27.06.2008

Ah juin, joli mois de juin

Attention...

Grand événement national. Dès Aujourd'hui, tout est permis.

Les maigres économies que vous avez faites peuvent partir en fumée. Eh oui ! C'est le grand retour du pouvoir d'achat pour tous.

 

C'est le début de l'été. Dehors, le soleil brille. Il fait chaud. Il fait beau. Le moral des français est au top. Nous vivons dans un monde fabuleux et harmonieux.

 

La France a perdu l'Euro 2008. Mais tout le monde s'en fout. Domenech, suivant le modèle institué par notre "chef spirituel", a fait sa demande de mariage à Estelle Denis en direct, juste après l'élimination de l'équipe française.

 

Tout est magnifique.

 

Depuis hier, les soldes d'été ont débutées. Tout le monde se rue dans les magasins. C'est la foire d'empoigne, c'est la cohue. On se précipite pour dépenser cet argent qu'on a si jalousement gardé durant les derniers mois.

 

La crise du pétrole ? Quoi ? Le baril a 140 $ ? Mais de quoi parle t'on ? C'est vrai quoi, peu importe qu'on mette 60 € dans un plein d'essence (soit 400 francs, juste pour info, soit un chariot de course pour une famille de 3 personnes, soit, ...). Alors à raison de 2 pleins pour effectuer un trajet aller plus 1 plein sur place environ plus 2 pleins pour le retour; on totalise 5 pleins pour deux semaines de vacances. Donc, 5 X 60 = 300 €.

 

La suppression de la publicité sur les chaînes du service publique ? Quelles chaînes ? Il existe d'autres chaînes que TF1 et M6 ? Ah bon. Et on va augmenter la redevance audiovisuelle pour ça ? Ah... Mince alors... et les fournisseurs d'accès Internet et téléphoniques vont être taxés aussi ... Aïe... Surtout si on est juste un petit peu réaliste et qu'on comprend que cette taxe substantielle à laquelle ils vont être soumis va immanquablement se répercuter sur le prix de nos abonnements.

Mais après tout, on s'en fout. Nous sommes fin juin. Dehors, on se croirait vraiment en été. Les vacances débutent dans quelques jours.

Un quotidien national a titré "France Sarkovision"... La fin de la publicité sur le service publique. La télévision est vendue au pouvoir présidentiel. De toute façon, quelle liberté d'expression reste t'il vraiment ?

L'actionnaire principal de France Télévision, l'Etat, sera décisionnaire dans le choix du président de France télévision (Sarkozy a d'ores et déjà limogé De Carolis, bon d'accord, ce n'est peut être pas un mal... mais), Mais on peut se poser la question de la liberté d'expression dans un univers où de toute façon le président contrôle les médias publiques. Un journaliste qui ne lui convient pas... Oup's dehors... Après tout, on l'a déjà vu avec une institution comme PPDA.

D'autant plus qu'il y a quelques jours, un amendement socialiste a été voté. Pour préserver la liberté d'expression journalistique. Encore un peu et les journalistes n'avaient pus le droit de critiquer le pouvoir en place. On appelle ça comment déjà ? Cet amendement socialiste, figurez vous qu'une des ministres du gouvernement était contre. Allez je vous aide. C’est une femme, donc. Elle s'occupe entre autre de la justice, ...

Enfin juste un petit détail, par rapport à la commission Copé, puisque après tout, ils ont bossé environ 6 mois là dessus. 6 mois pour quoi ? Puisqu'au final Sarkozy a juste fait amendé les propositions qu'il avait faites en Janvier dernier. Donc, où est la légitimité du gouvernement et des différents ministères quand on a un président, qui de toute façon, n'en fait qu'à a tête et ne suit pas les propositions et autres directives de ses différents ministères ?

 

J'arrête, on se croirait vraiment dans une dictature. Mais on en prend le chemin, non ?

 

Enfin, ce n'est pas très grave tout ça. C'est le début de l'été, le début des soldes, le début des vacances et après tout, on s'en fout, non ?

20.06.2008

Alors là...!!!

Entendu aux infos et permettez moi d’être horrifiée…

Un nutritionniste, en accord avec le gouvernement et l’éducation nationale, souhaite mettre en place une mesure visant à lutter contre l’obésité chez les jeunes.

S’ils arrivent à se maintenir entre 18 et 25 d’IMC, ils pourraient obtenir des points supplémentaires. Alors pour les plus gros, ce serait perdre du poids et plus les trop maigre, prendre quelques kilos.

Alors non, je ne suis pas d’accord…

Même si cette mesure s’accompagnait de cours de nutrition et de cuisine, je ne comprends pas.

Pourquoi ?

Tout simplement à cause du contexte.

