21.11.2007
Some News
Pour le mois de Janvier...
Pour les fans inconditionnels, ...
Il y a un nouveau Chuck Palahniuk. Sortie prévue pour le 10 janvier aux Editions Denoël...
Titre prévu : Peste...
Dès que j'ai plus d'infos...
Pour les fans de Comics et Super Héros, un roman chez Liana Lévi, Swap d'Antony Moore (Facile à retenir pour les dit-fans, il a le même nom de famille qu'Alan.... Nerd spirit, sort de ce crâne...!!!). Sortie prévue le 3 janvier...
D'ailleurs, Alan s'y colle également, avec la publication chez Calman Lévy ce coup ci (Eh c'est moi, où ils se font la guerre ?!!!!), avec la publication de La Voix du Feu en janvier.
Une rentrée étrangère assez intéressante en fait...
Allez, je cite... tant pis...
D Peacock chez Gallmeister avec Une Guerre dans la tête
David Peace (Tokyo année Zéro) ; Valério Evangelisti (Soyons tout) ; Elmore Leonard (Le Kid de l'Oklahoma) chez Rivages
Colson Whitehead avec Apex et Le Colosse de New York chez Gallimard
Donald Antrim (La vie d'après) ; Cormac McCarthy (La Route) aux éditions de l'Olivier
Upton Sinclair et son roman There Will be Blood (qui sera d'ailleurs adapté au cinéma courant 2008), chez Gutenberg...
Mark Henshaw et L'Ombre de la Chute chez Bourgois...
Je m'arrête là... Mais ce n'est qu'une première liste. Je n'ai pas encore fait le tour des Polars, de la SF, de tous les éditeurs...
Et étant donné que faire un dossier sur les parutions de Janvier c'est mon boulot pour les semaines à venir...
Je sais au moins ce que je vais faire de mes soirées et de mes week end à venir... Ainsi que des 3 semaines de vacances que j'avais posées...
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26.09.2007
Lecture
La Physique des Catastrophes
Marisha Pessl
Traduit de l’Anglais (Etats-Unis) par
Gallimard – 24,5 € - 624 pages
30 août 2007
Isbn : 978 2 07077 6207
Biographie
Marisha Pessl est âgée de 27 ans. Elle est née à Ashville, en Caroline du Nord. Elle est diplômée de l’Université de Columbia. Elle travaille comme consultante financière dans un bureau international privé d’audit et de conseil.
Résumé
Bleue Van Meer serait une adolescente américaine tout à fait ordinaire. Sauf que, à cinq ans, elle perd sa mère dans un accident de voiture et que son père, un intellectuel exubérant et excentrique, la ballotte désormais d'une ville universitaire à l'autre, vers de nouvelles aventures, toujours sur la route.
Ils vivent une relation fusionnelle, multiplient les joutes oratoires, se lancent dans des citations savantes, refont l'histoire de la littérature et de la physique quantique. Mais un jour, elle découvre le cadavre pendu d'Hannah Schneider, son professeur préféré. Que peut-elle bien faire ? Suivre les conseils paternels et reconstituer l'histoire, avec rigueur, un zeste de comique, si possible, et moult anecdotes. Cela suffira-t-il à élucider le drame et à percer les secrets d'un entourage plus mystérieux qu'il n'y paraît ?
Extrait
Introduction
Papa disait toujours qu’il faut une sublime excuse pour écrire l’histoire de sa vie avec l’espoir d’être lu.
« A moins que ton nom ne soit comparable à ceux de Mozart, Matisse, Churchill, Che Guevara ou Bond – James Bond -, il vaut mieux que tu consacres ton temps libre à peindre avec tes doigts ou à pratiquer le palet, car personne, mis à part ta pauvre mère aux bras flasques et aux cheveux rêches qui te couve d’un regard tendre comme du veau, ne voudra écouter le récit de ta pitoyable existence, laquelle s’achèvera sans doute comme elle commencé – dans un râle. »
Avec des critères aussi stricts, j’était persuadée que je ne trouverais de toute façon pas ma sublime excuse avant d’avoir au moins soixante-dix ans, lorsque je serai pleine de tavelures et de rhumatismes, mais dotée d’un esprit aussi tranchant qu’un couteau de boucher, d’un mas provençal à Avignon (où je pourrais me délecter de 365 fromages différents), d’un amant de vingt ans plus jeune qui travaillerait aux champs (des champs de quoi, je l’ignore, sans doute une plante dorée et vaporeuse) et, peut être, d’un petit succès à mon actif en sciences ou en philosophie. Et pourtant, la décision – ou plutôt, la nécessité impérieuse – de prendre la plume pour raconter mon histoire, et tout particulièrement l’année où elle se défit comme un pull dont on a tiré une maille, eut lieu beaucoup plus tôt que je ne l’aurais imaginé.
Tout commença par une banale insomnie. Cela faisait près d’un an que j’avais découvert le corps de Hannah, et je pensais avoir effacé en moi toute trace de cette nuit là, un peu comme, à force d’exercices de prononciation, le professeur Henry Higgins finit par gommer l’accent cockney d’Eliza (voir My Fair Lady).
Je me trompais.
