11 mai 2009
Cinémas
Je sais ce que vous allez penser. Cette fille n'a pas de vie. Ce n'est pas possible autrement. Tous les jours au cinéma... Il y a un truc qui cloche quelque part...
En ce moment ce serait plutôt comment occuper ces longues journées octroyées par le chômage ? Entre le sport tous les matins, le cinéma et la lecture, je m'en sors à peu près... Alors si je devais me priver d'aller voir tout et n'importe quoi... Bref...
Dernièrement, nous sommes... ah oui, j'ai oublié de préciser qu'en ce moment mon cher et tendre est aussi un inactif..., donc nous sommes allés voir quelques films... Oui, je sais, rien de bien surprenant là dedans...
- Romaine par - 30
- Je l'aimais
- Star Trek
- Good Morning England
Là dedans deux grandes déceptions dont une prévisible, une bonne surprise et un Waouh excellent ce film déchire carrément tout...
A vous de trouver...
Je suis certaine que la déception prévisible, pour qui me connaît un peu, vous l'avez déjà trouvée... Je vous aide un peu... le titre du film commence par un S et finit par un K....
Pourquoi ? De belles images, un scénario scolaire, des acteurs fades, un ennui persistant et cette impression de voir un long épisode de série télé, un épisode zéro de 2h... Mais je critique, je critique... Mon cher & tendre n'a pas eu ce ressenti aussi catégorique... Pour lui ce n'était pas une totale déception.
La seconde déception ... Ce sera plus difficile à trouver. Je suis presque certaine que vous hésitez entre deux films... Romaine par - 30 et Je l'aimais... Bravo c'est un des deux. Si je vous dis que la bande annonce était particulièrement bien faite. Tellement qu'elle compilait toutes les scènes drôles du film. Et que parfois c'était même plus drôle dans la bande annonce que dans le film. Bravo aux personnes qui réalisent ces petits chefs d'œuvre, qui de temps en temps sont bien plus réussis que le film. Bon je me suis trahie... Un petit adjectif qui ne peut laisser aucun doute sur le film concerné...Eh oui, c'était Romaine par - 30.
La bande annonce semblait très drôle, prometteuse, riche en situations cocasses, en répliques assassines, ... L'interprétation de Sandrine Kiberlain étant la seule chose à sauver dans ce film. Habitée par Romaine, on suit ses tribulations à Québec... Mais... voilà... ce n'est ni drôle, ni truculent, ni... rien. De belles images (et encore...) et quelques rares moments de grâce.
La bonne surprise maintenant... Procédons par déduction. Il reste deux films en course. Je ne suis pas une grande adepte du cinéma français. J'adore la musique. Je n'adule pas Anna Gavalda. J'ai beaucoup aimé High Fidelity. Alors... ?
Bravo ! Il faut avouer que c'était facile quand même, non ?
Donc Je l'aimais... Quelle bonne surprise. Une très belle interprétation, de magnifiques images, une musique oppressante, un rythme entraînant et captivant. Je ne vais pas revenir sur le scénario étant donné que c'est une adaptation littéraire. Mais entre le papier et l'écran, il faut savoir adapter. Et pour le coup, c'est plutôt une réussite. Donner corps à des personnages, les rendre vrais, donner du rythme, une vision, une perception de l'histoire... Je n'ai pas pleuré. Mais en sortant, l'un comme l'autre, nous avions la gorge nouée.
Et le dernier, le grand vainqueur : Good Morning England !!!
Alors là, chapeau bas. Un scénario terrible, une bande son hallucinante, des acteurs exceptionnels, des images superbes. On rit franchement, on a peur pour de vrai, on découvre, s'amuse, transgresse, profite et se souvient aussi pour certains... Je ne suis pas assez vieille. En 1966, je n'étais même pas dans les projets immédiats de mes parents qui n'avaient pas encore 18 ans. Mais des spectateurs de leur âge, ils se souviennent. Et quelque part je suis sortie un peu jalouse de la nostalgie, de l'ambiance, de tout ce que ce film montre et raconte. Toutes ces découvertes, l'euphorie qui régnait, la liberté... Bref... Que ce soit Bill Nighy, Philip Seymour Hoffman, Rhys Ifans... Le réalisateur Richard Curtis est parvenu à produire une comédie simple, légère, sans formalisme, une structure basique. Mais des répliques insolentes, un humour décapant, une liberté de mouvement et de vie surprenant...
A la sortie de ce film, tous les spectateurs étaient souriants. Chacun y allant de son petit commentaire, et tu te rappelles quand, et quand ... et ce moment où... et .... Et ça c'est plutôt une réussite...
19:01 Publié dans film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Lecture
Je viens de terminer L'Etrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman. C'est assez étrange. Neil Gaiman est un auteur que j'apprécie énormément. Son univers, son style (il faut pouvoir le lire un peu en anglais je le concède), les thèmes qu'il aborde, ses histoires ... Mais... j'ai toujours eu des difficultés avec ses romans pour la jeunesse. Que ce soit Coraline ou le dernier, L'Etrange vie de Nobody Owens.