En effet, à l’heure où on interdit les campagnes publicitaires avec des mannequins trop maigres (campagnes incitatives à l’anorexie ou la boulimie…), où justement on lutte contre les diktats de l’image et de l’apparence, pourquoi mettre en place une mesure qui justement joue sur l’apparence et sur le poids, le surpoids, la maigreur ? Pourquoi ne pas mettre en place des cursus psychologiques dans lesquels on apprendrait tout simplement à s’accepter tel qu’on est ?

Parce que la maigreur ou le surpoids ne surviennent pas sans raison chez un adolescent…

Non. On ne devient pas anorexique ou boulimique, ou hyperphage comme ça…  De la même façon, quid des enfants qui ont un code génétique qui fait que … ?

Nous ne sommes pas tous égaux face à la nourriture.

Alors mettre des enfants en compétition, je trouve ça bien plus grave que le reste.

Par ailleurs, aujourd’hui où le pouvoir d’achat des français est en chute libre, allez expliquer à des gamins (et à leurs parents par la suite… Mais bien sûr, et la marmotte, elle fait quoi déjà ?!), qu’il ne faut pas manger de poissons panés, de frites, de cordons bleus, de chips…  Allez y… Franchement, je voudrais bien voir comment ils vont faire, ces pauvres parents qui ont juste de quoi payer un loyer et nourrir tant bien que mal (et j’insiste sur le tant bien que mal) leurs gamins…

Vous avez déjà fait le test ?

Un McDO, le midi, ça coûte moins cher qu’un repas dans une sandwicherie ou un repas équilibré. Bah oui, à 2€ le hamburger, à 1€ les frites (je suppose, je n’y fous jamais les pieds, enfant de la déconstruction alimentaire que je suis…)…

Une pomme verte, au supermarché (là je me sens en terrain de confiance), c’est 70 cts à 80 cts d’euro. Un paquet de chips ou de gâteaux premier prix, c’est 50cts d’euro… Aïe, il y a comme un truc qui cloche…

Eh oui, ça coûte moins cher de mal manger que de bien manger… à moins d’habiter à la campagne et de faire son potager…

Toujours dans le même ordre d’idée, regardez la composition alimentaire des produits 1er prix et des marques… Une simple comparaison, lipide, glucide, protide, sodium, fer, calorie… Allons y …

Eh oui, aïe n°2… les produits les moins chers sont aussi les plus gras, les plus sucrés, les plus caloriques, les plus riches en sodium… Mince alors… Je ne suis pas certaines que tout le monde ait les moyens d’aller faire ses courses uniquement en achetant des marques… Même dans un soucis de santé.

En ce moment, on nous parle sans arrêt de la commission Copé sur la publicité dans le service publique.. Parlons de la publicité… Que ce soit à la télévision, au cinéma, dans les magazines, dans les couloirs de métro, dans la rue, nous voyons des publicités pour des produits alimentaires en permanence. Des produits pour la plupart saturés en sucres gras et en sel. Avec un petit message laconique de l’INPES qui nous dit bien que ce n’est pas bien… « Pour votre santé, évitez de manger trop gras et trop sucré » ; « Pour votre santé, mangez au moins cinq fruits et légumes par jour » ; « Pour votre santé, pratiquez une activité physique… »…

Mais merde !!! On nous prends pour des abrutis ou quoi ? Pourquoi mettre de telles affiches si c’est pour nous culpabiliser en les regardant. Parce que les publicitaires, eux, ils s’en foutent… Ils sont là pour vendre le produit… Alors envie d’une glace ? de chocolat ? de nutella ? de chips ? de coca ? Allez y… c’est voluptueux, c’est plein d’énergie, c’est convivial, c’est sportif… Mais attention, hein, en dessous de la publicité, c’est bien écrit que « c’est pas bien… »

Comment créer des comportements ambigus et culpabiliser les consommateurs ?

Alors comment dire ?

Je suis contre ce genre de mesure, parce que ce serait créer de trop grandes disparités entre ceux qui ont les moyens (financiers, physiques et psychologiques) et ceux qui ne les ont pas. Et on ne me fera pas croire que ce n’est pas une mesure discriminante.

Enfin, juste une petite info, l’anorexie et la boulimie, ou l’hyperphagie, enfin peu importe, ce sont des maladies de riches, créées par notre société consumériste. Avant, tout ça n’existait pas. Les français n’avaient pas les moyens d’être « malades ». On avait juste les moyens de manger. Ces troubles du comportement alimentaire sont apparus avec l’augmentation du niveau de vie des français, en remplacement d’autres troubles (la dépression, l’alcoolisme, le tabagisme…).

Ce qu’il faut étudier, ce n’est pas la nutrition, mais tout simplement la faculté qu’on chacun de vivre leur vie et d’apprendre à être heureux, quelques soient les conditions…

Je suis peut être extrême, mais c’est un point de vue totalement subjectif d’une personne qui est passée par là… et qui en paie encore les pots cassés…

 

07.05.2008

Réminiscences scolaires ?