Fin janvier, je me réveillais à nouveau en pleine nuit, tandis que le couloir obscur se taisait et que des ombres hérissées se blottissaient à l’arête du plafond. Mes seuls biens en ce monde se limitaient à quelques gros manuels suffisants tek qu’Introduction à l’astrophysique ainsi qu’à un triste et silencieux James Dean prisonnier de son affiche en noir et blanc et des bouts de scotch qui le plaquaient au dos de notre porte. En l’observant à travers les ténèbres en tâches d’encre, je vis tout à coup Hannah Schneider comme si elle était là.
Elle était pendue à un mètre du sol au bout d’une rallonge électrique orange. Sa langue – gonflée et rose comme une éponge de cuisine – dépassait de sa bouche. Ses yeux ressemblaient à des glands, des cents ternis, ou encore à ces boutons noirs que les enfant plantent sur la tête d’un bonhomme de neige, à ce détail près qu’ils ne voyaient rien. Ou peut être était ce là le problème : ils avaient tout vu. ».
La Physique des Catasptrophes. Ecrit par une jeune prodige. Ce n'est pas possible autrement.
Je ne vois pas...
Ce roman de plus de 600 pages, émaillés de références, de citations à la littérature, l'histoire, la politique, l'économie, la science... est tout simplement surprenant.
L'auteur n'a que 27 ans, et pourtant elle semble posséder une érudition dans tous les domaines.
Mais cela n'est que la part visible de l'iceberg (eh oui, je sais aussi des choses en sciences...), car le roman est une formidable enquête, avec un suspens mené de main de maître (on tombe de très haut à la fin), une écriture impertinente, fine, ironique, satirique, sarcastique, mordante... C'est aussi un tableau des Etats-Unis actuels, de cette société idéalisée, des adolescents, des conjonctures sociologiques, économique, politiques, raciales...
Bref...
On se laisse emmener par l'héroïne, Bleue Van Meer... Et surtout, on veut savoir la fin...
12:47 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
Lecture
Maurice Audebert
Actes Sud – 15 € - 120 pages
Août 2007
Isbn : 978 2 7427 6943 8
Biographie
Agrégé de philosophie, Maurice Audebert a enseigné toute sa vie. Membre du Studio théâtre de Vitry aux côtés de Jacques Lassalle à ses débuts, il est aussi auteur d'une cinquantaine de pièces, acteur et metteur en scène.
Résumé
Hollywood, années 1930. Le cinéma balbutie ses premiers mots et ce début est aussi une fin. L'Europe de l'exil ne sait plus si elle doit regarder en arrière ou en avant. De cet étourdissant présent figé entre deux menaces - instant de grâce ou tournant fatal - émerge un visage sublime dont la lumière assombrit le monde autant qu'elle l'éclairé. Mais la vraie vie de Greta G. échappe à tous, comme à elle-même.
A ses côtés pendant dix années, le narrateur, linguiste viennois aux ambitions amputées par la Première Guerre mondiale, devenu photographe professionnel par inadvertance esthétique et spécialiste en clichés de fesses (très littéralement) par hasard philosophique, raconte à coups de flashes d'une mémoire élusive, la vérité de celle qui fut "la Divine".
Bibliographie
Heureux qui comme Ulysse - Buchet Chastel - 2004
Extrait
"Je dis : « Tu aurais tort ! »
Elle répondit : « Je rirai si je veux ! »
- Je répète que si j’étais toi…
- Quelle vanité ! Et qui es-tu pour décider de ce que je dois faire ?
Elle savait pourtant bien que je ne ‘décidais’ pas, mais il est parfois plus facile de ne pas savoir.
Un moment plus tard, la porte d’entrée claquait. C’est ainsi qu’elle sortit apparemment de ma vie.
Un peu plus tard encore, je la regardai (ma joue contre le rideau de velours poussiéreux et fané) qui descendait le boulevard de sa démarche gauche de jeune garçon.
Elle ne revint jamais à la villa. Je ne cherchai jamais à la revoir. Je l’évitai volontairement en deux occasions. Certains la poursuivirent, quelques une l’aperçurent, d’autres la montrèrent du doigt. On parla beaucoup d’elle, souvent, longtemps encore et n’importe qui.
Les enfants, les vieillards parfois, depuis le haut d’un pont, éveillent l’eau d’une pierre qu’ils jettent : c’est d’abord comme un bref tourbillon – et il échappe au regard du passant, toujours pressé ou, s’il l’aperçoit, il l’a vite oublié – mais la surface bientôt commence à se troubler d’une ride circulaire, et puis naît un autre cercle, un peu plus loin, un autre encore et un autre, d’une circonférence à chaque fois plus ample, de sorte que, n’étaient les rives où la discrète vague vient se briser, ce serait peut être, de cercle en cercle, l’univers tout entier que gagnerait, à la fin, ce petit ébranlement concentrique.
Ainsi en va-t-il de la mémoire qui…
Mais la pierre est déjà lancée."
Un livre assez troublant.
Construit comme une pièce de théâtre. Sauf que là, on part du petit grain de sable "L'Ouverture", pour aller vers la grande Histoire, et finir par... je ne le dirai pas...