Le même auteur mais avec ce petit quelque chose de différent qui fait que la magie ne fonctionne pas. Peut être est ce du au thème adolescent, roman d'apprentissage à peine déguisé. Je ne sais pas. L'identification avec les personnages est bien plus difficile. Je ne me reconnais pas dans ces enfants, je ne parviens pas à me plonger dans leurs aventures. Alors qu'avec un personnage adulte, grand adolescent, vieillard, peu importe, je me laisse emporter dans le tourbillon de son imaginaire avec joie. Je me délecte de toutes ces aventures...
Son dernier roman pour la jeunesse ne fait pas exception à la règle.
L'Etrange
vie de Nobody Owens raconte la vie de Bod, petit garçon vivant dans un cimetière, élevé par un couple de fantôme, un tuteur ni vivant ni mort, ami avec des fantômes, sorcières, ... Dehors, quelqu'un cherche à tuer Bod. Celui qui a massacré sa famille. Et qui veut juste terminer sa tâche en éliminant Bod...
Un résumé particulièrement alléchant. Il faut le reconnaître. Mais... C'est l'histoire d'un enfant. Et dès les premières pages j'ai bien compris que je ne ferai que suivre de très loin de charmant bambin. Sans arriver à entrer dans le roman. Sans jamais vraiment m'immiscer dans les aventures, sans trembler pour lui...Mais entêtée comme je le suis, il ne fallait pas que je capitule. Chaque soir quelques pages. Petit à petit j'allais bien réussir à le terminer ce roman, non ? C'est ainsi que j'ai vu Bod grandir, passer ses 5 ans, puis les 10 ans... et ... enfin la magie ... Bod était un adolescent. La fin du roman approchait à grandes pages. Inéluctable. Alors que seulement je rentrais dans l'histoire... C'est avec regret que j'ai refermé ce livre, une fois la dernière page lentement lue...
Que dire de ce roman au final ? Je ne sais pas trop en fait. Mais je ne le déconseillerai à personne. Merveilleux, fantastique, rêve, cauchemar, angoisse, féerie... s'y côtoient. Une imagination sans limite...
Extrait :
"Avant que le soleil ne fût levé sur ce matin gris où roulait le tonnerre, l'enfant dormait à poings fermés dans la jolie petite tombe des Owens (car maître Owens était décédé prospère, à la tête de la guilde locale des ébénistes, et ces derniers avaient tenu à lui rendre tous les honneurs dus à son rang).
Silas sortit pour une ultime expédition avant l'aube. Il trouva la haute maison à flanc de colline et il examina les trois corps qu'il y découvrit, étudiant la disposition des plaies ouvertes par le couteau. Une fois satisfait, il sorti dans la nuit matinale en retournant dans sa tête des possibilités déplaisantes et, rentrant au cimetière, gagna la flèche de la chapelle où il dormait et patientait pendant le jour.
Dans la petite ville au pied de la colline, la colère du Jack enflait. C'était une nuit qu'il avait attendue si longtemps, avec tant d'impatience ! C'était l'aboutissement de mois, d'années de travail. Et les affaires de a soirée avaient débuté de manière prometteuse : trois personnes supprimées avant qu'aucune ait pu pousser un cri. Et puis ...
Puis tout avait pris un tour exaspérant. Pourquoi était il donc monté sur la colline alors que l'enfant était si manifestement descendu ? Le temps qu'il soit en bas, la piste était froide. Quelqu'un avait dû trouver l'enfant, l'emmener, le cacher. C'était la seule explication.
Un coup de tonnerre éclata, sonore et subit comme un coup de fusil, et la pluie s'abattit à seaux. Le Jack était méthodique, il entreprit de planifier sa prochaine manœuvre : les visites qu'il devrait rendre à certains habitants, à ceux qui seraient ses yeux et ses oreilles dans la ville.
Rien ne l'obligeait à dire à l'assemblée qu'il avait échoué. Quoi qu'il en fût, se dit il en s'abritant sous un auvent de la pluie matinale qui roulait comme des larmes, il n'avait pas échoué. Pas encore. Il avait des années devant lui. Il avait tout son temps. Le temps de régler ce dernier travail inachevé. Le temps de couper le tout dernier fil."
L'étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman
Albin Michel - Collection Wiz
Traduit de l'anglais par Valérie Le Plouhinec
12:29 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10 mai 2009
Lecture
Jeune femme. La trentaine. Veuve depuis quelques mois. Sans enfant. Cultivée. Persuadée qu'elle finira sa vie seule.
Homme. La trentaine. Célibataire depuis toujours. Venant de perdre sa mère. A la recherche d'une femme pour tenir la maison et la ferme.
Deux personnes que tout oppose. Que rien ne prédisposait à se rencontrer. Et pourtant...
Côte à côte tous les jours devant les tombes respectives de son défunt mari pour elle et de sa regrettée mère pour lui, ils vont d'abord se détester puis...
Pour la suite, vous savez ce qu'il vous reste à faire...
Au premier abord, on se dit "oh bof, un roman sentimental comme on peut en trouver tant"... Pas grand chose d'extraordinaire là dedans...