Mai 

Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
    Des dames regardaient du haut de la montagne
    Vous êtes si jolies mais la barque s'éloigne
    Qui donc a fait pleurer les saules riverains

    Or des vergers fleuris se figeaient en arrière
    Les pétales tombés des cerisiers de mai
    Sont les ongles de celle que j'ai tant aimée
    Les pétales flétris sont comme ses paupières

    Sur le chemin du bord du fleuve lentement
    Un ours un singe un chien menés par des tziganes
    Suivaient une roulotte traînée par un âne
    Tandis que s'éloignait dans les vignes rhénanes
    Sur un fifre lointain un air de régiment

    Le mai le joli mai a paré les ruines
    De lierre de vigne vierge et de rosiers
    Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
    Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes

Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

 

Pourquoi ? Tout simplement parce que depuis une semaine, "le mai le joli mai" me trottait dans la tête, harcelant mon cerveau sans répit aucun, je cherchais la suite, vieilles réminiscences scolaires... et c'est chose faite...  

 

Le Pont Mirabeau 

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
            Et nos amours
       Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine
 
     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure
 
Les mains dans les mains restons face à face
            Tandis que sous
       Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse
 
     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure
 
L'amour s'en va comme cette eau courante
            L'amour s'en va
       Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente
 
     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure
 
Passent les jours et passent les semaines
            Ni temps passé
       Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
 
     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure

Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

 

Et comme une lubie ne vient jamais seule, je continue avec Le Pont Mirabeau...

Le temps qui passe... Comme il est doux de pouvoir oublier parfois. Comme il est agréable d'avoir la naïveté de croire qu'on peut tirer un trait sur certaines choses et faire comme si... On dirait que... comme les enfants qui jouent... On dirait que... Rêver quelques minutes, y croire l'espace d'un instant, un jour, une semaine, un mois, une année...  Juste y croire... Et parfois croire en ses rêves suffit à les rendre réels, non ?

 

22.04.2008

C'est une blague ?

Entendu ce matin ...

Lors de la dernière déclaration d'impôts, le gouvernement avait versé une prime de 1500 € aux personnes déclarées comme ayant été au chômage et qui avait acceptées durant l'année une mobilité de plus de 200 kilomètres afin de trouver un emploi. Beau geste.

Sauf que ces mêmes personnes viennent de se voir réclamés ces 1500 € avec une majoration de 10% ... Au résultat, ils devraient de l'argent à l'état et aux impôts pour avoir ... été ... euh ?!

Parfois, on se demande vraiment jusqu'où on va aller... Sincérement... Encore une abbération du système informatique ? Encore une "bourde" du gouvernement ? 

Bref...  

 

04.04.2008

souvenirs

Quand il était jeune, mon père aimait rire, sortir, jouer de la musique, faire du sport… il aimait vivre.

Pourquoi est ce qu’il a tout oublié ? Pourquoi est ce que je ne l’ai jamais connu comme ça ?

La vie bouffe t’elle les gens à ce point qu’ils se perdent et s’oublie quelque part à un carrefour, abandonne leur âme et repartent, ombres vides vers la vie, le quotidien ?

 

Le dimanche matin, quand nous étions enfants, avec mes frères, il nous emmenait faire du vélo dans les bois. C’était bien. Surtout quand il avait plu juste avant. On rentrait boueux, trempés et épuisés. Et heureux.

L’été, nous partions dans un tout petit village du centre de la France. Je crois que j’y ai mes plus beaux souvenirs. C’était les vacances. Nous étions ailleurs. Il était loin du quotidien, de ses soucis, de sa fatigue, de ses colères. Il était lui.

Dans ce petit village, nous étions comme des rois.

À chaque fois nous logions dans l’Auberge. Elle appartenait à des amis de la famille. Nous pouvions en visiter chaque recoin. La cuisine, les salles de réception, la pièce avec le flipper, la salle du restaurant.

À chaque fois, on nous réservait le Chalet, au fond de la cour de l’hôtel. Une maison dans la maison. C’était chez nous. Élise et Adrien, les propriétaires avaient un magnifique berger allemand. J’aimais beaucoup jouer avec lui. Je grimpais dessus comme sur un poney, quand j’étais toute petite. Devant l’Auberge, il y avait un lavoir dans lequel les vieilles du village aimaient à venir laver leur linge comme à l’ancienne. Elles savonnaient, frottaient, souriantes et heureuses.

Le matin, nous descendions prendre le petit déjeuner dans la grande salle du restaurant. De bonne heure. Chocolat chaud, brioche, confiture, beurre, baguette, un petit déjeuner de roi, de vacances. Il fallait que nous mangions de tout. Qui sait ? Si jamais le lendemain ce n’était plus pareil, juste au cas où, nous préférions prendre de l’avance et faire des provisions.

Ensuite, venait l’heure de se préparer pour aller à la plage. Où bien au marché quand c’était le jour. Là bas, on avait même le droit de se promener tout seul. La grande place avec l’église, qui se transformait deux fois dans la semaine. Noire de monde, grouillante, comme peu l’être un petit village de campagne durant les vacances. Pour nous, c’était énorme.