Les chapitres, La Villa, La Ville, Le Monde et ... (il ne faut jamais dévoiler la fin d'un livre, non ?), sont là pour nous guider dans cette histoire. Mais de qui est ce l'histoire ? Du Narrateur ? De Greta G. ? De la Villa ? Du Monde ?
L'auteur termine le roman par une note annexe :
"Tombeau de Greta G., c'est le point après le G. que l'on doit remarquer. Il dévoile l'intention, montrant la distance entre le réel et l'imaginaire. J'ai écrit un roman, pas une biographie.
Greta G. a tourné dans un premier film, La Légende de Gösta Berling. C'est sur une scène de ce film que s'ouvre le récit. Mais cette scène n'est pas extraite du film. Je l'invente, pour donner le ton et inciter le lecteur, dès les premières lignes, à lâcher la proie pour les ombres."
Ces premières lignes sont celles que vous avez pu lire en extrait.
Ce livre parle donc de Greta G. ou Greta Garbo si vous voulez. Mais dans une fiction. Dans un roman. Et pourquoi ne pas laisser tout simplement les mots et l'écriture nous emmener ? Sans chercher à comprendre, à trouver, à dénicher ... Juste partir là bas, dans cette Amérique des années 1920, puis des années 1930, puis en 1940...
Avec quelques détours par l'Autriche, l'Allemagne, la Norvège, la Suède...
Avec ces personnages haut en couleur et entier, des acteurs, des comédiens, certains adulés, d'autres détruits par l'avènement du cinéma parlant...
Avec cette ville et cette industrie, Hollywood... Et les studios. Les frères Warner, Mayer...
Et ... Se laisser emporter...
L'auteur a écrit de nombreuses pièces de théâtre. Et quelque part, c'est aussi ce que nous lisons. Une pièce. Avec plusieurs décors. Quelques personnages. Et...
Que le spectacle commence...
...
12:39 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
29.08.2007
Chicago de Alaa El Aswany
Actes Sud avait publié L’immeuble Yacoubian en 2006. Ce roman avait rencontré un grand succès, aussi bien auprès de la critique que des lecteurs. Autant l’avouer tout de suite, je ne l’ai pas lu.
Mais cette année, en préparant ce dossier sur la Rentrée Littéraire, celui là même qui me pousse à lire 2 livres par jour (béni soit le travail qui vous paie à lire et à parler de livre, non … ?), nous nous sommes dit, allez, on y va, soyons fous… Et hop… Le roman Chicago (à paraître en octobre chez Actes Sud) se retrouve dans la liste.
L’histoire ?
« Au sein du département d’histologie de la faculté de médecine de l’Université de Chicago, six destins se croisent. Ceux de deux professeurs égyptiens émigrés aux Etats-Unis depuis plus de trente ans, ainsi que ceux de deux étudiants boursiers égyptiens qui sont à Chicago pour une durée limité et deux personnages américains. L’Egypte, vue de loin, est au cœur de ce roman. Les personnages sont pris dans les contradictions de leur sentiment d'appartenance à ce pays d’accueil, ouvert, qui donne sa chance à chacun, mais qui les déçoit aussi, par son arrogance, sa brutalité, et son hostilité à la cause arabe »
Les personnages, Cheïma, Tarek, Nagui, Danana, des étudiants en histiologie, les professeurs Sabet, Saleh, Graham, leurs femmes, toutes américaines, Chris, Michelle, Carol, la jeune épouse de Danana, Maroua… Tous sont attachés à leur pays d’origine, à leurs origines. Que ce soit par les sentiments, les souvenirs (plus ou moins douloureux), les valeurs, la religion, l’appartenance ethnique…
Ils vivent à Chicago. Ils se croisent. Vivent des amours plus ou moins belles. Étudient. Vivent aussi tout simplement dans une Amérique d’après le 11 septembre. Dans un pays ou être arabe n’est pas forcément bien vu. Dans un pays qui semble et paraît. Mais qui, si on gratte un tout petit peu la peinture de la superficialité, n’est rien d’autre qu’un pays en perdition, dans lequel être noir n’est pas plus facile qu’être arabe… où la jeunesse ne sait plus rien, n’a plus de repère ni de valeur…
Certes, ce pays donne sa chance, comme le dit le résumé. Mais il blesse tout autant et casse les êtres humains.
Ce roman est tout simplement magistral. Passant d’une voix à l’autre avec maestria, l’auteur nous emmène.
Nous sommes à Chicago et pourtant, on sent l’Egypte, on vit avec ses étudiants déracinés et en perte de repères…
On apprend et subit avec eux les contradictions de l’Islam, de la religion musulmane, de l’intégration, …
Car ce roman n’est pas seulement une histoire. C’est aussi un livre sur… L’Egypte, l’Islam, la politique, les valeurs fondamentales des sociétés et des religions.
L’auteur n’épargne personne. Tout le monde subit cette mise en accusation poétique et romanesque.
Et nous, on se laisse transporter. Car malgré la dureté des propos et de l’histoire, c’est tout simplement beau car tellement vrai.
