savait pas dire ou raconter le bonheur parce qu'elle avait peur de le perdre ensuite.."Un coeur léger avec un esprit parfois torturé" avait dit Jim Harrison dans sa nouvelle....  

16.06.2008

Les girolles

Les mains dans la terre. A genoux. Le pull rentré dans le pantalon pour éviter les piqures de moustique. Trop tard ou trop naïf. Les moustiques passent à travers le pull.

Ça doit faire une demi-heure qu’ils sont là. Dans les bois. A ramasser des girolles.

Elle aime partir comme ça, durant une petite heure avec son père dans les bois. Juste pour le plaisir d’être au milieu de nulle part, perdue dans la forêt, avec pour seule compagnie le chant des oiseaux et les insectes.

Ses mains sont noires de terre. Quand elle les approche de son visage pour relever ses cheveux qu’elle a oublié d’attacher avant de partir, elle sent la terre humide, l’humus, les feuilles mortes tombées durant la dernière pluie, le bois… Pour une fois que ce n’est pas l’odeur des Camels…

A ses pieds, un sac plastique avec quelques champignons. Elle ne raffole pas des girolles. C’est bon, mais sans plus. Non, ce qu’elle aime par dessus tout, c’est se perdre une heure dans les bois pour ramasser, chercher, passer entre les branches, dans les fourrées, par dessus les morceaux de bois qui jonchent le sol.

Très fière d’elle, elle a remarqué toute seule, comme une grande, que les girolles ne poussaient qu’à un certain endroit du bois. Là où il y a des châtaigniers, des chênes, de la mousse et des limaces (c’est la partie la moins agréable, quand sa main frôle par inattention une limace. C’est visqueux, gluant et son contact lui donne la chair de poule).

Un samedi à 19h, elle est là, dans la forêt, à ramasser des champignons. Elle pourrait être chez elle. Assise devant son ordinateur. Où à lire. Ou bien elle pourrait préparer le repas. Mais ces petits moments volés au temps, à sa vie sont tellement rares et si beaux.

Dans sa tête, il n’y a qu’un grand vide. Tout à disparu. Elle ne pense à rien. Quelques rayons de soleil parviennent à transpercer le feuillage des arbres. Il fait frais. Un vent léger souffle à travers les feuilles, provoquant un léger bruissement qui se mêle au chant des oiseaux. Il y a un coucou qui les nargue. Un pivert  aussi. Et au loin, en entend une chouette.

-          « Il va falloir penser à y aller. »

 Son père la ramène à la réalité.

-          « Oui.

-          Il est quelle heure ?

-          19h.

-          On est là depuis plus d’une heure maintenant…

-          D’accord. »

Au moment où ils s’apprêtent à partir, en jetant un dernier coup d’œil, ils tombent sur un champ de girolles. Elles étaient là, cachées à moitié par des feuilles.

Juste au moment où ils comptaient partir. Alors ils continuent à ramasser les champignons, repoussant le départ. Ils savent qu’ils vont être en retard.

Ce soir, sa mère a invité des amis à manger. Elle comprend que son père a aussi peu envie de faire la fête ce soir qu’elle même. Le calme de la forêt.

Dans 3 semaines, ils partent à la montagne. Encore 3 semaines. En retournant jusqu’à la voiture, ils parlent des marches qu’ils feront durant cette petite semaine là bas… Le Col de la Pierre Blanche, le Lac Montfiot, peut être le glacier du Péclet… Ou bien le Col de la Fenêtre…

Partir le matin. Le sac sur le dos. Ne penser à rien d’autre qu’à mettre un pied devant l’autre. Et se laisser remplir par le calme et les paysages…

En rentrant, ils savent qu’ils sont en retard. Un coup de téléphone pour savoir où ils sont les prévient que les invités sont déjà arrivés… Ils auront juste le temps de se changer et de se laver les mains…

14.06.2008

6 mois de cinéma

31 films en 6 mois.

Et encore le mois de juin n’est pas terminé. Je crois qu’il y a encore 6 films que j’ai envie de voir au mois de juin. Ce qui fait, si je compte bien, 37 films en 6 mois.

Pas mal non ?

Enfin, pas mal. Tout dépend du point de vue. Comme je suis très bonne cliente, on peut dire que j’ai vu de tout. De sombres merdes (désolée pour l’expression) comme de petits chefs d’œuvre (vive la subjectivité). Du purement commercial (ce qui ne veut pas dire sombre merde, attention à l’amalgame) au petit film indépendant (ce qui ne signifie pas chef d’œuvre, non plus)

37 films.

Comment peut on voir 37 films en 6 mois ?

Simple. Il suffit d’être au chômage (question temps, ça simplifie tout. Et les premières séances avec 4 ou 5 personnes dans la salle, c’est le pied) et de posséder une de ces cartes qui tuent les petits cinémas indépendants, les acculant à s’affilier avec ces monstres du divertissement déshumanisé, je parle des cartes UGC ou Gaumont (ça, c’est pour l’aspect financier…)

D’ailleurs, je reprends ma parenthèse financière, je vous propose un petit calcul rapide :

Une place de cinéma vaut environ 9 €.