La plage, le matin, était souvent déserte. De bonne heure, quelques fois, nous allions faire le tour du lac. Le passage dans les bois était un véritable terrain de jeu. Des racines, des troncs d’arbres, quelques pêcheurs qui râlaient parce que nous troublions leur tranquillité et le silence, des écureuils, qui s’amusaient à nous aguicher avant de grimper dans les arbres avec prestance et rapidité. On finissait le tour du lac épuisé d’avoir trop couru. Après seulement, nous avions le droit d’aller nager. Tous les matins, même sous la pluie, à 10h, c’était cours de natation dans le lac. Je n’ai jamais su apprendre autre chose que la brasse (et encore, sans mettre la tête sous l’eau) et le dos crawlé. Les plongeons, le pauvre maître nageur a essayé, mais au bout de quelques années, il a capitulé. J’étais perdue pour la cause de la natation.

Pendant que je souffrais sous les directives du tyran maître nageur, mes frères et mes parents barbotaient. Après la leçon qui m’avait semblé durer une éternité, j’avais le droit de les rejoindre. Et là, je retournais nager avec mon père. On faisait la course. Bizarrement, je gagnais toujours. J’ai bien compris maintenant qu’il me laissait gagner par pure gentillesse, mais à l’époque, j’étais très fière de battre mon père. Lui qui était si sportif, si fort, si grand. Et moi, je le battais !

Vers 11h30, nous ramassions les affaires pour retourner à l’hôtel. Mais avant venait le moment de se doucher à la plage. Pour ne pas rentrer plein de sable. Des fois, nous avions le droit de manger sur place. Pas besoin de tout replier et ranger pour aller manger. C’était souvent les jours de marché. Le matin, très tôt, nous passions acheter du pain, du jambon, du saucisson, des chips et des fruits. C’était encore meilleur qu’au restaurant. La saveur des jours de fête et d’oubli. Comment a-t-on pu oublier tout ça ? Dis papa ? Ils sont partis où tous ces moments ?

L’après midi, nous n’avions pas le droit de nous baigner avant deux heures de digestion. Pour éviter l’hydrocution. Maintenant, j’ai compris le principe, mais à 8 ans, l’hydro… quelque chose me semblait surtout être un mot pour embêter les enfants. Mes parents l’entouraient d’histoires sordides de personnes mortes pour nous faire peur. Ce qui, bien évidement, attisait notre curiosité. Un peu comme cette boite de Pandore qui se rouvre au fur à mesure que je raconte ces souvenirs. Alors nous risquions un doigt de pied, puis le pied tout entier, et sans faire exprès, nous laissions tomber un objet ou un ballon dans l’eau, juste pour s’éclabousser sans faire exprès. Jusqu’à ce qu’on soit complètement trempés et que mes parents capitulent de guerre lasse.

Nous restions à la plage tout l’après midi. Jusqu’à bien après l’heure du goûter.

Les derniers moments étaient les plus savoureux. L’air se rafraîchissait. La plage se vidait. Les jeux nous appartenaient. La balançoire, le toboggan en métal qui brûlait les fessiers et les cuisses le reste de la journée, le tourniquet, pour bien se donner mal au cœur et faire tourner la tête.

Enfin, c’était notre tour de quitter la plage. De retour à l’hôtel, c’était à celui qui serait le plus rapide pour aller prendre la salle avec la baignoire. Une fois que nous étions propres et secs, nous avions le droit de descendre jouer dans la cour de l’hôtel. Il y avait des tables de jardin en métal blanc. Un peu rouillées. Un peu usées. Un peu bancales. Et aussi des petits bacs pleins d’eau dans lesquels grouillaient des multitudes de poissons. Adrien préparait les repas du soir. C’était le moment où il sortait pour égoutter la salade qui me fascinait le plus. Il la faisait tourner à grande vitesse, son épaule devenait un retors, son bras un axe qui se terminait par la main tenant le panier à salade. Et les feuilles ne tombaient pas par terre. Il en faut peu pour fasciner une gamine. Mais ça marchait à chaque fois.

Parfois, nous allions prendre l’apéritif avec les grands dans le bar du restaurant. Avec mes frères, on prenait un jus de fruit, Tropicana, il n’y a que là bas que j’en ai bu et je me souviens encore du nom. Puis nous allions jouer au flipper dans la salle de jeu. Ou alors on embêtait les grands et les adultes en jouant dans leurs jambes.

Quand venait l’heure de manger, nous nous dirigions vers notre table. C’était la nôtre. Toujours la même. Je me rappelle, une année, un couple s’est retrouvé installé juste derrière nous. C’était terrible. Comme si quelqu’un avait empiété sur notre territoire. Cette table était située près d’une fenêtre donnant sur la rue. Il y avait quatre places, même si nous étions cinq. Mon petit frère était encore tellement petit qu’il n’avait pas vraiment besoin d’une vraie place pour s’asseoir. Les années suivantes, on rajoutait une chaise en bout de table.