Alaa El Aswany est le fils d'un avocat. Écrivain égyptien, Alaa El Aswany exerce aussi le métier de dentiste dans le centre du Caire. Parlant plusieurs langues dont le français, l'anglais et l'espagnol, il reste cependant un authentique Egyptien, profondément attaché à sa terre, la vallée du Nil. Ecrivain dans la veine du célèbre Prix Nobel d
e littérature Naguib Mahfouz, c'est après un séjour aux Etats-Unis où il est parti étudier, qu'il publie un premier recueil de nouvelles immédiatement remarqué. Également journaliste, écrivant sur la littérature, la politique et les questions sociales pour des journaux égyptiens, il publie un second recueil en 1998. Son premier roman, 'L'Immeuble Yacoubian' sort en 2002. Vendu à plus de 100.000 exemplaires dans le monde arabe, il est d'abord traduit en langue anglaise avant d'être enfin publié en français en 2006. Encouragé par le succès du livre, le producteur Adel ADIB en achète les droits et une adaptation cinéma sort au cours de l'été 2006.
Il est difficile de choisir un extrait de ce livre, car je voudrais tout mettre… Le mieux est de le lire…
Mais juste pour vous donner une idée :
« Les mois qu’elle avait passé à Chicago l’avaient amenée à penser à sa vie d’une manière différente. Les valeurs qu’elle avait appris à sanctifier commençaient à être assiégées de doutes.
Dieu jugerait il les musulmans d’une façon, et les Américains d’une autre ? Ces Américains perpètrent l’ensemble des péchés capitaux. Ils forniquent, pratiquent l’homosexualité sous toutes ses formes, jouent pour de l’argent et boivent de l’alcool, mais Notre Seigneur, qu’Il soir glorifié et exalté, en semble pas en colère conte eux. Au lieu de les punir pour leur désobéissance, il leur octoie les richesses, la science et la force à tel point qu’ils sont devenus l’Etat le plus puissant du monde. Pourquoi Dieu nous punit il, nous les musulmans, lorsque nous commettons des péchés alors qu’il se montre indulgent envers les Américains ?
« J’ai recours à Dieu contre le Diable qu’on lapide. Je te demande pardon, Seigneur et je me repens auprès de Toi » prononça t’elle, effrayée par l’indocilité de ses pensées.
Elle se retourna sur le côté et appuya l’oreiller sur sa tête pour enrayer le déferlement des idées, mais lorsqu’elle ferma les yeux, lui apparut avec netteté une vérité solide et définitive : Tarek l’aimait et la respectait. Il ne lui voulait pas de mal. Il voulait simplement la serrer dans ses bras pour lui exprimer ses sentiments. Ni plus ni moins. Cela ne méritait pas toute cette indignation. Comme elle avait été dure avec lui ! Elle revoyait le visage livide de son bien aimé balbutiant des excuses et ravalant sa honte. Elle s’endormit en ressentant une profonde pitié à son égard. »
Sincèrement, avec Les belles choses que porte le ciel de Dinaw Mengestu et le roman de Natacha Appanah, Le dernier Frère, une des plus belles lectures que j’ai pu faire jusqu’à présent…
Chicago
Traduit de l'arabe (Egypte) par Gilles Gauthier
Actes Sud - 22, 80€ - 464 pages
A paraîte le 02 octobre 2007
22:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
23.08.2007
Au programme ... suite
Aujourd'hui :
Alabama Song de Gilles Leroy
L'histoire romancée de Scott et Zelda Fitzgerald...
De leur rencontre, dans le sud des Etats Unis, Alabama, à leur mort...
Alabama Song... Titre inspiré d'un texte de Bertolt Brecht, texte qui a été mis en musique par Kurt Weill dans les années 1920, L'opéra de Quat'Sous. Texte qui a été repris par de nombreux artistes ensuite, Jim Morrisson, David Bowie entre autres...
Petit roman terrible.
Où sous le biais de la fiction, nous découvrons ce couple fantastique, gloire des années 1920, brûlé par le succès et les excès...
Deux personnages fantasques qui avaient tellement besoin l'un de l'autre mais qui se détruisaient par leur simple présence.
A la fois magnifique et terrible.
L'écriture de Gilles Leroy servant le destin de ces deux personnages de "fiction"...
Puis :
Le dernier frère de Natacha Appanah...
Voir la note suivante...
Hier :
Les belles choses que porte le ciel de Dinaw Mengestu
Le Corbeau Blanc d'Andrzej Stasiuk
Et pour ce soir :
Kamikaze Mozart de Daniel de Roulet.
22:03 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
Natacha Appanah
Le dernier frère
Natacha Appanah
Éditions de l’Olivier – 18 € - 211 pages
23 Août 2008
Isbn : 987 2 87929 569 5
Biographie
Natacha Appanah est née en 1973 à Mahébourg (Île Maurice). Elle est encore adolescente lorsque le quotidien l’Express lui offre un prix littéraire. Puis, en 1998, elle arrive en France. Après avoir réalisé des reportages pour la presse et la radio, elle travaille actuellement pour une ONG à Paris.
