09 octobre 2008
Là ce n'est pas passé
« La partition sexuée des genres musicaux écoutés traduit l’inégale répartition du travail domestique entre homme et femme » Lehingue in 2003
Je dois avouer que cette petite phrase lue aujourd’hui dans « La sociologie des pratiques culturelles » Edition de la Découverte – Collection Repères, m’a quelque peu posée problème…
En 2003… La répartition inégale du travail domestique…
Les femmes écoutent la radio en faisant à manger, le ménage, … Principalement de la variété française. Selon une étude réalisée par l’Insee. Pourquoi de la variété française ? Tout simplement parce que la musique de variété associe le texte à la musique. Ainsi nous (les femmes) pouvons retrouver une dimension narrative (prédominante dans la variété française), une des dominantes de l’univers féminin (qui est plus proche de la fiction et de la narration, il n’y a qu’à voir les comportements en lecture, les femmes lisent davantage de fiction que les hommes. De la fiction sentimentale, des romans policiers, historiques, … ) alors que les hommes peuvent se concentrer sur l’abstraction (alors là ?!), la musique bien plus savante, les variétés internationales, le rock, le folk, … et j’en passe
Bref… Forcément ce petit paragraphe n’est pas très bien passé.
Pour le coup, je dois avouer que j’ai laissé mon cas personnel parler. La variété française… hum… Dans la nomenclature variété française, il faut penser à tous les genres de chansons en français (Johnny comme Dionysos en passant par Julien Clerc, avec un détour par Jenifer, sans oublier d’aller saluer Miossec et Mylène…), soit une catégorie assez large qui englobe un public de 10 ans (Lorie et Christophe Maé) à …. 80 ans (Gilbert Bécaud, Michel Sardou…)
Et pourtant dans tout ça, je ne me retrouve pas. Alors peut être que je ne suis pas une femme d’intérieur…
Bizarrement, concernant la musique, je n’arrive à avoir aucun recul.
Venant d’un milieu relativement populaire (et Polonais de surcroit, et la musique dans les familles polonaises, c’est sacré), j’ai pourtant appris à écouter de tout… De la musique classique (Beethoven, Bach, Mozart, Brahms, … ont bercés mon enfance) comme du rock (à 14 ans je connaissais les Velvet Underground, les Who, Led Zeppelin, les Guns, Scorpion, Eagles, …) ou de la pop (Les Beatles, …) ou de la variété française (Reggiani, Mylène Farmer, Brel, Lio, …) sans parler du Jazz (Dizzie Gillepsie, Duke Ellington, Stan Getz...)
Alors non, pour le coup je n’étais pas d’accord et plutôt en colère en lisant cette partie de l’ouvrage. Parce que les goûts musicaux, selon les sociologues, ne permettent pas de juger d’une CSP ou d’un statut social. Cependant, l’éclectisme oui. Plus on vient d’un milieu populaire, moins on est ouvert à d’autres genres. Plus on vient d’une CSP élevée (tant au niveau des diplômes qu’au statut social) plus on est ouvert à d’autres genres…
Mon père est artisan maçon. Il écoute de la musique classique et de la variété française (dans la norme des enquêtes) comme les ¾ des personnes de sa CSP. Cependant, dans une volonté d’émancipation de cette situation, mes parents ont toujours fait en sorte qu’on arrive à découvrir d’autres choses… Pour sortir justement d’un clivage réducteur et anecdotique. Comme pour la lecture. Bon, nous n’avions pas le droit de regarder la télévision mais … d’un autre côté, les autres pratiques culturelles étaient relativement encouragées…
Même si quelques pages plus loin je pouvais lire qu’aujourd’hui « les pratiques et les préférences musicales des jeunes issus de la massification de l’enseignement du 2nd degré sont davantage marquées par l’éclectisme et par le brouillage des frontières… » Cela dit, je suis allée au collège dans un petit village de campagne (nous étions 350 à tout casser). En ce qui concerne le Lycée... Il a ouvert l'année où je suis entrée en seconde. Nous étions alors 90 élèves. 200 l'année suivante. 300 l'année d'après. Ensuite, j'ai débarqué à Nanterre. Fac de Lettres. Peut être 200 élèves dans le petit batiment à l'écart des grandes barres de la Fac...
Donc cette note sans aucun recul n’est qu’un coup de sang….
Sûrement que les études sont fondées. Et effectivement les résultats parlent d’eux. Mais il est parfois difficile de se conformer à une vision froide et placide, telle que celle des sondages, sans se dire que… Mais non !!!! ce n’est pas vrai, d’abord…
Et puis après tout, je ne suis pas sociologue. Ces gens sont très certainement très intelligents et en plus c’est leur métier. Moi je ne lis ces bouquins que dans le but de me faire une idée globale de l’état de la culture en France (pratique, économie, culture nationale face à la mondialisation)
22:02 Publié dans réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



Ecrire un commentaire