Le repas, c’était toujours la même histoire. On ne voulait pas manger. C’était la comédie perpétuelle, avec en prime un public de premier ordre : les autres clients du restaurant.

Il y avait toujours du potage. Même en plein été.

Le repas durait longtemps. Trop longtemps pour nous. Nous étions fatigués par nos journées et nous n’avions qu’une attente, le dessert et surtout… la salle avec la télévision. Il arrivait que certains soirs nous ayons le droit d’aller regarder la télévision dans la grande salle. Surtout quand c’était des émissions populaires du genre d’Intervilles qui passaient. Mais c’était quand même soir de fête dans ces cas là.

Quand on était enfants…

Alors le jour où j’ai annoncé à mon père que je partais vivre là bas, enfin par là bas, j’ai vu ses yeux briller.

Même si… c’est loin. Même si j’ai tout lâché pour ça…

Mais, c’était un peu de souvenirs et de sourires qui lui revenaient en tête. L’espace de quelques secondes.

25.03.2008

J-10

Plus que 10 jours....

Qu'est ce qu'on peut bien faire pour se motiver quand on sait qu'il ne reste que 10 jours à venir travailler ?

10 petites journées...

Avec une remplaçante stressée au bord de la crise de nerf ?

Avec des collègues qui, tout comme moi, tombent des nues de savoir qu'il ne reste que 10 jours ?

Sincèrement ? Comment fait on ?

Ce matin, en me levant, en me préparant, déjà cette petite question qui me trottait dans la tête... Mais qu'est ce que je vais bien pouvoir faire ?

Et après 3 heures passées ici, je n'en sais pas plus en réalité.

3 heures :

Arrivée à 8 heures, comme à mon habitude, fraiche et dispose... (dynamique, jeune et motivée... un peu et on y croirait presque...), j'installe le matériel. Et je lis mes mails. Jusque là, rien de vraiment différent. Mais ensuite... ah... comment dire... mes dossiers sont bouclés (et quand bien même j'aurai encore des modifications à y apporter, je suis tellement énervée que je ne pourrais pas le faire ici...), je n'ai plus de rendez vous à prendre, pas de coup de téléphone à passer... Mais qu'est ce que je fous ici ?! Je serai tellement mieux chez moi... à lire... ou à ne rien faire... 

Ma mission aujourd'hui ? Rassurer ma remplaçante en lui disant que non, ce n'est pas la fin du monde imminente, que oui, elle va très bien s'en sortir, que je vais tout bien lui laisser en ordre, qu'elle n'a pas à stresser comme une malade, que personne n'est irremplaçable, que... C'est tout simplement épuisant... Tout simplement...

Et ensuite, peut être lire deux ou trois bandes dessinées pour le déplacement de demain (il parait qu'il m'en reste 3 à effectuer... Ensuite, c'est ce qu'on appelle la quille, non ?), histoire de me donner bonne conscience...

Alors, au bout du compte, j'ai décider de remplir mon blog, histoire de m'occuper l'esprit et d'arrêter de tourner en rond...

Et dire que j'ai du retard serait un doux euphémisme... Entre les chroniques de livres, de films, de tous les jours et les photos, j'en ai au minimum pour... 10 jours....

 

05.03.2008

Lettre à un juge trop hâtif...

Derrière chaque personne se cache une histoire, un mystère, des secrets.

Derrière chaque individu, un monde entier, un univers totalement inconnu. Des blessures, des joies, des tristesses, des bonheurs, qui font que nous sommes tous uniques.

Derrières chaque rencontre, deux nouveaux êtres se créent. Nous ne sommes jamais totalement les mêmes. Ce sont les rencontres et ce qu’elles suscitent qui font que nous paraissons joyeux, fatigués, tristes, expansifs, fermés, peureux, heureux, méchants, avenants…

Peut on prétendre connaître parfaitement quelqu’un avant de l’avoir vu autrement que par nos propres yeux ? Avant de l’avoir vu sous un autre éclairage que celui de notre subjectivité ? Ah, la bienveillance de l’objectivité que nous ne possédons pas lorsqu’il s’agit d’affect… Qu’est ce qu’elle serait la bienvenue aujourd’hui…

Attention aux jugements hâtifs, dirais-je à certaines personnes.

Que savez vous de moi ? Que sais je de vous ?

Ce que nous voulons laisser paraître et ce que nous acceptons de livrer.