Résumé
Lorsque David lui apparaît en rêve, Raj se retrouve projeté dans son enfance. Le camp de Mapou, à l’île Maurice où il est
né, le père, coupeur de cannes, à la violence trop prévisible, la tendresse maternelle, les jeux près de la rivière, le soleil brûlant, les pluies diluviennes. Un bonheur fragile balayé par un cyclone : ses frères disparaissent dans un torrent de boue.
La famille décimée quitte Mapou pour la ville, s’installe dans une maison en dur et dans un quotidien moins précaire depuis que le père travaille à la prison où vivent de mystérieux réfugiés.
Le 26 décembre 1940, l’Atlantic a accosté à Port Louis avec, à son bord, quelque 1 500 juifs, refoulés de Palestine et déportés à l’île Maurice, alors colonie britannique. À cette époque Raj ignore tout du monde et des tragédies qui s’y déroulent. Lorsqu’il aperçoit David dans la cour, il décide que celui-ci deviendra son ami.
Bibliographie
Les Rochers de Poudre d’Or – Gallimard 2003
Blue Bay Palace – Gallimard 2004
La Noce d’Anna – Gallimard 2005
Extrait
« J’ai soixante dix ans aujourd’hui et je me souviens comme si c’était hier du tonnerre qui a semblé venir de nos ventres tellement il a résonné en nous. Je me souviens de la peur, au début, du silence irréel qui a suivi le tonnerre, qui a tout figé, même la nature était en attente, et nous, nous n’osions plus bouger. De longues minutes où des gouttes épaisses et si fraîches ont commencé par nous mouiller les cheveux, le visage, et tremper nos vêtements. Je me souviens du brouillard fantomatique qui est monté de la terre quand celle-ci a absorbé les premières gouttes. Nous aimions ce moment là d’habitude mais là, c’était différent. Je le sentais, mes frères le sentaient. Très vite, des éclairs ont déferlé, d’autres coups de tonnerre ont éclaté et nous nous sommes mis à courir.
Combien de temps avons-nous dévalé comme ça ? Les cailloux ces qui, juste avant, nous écorchaient les pieds avaient disparu, nous foulions une terre glissante, collante, et nous avions du mal à nous en dépêtrer. Le soleil s’était éteint. La pluie dessinait des murs et de la terre montait un rideau de soufre. Devant moi, la chemise blanche d’Anil battait et j’essayais de ne pas lâcher des yeux ce bout de blanc. Il disait allons y allons y allons y et puis, tout à coup, le temps d’un battement de paupière, plus rien. Plus de vois, plus de chemise devant moi. Je me suis arrêté et Vinod m’est rentré dedans. Mon petit frère m’a serré le bras et il a commencé par appeler Anil Anil Anil. Je l’ai imité, ensemble nous hurlions le nom de notre frère aîné, je sais combien de temps nous avons crié comme cela, courant dans la boue, sans aucun repère, les yeux fermés par la force du vent et de la pluie et bientôt, mon Dieu, bientôt, il n’y avait plus ma voix qui criait Anil Anil et puis Anil, Vinod, Anil, Vinod. Je hurlais de toutes mes forces, mais le vent, la pluie, le tonnerre, les éclairs, le grondement de la coulée de boue qu’était devenue notre rivière adorée couvraient ma voix et ne me laissaient aucune chance. »
Alors là, en réalité, je ne sais pas quoi dire.
Il est 13h. Je commence le livre. Les premières pages nous transportent directement dans les pensées de ce vieil homme, Raj, sur la fin de sa vie. Une illusion, un rêve, une prémonition, ... Un souvenir de son enfance lui apparaît, là, sous ses yeux, comme si c'était la réalité... Et avec cette image, tout revient...
Nous sommes en 1944 / 1945. L'île Maurice... Tout y est... et nous y sommes...
Cette histoire est tout simplement magnifique. L'écriture de l'auteur extraordinaire. Extraordinaire, parce qu'elle nous transporte, parce qu'elle nous fait vivre avec ses personnages, qui sont là, entiers, vrais, justes, parce qu'elle nous fait rire, pleurer (Eh oui... avec de vraies larmes... et ça, c'est rare...), parce qu'elle nous émeut, parce qu'elle nous touche, juste là où ça fait rêver, juste là où ça fait mal, juste là où il faut...
Il est 16h. Je referme le livre et j'ai toujours les larmes aux yeux...
Merci....
16:13 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
16.07.2007
A l'abri de rien - Olivier Adam
Et voilà.
Encore une fois, c'est la même chose.
Je suis en train de préparer le dossier "Rentrée Littéraire" du travail.
A ma charge de concevoir la fiche relative au dernier roman d'Olivier Adam, A l'abri de rien, qui paraitra fin août.
La biographie, le résumé, la bibliographie, jusque là, tout va bien ne t'en fais pas... (c'était trop tentant...), et puis, vient le moment de l'extrait. Comme je n'ai pas encore eu le temps de lire le roman, je décide de prendre quelques lignes du premier chapitre. Quitte à changer par la suite. Je commence à les taper, les lisant et les découvrant en même temps. Je n'ai pas le droit de taper plus d'une page.... Et je tape, je tape, encore, suivant les lignes, les lisant avec avidité.... ne pouvant pas lâcher des yeux le livre... Par acquis de conscience, je lève les yeux pour regarder où j'en suis... sur mon document. Et là, je me rends compte que j'ai dépassé la page autorisée.