Je serai allée, à la fin du mois, 37 fois au cinéma.

Donc, 37 x 9 = 333 €

Mes 37 séances de cinéma m’auraient coûtée 333 €

Ma carte UGC vaut 20 € par mois.

Pour les 6 mois écoulés, j’ai donc dépensé : 6 x 20 = 120 €

Par conséquent, on pourrait dire que j’ai réalisé une économie de 333 – 120 = 213 €

Soit quasiment le double de ce que j’ai dépensé.

Maintenant, est ce réellement une économie ?

Je ne sais pas.

Si je n’avais pas cette carte, je ne serai pas allée voir tous ces films. Peut être aurais-je été plus sélective. Peut être…

Alors est ce que ce type de carte pousse à la consommation pour augmenter les chiffres de fréquentation des salles obscures ?

Dans mon cas, la bonne cliente qui a plein de temps devant elle, je dois dire que oui.

Je ne cherche pas à justifier mes goûts en matière cinématographique. J’aime les films basiques, purement commerciaux tout comme les petits films indépendants.

J’assume…

Mais je dois avouer que sans cette carte, je ne serai pas allée voir certains films que j’ai énormément appréciés.

Parmi les 31 films vus (je retire les 6 non vus encore), deux m’ont vraiment marquée.

Il s’agit de Juno et de Deux jours à tuer.

Bon, Juno, je serai allée le voir quoi qu’il en soit… Le pitch me plaisait. Le genre du film me plaisait en plus. Le petit film indépendant sans grande prétention mais qui fait sourire et rêver.

Mais Deux jours à tuer, je ne sais pas si je serais allée le voir.

Déjà, je n’affectionne pas particulièrement le cinéma français. Ensuite l’histoire ne m’attirait pas trop.

Au final, j’ai passé une heure à pleurer. Vraiment pleurer. Avec les hoquets, le manque de respiration, la totale quoi…

J’admets que je suis une grande émotive. Mais à ce point, je ne pensais pas. Peut être est ce le jeu d’Albert Dupontel. Ou bien l’histoire qu’a voulu nous raconter Jean Becker…

Toujours est il qu’heureusement que j’y suis allée.

Vous allez me dire que si je ne l’avais pas vu, je n’aurai pas su.

Peut être. Mais je pars du principe que quand un film, un livre, une musique, enfin quelque chose ou une personne vous touche et vous émeut, c’est qu’il y a une raison. Au final, on en sort enrichi.

Sûrement que je suis naïve, mais c’est aussi pour cette raison que j’aime lire, aller au cinéma ou écouter de la musique. Juste pour les émotions, le rire, la peur, le rêve, la fuite…

 

6 mois de cinéma

Liste des 31 films vus en six mois….

 

Titre

Note (la mienne)

Note (celle d’Alex)

Gone Baby Gone

5

 

Into the Wild

5

5

Smiley Face

2

 

Sweeney Tood

2

1

Quatre Minutes

3

3,5

Juno

5

4,5

PS, I love you

4

 

Les liens du Sang

2

3

Paris

2

2

Bienvenue chez les Chtis

4

4

Soyez sympa, rembobinez

3

 

Il y a longtemps que je t’aime

3

3

Julia

0

1

Crimes à Oxford

1

 

Horton

0

2

Penelope

3

 

Les chroniques de Spiderwick

4

 

Wathever Lola wants

3

 

Jeux de dupes

3

 

27 robes

4

 

Jackpot

3

 

Le journal d’une baby-sitter

3

 

Semi-pro

0

 

Cleaner

2

 

Indiana Jones

3

3

Deux jours à tuer

5

3,5

Grace is gone

3

 

Sex in the city

0

 

Un conte de noël

4

 

Les orphelins de Huang Shi

2

 

Super héros movie

2

 

 

12.06.2008

Jim Harrison - Nord Michigan

Nord Michigan

Jim Harrison

Traduit de l’anglais par Sara Oudin

10 / 18 – 1991

Robert Laffont – 1984


Biographie :

Né dans le Michigan en 1937, Jim Harrison est aujourd’hui considéré comme le chantre de la littérature américaine. Scénariste, critique gastronomique et littéraire, journaliste sportif et automobile, il est l’auteur d’une œuvre considérable, parmi laquelle on compte de grands succès comme Légendes d’automne, Dalva, Un bon jour pour mourir…

Aujourd’hui, Jim Harrison partage son temps entre le Michigan et le Montana.

Résumé : (source éditeur)

Fils d’un émigré suédois, Joseph, le héros du roman, exerce la profession d’instituteur dans une bourgade du Michigan. Il partage ses loisirs entre la chasse, la pêche et les soirées à la taverne voisine. Et les nuits avec Rosalee, l’amie d’enfance, paisible et passionnée à la fois. Mais survient Catherine, une jeune élève, âgée de dix-sept ans et très affranchie, qui va bouleverser le cours de la vie de Joseph…

 

Ce roman, je l’ai lu en quelques heures.