Regardez l’homme assis là bas à son bureau…

Oui, celui habillé de noir, l’air renfrogné, peu souriant, concentré…

Croyez vous qu’il soit toujours ainsi ? Que le soir, quand il rentre chez lui, il garde le même air, qu’il se réduit à ce que vous voyez là, maintenant ? Qui vous dit que dans cinq minutes, quand vous serez sorti de la pièce et que vous lui tournerez le dos, il ne se mettra pas à rire, ou juste à sourire ou peut être même que son visage se transformera pour offrir à votre dos une magnifique grimace…

Et la jeune femme assise là bas, l’air timide, fragile, le regard un peu perdu, une posture d’adolescente attardée malgré ses… quel âge peut être bien avoir d’après vous ? Vous diriez à peine 25 ans et encore, en étant généreux… Qui vous dit qu’elle n’en a pas quatre de plus, des années ? Que savez vous vraiment d’elle en dehors du fait qu’elle soit gentille (enfin, elle ne vous a jamais vraiment paru méchante…), calme, posée et sérieuse ? Rien ? Dommage.

Peut être auriez vous réagi autrement si vous aviez laissé la place à … comme c’est drôle … la communication…

Et vous, quand on vous regarde, que pensez vous qu’on imagine ?

Un sourire froid et calculateur, un rire trop bruyant pour être naturel, un regard perdu souvent, les traits tirés encore plus souvent, qui ont pris l’habitude de revêtir le masque de la bonne humeur dès qu’une personne passe la porte. Êtes vous le même dehors, aussi faux et fuyant ?

Qu’est ce qui se cache ou qui se cache derrière ce masque ?

Derrière chaque personne un monde entier, un univers totalement inconnu. Car c’est en ça que la vie est belle non ? Il n’existe pas un monde, un univers, une terre, mais autant de monde, d’univers et de terre qu’il y a d’individu sur cette fichue planète… Car la richesse et les personnalités de chacun interprètent ces concepts pour leur donner une réalité propre et personnelle…

Et c’est la rencontre de ces êtres qui permet de rendre la vie encore plus belle et intéressante…

Alors…

 

19.02.2008

Semaine suivante

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Semaine suivante... Avec :
Juno
Ps I love you (bah oui, c'était un jour où j'avais envie et besoin de pleurer, alors... c'était parfait...)
et Okkervill River à ... La Maroquinerie (bon avant, il y avait deux groupes, c'était dans le cadre des nuits de l'Alligator, et comment dire... parfois, je me dis que je suis vraiment hermétique... bref...)
 
Reprenons:
 
Juno

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Réalisé par Jason Reitman

Avec Ellen Page, Michael Cera, Jennifer Garner  entre autre...

Film canadien, hongrois, américain.

Genre : Comédie, Drame

Durée :1h31min.

Année de production : 2007

Distribué par Twentieth Century Fox France

Résumé (source Allociné) :

Juno McMGuff, 16 ans, est une jeune fille qui n'a pas la langue dans sa poche mais qui, sous ses airs de dure, se cherche comme toutes les adolescentes de son âge. Alors que la plupart de ses copines de lycée passent leur temps sur Internet ou au centre commercial, Juno ne fait rien comme les autres. C'est ainsi qu'un jour où elle s'ennuie, elle couche avec Bleeker, garçon aussi charmant que peu prétentieux.
Mais quand elle tombe enceinte accidentellement, elle décide de trouver le couple de parents adoptifs idéal qui pourra s'occuper de son bébé. Avec l'aide de sa meilleure amie Leah, elle repère dans les petites annonces du journal local Mark et Vanessa Loring qui rêvent d'adopter leur premier enfant. Soutenue par sa famille, Juno fait la connaissance des Loring. Tandis que le terme de sa grossesse approche, Juno va devoir faire preuve de maturité et de courage..

On sort avec le sourire. Une envie de rire. Et l'impression que tout est beau, que tout le monde est gentil, que tout est parfait... Bref, que la vie est belle.  Les acteurs sont touchants, attachants, vrais et vraiment tous là. Même les seconds rôles marquent les esprits (enfin, le mien du moins).

Les images, la musique, le scénario, le ton décalé, tout fonctionne à merveille. Je dois avouer que j'avais un peu peur parce que ce film était annoncé comme le nouveau Little Miss Sunshine, et que oui, j'avais adoré Little Miss Sunshine. Donc, surfer sur du marketing commercial pour vendre un film "indépendant", je trouvais ça un peu "effrayant", en réalité. Mais non. Ce fut une très bonne surprise... Vraiment. Des éclats de rire généreux durant tout le film, une salle de bonne humeur, du soleil dans la tête en sortant, et je vous dis, on croit vraiment que tout le monde est gentil et parfait...   

 

Ensuite, le vendredi soir, direction la Maroquinerie avec mon meilleur ami, sa femme et un ami.

Arrivés en avance, nous avons eu le temps d'aller prendre une bière dans un bar non enfumé (argh... je vais pas y arriver... bien craqué hier sur le paquet de cigarette, serait ce la faute à mon dimanche ? Fort probable...).