Mais je ne peux pas en mettre moins. Ce n'est pas possible. Parce que ... Eh bien, parce que c'est beau. Vrai. Froid. Cruel. Dur. Humain. Et encore une fois, je me laisse embarquer.
Je ne sais pas pourquoi. Je ne suis pas une grande adepte de la littérature française. Mais Olivier Adam est cet auteur. Celui qui sait me faire pleurer. Celui qui sait toucher cette corde bien cachée. Celui qui me dit, tu joues la forte et la dure, mais... attend un peu... Et immanquablement, je craque...
Pas tant à cause des sujets. Non. Il a juste cette façon, ce style, cette écriture et cette présence qui font qu'il est là. A chaque fois, c'est entier. C'est vrai. Même si c'est triste. Au moins on ressent. Et c'est ce pouvoir (qui n'est pas donné à tous) qu'il possède. Celui de nous faire ressentir. Alors on peut lire un livre triste, du moment qu'on vit avec les personnages, qu'on est là avec eux, qu'on souffre avec eux. Parce qu'il y a cette magie de la littérature qui entre en jeu...
Maintenant, je sais juste ce que je vais faire ce soir...
Lire le roman et puis je reviendrai après...
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13.07.2007
Quelques idées sur ...
La Rentrée Littéraire 2007…
Ça y est, c’est parti. Nous sommes début juillet et déjà les premières spéculations, les premiers chiffres, les premières tendances concernant la Rentrée Littéraire cru 2007 tombent dans la presse spécialisée (Livres Hebdo), dans la presse publique (Lire), sur des sites Internet, sur les Blogs…
Alors, que nous réserve cette Rentrée Littéraire 2007 ?
Le cru 2007, c’est 727 romans français et étrangers qui paraîtront entre fin août et fin octobre, dont 102 premiers romans. C’est 493 romans français et 234 romans étrangers. C’est comme tous les ans le rendez vous des incontournables, la course aux prix, le lancement des poulains…
On peut citer d’ores et déjà Charles Dantzig, Christophe Donner chez Grasset, Amélie Nothomb, inévitable Amélie Nothomb, Dantec, Patrick et Olivier Poivre d’Arvor chez Albin Michel, Pierre Assouline, Pierre Péju, Daniel Pennac, Patrick Modiano chez Gallimard, Philippe Claudel chez Stock, Patrick Besson chez Robert Laffont, Paul Fournel, Lydie Salvayre, Antoine Volodine, Alain Fleisher et Jean Hatzfeld au Seuil…
Et puis, cette année c’est aussi 44 romans de plus qu’en 2006. Sur la même période, nous avions vu paraître 683 nouveautés, dont 97 premiers romans (475 romans français et 208 romans étrangers).
Et contrairement à ce qu’on pourrait penser de prime abord, cette augmentation de la production n’est pas due aux grandes maisons. Peut être par « peur du trop plein », pour reprendre l’expression du magazine professionnel Livres Hebdo.
Le Seuil proposera 9 nouveautés contre 12 l’année dernière. Pour Stock, ce sera 9 au lieu de 10, Robert Laffont publiera 6 ouvrages contre 8 en 2006, chez Plon, ce sera 5 au lieu de 6.
D’autres éditeurs misent sur la stabilité, comme Flammarion et Albin Michel avec 9 titres, Fayard avec 13 nouveaux romans, Actes Sud avec 7 nouveautés.
Seule exception à la règle, parce qu’il en faut toujours une pour confirmer, Gallimard, qui publiera cette année 18 romans au lieu des 14 de l’année 2006.
Mais les chiffres ne font pas tout, n’est ce pas ?
Que va t’on pouvoir lire ?
2007 poursuit le mouvement inspiré l’année dernière, avec un net recul de l’autofiction dans les publications.
Toujours selon le magazine Livres Hebdo, les thématiques de cette année sont davantage ancrées dans le réel. Avec la force de l’engagement, la peinture des maux de la société, des romans inspirés de faits divers et réels, des romans documentés, Historiques, presque des reportages sur notre monde actuel. Et puis cette année, c’est aussi le retour de la littérature de genre.
On s’éloigne de son histoire personnelle pour raconter celle de la société, du monde, des autres.
Que ce soit au travers de romans engagés qui photographient la France, la Société, ses dérives, ses maux et qui prennent ouvertement position.
Que ce soit au travers de romans Historiques qui relatent des pages de notre Histoire et de l’Histoire qui sont restées dans l’ombre, comme Natacha Appanah avec son nouveau roman, Le Dernier Frère, publié aux éditions de l’Olivier. L’histoire de deux petits garçons, sur l’Île Maurice, durant la seconde guerre mondiale. L’un est mauricien, l’autre un jeune garçon juif, immigré.
Que ce soit au travers de peinture de personnages et de personnalités qui ont marqués cette année, telle Florence Aubenas dans Fin de l’Histoire de François Bégaudeau, publié chez Verticales.
On prend position. On dit haut et fort ce qu’on pense. Et on arrête de se cacher derrière sa vie et ses problèmes.
