11 mai 2009

Lecture

Je viens de terminer L'Etrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman. C'est assez étrange. Neil Gaiman est un auteur que j'apprécie énormément. Son univers, son style (il faut pouvoir le lire un peu en anglais je le concède), les thèmes qu'il aborde, ses histoires ... Mais... j'ai toujours eu des difficultés avec ses romans pour la jeunesse. Que ce soit Coraline ou le dernier, L'Etrange vie de Nobody Owens.

Le même auteur mais avec ce petit quelque chose de différent qui fait que la magie ne fonctionne pas. Peut être est ce du au thème adolescent, roman d'apprentissage à peine déguisé. Je ne sais pas. L'identification avec les personnages est bien plus difficile. Je ne me reconnais pas dans ces enfants, je ne parviens pas à me plonger dans leurs aventures. Alors qu'avec un personnage adulte, grand adolescent, vieillard, peu importe, je me laisse emporter dans le tourbillon de son imaginaire avec joie. Je me délecte de toutes ces aventures...

Son dernier roman pour la jeunesse ne fait pas exception à la règle.

L'Etrange9782226189547.gif vie de Nobody Owens raconte la vie de Bod, petit garçon vivant dans un cimetière, élevé par un couple de fantôme, un tuteur ni vivant ni mort, ami avec des fantômes, sorcières, ... Dehors, quelqu'un cherche à tuer Bod. Celui qui a massacré sa famille. Et qui veut juste terminer sa tâche en éliminant Bod...

Un résumé particulièrement alléchant. Il faut le reconnaître. Mais... C'est l'histoire d'un enfant. Et dès les premières pages j'ai bien compris que je ne ferai que suivre de très loin de charmant bambin. Sans arriver à entrer dans le roman. Sans jamais vraiment m'immiscer dans les aventures, sans trembler pour lui...Mais entêtée comme je le suis, il ne fallait pas que je capitule. Chaque soir quelques pages. Petit à petit j'allais bien réussir à le terminer ce roman, non ? C'est ainsi que j'ai vu Bod grandir, passer ses 5 ans, puis les 10 ans... et ... enfin la magie ... Bod était un adolescent. La fin du roman approchait à grandes pages. Inéluctable. Alors que seulement je rentrais dans l'histoire... C'est avec regret que j'ai refermé ce livre, une fois la dernière page lentement lue...

Que dire de ce roman au final ? Je ne sais pas trop en fait. Mais je ne le déconseillerai à personne. Merveilleux, fantastique, rêve, cauchemar, angoisse, féerie... s'y côtoient. Une imagination sans limite...

Extrait :

"Avant que le soleil ne fût levé sur ce matin gris où roulait le tonnerre, l'enfant dormait à poings fermés dans la jolie petite tombe des Owens (car maître Owens était décédé prospère, à la tête de la guilde locale des ébénistes, et ces derniers avaient tenu à lui rendre tous les honneurs dus à son rang).
Silas sortit pour une ultime expédition avant l'aube. Il trouva la haute maison à flanc de colline et il examina les trois corps qu'il y découvrit, étudiant la disposition des plaies ouvertes par le couteau. Une fois satisfait, il sorti dans la nuit matinale en retournant dans sa tête des possibilités déplaisantes et, rentrant au cimetière, gagna la flèche de la chapelle où il dormait et patientait pendant le jour.
Dans la petite ville au pied de la colline, la colère du Jack enflait. C'était une nuit qu'il avait attendue si longtemps, avec tant d'impatience ! C'était l'aboutissement de mois, d'années de travail. Et les affaires de a soirée avaient débuté de manière prometteuse : trois personnes supprimées avant qu'aucune ait pu pousser un cri. Et puis ...
Puis tout avait pris un tour exaspérant. Pourquoi était il donc monté sur la colline alors que l'enfant était si manifestement descendu ? Le temps qu'il soit en bas, la piste était froide. Quelqu'un avait dû trouver l'enfant, l'emmener, le cacher. C'était la seule explication.
Un coup de tonnerre éclata, sonore et subit comme un coup de fusil, et la pluie s'abattit à seaux. Le Jack était méthodique, il entreprit de planifier sa prochaine manœuvre : les visites qu'il devrait rendre à certains habitants, à ceux qui seraient ses yeux et ses oreilles dans la ville.
Rien ne l'obligeait à dire à l'assemblée qu'il avait échoué. Quoi qu'il en fût, se dit il en s'abritant sous un auvent de la pluie matinale qui roulait comme des larmes, il n'avait pas échoué. Pas encore. Il avait des années devant lui. Il avait tout son temps. Le temps de régler ce dernier travail inachevé. Le temps de couper le tout dernier fil."

L'étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman

Albin Michel - Collection Wiz

Traduit de l'anglais par Valérie Le Plouhinec

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