Mais l'histoire peut sembler intéressante. Le choc des cultures. La lutte pour se construire une vie amoureuse débarrassée de tous préjugés et libérée des conventions... La recherche du partenaire "idéal” ou de la partenaire idéale, celui ou celle qui comblera toutes nos attentes, double fantasmé ou réalité tangente ?
Et elle est intéressante cette histoire...
Que ce soit Désirée la bibliothécaire ou Benny l'agriculteur qui parle... Car peut être que la magie de ce roman repose dans ce petit subterfuge. L'auteur donne la parole à ses deux protagonistes à tour de rôle. Chacun nous racontant son point de vue sur ce qui vient de se déroul
er... La voix de ses personnages. Chacun avec son ton, avec ses valeurs, ses jugements, sa culture... Désirée la bibliothécaire cultivée qui ne comprend pas qu'on puisse ne serait ce qu'envisager de vivre sans livre, sans opéra, sans musée, ... Benny qui ne conçoit même pas qu'on puisse lire un livre par plaisir ou envie. Perte de temps, fatigue inutile alors qu'il y a tant de choses à faire à la ferme...
Force comique et dramatique, car nous, petits lecteurs voyeurs, nous savons pertinemment ce que pensent Désirée et Benny, nous tremblons pour eux, rions d'eux, voulant juste savoir s'ils vont parvenir à s'affranchir des préjugés et combler le fossé social qui les séparent.
Loin du basique et conventionnel roman sentimental, Le mec de la tombe d'à côté est un petit livre drôle, pertinent, émouvant et attachant... On a juste envie de savoir ce qui va bien pouvoir leur arriver à ces deux là.... même après la fin....
Extrait :
Putain, je ne peux pas la blairer, je ne peux vraiment pas la blairer !
Pourquoi elle est tout le temps assise là ?
J’avais l’habitude de me poser un moment sur le banc après l’entretien de la tombe pour reprendre le fil de mes pensées. J’essayais de trouver un petite bout de ficelle auquel m’accrocher et qui me permettrait d’avancer encore un jour, ou deux.
(…)
Me rendre sur la tombe est mon seul bol d’air, mais, même là, j’ai du mal à me dire que j’ai le droit de faire une pause et de simplement penser. Il me faut d’abord biner et m’activer, avant de m’autoriser à m’asseoir.
Et alors je la trouve assise là.
Décolorée comme une vieille photo couleur qui a trôné dans une vitrine pendant des années. Des cheveux blonds fanés, le teint pâle, des cils et sourcils blancs, des vêtements ternes et délavés, toujours un truc bleu ciel ou sable. Une femme beige. Toute sa personnes est une insulte – un peu de maquillage ou un joli bijou auraient indiqué à l’entourage qu’elle prête attention à son image et à l’opinion des autres, sa pâleur en revanche ne dit que « Je m’en fous de que vous pensez, je ne vous vois même pas. »
Le mec de la tombe d'à côté - Katarina Mazetti
Editions Gaïa Juin 2006 - Babel 951 Avril 2009
Traduit du suédois par Lena Grumbach & Catherine Marcus
10:13 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
07 mai 2009
...
Ce n'était pas gagné. Tant de choses entre nous. Tant d'obstacles à surmonter... Mais aussi improbable que cela puisse paraître, ce fut une réussite... Enfin il ne faut pas exagérer non plus... Peut être devrais je dire ce ne fut pas la catastrophe attendue...
C'est vrai. Quand nous avons décidé d'aller voir Incognito, je dois admettre que je n'étais pas particulièrement enthousiaste...
Bénabar... Aïe...
Dubosc ... Aïe Aïe...
Mais Jocelyn Quivrin...
Et quelle ne fut pas ma surprise... Ce n'était pas mauvais... Franchement, sans aucune ironie ou moquerie.
Dubosc reste assez insupportable. Mais d'un autre côté son personnage est insupportable. Alors quelque part, il y avait comme une adéquation entre l'interprète (je ne peux pas me résoudre à dire acteur...) et le personnage.
Bénabar dans ses premiers pas d'acteur. Académique, simple, et basique. Encore une fois, endosser le rôle d'un chanteur à succès, style "nouvelle scène française je parle de moi et de moi et encore de moi en balançant des évidences", c'était presque être lui même, non ?
Ce duo terrible équilibré par un Jocelyn Quivrin parfait. Je sais, une interprétation n'est jamais parfaite mais juste. Mais il était là dans le film naturellement, comme ça, se baladant de scène en scène et promenant les autres personnages par le bout du nez...
Pour le reste, un scénario sympathique, bien mené même si sujet à certaines lenteurs, parfois drôle et sans prétention. Une gentille petite comédie absolument pas violente mais agréable à regarder. Des images académiques, mais dans une comédie ce ne sont ni la photo ni les effets spéciaux qui comptent. Enfin ce n'est pas ce que je cherche dans ce type de film.
Au final, une bonne surprise donc, mais l'espace d'une séance de cinéma. A revoir peut être une fois lors d'un passage télé un dimanche soir pluvieux et glacial...
14:45 Publié dans film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