Olivier Adam, qui publie À l’abri de rien aux éditions de L’Olivier, déclare son engagement et son changement d’orientation littéraire par de très belles paroles :
« Si un écrivain doit s’engager, c’est d’abord dans et par ses libres. Il s’agit de se frotter au monde et à la vie, de mettre les mains dans le cambouis, dans la boue de l’humain, du réel, du social, de l’intime, du politique ».
Cette année, c’est donc le retour de la littérature de genre. Avec des emprunts au polar et à la Science Fiction. Et on voit arriver cette année des romans qui disent l’horreur mais aussi la vérité de notre société à travers des polars, comme La Mémoire Fantôme de Franck Thilliez, ou Qu’ils me haïssent pourvu qu’ils me craignent de Natacha Calastrémé aux éditions de l’Equateur, à travers des emprunts à la science fiction comme dans le premier roman de Julien Capron, publié chez Flammarion, Amende Honorable, ou encore l’Ami Butler de Jérôme Lafargue, qui décrit une cité imaginaire, voir fantasmagorique, dans laquelle on croise des êtres fantasques et étranges…
Tendance qui se confirme également chez les auteurs de premier roman, qui, loin d’utiliser la traditionnelle veine de l’autofiction, se lancent dans d’ambitieux récits qui parlent de notre pays, de notre société et de notre monde.
Si le nombre de premier romans reste relativement stable comparé à l’année dernière (102 contre 97), le nombre de page augmente conséquemment. Des romans de plus de 500 pages, comme Amende Honorable de Julien Capron (cité précédemment).
Et en ce qui concerne les thématiques abordées, c’est tout aussi bien la Mort que les histoires d’amour que le quotidien, en passant par l’Histoire, la photographie sociale et urbaine des villes et des quartiers, l’intégration sociale, le fantastique, le road-movie, le cinéma … qui viendront peupler notre imaginaire et nos lectures durant cette Rentrée Littéraire.
09:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, rentrée Littéraire
25.06.2007
Laura Kasischke
Un jour, il n’y a pas très longtemps, ne sachant pas quoi lire, je suis allée demander conseil à un collègue…
Qui m’a incitée à aller lire un des titres de Laura Kasischke, une des deux nouveautés parue chez Bourgois.
« Tu verras, ça devrait te plaire »
Forte de sa prescription, je l’ai écouté. Et j’ai lu Rêves de Garçons. Enfin, j’ai lu. J’ai dévoré Rêves de Garçons.
Mais, (parce qu’il faut toujours un mais dans les histoires), ce livre avait une fin. Et moi, je ne voulais pas qu’il finisse.
Alors je suis allée chercher l’autre titre paru chez Bourgois, A moi pour toujours. Et encore une fois, ce livre avait une fin. Et je ne voulais toujours pas que ça s’arrête.
Donc, je suis allée chercher ce qu’elle avait écrit avant. Et j’ai entamé la lecture de La vie devant ses yeux. Qui lui aussi avait une fin… Et…
Heureusement, il en restait deux à lire. Alors ce fut au tour de Un oiseau blanc dans le Blizzard. Et celui-ci aussi, je l’ai terminé…
Il m’en reste un. Suspicious River.
Je suis en vacances dans 3 semaines. Je vais essayer de ne pas le lire avant. J’ai bien dit essayer.
Parce que l’œuvre de Laura Kasischke est envoûtante. Quand on rentre dans son univers, c’est pour ne plus en sortir.
Son œuvre est très cohérente.
Dans ses romans, à travers des portraits de femmes, que ce soit les adolescentes de Rêves de garçons ou de Un oiseau blanc dans le Blizzard ou que ce soit des femmes entre trente et quarante ans comme dans A moi pour Toujours ou La vie devant ses yeux, l’auteur dresse un tableau particulièrement acerbe des États-unis aujourd’hui. De ces banlieues huppées, parfaites, glacées, aseptisées. De ces banlieues à la American Beauty, le film, à la Desperate Housewife la série. Un portrait de ces femmes et de ces hommes qui ne vivent que dans le paraître, dans la tromperie, sur des apparences.
C’est beau et froid comme une photo. Sans vie. Mort dans l’âme. Une nature morte.
Et puis…
Et puis un petit événement vient tout bouleverser. Perturber ce petit monde. Y mettre un peu de vie en y apportant la mort. Et surtout vient révéler la réalité. Ce qui se cache derrière cette belle photo aux couleurs trop criardes, aux contrastes trop parfaits. Montrer le négatif en noir et blanc.
Et ce négatif, celui que le photographe garde bien précieusement caché, comme le Portrait de Dorian Gray, montre tout ce que ces gens cachent. Leurs failles, les recoins les plus sombres et les plus intimes de leur âme. Et ce n’est pas beau à voir.
