17 juillet 2008
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Ah la joie des travaux !
Le bonheur du travail fait par soi même.
Le papier peint qui ne veut pas se décoller du mur malgré les trois tonnes de produit.
Les doigts pleins de colle. Les cheveux poussiéreux et …
Mais qu’est ce qui leur était passé par la tête quand ils avaient accepté ce marché ?
Qu’est ce qu’ils croyaient ? Que ce serait une partie de plaisir ? Un jeu ? Un truc drôle ?
La propriétaire de l’appartement s’était plutôt bien débrouillée sur cette affaire…
« - Vous aurez les clés le 15. Si j’ai le temps, je ferais les travaux, autrement, je vous laisse les faire en contrepartie d’une déduction de loyer. Ça vous convient ?
- Oui, qu’ils avaient répondus, plutôt pressés d’avoir les clés en fait… Oui, aucun souci.»
Et nous voilà aujourd’hui.
Le plus difficile, ça va être de coller le nouveau papier peint. Une hauteur sous plafond de … 2,70 mètres. Sachant qu’elle mesure 1,60 mètres (et encore sur la pointe de pieds) et qu’il mesure 1,70 mètres, bref, mieux vaut ne pas y penser… Déjà que le décollage est plutôt laborieux.
Armelle tournait et se retournait dans le lit. 5h50… « Allez, encore 10 minutes et je me lève… Peut être même que je vais réussir à me rendormir. »
Depuis un peu plus d’une semaine, impossible de dormir. Alors qu’elle avait un sommeil très très lourd en temps normal. Les yeux grands ouverts, elle fixait le plafond, consciente que de toute façon, même si elle se rendormait (oh miracle) ce ne serait que pour quelques minutes. Non. C’était bien plus amusant de cogiter et de penser à toutes ces choses qu’ils avaient à faire dans les jours à venir.
· Finir les travaux.
· Rentrer à Paris faire les cartons.
· Aller chez ses parents faire les cartons.
· Faire une liste de tout ce qu’il ne faut surtout pas oublier… Le coffre que je vais retaper quand j’aurai le temps, le miroir que je vais finir de réparer quand j’aurai aussi le temps, les livres, les bd, … Hum… Quoi d’autre ?
· Revenir ici pour prendre le camion.
· Remonter à Paris, déménager.
· Revenir ici, emménager (logique…).
· S’inscrire à la mairie, faire les changements d’adresses.
· Trouver des meubles.
· Trouver un boulot aussi, (ça pouvait sembler accessoire, mais son petit pécule commençait à fondre sérieusement avec les grandes chaleurs de l’été…).
· Faire ses marques dans cette nouvelle ville (même si aux dires de certains, ce n’était pas très grand, c’était quand même pas facile, bon d’accord, au regard de Paris, ce n’était pas très grand, mais il suffisait de connaître son sens de l’orientation et sa propension à se perdre dans les petites rues pour imaginer qu’il lui faudrait du temps).
· S’inscrire à l’auto école, (peut être avant de trouver un boulot, ça pourrait être une bonne idée de le passer en accéléré ce fichu permis de conduire. 30 ans bientôt et toujours pas le petit papier rose magique. Et sans voiture ici, hum, comment dire… PASSER LE PERMIS !).
· Trouver le temps d’aller au cinéma
« - Ah, non, désolée mademoiselle, mais ceci n’est pas une priorité…
- Oh tais toi, fichue conscience…
- Non… Je te rappelle que je suis là pour t’em… justement et que ça, c’est même pas la peine d’y penser…
- C’est ça. Qu’est ce que tu crois ? Que je vais laisser une entité immatérielle me contraindre et m’empêcher de faire ce que je veux ?
- Et qu’est ce que je fais depuis quelques nuits ? Qu’est ce que tu crois ? Que tu ne dors pas parce que tu es en pleine forme ? La belle blague… Mais tu es vraiment naïve…
- Bla Bla Bla Bla… ça y est ?
- Et de mauvaise foi en plus…
- Fin de la discussion… !
- C’est bien ce que je disais… Naïve et de mauvaise foi… »
Elle avait beau essayer, impossible de se rendormir avec tout ça dans la tête…
La liste semblait s’allonger de jour en jour… Un peu et elle n’aurait même plus le temps de tout passer en revue durant les quelques heures de sommeil (Ah, la blague… Sommeil… Je veux DORMIR !!!) qu’ils s’accordaient depuis une semaine.
6h. Enfin, heure décente. Si je sors tout doucement du lit, avec un peu de chance je ne le réveille pas et je pourrai dire que je me suis levée vers 7h… ½ litre et café et du thé et hop’s ni vue ni connue, ce sera comme si j’avais vraiment dormi.
Lucas savait bien qu’Armelle ne dormait plus en ce moment. Et c’est régulièrement qu’il lui disait d’arrêter et de se reposer. Mais autant remplir le tonneau des Danaïdes (La preuve que je suis parfaitement réveillée. 6h, et je cite le tonneau des Danaïdes… Bientôt je vais parler de Sisyphe et de Prométhée. Faut vraiment que je dorme.)