Donc le premier groupe... était assez effrayant en réalité. De bonnes inventions musicales, une belle voix pour le chanteur, mais... ils étaient 8 sur scène, le batteur devait avoir 12 ans à tout casser, sans parler des chanteuses, qui devaient être tout aussi mineures... Bref... Perturbant, et la gestuelle exubérante et exaspérante du chanteur qui devait s'amuser à reproduire tous les travers de grands chanteurs américains... (sauf que chez eux c'était original et naturel et que là c'était tout sauf ça...)
Bref, no comment...C'était Coming Soon
Ensuite, du Blues avec Michael J Sheeh... Apparement, c'est un mec bien. Il a été ensensé par Télérama. Alors je me dis que je suis hermétique au Blues. Mais d'un autre côté, il y a de nombreux morceaux et chanteurs (pas lui, d'accord), que j'adore... Donc... Heureusement que tous les goûts sont dans la nature et que l'objectivité n'est pas de mise dans une critique (Si ? Ah, mince alors...bon, bah tant pis...)
Et enfin, Okkervill River... Et ils ont assuré. Vraiment. Une ambiance impressionante, une pêche sur scène, une présence hallucinante, je confirme juste que je les préfère en concert qu'en album. C'est un petit peu comme le jour et la nuit, en réalité. Non pas que les albums soient mauvais, loin de là et ce n'est absolument pas ce que je veux dire, mais c'est autre chose. Je suis sortie avant le rappel (juste histoire de ne pas rentrer trop tard à Saint Ouen City, avec l'heure de métro qui m'attendait), mais en partant, je les ai eu dans la tête pendant tout le trajet. Impossible de reconnecter à la réalité. Même pas allumé mon lecteur Mp3, c'est pour dire (pour ceux qui me connaissent, c'est un peu un miracle, étant donné que je suis une véritable autiste de la musique... ou comment se couper du monde avec quelques notes et tonalités, voix, paroles... )
 
Une soirée vraiment agréable (à la fin... ) et très drôle. Paris est une toute petite ville, puisque j'ai réussi à croiser une "connaissance" durant l'un des entracte (et pourtant la salle était blindée !!!). Cela dit, ça m'a fait plaisir de le croiser et de pouvoir discuter du concert avec lui... Ah les critiques d'Anthony, il n'y a pas à dire. Je crois vraiment que c'est la seule personne dont j'écoute les critiques en fait (même si je ne suis pas toujours d'accord...) et ça faisait bien... pfff... au moins 10 mois que je ne l'avais pas croisé... Ca fait bizarre, mais j'étais plutôt contente en réalité.
 

 

Et donc, le lendemain, pour conclure cette parfaite semaine, je suis allée voir Ps : I Love You.
Samedi matin, réveil difficile. De toute façon, je hais le mois de février. Avec cette boule dans la gorge. Impossible à faire sortir. Et pourtant...
Alors je suis allée voir un pur film sentimental. Et comme je suis particulièrement cliente dans certaines conditions et que les 8,9 et ... février, c'est ... bref... tout était réuni comme il fallait. Le deuil, la disparition d'un être cher, l'amour, le rire, les souvenirs, ...

Réalisé par Richard LaGravenese

Avec Hilary Swank, Gerard Butler, Lisa Kudrow

Film américain.

Genre : Comédie, Romance, Comédie dramatique

Durée : 2h 6min.

Année de production : 2007

Distribué par SND

Résumé (source Allociné) : 

b3762db40f9e5e04fd6f15a155edf3ef.jpgHolly et Jerry sont un couple amoureux menant une vie parfaite. A la suite de la mort soudaine de Jerry, Holly sombre dans une dépression. C'est alors qu'elle reçoit une lettre, la première d'une série de dix, rédigées par Jerry avant sa mort. Ces lettres, agencées tel un jeu de piste, lui donnent des instructions de choses à faire pour, à terme, tourner la page et enfin réapprendre à vivre.

Résultat des courses : 2h de reniflements (j'avais oublié de prendre des kleenex), les yeux rouges et complétement explosés en sortant. Et la boule qui avait disparu.
Et le soir, j'ai trinqué à ta santé la Miss, dans ma tête. 2 vodka pures en apéritif, chez mon meilleur ami et sa femme... Petit anniversaire sombre, mais qui restera longtemps...

Enfin, concernant le film, Hilary Swank est très bien dans ce rôle. Lisa Kudrow "a été payée à faire du Phoebe" (dixit Davird, merci pour l'expression que je reprends sans vergogne...), les images de l'Irlande (c'est là où je vais cet été...!!!!), sont superbes... James Master s'en sort très bien...  

 
Et voilà...
 
J'ai rattrapé mon retard, enfin presque parce qu'il me reste Les Liens du sang (si je suis allée voir un film français... Vous avez une mauvaise influence sur moi, monsieur... enfin, du moment que je ne me retrouve pas à aller voir Astérix...) mais ce sera pour plus tard...

30.01.2008

Un rêve

Dehors le ciel est bleu rose.