On glisse petit à petit dans l’horreur la plus sombre qui soit. Et pourtant le roman n’en reste pas moins lumineux. Dans les meurtres, dans la folie, dans la perfidie, l’arrivisme glacé, des femmes dures, cruelles, meurtrières ou victimes, faibles, qui tentent toutes de fuir ce destin, de fuir cette vie. Car derrière ces sourires blancs parfaits, derrière cette contenance digne d’une Madame de Merteuil, on découvre que ce sont des femmes anéanties par la vie qui veulent seulement se sentir vivante. Et la vie implique la mort. Il faut tuer cette vie pour en vivre une autre. Qui soit encore plus parfaite…
Les hommes, parce qu’il y a des hommes tout de même, ne sont pas épargnés. Êtres fourbes, cruels, manipulateurs, vampires, sangsues, ils sont là pour vider les femmes de leurs essences et de leur âme ; ou alors figures évanescentes, ils évoluent dans le roman, comme des fantômes, sans aucune profondeur. Pour petit à petit se révéler, faire apparaître leur véritable personnalité…
Et puis…
Et puis il y a cette ambivalence permanente. Entre la réalité et le fantastique. Entre la peinture réaliste et le thriller. Entre l’histoire réelle et le conte horrifique. On ne sait plus. L’auteur joue avec nous. Nous promène dans ces histoires inspirées de contes cruels, d’histoires anciennes.
On ne sait jamais trop où est la limite. Si le roman ne va pas partir dans le pur fantastique.
Et puis…
Et puis il y a la nature. Cette nature qui doit être le seul personnage « vrai » dans les romans. Omniprésente. La nature qui connaît la vérité. Qui la dit, qui la montre, qui la hurle. Cette vérité que personne ne veut voir ni entendre. Que ce soit l’été, l’automne, l’hiver ou le printemps.
Que ce soit les arbres, les fleurs, le ciel, le soleil, la neige, la pluie, le vent, les animaux… tous participent du roman, sont là, témoins muets. Et pourtant, si on les regardait de plus près, si on les écoutait un peu plus.
Et puis…
Et puis il y a l’écriture. Le style de Laura Kasischke. Entre poésie, envolées lyriques, moments de beauté absolue, et froideur, distance, ironie, cynisme, parfois même de la cruauté. On la suit. On entre dans son monde. On est là. On sent les rayons du soleil, l’humidité, la neige, la poussière, la chaleur. On voit les arbres, le soleil se refléter dans l’eau. On est plongé dans son décor. Au milieu des personnages. On ressent les émotions. Elle parvient à rendre ses romans tellement vrais que l’espace d’un instant, on s’en va. On quitte tout. Pour la suivre.
08:59 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
17.06.2007
The Quitter - Harvey Pekar & Dean Haspiel
The Quitter
Harvey Pekar & Dean Haspiel
Panini Comics / Vertigo
14€
Résumé
« Pour la première fois, Harvey Pekar raconte son enfance de fils d’émigrants juifs. A travers le récit de l’adolescence mouvementée du caïd de Cleveland, jusqu’à son passage éclair dans la marine et ses premier pas d’écrivain, cette bande dessinée relate l’histoire ordinaire d’un jeune homme qui se construit au fil de ses échecs, de ses rédemptions et de la complexité de la vie quotidienne.
« La vie quotidienne est une chose très compliquée », remarque Harvey Pekar qui écrit sur le sujet depuis 1976, dans sa série autobiographique American Splendor, couronnée par un American Book Award.
Mais pour Harvey, il y a encore plus compliqué que la vie : c’est de grandir.
Dans cette bande dessinée, il raconte l’histoire d’un gamin qui laisse tomber tout ce qu’il tente. Révélant une facette que même cet auteur qui se dévoile sans concession n’avait jamais avouée, Harvey Pekar affronte son passé de petite frappe qui cognait sur tous ceux qui le regardaient de travers, juste pour épater la galerie.
Et quand il ne réussissait pas à se faire remarquer, que ce soit sur un terrain de football, en cours de maths, dans la marine ou au travail, il renonçait tout simplement.
The Quitter raconte comment il a appris à s’en sortir, même si cela n’a pas été facile. »
Illustrée par le dessinateur Dean Haspiel.
Biographie
Harvey Pekar est né en 1939 à Cleveland, dans l’Ohio, où il a toujours vécu. Après le lycée, il a eu plusieurs petits boulots avant d’essayer la marine puis l’université, sans résultat. Finalement, en 1965, il trouve un emploi dans le service public qu’il gardera jusqu’à sa retraite en 2001.
Harvey Pekar a débuté dans l’écriture en 1959 comme critique de jazz pour le magazine The Jazz Preview. Il est devenu auteur de comics à partir de 1972, encouragé par son ami Robert Crumb qui a illustré plusieurs de ses productions. Le premier album d’Harvey Pekar rassemblant des épisodes de sa série American Splendor a remporté l’American Book Awaer en 1987. En 1994, la bande dessinée Our Cancer Year (à laquelle a collaboré son épouse Joyce Brabner) a reçu un Harvey Awaerd. Une adaptation au cinéma d’American Splendor est sortie en 2003 et a été couronnée aux festivals de Sundance et de Cannes.
Dean Haspiel est né à New York. Il est le créateur de Comics romanesque semi autobiographique comme Billy Dogma ou Opposable Thumbs. Il a travaillé pour DC Comics, Marvel et Dark Horse. Dean Haspiel était déjà associé à Harvey Pekar sur American Splendor.

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