Et puis, elle était tellement tête de mule qu’il pouvait toujours parler, pour qu’elle écoute, il faudrait … Qu’est ce qu’il faudrait d’ailleurs ? Si quelqu’un avait la réponse, il était preneur…)
Mission accomplie ! Debout, dans le salon de l’appartement qu’on leur avait prêté durant la semaine, elle était parvenue à se lever sans le réveiller. Eh, fallait qu’il dorme. D’abord, les hommes travaillent davantage durant les travaux et ensuite, elle aimait bien être toute seule durant une petite heure le matin au réveil, juste histoire d’émerger tranquillement… Sans être bousculée…
Et puis peut être que ce soir, elle serait fatiguée, qui sait… ?
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16 juillet 2008
Mais qu'est ce que ...
« Mais qu’est ce que je fous dans cette galère ? Dire que je pourrais être tranquillement assise chez moi à me reposer. Mais non. Il a fallu que j’accepte l’invitation de mon grand frère pour aller passer quelques jours à la montagne. »
Alors qu’elle marchait, guettant le sommet avec avidité, Chloé cherchait les raisons qui avaient bien pu la pousser à accepter cette idée saugrenue. Certes, elle était loin de chez elle, de ses parents, de sa maison, mais de là à accepter cette torture, c’était pas marqué sur le contrat. Si elle avait su… D’un autre côté, on l’avait bien prévenue que c’était pour marcher. Mais 15 bornes par jours, ils sont fous… !!!
3000 mètres hier, 2807 mètres aujourd’hui. Ah pour ça, les paysages étaient beaux. Mais fallait être sacrément fou pour s’obliger à faire de telles choses. Marcher toute la journée pour atteindre des hauteurs où on ne pouvait même pas respirer d’abord, parce qu’il y avait moins d’oxygène, où il faisait froid, et puis, bon, à part la vue sur des montagnes et des sommets enneigés, elle ne voyait pas trop ce que ça avait de spectaculaire. D’abord, elle ne savait même pas ce que c’était ces sommets qu’on voyait en face, et puis aller lire sur la table d’orientation impliquerait se lever, aller jusqu’à là bas, et tenter de comprendre ce charabia. Elle était certaine que les trois quart des personnes que se collaient devant ne savaient même pas lire et comprendre ce qu’ils voyaient.
À côté d’elle, le pauvre chien qu’on avait aussi forcé à faire cette marche de forcenés. Le pauvre. 9 ans et de l’arthrose et on l’obligeait à marcher quand même. Il avait beau faire le fier dans la neige et les torrents, elle voyait bien que c’était pour gagner du temps et se reposer en réalité.
On ne la reprendrait pas de sitôt à accepter ce genre de proposition. La prochaine fois que son grand frère lui proposerait des « vacances », elle lui demanderait un contrat signé par les deux parties pour être certaine que ce serait des « vacances ».
Peut être qu’elle devrait lui faire lire la définition de ce mot dans le dictionnaire. Parce que visiblement, la signification profonde de ce terme lui échappait. Enfin peut être pas à lui, mais aux fous avec lesquels ils étaient partis. Pfff, on a pas idée…
Vacances, c’est repos, glande, farniente, dormir, éventuellement se balader, mais 10 minutes histoire de s’aérer un peu, bronzer (bon, là, elle ne pouvait rien dire, il faisait beau, mais bronzer sur une serviette dehors, à la plage, c’est pas mal non plus…)…
« Mais c’est pas possible !!! Plus on avance, plus ça semble loin ! Eh oh, le sommet, ne bouge plus. Reste là jusqu’à ce que j’arrive. À la limite, qu’une bonne âme envoie un escalator, un ascenseur, un hélicoptère, un avion, des cordes, enfin un truc pour me hisser jusqu’à ce fichu sommet, mais … Argh !!! Quoi, il faut prendre ce chemin ? Non mais ça pas bien dans votre tête ? Et la copine de mon frère qui me dit de ne pas regarder en haut mais mes pieds. C’est bien joli, mais si je ne regarde pas là haut, je suis certaine qu’ils vont m’entuber et rallonger le parcours. Et elle marche, l’air de rien, limite elle pourrait chanter ou courir en même temps. Elle est peut être pas humaine ? »
Le raidillon qui était censé les conduire jusqu’au sommet semblait monter à pic. Un angle de 90°, un angle droit quoi, et il fallait qu’ils passent par là.
Elle voyait tous les autres descendre. Mais personne ne montait. Les autres, eux, ils avaient été intelligents, ils avaient pris les bulles pour monter jusqu’au sommet et ils faisaient le chemin de retour à pied. De la descente uniquement.
« Et d’abord, ces bulles, elles étaient où ? Elles avaient plutôt intérêt à fonctionner. Parce que sinon, je ne vous explique même pas le massacre. C’est pas dur, je reste en haut. Je ne bouge plus. Jusqu’à ce qu’elles se mettent en marche. Pas possible autrement.