Un ciel de fin de journée ensoleillée.

- Il a fait beau alors?

- Oui.

- Je n'avais pas vu.

- Dommage

- Peut être.

Un ciel plein de promesse pour demain. Un de ces ciel qui vous fait croire au bonheur éternel... menteur ? Sûrement. Mais le rêve n'est il pas mensonge ?

Dehors, les immeubles, les cités, les rails.

C'est gris. C'est sale.

- Dis, on partira ?

- Oui.

- Quand ?

- Bientôt.

- T'es sûr ?

- J'espère...

Des paroles de chansons... "Si ce n'est pas sûr, c'est quand même peut être"... Le rêve est il vraiment menteur ? Toujours ? Tout le temps ? "Si ce n'est pas sûr, c'est quand même peut être" dit la chanson...

La nuit tombe vite. Il y a encore quelques minutes, il faisait jour. Encore une de passée. Sans qu'elle s'en rende compte. Ce soir, c'est déjà maintenant, alors qu'il y a quelques instants, c'était encore une projection, un rêve, une pensée, lointain...

Elle relève la tête. Le train entre en gare de Magenta. Il n'y a plus rien à voir dehors, si ce n'est les longs tunnels sombres du RER. Noirs. Sales. Effrayants. Mais au bout, il y a toujours une sortie, une fin... Alors le rêve, peut être que parfois il ne ment pas, peut être que parfois il devient vrai...et que bientôt, c'est sûr, elle partira...

Elle secoue la tête, sort de ses rêveries, range ses affaires. Elle est arrivée à Haussmann Saint Lazare, il faut qu'elle rentre chez elle...

 

11.01.2008

Certains soirs


Parfois, le soir, juste avant d’éteindre la lumière, elle parlait avec eux. Allongée sur le dos, les bras relevés qui soutenaient sa nuque, les yeux fermés.

Ça ne se faisait pas comme ça. Il fallait suivre un rituel très précis.

En premier, elle s’allongeait. Calmait sa respiration. Ensuite, elle fermait les yeux et attendait.

Que le lit s’envole. Tout doucement. Au début, elle se sentait toute petite. Comme si le lit devenait l’univers. Puis elle s’élevait. Lentement. Alors après un court voyage qui l’emmenait vers l’éternité, elle les apercevait qui étaient venus l’accueillir. Tous les deux. Réunion improbable mais si belle.

Tous les trois, ils se dirigeaient vers la grande salle qui servait à recevoir les visiteurs vivants. Elle était immense et semblait pourtant si petite.  Il y avait d’autres groupes installés à de petites tables. Une grande cheminée trônait dans le fond.

Dès qu’ils s’asseyaient, tous les autres disparaissaient… La salle n’était qu’à eux. Petit salon cosy. Toujours avec cette cheminée dans laquelle le feu semblait ne jamais s’éteindre.

Au centre de la table, un jeu d’échec avec une partie toujours en cours. Souvent elle se demandait si c’était toujours la même éternelle et infinie partie ou une nouvelle. Et souvent, elle oubliait la réponse juste après qu’on le lui ait dit.

Ils parlaient, riaient, pleuraient aussi des fois. Elle ne savait jamais de quoi ils avaient parlé. Pourtant ils parlaient. Elle en était certaine. Elle leur parlait. Peut être qu’elle leur posait des questions sur ce qu’ils faisaient maintenant ; ou peut être qu’elle leur demandait comme c’était ici ; peut être qu’elle leur racontait sa vie ; peut être qu’ils lui répondaient. Elle n’aurait pas su le dire. De temps en temps, un esprit farceur et rieur venait tourner autour d’eux. Évanescent. Sauf les yeux… et le sourire… il lui rappelait quelqu’un… une amie partie trop vite, trop tôt, trop silencieusement… alors peut être qu’elle aussi était arrivée ici ?

Combien de temps est ce qu’elle restait avec eux ?

Elle ne pourrait pas le dire. Peut être une journée, une matinée, une après midi, une soirée, une nuit, … elle ne savait pas.

Et puis venait le moment où il fallait partir…

Quand ils se levaient, la salle redevenait immense. Les autres occupants de la pièce réapparaissaient.

Elle les embrassait. Puis ensemble, ils retournaient jusqu’à l’endroit où elle était arrivée.

Alors elle flottait dans les airs à nouveau. Tombant doucement sur le lit univers. Et tout doucement, retournait sur la Terre.

Quand elle ouvrait les yeux, il ne s’était pas passé plus de cinq minutes. Mais pour elle c’était une éternité, douce, bienheureuse et si réconfortante.

Ils lui manquaient ces deux grands pères. Mais là haut, ils avaient l’air si heureux. Et puis, de temps en temps, elle s’accordait un petit voyage… Juste eux et elle… pendant leur instant d’intemporalité et d’éternité…

Ensuite, elle éteignait la lumière. Fermait les yeux. Et partait dans le monde des rêves…

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