D’une simplicité déconcertante et d’une vérité assez effrayante, il parle d’un homme d’une quarantaine d’années. D’un homme qui a toujours vécu les choses parce qu’il fallait les vivre ainsi. Pas par procuration. Mais en se laissant bercer par le cours des événements, des choses et de la vie. Et puis un jour, dans sa petite vie bien huilée, dans sa vie consacrée à la pêche, à la chasse, aux plaisirs simples de la vie, débarque cette jeune élève. Et… tout va changer.

Sa perception de la vie, de sa vie. Ses passions. Ses plaisirs. Joseph ne se reconnaît plus. Il ne sait plus qui il est et qui il veut être. Est-ce que sa vie n’est pas une monumentale erreur après tout ? Est-ce qu’il ne s’est pas fourvoyé pendant toutes ces années ?

Ce roman, c’est le récit d’une année de la vie de Joseph. Une année charnière. Nous le suivons dans les montagnes, dans ses parties de pêche, face à la nature. Face à lui-même.

La magie de Jim Harrison, c’est de nous emmener avec ses personnages. Il nous balade dans les paysages du Michigan, on occupe les lieux, l’école, la maison, la taverne, les forêts, … et on ressent avec une intensité assez rare ce que les personnages vivent.

Écrivain de la nature, physique et humaine, c’est juste un bref instant d’égarement de nos propres vies qu’on vit en lisant ce roman. Parce qu’après tout, Joseph n’est qu’un homme en proie à ses instincts, ses doutes et ses passions. Comme n’importe qui peut l’être.

11.06.2008

Entre deux

Elle ne savait pas trop quoi faire en ce moment. Entre deux vies, deux moments, deux lieux.

Se lever le matin lui semblait facile. Mais c’était le reste de la journée… Comment occuper ces longues heures qui l’attendaient ?

Le réveil sonnait tous les jours à 7h30, parce qu’il travaillait encore un peu, lui. Elle, elle se levait, ils prenaient le petit déjeuner en regardant cette émission qui les faisait rire. Et puis vers 8h45, il partait au travail…

Que faire des ces longues heures ?

À force de n’avoir rien à faire, elle n’avait même plus envie de faire quoique ce soit.

Encore une vingtaine de jours à tenir…

Parfois, elle se levait avec de grandes idées. Pleine d’envies. Et puis, la matinée avançant, elle se rendait compte que c’était juste une illusion, un rêve. Que la journée serait la même que la précédente…

Se préparer. Sortir. Aller au cinéma éventuellement. Puis se balader. Rien de bien productif. Rien de bien intéressant.

Et puis cette peur, qui s’installait, lentement, de ne plus avoir grand-chose à raconter. De ne plus avoir rien à raconter. Elle qui avait une imagination si fertile. Capable de transformer la réalité en autre chose. Dans sa tête. Dans ce petit monde qu’elle s’était créée gamine…

Il fallait juste qu’elle se réveille. Plus qu’une vingtaine de jours… ce n’était pas si lointain. Et pourtant ça lui paraissait une éternité.

À force, elle avait du voir tous les films qui étaient sortis au cinéma.

Elle avait lu une bonne partie des livres achetés en prévision des « vacances », de quand lui aussi arrêterait de travailler…

Et maintenant, elle ne savait plus trop quoi faire de ses longues journées.

Huit heures. Dire qu’elle en avait rêvé de tout ce temps. Et maintenant qu’il était là, devant elle, s’étendant sournoisement, elle ne savait pas quoi en faire.

Trop de temps tue le temps. Une petite formule passe partout qui lui trottait dans la tête depuis quelques jours… à force de pouvoir faire tout ce qu’elle voulait, elle ne savait plus ce qu’elle voulait vraiment faire… L’ennuie qui bouffe tout. Qui tue le plaisir ou l’envie.

Plus qu’une vingtaine de jours… Alors elle guettait le moindre rayon de soleil, la moindre occasion pour sortir marcher, pour partir se balader, pour aller ailleurs qu’à Paris…

Marcher… un pied devant l’autre. Simple. Basique. Sans réflexion. Elle ne pensait plus dans ces cas là. Juste marcher. Le chemin qui se faisait tout seul sous ses pas. Les kilomètres qui défilaient. Poussières de bitumes avalées.

Les vitrines des magasins, les monuments parisiens, les bus, le métro, le regard des autres, rivés au sol, les pas pressés des travailleurs, nonchalants des mères de famille qui ne travaillaient pas, les enfants qui sortaient de l’école, les personnes âgées qui tentaient de garder un semblant de vie sociale en faisant leurs courses toute la journée… Elle les regardait, les écoutait, les observait. Se nourrissant de leur vue. Cherchant en eux des histoires, des vies qu’elle pouvait inventer…

Et puis elle rentrait et se plongeait dans d’autres vies fictives, celles des romans. Pendant ce temps là, ce n’était pas à elle de s’occuper de sa journée. C’était les histoires écrites ou inventées dans sa tête qui la remplissait…

Et puis le soir arrivait. Et comme un prisonnier qui barrait les jours qui le séparait de la liberté sur un calendrier, elle barrait la journée qui venait de s’écouler dans sa tête, se disant qu’après tout, elle n’avait jamais été aussi prête du but.

 

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