Mais c’est quoi ce passage ? Parce qu’en plus il faut faire de l’escalade ? Et le pauvre chien qui est à bout de force. Il pleure même devant les pierres. En plus c’est vachement dangereux. Eh, il y a le vide juste à côté ! Quelqu’un vous a prévenu ? Non, parce que sinon, je vous le dis moi, ça craint ce chemin. Bon le chien est passé. S’il peut, je devrais pouvoir aussi. Alors voyons voir… Si je mets un pied ici et une main là… Mouais… Purée… J’ai que 13 ans moi. Je suis pas comme vous. D’abord, j’aime pas le sport. Alors… Et puis vous, vous êtes du genre à aimer courir, nager et tout et tout… Mais les gens normaux, comme moi, sont contre la torture. Ça ne va pas de s’infliger ce genre de chose juste par … « plaisir »… ?! On appelle ça du masochisme. Peut être que je devrais aussi leur faire lire la définition de ce mot. Toute une éducation à refaire. 30 ans et ça ne connaît rien. »
Devant, les autres marchaient l’air de rien. Un peu comme si c’était une promenade de santé. Genre, on fait ça « finger in the nose »…
Et puis… « Miracle, alléluia, Oh joie ! Oh bonheur ! Le sommet… Enfin… !!! Quoi ? C’est ça le sommet et la vue ? Tout ça pour ça ? Mais c’est pas vrai ! ça va vraiment pas bien dans votre tête. Eh, si c’était pour la vue, prendre les bulles, regarder et redescendre par le bulles, ça aurait suffit, non ? Peut être que plus on vieillit plus on devient bête ? Qui sait… Peut être que je vais devenir comme ça aussi… Non… C’est pas possible….
07:39 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Sans aucun intérêt
La marmotte était allongée sur une pierre. En plein soleil. À cette heure avancée de la matinée, elle se faisait bronzer. Tranquillement.
Début juillet. Les espèces d’huluberlus à deux pattes qui venaient les déranger elle et sa famille durant les mois d’été n’étaient pas encore très nombreux. Elle avait un peu de répit. Du moins c’est ce qu’elle pensait quand elle vit un groupe de quatre choses bizarres qui avançait vers elle. Mince. Aïe. Zut. Crotte de chèvre. Elle avait été inattentive. La meilleure solution, dans ces cas là, elle l’avait appris à l’école durant l’hiver, c’était encore de ne pas bouger. Faire comme si elle était une pierre. Ils sont marrants eux… comment faire pour respirer alors ? Pfff. Elle aurait peut être du être un peu plus attentive durant les cours, au lieu de penser à dehors.
C’était la première fois qu’elle allait sortir. Le grand monde. La découverte des grands espaces, des prairies verdoyantes et grasses. Bon, elle avait un peu rêvé, d’accord… parce que question prairies verdoyantes, c’était pas trop ça ici. On pourrait dire, prairie rocailleuse et euh, bah, rocailleuse.
Bon, ils étaient encore là. Mais qu’est ce qu’ils faisaient ? ils étaient un peu bizarres, quand même. Ils communiquaient entre eux à grands renforts de « chut ». Qu’est ce qu’ils pouvaient bien se raconter ? « chut » ? Vraiment, cette race n’était pas très évoluée. Un seul phonème à leur vocabulaire… Ils étaient pas si terrible que ça.
Il y en a même une qui avançait lentement, comme si elle ne la voyait pas. Et puis quoi encore ? Moins discrète, tu meurs… Elle avait un drôle d’objet à la main. Une sorte de boite noire qui faisait des petits bruits de temps en temps. « Clic ». « Clic ».
C’était pas tout ça, mais ils commençaient à être fatigants. Elle aimerait bien bouger. En plus, elle sentait un début de crampe. Est-ce que je le tente ? Non ? Oui ? Si je bouge la tête, ils font quoi ? Ah, c’est intéressant. Ils s’arrêtent. Et ils recommencent à faire ce drôle de son, « chut ». Tiens donc, c’est nouveau, ils connaissent donc d’autres sons… « doucement ». Mouais. Étrange. La chose qui tenait la drôle de boite avançait de nouveau vers elle. Mais c’est pas vrai, elle est énervante celle là… Bon, je vais rebouger. Peut être qu’elle va comprendre… Tu parles !!! Elle est toujours là…
Bon, l’entrée du terrier est juste à un mètre. Si je me débrouille pour passer par le chemin secret en dessous des pierres… mais avant faut que je tourne le dos. Et je sais pas de quoi ils sont capables… Elle a pas l’air bien méchante, mais à l’école, Marmotte Sage a bien dit qu’ « il ne faut jamais se fier aux apparences »… Aïe Aïe. Comment faire… ? Bon je tente le tout pour le tout…
À la une, à la deux et … à la trois, je me lance, je cours, je ne regarde pas derrière et… Yes !!! I’m the best, je suis dans le terrier. Purée, trop douée, la fille…
Peut être qu’ils vont bouger maintenant… Dans trois, deux, un je vais voir s’ils sont toujours là… Trois, deux, un… Ah, zut, ils sont partis. Pff, même pas drôle. Petits joueurs. Une défaite et ils s’en vont. Pas très courageux quand même… En même temps… Maintenant, je peux retourner bronzer tranquillement…
07:38 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


